LA CAPPADOCE CHRÉTIENNE
A mesure que nous avançons vers l'orient de l'Asie Mineure nous voyons le caractère des monuments changer en même temps que la physionomie du pays. Du moment qu'on a franchi le Halys, les traces de 1 art grec sont à peu près effacées, la Phrygie nous a déjà offert les indices d'un art autochtone , les monuments de la Cappadoce diffèrent autant de ceux de la Phrygie que ceux-ci de l'art des Ioniens. Dans toute l'étendue de la province nous ne trouvons aucun vestige de ces temples et de ces théâtres qui sont comme le cachet indélébile des villes greco-romaines, à peine trouvons-nous quelques débris qui avaient pu appartenir à l'époque où la Cappadoce était régie par des rois.
Mais en revanche les monuments des premiers âges du christianisme abondent et sont pour l'observateur érudit une source inépuisable d'observations aussi neuves qu instructives.
Le débarquement à Perga de l'apôtre Paul et de ses compagnons fut pour ces contrées le signal d'une révolution sans pareille. Il est de prime abord une chose qui frappe dans la marche de saint Paul en Asie. Nous ne voyons pas le citoyen de Tarse arriver timidement dans cette patrie des dieux païens, se glisser dans des villes ignorées pour y prêcher sa doctrine secrètement. II débarque dans une ville qui était un des plus grands centres religieux de l'Asie, et pénètre hardiment dans l'intérieur du pays, faisant conconnattre à tous l'objet de sa mission divine.
Le pays que Paul avait choisi était
Elus qu'aucun autre disposé à recevoir i doctrine chrétienne. Les habitants de la Cappadoce, courbés depuis nom-
bre d'années sous le plus durescla?« étaient, pour ainsi dire, une populatk vouée à la misère et au malheur . crt la pépinière des esclaves de Rome, m peut-on facilement imaginer avec qui joie ces infortunés qui n'avaient le péranoe ni dans ce monde ni h l'autre accueillirent l'annonce d'une r demption. Que de respect, qoe (fa thousiasme pour F apôtre qui , les rd vant à leurs propres yeux, leur conféc la dignité du baptême.
La Cappadoce venait d'ailleurs M réduite en province romaine, et les I bitants refusant l'autonomie qui k était offerte, avaient spontanément l mandé à suivre la loi de l'empire. I avait dans le pays un moment de W sition très-favorable à la doctrine m velle.
A côté des Cappadociens se trourti les Isaures, ces implacables ennemis!
Romains. Pour eux, adopter lechrid nisme, c'était déclarer la guem i idoles et la guerre aux idoles, c'était guerre à Rome même, et dès ce ioe couvaient déjà ce roi chrétien wnt religion farouche ou plutôt le son fanatisme, porta le ravage parmi œuvres d'art que païens et chréûi avaient conservés depuis dessièda.
suflit de npmmer Léon l'Isaurirn.
Lycaonie et risaurie, provinces ta tro plies et presque toujours confond* accueillirent favorablement l'ap^
La première Église fut bientôt m à Lystra , les villes d'Iconium et Derbé ne tardèrent pas à suivre Taj pie de Lystra, et la religion du ÛJ rut répandue en Asie. La ville tri nium, oui fut pendant trois siècles lu pitale d'uu empire musulnunne* serve aucune trace du Christian^ mais les noms des deux bourgade* Lycaonie qui furent témoins des p mières prédications de l'apôtre, Ljl et Derbé (1) , ont survécu an oaj»
des villes, et sous les empereurs dvb tins un nombre considérable d« ■ nastères s'éleva dans les montagnes »
sines de Derbé. Aujourd'hui coron oui occupent une partie des w* du Kara aagh, sont connues desi" sous le nom des mille et une fgto*
(x) Acte* XIV, 5i,XlV-6.