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VALLÉE DE L'HALYS

On arrive enfin au bord de l'Halys.

Alors le pays change d'aspect ; ce ne sont plus des plaines argileuses plus ou moins ondulées; l'action des feux souterrains a laissé partout des traces grandioses; les rochers à pic, les falaises de tuf grisâtre eMes torrents de laves portant sur leuçs ondes durcies des blocs de rochers comme les rivières portent des glaçons, tel est le spectacle qu'offre la vaste

1>laine de Césarée depuis la vallée de 'Halys.

On franchit le fleuve sur un pont de dix arches nommé Tchok Gheuze Kouprou sou, le pont à beaucoup d'yeux.

Les arches à plein cintre indiquent une construction antérieure à la domination musnlmane; elles sont bâties en pierre volcanique et les remplissages sont en tuf rouge, qui lui donnent de loin l'apparence d'une construction de briques.

Le fleuve est profondément encaissé dans une vallée basaltique oui présente des phénomènes très-variés ; la plus grande partie des prismes repose sur un- tuf tendre de couleur grisâtre ; les prismes ont la forme hexaèdre ; ils ne sont pas réguliers , et sont quelquefois tournés sur eux-mêmes de manière à présenter une sorte de spirale. Dans une vallée voisine du fleuve on peut ob* server un épanchement basaltique trèsremarquable : ici les prismes paraissent émaner d'un centre commun ; ils s'élancent en rayonnant comme si une éruption se fut immédiatement figée dans sa

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marche; les prismes sont aplatis, oblongs et en forme de fuseau : on ne peut mieux comparer leur aspect qu'à un bouquet de feu d'artifice.

Cette falaise se trouve à moins d'un kilomètre du pont et sur la rive droite du fleuve.

Dans la même falaise volcanique, dont le pied est baigné par les eaux , on aperçoit à divers étages des trous qui paraissent des retraites pour les oiseaux de proie ; ce sont les fenêtres de larges grottes taillées dans le massif de la montagne et auxquelles on arrive par un sentier pratiqué dans la roche même.

L'entrée de ces grottes n'a rien qui appelle l'attention ; c'est une porte basse qui donne accès dans une avant-salle carrée et plafonnée; plusieurs portes s'ouvrent dans cette salle et conduisent par des galeries latérales dans d'autres pièces toutes plafonnées, carrées ou rectangulaires. Les salles qui sont voisines du fleuve sont éclairées par de petites fenêtres donnant sur Ja vallée de l'Halys. On observe dans les parois des niches peu profondes, rectangulaires et qui n'ont aucun caractère sépulcral.

Dans toutes les maisons modernes de l'Orient on voit de ces mêmes niches qui servent à déposer les objets mobiliers ; toutes ces chambres communiquent entre elles, et l'on v trouve simultanément les traces de 1 occupation des morts et des vivants. Certains réduits récèlent des sarcophages, d'autres chambres éclairées par une ou deux fenêtres renferment comme des alcôves et des cheminées, et peuvent très-bien avoir servi à des familles de troglodytes. 11 n'y a pas l'ombre d'un art quelconque oui puisse faire soupçonner à quelle époque ont été creusées ces grottes, qui, de nos jours, ne servent pas même. de retraite aux bergers des environs.

Après avoir traversé le pont, on suit une route qui s'élève sur deux plateaux successifs, complètement arides et déserts. Sur le revers sud du contrefort qui domine la plaine se trouve le hameau de Emmiler éloigné de quatre heures de Césarée, et une heure plus loin le gros bourg d'Herkilet, établi sur un banc puissant de lave fondue, compacte et noire ; toutes les maisons bâties avec

cette roche rappellent complétera celles de certains villages d'Au?ergn

La plaine de Césarée est arrosée j la petite rivière de Sarmoussacli, et] peuplée de nombreux villages pra tous occupés par des familles dj tiennes, grecques et arméniennes;, dernières habitent les villages de j moussac, Surp GarabedetSurpDani les Grecs ceux de Zenadéré, Tain; Taxiarque. i

La campagne de Césarée peut { comparée à celle de Rome, tant pos nature du sol que pour celle des euty qu'on y pratique. Une faible coucbj terre végétale recouvre un banc tj étendu de laves ; de distance en disUj on observe des monticules dont lei met est couronné par des roches vl niques qui plongent sous la terre 1 taie. Dans les régions où elle mau on chemine sur un terrain rocheux, et fendu en tous sens de manière»

mer de grands polygones irrégun mais la route est souvent interd par des fondrières larges et profosj dont les flancs sont verticaux; elles j assez larges pour que des villages!

pu s'y établir : ils ne paraissent pal loin, de sorte que la campagne seq déserte.

Ces vallées ne paraissent pas avoiq creusées par les eaux ; elles se sorti doute formées par le retrait des lava; fusion, et se sont élargies par Met la décomposition des laves. Us vilii sont généralement remarquables pi propreté et le goût des maisons, qui J toutes bâties en pierres volcanique ciies à travailler; ils sont presque I accotés sur le flanc d'une colline, tij chambres sépulcrales, les églises!

lées dans le roc sont nombreuses; environs. Nous en examinerons 9 ques-unes.

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