CHAPITRE XV
VOYAGE DB &JJKTE HÉLBNE.
Dès le temps de Constantin ces lieux Rient une certaine célébrité comme sud centre chrétien. Sainte Hélène ni traversa l'Asie Mineure pour se ftdre de Constantinople à Jérusalem,
l») Coastvitini oratio, cb. VII, ad Éusetl
fit une longue station à Césarée,et, se* Ion la tradition des Grecs, elle fit bâtir le couvent de Taxi arque (TaÇtapyou), el l'on montre encore la chapelle dont elle posa la première pierre. Ce fut, dit-on, a la suite d'un soiirçe dans lequel lui apparut Tarçhanue Michel, qui lui ordonna de bâtir une église eu ce lieu. En creusant les fondations on trouva une pierre singulière et transpareille., qui fut placée dans une des chapelles. Cette pierre n'est autre chose qu'un morceau de marbre spéculaire. On sait que cette espèce de pierre fut découverte en Cappadoce sous le règne de Néron (1), Domi tien avait fait construire dans son palais une salle dont les murailles étaient faites avec ce marbre afin que personne ne put l'approcher même par derrière sans être vu (2). Les indigènes nomment cette pierre Yanar tascb, la pierre brû* Jante.
Au sujet du 'voyage de sainte Hélène en Cappadoce, on doit faire une remarque qui ne .manque pas d'importance :
cette princesse partant de Constantinople pour se rendre à Jérusalem, entretenait son voyage dans un but de dévotion ; si elle traverse péniblement toute l'Asie Mineure, si elle séjourne à Césarée, c'était sans doute parce que cette région était déjà célèbre comme grand centre chrétien ; c'est dans le même ordre d'idées qu'elle fonde l'église et le monastère de îaxiarque : les mêmes motifs de piété la portent à fonder des églises en Palestine sur les lieux mêmes qui se recommandent aux souvenirs des chrétiens par quelque
Srand fait religieux : elle bâtit l'église e Bethléem sur le berceau du Christ et une église sur l'emplacement où fut trouvée la vraie croix. A défaut de monuments chrétiens subsistant encore de nos jours , on pourrait donc affirmer
Sue déjà sous Constantin cette région e Cappadoce était célèbre dans les fastes dû christianisme.
Pour répondre d'avance à l'objection qui pourrait être faite, que les tombeaux et les chambres habitables que l'on obsérVedans ces régiotis Ont pu étte l'ouvrage des païens et accommodés plus
'" (i) Pliue, Jfist. mat., XtXVl, cb. m. (a) Suétone, In DomUiano, '
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LUSlVfcRS.
tard à l'usage des chrétiens, nous ferons observer que durant tout le temps de la loi païenne les tombeaux étaient sacrés et placés sous la garde de l'autorité civile. Des peines et des amendes étaient infligées a tout violateur de tombeaux, la malédiction des dieux devait les poursuivre au-delà de la vie, et pour ceux qui ne se seraient pas effrayés de ces menaces, il y avait le bureau du Ose et l'administration du . Chréophylax (1), qui surveillait la conservation des monuments. Les noms des propriétaires des tombeaux, la contenance du terrain étaient inscrits dans des registres déposés au cbréophylacion, qui paraît avoir eu beaucoup d'analogie avec notre bureau de l'enregistrement (2) ; tout individu convaincu d'avoir porté atteinte à une propriété sépulcrale soit en l'achetant, en la vendant ou en y faisant enterrer quelque personnage autre que.les ayant droit était condamnée une amende qui varie sur les monuments de mille à dix mille drachmes laquelle était payée au très-sacré Tamion ( le fisc }.
L'office du chréophylax se bornait à constater la propriété; la plupart des titres que nous venons de mentionner se retrouvaient répétés sur l'inscription du tombeau. La sépulture païenne avait donc toutes les garanties de durée et de conservation; elle n'a commencé à être en butte à la dévastation que lorsque toutes ces administrations protectrices ont été anéanties et remplacées par l'administration chrétienne, c'està-dire quand les lois de Constantin ont été répandues dans toute cette partie de l'Asie.
Nous devons ajouter que si l'on admet l'existence d'une communauté chrétienne en Cappadoce, il faut bien admettre un lieu de sépulture; et si nous voyons au milieu de Rome païenne une nécropole chrétienne recevoir les corps d'une multitude innombrable, pourquoi n'admettrait-ou pas une né-
(x) Littéralement gardien de la chair.
(a) V oyez dans le Corpus Inscript, de Brcckh, t. II, depuis la p. 537, juaqu à la p. 546, une foule d'Inscriptions qui prouvent que le chreophylacion était les archives des biens hypothéqués ou susceptibles de l'être.
cropole chrétienne en Asie, surte quand nous ne trouvons dans aucun ces tombeaux la moindre trace do 1 jour des païens.