CHAPITRE V
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Chaque fois que les Romains rétablissaient sur son trône un rai de Cappadoce, ils lui donnaient, comme fiche de consolation, quelque province nouvelle. Ariobarzane avait foi jusqu'à Rome, au moment de l'invasion de Tigrane* Pompée l'avait ramené dans ses États, et lui avait donné les deux Cilieies. Cette annexion rendait presque à la Cappadoce les frontières qu'elle avait du temps des Perses. La guerre de Mitbridate était terminée; Lo cul lus, eu prenant Tigranoeerte, avait rendu la liberté aux Cappadociens, qui purent rentrer dans leur pays. Mais ces événements n'amenaient pas la tranquillité.
Ariobarzane 11 ne fit que monter sur le trône; il fut tué avant mémeque les Romains pussent lui porter le moindre se* cours ; ils réunirent toute leur sollitude sur sou fils , qui hérita du trône de son pèretgrflceslacoopératiooactivedu gouverneur delà Glicie, qui n'était antre que Cicéron. *
Malgré toutes les épigrammes que les historiens et les poètes ont lancées contre les Cappadociens, il n'en est pas moins constant que le peuple romain lui a porté une amitié réelle, en reconnaissance de la fidélité avec laquelle les rois et la nation avaient conservé leur alliance (t).
Pour obéir à la volonté du sénat, Cicéron témoigna le plus vif intérêt au roi Ariobarzane, et usa de son influence pour déjouer les complots tramés contre lui, et grâce à ses soins, le monarque conserva sa vie et récupéra son trône (2).
Les rapports fréquents qui s'établirent entre Cicéron et le peuple cappadocien, permirent à l'illustre Ro-
(i) Sirab., XII, 54o.
(a) Cic, epist. 20, lib. Y, ad AU.
main d'apprécier avec connaissance cause le génie de la nation, et le, gement qu'il en porte ne dément ad nement l'opinion des antres écrivH En effet, de retour à Rome, eommi parlait contre le consul CasoniosC ventivs, il ne trouva pas d'antre pression pour définir la mine stns du consul, que de le comparer à < Cappadociens qu'il venait de votf près. « Vous le prendriez, disait»
pour un Cappadocien tiré d'un tf peau d'esclaves qui est à vendre (1)1 Cicéron fait ailleurs un triste tables* la pauvreté de la Cappadoce (S):* ne connais , dit-il , rien de pins 1 nué que ce royaume, rien de plw j vre que son roi. » En effet, la 4 culte de se procurer du numW était extrême; les troupeaux si à breux produisaient le bétail à !
prix : aussi l'impôt était-il touM perçu en nature. Lorsque Luôj étaH en Cappadoce, un bœuf ne s*?* dait qu'une drachme (3), et un bon quatre drachmes. Voilà pourquoi!
terrains les plus estimés étaient ej qui pouvaient être mis en pâturai et l'assiette des villes, leur sûre»
commodité des habitants, étaient 1 mises à cette condition (4). Il estj que les villes étaient rares, puisai n'en comptait que deux dignes M nom. Le reste était ou des bourgades!
des châteaux, vrais repaires de brigai qui donnaient beaucoup de peine à gouverneurs romains. .
RELIGION. j
Les Cappadociens, mélange de j pies orientaux, et notamment d'Al niens et de Syriens, avaient adnrisd eux le culte "de différents dieux va] presque tous du dehors. Le culte do] était pratiqué selon le rit des M»
il ne paraît pas qu'il ait éprouvé m changement depuis son introdudj chez les Cappadociens. On observej core, dans quelques provinces située!
l'ouest de l'Euphrate , de ces ancia
(i) CicM Oral., c. 6.
{*)Ad Att., lib. VI, epist.
(3) Plutart'h. ii\ ImcuÙo. ^
(4) Strabo», XII, 539.
ffries, qui sont des autels sans orne-
■ottiyaat au milieu un trou peu pro-
tl, dans lequel était entretenu le setre. Le plus beau de ces pyrées a éëéeouvert en ftophlagonie, près du luge de Gorira, par M. Eugène ké <i). C est une enceinte parfaiteut cu-eulaîre, ayant dix mètres de fcètre, et formée par des blocs énor-
I de granit poli, superposés aree art «embles sans ciment. Ce soubasseit tarait d'autre ornement qu'une •tare creusée en forme d'anneau , il do rebord supérieur. Le centre de
II enceinte était occupé par un catt voûté. Près de la gît un obélisque légataire en granit ; ee monolithe a 1 longueur de dix mètres.
' |ue les habitant* de la Cataonie it pas de Tilles proprement », ils possédaient un temple célèbre ' à l'Apollon Cataonien. Les sta- .et les temples de ce dieu étaient nplîés4ans la province (3); mais on pot qu'établir des conjectures sur laite de cette divinité, qui a?ait été Noement transporté dans la Cappaeà une époque postérieure à l'exdes Perses, car on sait que le supportait avec peine le culte statues. Deux divinités du nom ' de Jupiter étaient également • L'une, nommée seulement par Meurs Jupiter (3) Daciiis, parait t été principalement dans la ville trapa. Près de son temple était un foi f encore aujourd'hui, en mar- Vemplacement. 11 jouit de la pro- Été d'avoir un écoulement soûler- ; de sorte qu'il n'est pas sujet aux ardements. Le temple de Jupiter, lé par les Vénasi en Moriméné, tait de revenus considérables en s et en argent. Il avait en outre un innel nombreux : aussi le pontife , éUit nommé à vie, jouissait d'un Mû incontesté dans toute la prott; mais il était inférieur à celui du pledeBellone à Coniana. Cette dîné avait, sous le nom de Men ou de It on autre temple dans la ville de
(() Voy. Eug. Bore, Correspondance, t. I,
M Suabon, \U, 536.
P)Am.Marcellin,liv. XXIII, 19.
Sébaste. Elle était appelée par les Romains Lunus, Agdistis, Cyoèle : c'est sans doute la même que l'Anaîtis des Perses. La ville de Gomana était la plus célèbre de toute la Cappadoce ; et si elle n'en était pas la capitale, c'est que le pouvoir des pontifes ne pouvait pas se trouver effacé par le voisinage des rois. La population, quoique composée de Cataoniens sujets du roi, était toute dévouée au pontife qui, étant luimême du sang royal, avait un pouvoir presque souverain, et exerçait une influence majeure sur les affaires de l'État. Le pouvoir romain, prenant un accroissement sans bornes, portait certainement ombrage au pouvoir sacerdotal. Chez les Orientaux, tout ce qui tient au culte et au rit, a toujours passé avant les intérêts de la politique ; mais, dans les circonstances présentes, les pontifes marchaient avec l'intérêt du peuple cappadocien. Ils avaient >vu les rois soumis sans murmurer à la puissance de Rome. Ariobarzane, montant sur le trône avec l'appui de Cicéron, leur parut avoir dépouillé complètement l'indépendance du pouvoir.
C'était pour le grand prêtre de Comana une circonstance favorable pour s'emparer de la couronne.. Comana, située au centre des montagnes, sur le versant septentrional du Taurus, était défendue par la nature encore plus que par le fanatisme. On voit aujourd'hui ses ruines dans le lieu nommé Chert kalé si, au sud de El Bostan,sur le fleuve Sarus, comme l'indique Strabon. Elle est à deux journées sud-ouest de Césarée. C'est là que se trouvait le centre du parti qui voulait s'opposer à l'élection d' Ariobarzane. Cicéron, informé de ce qui se passait, et craignant que le pontife, qui commandait un corps de cavalerie et une infanterie nombreuse, ne voulût tenter le sort des armes, le décida à se retirer et à laisser Ariobarzane paisible possesseur du trône. Tranquille du côté des Romains, le roi de Cappadoce voyait, sans pouvoir s'y opposer, le roi de Pont faire des incursions dans ses États, lever des tributs, et ravager les campagnes.
L'UNIVERS