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FRONTIÈRES DE LA BITHYNIE

Le royaume de Bithynie , formé du démembrement de plusieurs peuples, eut naturellement des frontières variables; néanmoins, du côté de l'ouest, les limites furent constamment fixées par le Rhyndacus. Du côté de l'est, il rut longtemps borné par le cours du Sangarius (2) ; mais après l'adjonction du pays des Mariandyniens , il s'étendit jusqu'à Héraclée, et même jus-

t jusqu'à Héraclée, et même jusqu'au Parthénius, c'est-à-dire , jusqu'à la limite extrême du territoire de Caucones. Cette Thrace qui est en Asie,

(i) Dérébey, bey des vallées, (a) Strabon, liv. XII, p. 54r.

L'UNIVERS

dit Xénophon, commence à l'embouchure du PontrEuxin et s'étend jusqu'à Héraclée. Elle est à droite de ceux qui naviguent vers le Pont; de Byzance à Héraclée il y a une journée de navisation pour une trirème dans les plus longs jours (1).

Les frontières déterminées par Strabon sont un peu différentes. « La Bitbynie est bornée à l'orient par les Pa~ phlagoniens et les Mariandyniens , et par quelques-uns des Épictètes; au septentrion par le Pont-Euxin , depuis l'embouchure du Sangarius jusqu'au Bosphore qui sépare Byzance de Chaicédoine; à l'occident, par la Propontide , et au midi , par la Mysie et la Phrygie surnommée Épictète , laquelle est aussi appelée Phrygie Heliespontique (2). »

Sous la domination des Romains , les limites de la Bithynie furent un peu changées. Toute la côte , dit Strabon (la partie droite du Pont-Euxin) , était soumise à Mithridate, depuis la Golchide jusqu'à Héraclée. Mais le territoire situé au delà de cette ville jusqu'à l'embouchure du Pont-Euxin et jusqu'à Chalcédoine, était resté sous la dépendance du roi de Bithynie. Après la chute des rois de ce pays, les Romains conservèrent les mêmes limites , de sorte ju'Héraclée appartenait au Pont; mais e pays qui est au delà de cette ville appartenait à la Bithynie (3). La détermination de Ptolémée est différente. La Bithynie, dit- il, est bornée, au midi, par l'Asie propre, comme le montre la ligne tirée depuis le fleuve Rhyndacus jusqu'à la frontière ; à l'orient, par In Galatie et la Paphlagonie , d'après la ligne tirée depuis la limite mentionnée jusqu'à Cytorus , ville du Pont.

Néanmoins, tous les auteurs modernes qui ont traité de la Bithynie ancienne se sont accordés avec Etienne de Byzance et Arrien (4), pour en ûxer les limites au Partbénius du côté de l'orient Au sud , les frontières sont dé-

(i) Xénoph, Exp. Cjri, liv. V, ch» III,

(») Strabon XII, 563.

(3) Strabon, liv. XII, p. 54i.

(4) Pêrip., liv. I, p. x4, i5.

terminées par la chaîne de 1*01 »

qui est presque parallèle à la col 1 Euxin , et qui étend ses ramifie*!

dans la Paphlagonie jusqu'au PoutJ

fleuveHalys. 5

RONOBIADE. .1

Vers le cinquième siècle , Théodd détacha de la Bithynie une vaste {KM dont il forma un gouvernement g culier qui fat appelé Honoriade 4 nom de son oncle Honorius. Héiq reçut le titre de métropole et devii lieu de résidence du gouverneur (î|

PABAGES DU BOSPBO&B.

La partie de la Bithynie qui est gnée par la mer a été de tout temp mieux connue et la plus peuplée, vastes ports que forment les sinuos de la côte attiraient, avant la fondât de Byzance , le commerce de la Gi et tes colonies de l'Europe.

Depuis l'embouchure du Rhynda dans la Propontide jusqu'à Tembouch du fleuve Cius , la côte est peu élei Toute cette plaine est riche en olivi et en pâturages. Le fleuve Cius, sort du lac Ascanius, vient se jeter d un golfe profond qui prenait son n de la ville la plus importante constn sur ses bords. Au reste, on n'est pasd cord sur cette dénomination; Pompon Mêla s'exprime ainsi : « II y a au ci de Dascylium deux golfes ae moyei grandeur; l'un, qui n'a point de no baigne la ville de Cius (2). »

CAP POSIDIUM.

Le promontoire de Cius , qui fut pelé aussi le cap Posidium (3), est for par un prolongement du mont Ara thonius, sur le penchant duquel e bâtie la ville de Cius. Ce cap est si doute le Neptuni fanum de Pompon Mêla. Il est couvert de forêts : c est en ce lieu que la fable place Paventi d'Hylas enlevé par les nymphes.

(i) Jean Malala, Ckronoç^ liv. XJ p. 6g, 6, éd. Oxon.

(a) Mêla, lit. I, ch. XIX.

(3) Plolomée , lïv. V, ch. L

ASIE MHSUBE.

„. ras le nord, et après

mm tablé Je cap Poôdium , on entre Méirteomt dans un autre golfe qui tomàdeVestà l'ouest, dent la partie udativnjée parle mont Arganthous, «a côte nord par la partie ami Ai BBunu*île des Thyaiens.

«Il d'aSTACUS OU BS H1COMÉDIB.

û gsife , prenant son nom des filles bps iaaportantea construites sur ses ht*, est appelé tantôt Olbfenus de la «le fuite (1), tantôt Astaeenus delà iir fAtfaeus (»).

Rai tard , la ville de Nicomédie ayant

BBfbeé la Tille d'Olbia, ce golfe prit li aan de golfe de Nicomédie, qu'il a , assené jusqu'à nos jours. La côte sud < eu presqu'île des Tbyniens se pro- Bntje du nord-ouest au sud-est , depuis kop <k Chataédoine jusqu'à la partie bbus étipite du pçolfe. A ce point, les s se rapprochent, forment une ? de détroit, qui, arrêtant l'impé- ' \ des vagues , fait du golfe de Ni- ' i un vaste et tranquille port,

PORT RBBJBUS.

L* cap de Chalcédoine, nommé aussi Bèm, est bordé d'une quantité de isefars. Au dedans de ce promontoire , ■ a» forme un golfe, qui, à le voir, «■We être partout d'une égale profonsnr. Cependant il n'y a qu'autant feaa qu'il en faut pour cou? nr le terrain (3). Justinien fit réparer ce port Héraens (4). Il fit faire un nou?eau port sus le même endroit; comme l'ancien etak exposé à la violence des vents et les tempêtes, il y remédia en faisant jeter quantité de caisses dans la mer, « il éleva par ce moven deux môles jusqu'à la surface de Veau , au-dessus desquels il posa des roches pour résister • rimpétuosité des vagues. Ainsi, il rendit ce port extrêmement sûr même pendant l'hiver et durant les plus fu« tempêtes.

(i) Mêla, id. ïbid.

(?) SlnbonJiT. XJI,p. 563.

(?) Démosth. de Bithynie , liv. IV. apud Sfephaouin Byzaot, wrbo 'Hpafot.

(4) Procope, De MJificîb, Liv. i*rcb

Depuis Chalcédoine jusqu'à l'embouchure du Font-£uxùif la partie de la côte d'Asie qui est baignée par les eaux du Bosphore se prolonge au nord au sud sans former de golfes profonds ; les bâtiments oeuveat cependant mouiller à Seutari , «ont le port était autrefois très-fréquente, mais qui a été comblé pendant le» guerres civiles. Pierre Gilles en vit détruire les derniers vestiges, lorsque la fille du sultan Soliman fit bâtir une mosquée sur la côte d'Asie.

On voit encore dans la mer quelques pierres qui ont appartenu à l'ancien môle, dont la construction avait pour but d'arrêter les efforts du courant.

FOBT CÂLPB.

La côte baignée par les eaux du Pont* Euxio n'offre aucun abri aux navires depuis rentrée du Bosphore jusqu'au port Calpé, situé près de la rivière de ce nom. Etienne de Byzance nous apprend qu'il y avait également une ville de Calpé; Xenophon (I) nous a fait une description de ce port : il est ouvert à l'abri d'un rocher escarpé qui s'avance dans la mer, et qui a vingt aunes de haut à l'endroit le plus bas; et audessus un espace d'environ quatre cents pieds de large capable de loger dix mille nommes. Au-dessou» est le port, vers r occident , avec une source qui ne tarit jamais et qui coule le long de la mer.

Le cap qui forme le port Calpé s'abaisse du côté de l'est, et la cote est plate et sans accident. Le fleuve Sangarius , qui se jette dans la mer un peu plus à l'est , servait aussi de port pour les barques. Mais, en réalité, après le port de Calpé, il n'y avait que celui d'Héraclée qui offrît un abri certain aux navires.

Tels sont les principaux traits de la géographie et de l'histoire d'un pays qui, à différentes époques, a appelé l'attention des peuples les plus civilisés de l'Europe et la convoitise des hordes incultes de l'Asie. De cette monarchie bithynienne qui fut l'alliée des plus il* lustres rois grecs, et dont la république romaine, à l'époque de sa puissance, envia l'héritage, il ne reste pas un monument qui puisse faire juger quels

XL (i) &*p . Cyrly Kv. VI , ch. IV,

L'UNIVERS

principes avaient dirigé les artistes de ce pays. 11 n'est pas probable que le style de l'architecture phrygienne , dont on retrouve quelques exemples, ait été pratiqué longtemps par les Bithyniens , qui , voisins des cotes de la mer, et en relations constantes arec les colonies grecques , durent suivre dans leurs arts Fimpression que donnait aux peuples d'Asie le génie hellénique.

Tous les monuments de l'antiquité que Ton rencontre en Bithynie sont de I époque romaine. Presque 'tout ce que les princes byzantins avaient bâti avec une rapidité (jui témoignait plutôt du désir de jouir vite que de faire des choses durabjes, a été anéanti par suite des guerres, des tremblements de terre et des renouvellements qu'a motivés une domination nouvelle. Les débris épars de ces temps reculés , devenus plus rares de jour en jour, acquièrent encore plus de prix aux yeux de l'historien qui les conserve avec respect, comme les derniers témoins d'une brillante époque. Les contrées moins favorisées de la nature, dont les sites sauvages, hérissés de rochers, ont été dédaignés par les populations modernes, nous offriront une plus ample moisson d'antiquités; mais nous avons cru devoir recueillir scrupuleusement les monuments byzantins de Bithynie, qui ne brillent pas par la perfection du style , mais qui se rattachent par des liens précieux à notre histoire nationale.

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