LES ANACHORÈTES
Pour les chrétiens des premiers jours, rie religieuse se passait dans la
ère et la méditation sur la grandeur dogme qui leur était révélé. Les
moeuses cérémonies de l'Église n'é-
wt pas encore instituées, la confes-
0 et la communion étaient les seules niques ostensibles, le secret était rdé par les initiés. Mais les plus ferus d'entre eux devaient supporter le peine le voisinage des cérémonies fennes. La solitude était le seul rejde qu'ils pussent opposer à ces souffres morales, et bientôt, moins pour Bppcr aux dangers de 1a persécuk que les chrétiens regardaient plucomme une faveur du ciel, que pour Éter en paix sur les vérités noules, le désert commença à se peupler chrétiens qui abandonnaient les villes ir aller vivre au milieu des rochers,
1 des bruits et des tentations du ide. Ce ne sont pas seulement les «rts de rfavpte et les solitudes sur iban qui offrirent un asile aux noun chrétiens; si l'on en juge par les *s des demeures qui restent encore fi les rochers de la Cappadoce, il fut temps où ces contrées furent habitées une véritable population de céno- *, et ce ne fut pas sans fruit pour la pou, car c'est de la Cappadoce que I sortis les premiers et les plus brîl- H confesseurs. Naziance, Nysse, Cé- Se, resteront à jamais célèbres dans ktes du christianisme par les grands fines qu'elles ont produits.
tote contrée singulière était plus que te autre bien propice à la vie asceti- •- Formant un vaste plateau au centre l'Asie Mineure, son territoire rut, à * époque reculée, ravagé par les feux teMjues qui en ont pour ainsi dire Wré la surface.
Js premiers chrétiens en venant se ftf dans ces demeures troglodytes tirent-ils un usage déjà général dans entrée, parmi ces Cappadociens que ttoire nous montre si malheureux , furent-ils les premiers qui creusè- Hde leurs mains ces retraites pour se *re à l'abri du contact des païens?
c'est ce qu'il est difficile de décider; mais aprô tant de siècles il est surprenant de voir combien sont nombreuses les habitations pratiquées dans les cavernes, et l'immense majorité porte des traces évidentes du séjour des chrétiens.
Ces grottes taillées dans le rocher couvrent une surface de pays qui s'étend, du nord au sud, depuis la vallée de l'Halys jusqu'aux versants septentrionaux du Taurus, et de l'est à l'ouest, depuis la chaîne qui borde la plaine de Césarée jusqu'aux montagnes de la Phrygie.
On ne saurait fixer positivement la date de l'établissement de ces premières demeures; mais on peut être certain, d'après des caractères d'architecture non équivoques, qu'elles étaient dès le quatrième siècle l'objet de pieux souvenirs, car plus d'un anachorète termina par le matyre une vie consacrée à Dieu, et sa cellule se transforma en un lieu sanctiûé qui devint un but de pèlerinage pour les chrétiens.