CHAPITRE XXII
IGLISX TAILLÉE DANS LI ROC FHÀS DE 8UBP GAEABBD.
Cette petite éçlise est creusée dans un tuf jaune tres-homogène, composé de cendres volcaniques agglomérées; elle n'a souffert aucune dégradation, mais tout l'ouvrage est fait avec la plus grande simplicité. Le plan a de l'analogie avec celui des basiliques.
La nef a six mètres de long sur trois mètres de large; les murs latéraux paraissent soutenus par des pilastres portant des arcades; mais tout l'édifice étant monolithe, cette décoration n'est là que pour rappeler les monuments cous* traits.
Au fond de la nef se trouve l'abside, qui est de forme circulaire; au milieu s élève l'autel , qui fait partie de la roche même, et qui n'est aujourd'hui qu'un simple massif.
La voûte de l'église est en ceintre surbaissé ; toute cette construction est de la plus grande simplicité, aucun or* nement, aucune peinture ne la décore; une porte pratiquée dans la seconde arcade du côté droit conduit dans une autre chapelle, qui est à peu près de la même forme que la basilique, et dans la petite abside on a ménagé aussi un autel.
Ces chapelles ne recevant de jour
Sue par la porte sont assez obscures ; ans la chapelle du fond on ne pouvait officier qu'à la lumière des cierges.
U serait difficile d'assigner l'âge positif de ce monument que nous sommes disposé à regarder comme un ouvrage de troisième siècle.
A une distance de trois kilomètres environ de cette église, dans une vallée dont il serait difficile de déterminer la position exacte, car elle ne porte dans le pays aucune désignation spéciale, on observe un autre groupe d'églises qui est le plus important de cette région.
Tous ces monuments n'ont dans le pays aucune dénomination particulière; on les connaît sous le nom général de Mabara, les grottes , kilicé, les églises.
Ce monument, qui a une importance réelle , déjoue toutes les suppositions que Ton pourrait faire à son sujet, car il
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L'UNIVERS
est clair qu'il a dû être fréquenté par une nombreuse société chrétienne , et cependant il n'existe aucun emplacement possible de village ou de ville dans les alentours, et rien ne peut foire connaître par quelle population il était fréquente.
L'entrée de l'église s'annonce par un large portique de trois arcades a plein ceintre supportées par deux colonnes massives. Les chapiteaux , bien que très-ruinés, se rapprochent de la forme du dorique.
La corniche est composée d'un simple bandeau. Ce portique a cinq mètres environ de long sur trois mètres de profondeur. A droite et à gauche du portique, sont deux chambres carrées, dont la destination n'est pas indiquée. Il faut voir dans ce portique un principe du Narthex, qui fut plus tard une annexe indispensable des églises byzantines.
Cest là que se tenaient les catéchumènes et les pénitents auxquels l'entrée de l'église était temporairement interdite.
Une porte carrée placée au milieu du portique donne accès dans une première chapelle ; à son extrémité est un abside circulaire avec un autel ménagé dans la masse du rocher. Cette chapelle est voûtée en berceau, les parois sont ornées de quatre pilastres.
La masse de rocher qui sépare cette chapelle de la grande église a une épaisseur de lm55. Le côté droit de la chapelle est percé par une porte et deux fenêtres à hauteur d'appui qui donnent de Fair plutôt que du jour à la grande église.
Cette église a sept mètres de longueur, un autel de la forme des autels modernes est indiqué par la masse de roc qui s'élève dans l'abside. La hauteur sous la voûte est de 4m50, on peut se faire une idée du travail qu'exigea un pareil monument.
Si cette église n'eût été fréquentée que par quelques religieux solitaires, la quantité d'air qu'elle recevait par la porte eût été convenable ; mais avec une assistance nombreuse elle devenait tout à fait insuffisante; aussi on imagina un ingénieux moyen de ventilation, mais qui à lui seul représente un prodigieux travail»
A l'extrémité de la nef, dans no & foncement qui a deux mètres envinn de large, on creusa un puits qui s'dèra jusqu'à la surface externe du rocher, et qui forme un canal de ventilation, on établit ainsi dans cette grotte un connut d'air, au moyen duquel les assistante pou- ▼aient y séjourner indéfiniment.
Les églises de ce genre sont as»
nombreuses dans la contrée, mais dis présentent toutes à peu près le même aspect. Une raison assez plausible dqœ fait pencher pour placer leur exécotko dans la période du troisième au quatrième siècles , alors que le christianisme, bien que répandu et déjà florissant en Asie, n'avait pas encore uoe existence légale, et était traversé par de terribles persécutions.
A partir du règne de Constantin la édifices de ce genre n'avaient plus déraison d'être ; les chrétiens maîtres du dobvoir n'avaient pas besoin de cacher fera temples dans les entrailles de la terre.
Ces ouvrages dont le caractère chrétien est incontestable, nous sénat aussi de base pour établir que tous te monuments monolithes de cette parut de la Cappadoce sont dûs aux traTaoi des chrétiens. D'abord parce qu'il y« a un grand nombre qui portent la marque du christianisme, ensuite parce qw ron ne saurait supposer que les disciples du Christ aient été s'établir au nilieu des tombeaux des païens.