‹ Asie mineureChapitre 292 sur 428 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

[tilXHORTKS DBS FUNÉRAILLES.

qu'on observait chez les Romains, et chez les Hébreux; chez ces derniers le mode de sépulture ne varia pas depuis la plus hante antiquité. Les tombeaux, dans la Palestine , étaient de plusieurs sortes : les plus communs étalent dans les champs et en pleine terre; d'autres étaient dans les rochers au sein des montagnes; les derniers étaient dans des grottes creusées, où l'on pratiquait plusieurs niches dans lesquelles on plaçait les corps. Quelquefois on enterrait les corps dans des jardins voisins de la ville.

Les sépultures du peuple étaient hors de la ville. Samuel fut enterré dan? sa maison, Saûl sous des arbres, et Rachel-sur le chemin de Bethléem. Les étrangers qui mouraient à Jérusalem étaient enterrés dans la vallée du Cédron.

Tous ces usages des Hébreux se sont perpétués ; mais il est à remarquer que cette idée de l'impureté des corps morts est tout a fait reietée par les chrétiens, tandis que chez les Hébreux tous ceux qui se trouvaient dans la maison du mort contractaient une souillure qui durait sept jours; tous ceux qui tonchaient le cadavre ou son sépulcre contractaient la même impureté , qui ne pouvait être lavée que par la cérémonie suivante :

On prenait la cendre d'une vache rousse immolée par le grand prêtre.

Au jour de l'expiation solennelle, on en jetait dans un vase rempli d'eau, et un homme exempt de souillure trempait de Physope dans cette eau et en arrosait la chambre, les meubles et les personnes souillées ; on faisait cette cérémonie le troisième et le septième jour. Celui oui avait été souillé se mettait au bain, lavait ses habits, et était ainsi purifié (1). L'inhumation dans la terre ou dans des grottes fut généralement pratiquée pendant toute 1 antiquité hébraïque. On voit Abraham acheter pour sa femme Sarah un tombeau avec une caverne destinée à sa famille.

Cependant on cite également le roi Asa, qui fut brûlé avec une quantité d'aromates; mais la coûtante d*embau-

J£ ?^moS qui accompagnent (i) Léon de Modène, Cérémonies des Juift, Ptoneraillesne différait pas de celles i part., ch. 8.

34* Lwraiion. (Asm Minium.) t. h. M {

L'UNIVERS

mer les corps ne fat jamais ni générale ni fort commune.

Les pleureuses à gage qui étaient convoquées aux funérailles des Romains comme à celles des Hébreux , furent aussi usitées chez les premiers chrétiens, et cet usage est encore observé dans tout l'Orient. On invite les parents et les amis à venir pleurer sur le défunt; ce sont ordinairement des femmes seules qui remplissent oe devoir. Nous avons observé de ces cérémonies funèbres à Smyrne et dans plusieurs villes d'Orient.

Lorsque la société est ressemelée dans la maison mortuaire, on commence à parler tranquillement du défunt, puis peu p peu la. douleur se fait jour, on parle avec des sanglots étouffés, et souvent la cérémonie se termine par dés cris et des lamentations qui retentissent dans tout le quartier. Il est d'usage de lacérer ses vêtements et même de s'arracher des cheveux ; il y a même une sorte de règle pour déchirer ses habits ; ils sont accommodés d'avance pour cette opération, et les prêtres grecs comme les rabbins ont établi des règles à ce sujet. On peut ne déchirer que le bas de sa' robe même de la largeur de la main. On déchire les manches longues de sa tunique. On peut recoudre la déchirure au bout de trente jours, si elle n'a pas été faite à la mort d'un proche parent; mais si c'est pour un parent, on ne la recoud point.

On voit aussi dans les cimetières les femmes ou les mères venir pleurer sur les tombeaux de leurs maris ou de leurs enfants; elles ont les cheveux défaits et çhantpnt des stances, versifiées en souvenir de ceux qu'elles regrettent; elles s'arrachent des cheveux et mettent leurs habits en lambeau*. : ,

Avant de mettre le mort dans pon cercueil, les anciens chrétiens, les prêtres mêmes baisaient le défunt, ee qui fut défendu par le concile d'Auxerre.

Unp coutume reçue parmi les nations asiatiques, l'orientation. des sépalfrres aétécomplétementabandonnée parrÉglise.

Page 1