‹ Asie mineureChapitre 283 sur 428 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

SCHISME D'ABIUS.

Voilà les chrétiens dont les évoques ont laissé , dans l'histoire de l'Église , une renommée immortelle. Grégoire de Nazianze, évéque de Sasimes, ne gouvernait pas un diocèse plus opulent.

Le bourg de Sasimes est aujourd'hui inconnu; mais celui de Nazianze, dont les vestiges se retrouvent au village de Viran cheher, nous montre quelle était l'humble position de ces premiers évéques , qui marchaient sur les traces du premier des apôtres. Le schisme d'Arius vient en 366 troubler encore ce troupeau de ûdèles, qui commençaient à respirer. L'empereur Valens, irrité de ne pouvoir convertir le pieux évéque de Césarée, et métropolitain de Cappadoce, opéra un changement notable dans l'administration de cette province, et la divisa de nouveau en deux gouvernements, comme avant l'arrivée des Romains.

Césarée fut la capitale de la première , et Tyane, de la seconde. Basile conserva le siège de Césarée, et l'évéque Anthymus fut pourvu de celui de Tyane. valens avait exilé plusieurs évéques orthodoxes et attribué leurs revenus à la métropole de Tyane. Mais tous ces soins furent inutiles, et Césarée demeura la capitale de toute la province. La Gn du cinquième siècle se passa en querelles intestines entre les chrétiens des différentes sectes; mais sous le règne de Léon Ier, l'Orient subit un fléau plus cruel encore que tous ceux qui avaient affligé les âges précédents : (es peuples nomades des bonis de la mer Caspienne, les Huns , que les Arméniens appellent Cochuns, fondirent sur l'Arménie et la réduisirent en cendres. Ces peuples cavaliers apprirent bientôt (jue la Médie et la Cappadoce avaient d'innombrables troupeaux de chevaux célèbres à la course. Il n'en fallut pas davantage pour tracer leur itinéraire ; ils fondirent sur la Cappadoce, province sans défense, pillèrent les bourgs, traversèrent le Taurus et allèrent mettre le siège devant Antioche. Non contents de ravager ce pays, les habitants, parqués avec le bétail , furent entraînes hors de leur patrie. Les uns , incorporés aux hordes

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nomades, trouvèrent .une, existence assurée dans la vie de rapines qu'exerçaient les nouveaux conquérants, hommes sans religion, qui' s'accommodaient facilement de toutes les croyances.

Tous ceux qui, trop faibles pour accepter cette vie de fatigues, refusaient de s'enrôler, étaient impitoyablement massacrés, ou envoyés avec les femmes et les enfants pour garder les troupeaux du pays au delà de Djihoun. Il ne fallait pas renouveler souvent de semblables invasions pour dépeupler complètement une province ; cependant les Perses agissaient de même, et les empereurs les imitaient en colorant leurs mesures tymimiques du nom de déplacement de Ta population,

CHÀPTTMB 1X.

INVASION DfiS SELWOUKIDBS.

Le règne de Justinien , les victoires de Bélisaire et de Narsès donnent Quelques années de répit à cette malheureuse province. Justinien, pour arrêter les invasions des Perses, fonde plusieurs places fortes, auxquelles il donne une garnison aguerrie. Mélitène est élevée au rang de métropole, et Anazarba, grande place de l'Arménie seconde, est reconstruite avec tout le luxe de défense que l'art militaire pouvait employer. Mais, d'une part, les Huns avaient montré le chemin aux Tatars; de l'autre, les rois sassanides, maîtres de r Arménie , conservaient la domination de la presqu'île. Aucune paix durable ne pouvait être promise à ce pays que par l'établissement d'un pouvoir central. Les successeurs de G*nehis- Khan s'approchèrent peu à*peu de rOccident ; déjà le sceptre de l'Iran leur était échu C'était l'aurore d'un pouvoir tout asiatique, qui allait fonder une dynastie en Cappadoce. Les rois ou Marzbans d'Arménie avaient acquis par échange quelques places de la Cappadoce; mais sous le règne de l'empereur Basile, en 880, les derniers de ces princes furent égorgés par les Grecs. C'est contre l'empire de Constantinople que les Seldjoukides eurent à combattre pour l'établissement de leur empire. Les dissensions qui avaient éclaté entre les

princes d'Arménie et la cour deByzane*.

donnaient aux musulmans un avantage inespéré. Le sultan Alp-Arslan, nevei de fogrul-Bey, s'était emparé d'En* roum et marchait contre Césarée. El 1024, il s'empara de cette ville; mai son emplacement ne parut pas conte nable pour en faire une capitale. La.

nouveaux conquérants tétant emparé d'iconium, métropole de l'hatmej plantèrent leur sandjak, et comme»* rent à doter la contrée d*un grand noti bre de somptueux édifices.

Sivas, l'ancienne Sébaste, devint la lé sidence de savants oulémas, qui fond!

rent des écoles célèbres. Césarée ne M point déshéritée du mouvement de cm fisation qui s'opérait dans tonte la coi trée; mais les merveilles del'architeè ture arabe, étaient réservées poorl ville d'iconium. Ce qui nous reste!

ces princes , nous les montre comri les émules des califes de Cordoue,qd régnaient à la même époque. Imé tistes byzantins se joignirent aux mi sulmans pour décorer les villes, et legj nie inventif des Perses était mis à cm tribution pour rehausser de l'éclat <H émaux les temples et les écoles dont I structure était de brique. 1

A aucune époque, l'art des mon mans ne s'est montré sous un aspd plus brillant. Malgré leur qualité J musulmans orthodoxes, les Seldjri kides ne rejetèrent pas complétemrnj les représentations d'hommes et d'an maux. Je suis porté à croire que m fection que les Persans ont toujooo montrée pour cette branche des beau* arts, a été la cause de cette antiptiN qui tient de l'exécration. Il sufit qtfj Schyte soutienne une doctrine, |fl qu'un Sou n ni la tienne pour abonnai ble. Un laps de sept siècles n'a ptf complètement anéanti les cheft-d'o* vre de l'art des Seldjoukides, et c'est H principal sujet de nos études sur te monuments de la Cappadoce.

A côté de l'architecture impérissabk creusée dans les rochers, il est curieol d'observer les monuments dont la de> catesse étonne le regard.

Il résulte, de la comparaison de ea deux genres de monuments , un rat qui me parait parfaitement démontre:

c'est que la nature des matériaux q»

ÀSjrç MINEURE.

arnissait un. pays, dictait aux arfes principes de fart qu'ils dent suiwe. Sans: bois, et par consent sans charpente, les constructeurs * Dt que la construction des voûtes nier à la couverture de leurs édifi-

Sissi rien n'est-il plus varié que potes des monuments ; le peuy TSf. et Ta yoûte d'arête s'y monlavec des combinaisons les plus in»

esses. Tout ceci nous donne une i parfaite de 'l'architecture des md- "en'ts publics, aat aux maisons des simples ha- », tout porte à penser qu'elles ; ce qu'elles sont encore aujourdes nuttes earrées couvertes en e, dont la charpente est faife ep «s de tamarise , les briques ne |tîpie de la terre mêlée de paille halet séchée au soleil. Bans les villes at Jes plus riches en carrières erres de toute espèce, les habtdes particuliers étaient égaleen tene et eo bois, L'Asie n'a J changé depuis les siècles de Babvet quand le voyageur cherche cette ville célèbre (es ruines des quartiers qui étaient coude maisons, il ne faut pas qu'il de n'en, pas; trouver de vesi : le vent les. a dispersés avec le sa- " i désert. .

us des villageois de Cappa-

UQQt généralement composées de

[ corps de logis, l'un pour les fem-

et l'autre pour les hommes; le

> principale est euvertqet soutenue

- piliers de bois; des niches

i dans le pourtour servent è

les ustensiles de ménage; les

i ebambresaont à peine éclairées,

lie verte à vitre est encore rare en

un treillage arrête les re-

r n'est plus simple que ces hein*

: mais* remplacez le soliveau

rdereeloiitttesinipiées, l'enduit de

; par des glaces et des peintures,

»ave&pour le* plus sojnftueui pa-

lune dispositioii identique. Rien n'é-

lia simplicité du plan des habita*

s en Orient.

I/ftablissement de la donûnaiioa

BTOtalntane dans teCaftjadooe amener à

la suite les tribus nomades des Tins

us tard, devaient nte famille des

for- Os-

comans qui nier la pui!

manlis.

Les fils de Malek-Schah avaient conquis depuis quelques années la province de BithVnie et s'étaient solidement établis dans Nicée. Toute la partie orientale de l'Asie Mineure se trouvait au contraire livrée à une anarchie Sans égala par suite des rivalités qui s'établissaient entre tous les princes musulmans issus d'une même famille, mais qui prétendaient tous â un pouvoir indépendant. Jusqu'au commencement du onzième siècle, les sultans de Perse avaient été regardés comme les chefs de la dynastie seliljbukide, et aucun de ces princes n'avait jusqu'alors refusé de payer un tribut au souverain ; (Biais à la mort de Seiffeld-Dewlet, prince de JKossouI, la guerre civile s alluma.. Le sultan. Soliman de Nicée, fut tué dans un combat, et les émirs qui commandaient peur lui se révoltèrent. La Cappadoce fut envahie par Pulchas, fr$j5e>d'Àboulcasem; mais Je sultan envoya son fils afné Kilidj-Arsian pour soumettre cet émir; il fut proclame sultan de Canpadoce , et se dirigea aussitôt vers Malatia, dont il ftt le siège pendant que ses principaux émirsj ravageaient, )es; terres des. Grecs

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