W1C0MÉDIE MÉTROPOLE
ASTACUS. 0LB1A.
Lorsque les premiers colons grecs arrivèrent sur les côtes d'Asie, ils choisirent les sites les plus favorables pour le développement du commerce et de l'agriculture. Les Mégariens remontèrent la Propontide et s'établirent au fond d'un vaste golfe situé à l'entrée du Bosphore de Thrace.
ASTACUS.
Tous ces lieux étaient alors sans nom ; le chef de la colonie, nommé Astacus, fils d'Olbia, qui en sa qualité de navigateur
futdéclaré fils de Neptune, fonda une ville à laquelle il donna son nom , et le gol fe lui-même prit le nom de la ville. Les Mégariens arrivèrent en Asie vers le commencement de la dix-septième ol vm piade, c'est-à-dire sept cent douze "a ns avant J.-C. Memnon (t) rapporte le passage suivant : « Astacus était habitée par une colonie de Mégariens au commencement de la dix-septième olympiade ; ils donnèrent à la ville le nom d' Astacus pour obéir à l'oracle, en mémoire d'un certain Astacus, l'un des Spartes habitant de Thèbes. » Si en effet la ville d'Astacusfut détruite par Lysimaque , elle ne dura que pendant une période de quatre cents ans, et les habitants furent transportés à Nicomédie par le fondateur de cette nouvelle ville (2). La prospérité de la colonie naissante ne tarda pas à porter ombrage aux chefs indigènes, qui attaquèrent et soumirent les nouveaux colons. Dédalsès, le chef de la dynastie bithynienne, incorpora dans ses États les deux villes grecques, et Astacus tomba sous les coups de Lysimaque pendant la guerre que ce prince livra à Zipœtès. Cet événement doit être placé entre 328 et 324 av. J.-C, cette dernière date étant celle de la mort de Lysimaque. Le successeur de Zipœtès, Nicomède Ier, appela dans la nouvelle capitale qu'il venait de fonder les débris de la population d' Astacus; ce qui n'empêcha pas cette ville de se relever en partie de ses ruines, tout en laissant à Nicomédie la suprématie qu'elle avait conquise.
Pausanias (3), en décrivant les objets d'art conservés dans l'enceinte d'Olympie, mentionne une statue d'ivoire de Nicomède Ier, roi de Bithynie « qui a donné son nom à la plus grande ville de ce royaume, car Nicomédie s'appelait anciennement Astacus ».
C'est du moins l'opinion de Straboo ; mais il n'en est pas moins vrai que longtemps après cette époque Astacus est mentionnée par plusieurs auteurs comme existant sur le rivage du golfe Astacène concurremment avec Nicomédie; ce fait est faeile à expliquer en
(x) Memnon apud Photium, cb. XXT.
(s) Strabon,XH,563.
(3) Liv. V, cbt ia.
teat qu* Astacus s'est relevée de ses vBtua après la mort de Lysimaque.
Do temps de Constant in Porphyrecéoète* Astacus est mentionnée parmi Ws Hûm encore existantes: t° Nicouèfa nétropole. . . ; 4° A stacus. Pomponna M&, après avoir décrit le golfe de On, stnrsuit en ces termes : « L'autre pfc qaoa appelle Olbianus, porte sur «■promontoire un temple de Neptune, H 4ms son enfoncement Astacus , fondeewrks Méçariens. » Ce promontoire stfe cap Postdium, aujourd'hui Bouz tatoua (le cap de la Glace), ainsi appelé m pas parce ou'il y fait plus froid <pe dan* le voisinage, mais parce que c«a en ce lieu qu'on embarquait pour (jsstantinople les provisions de neige reestUies dans l'Olympe ; c'est donc dans Je Tannage de ce cap qu'il faut chercher FcapUeement encore inconnu de Fanante Astacus, et sur cette côte aucune . teea&té ne paraît avoir mieux convenu à Tanette d'une ville antique que le nie de Rara Moursal.
OLBIÂ.
tue autre ville du nom d'Olbia fut rsafemeot fondée par les Mégariens; de prit son nom de la mère de leur <*£*/; et te golfe fut indifféremment désigne par les Grecs sous les noms de jafle cTOlbia ou d'Astacus. L'examen atteotif de ces côtes ne saurait conduire a reconnaître le site de la ville ; cor ce x U attira , pendant tout le cours de l'empire byzantin , une population nombreuse, et un nombre considérable de ^ïes, de forteresses et de châteaux couvrent ses rivages.
Scylax ne fait aucune mention d'As- Ur«â et ne parle que de la ville d'Olbia *t du golfe Olbianus. Ou peut inférer an documents épars qui nous restent su* ces deux cites qu'Astacus , fondée parles Mégariens, vit bientôt sa population s'augmenter par l'arrivée de cotons athéniens qui se fondirent dans U popolation bithynienne en- allant fVtabbr à Nicomédie.
Ammien Marcellin (1) est du nombre des historiens qui ne font d'Astacus et
i) U*. XXII et TicJm "1. Pollio in Mit.
de Nicomédie qu'une seule et même ville. Ptolémée (1) fait aussi une distinction entre Astacus et Olbia. Nous devons en conclure que, malgré les assertions contraires des historiens romains , il y eut dans le golfe Astacène trois villes qui chacune à son tour acquirent une certaine renommée et dont les populations vinrent se fondre dans celle de Nicomédie qui resta seule en possession de donner son nom au vaste golfe dont elle occupe l'extrémité.
Le cap Posidium formait la pointe sud du golfe Astacène ; le cap Acritas formait la pointe nord : c'est là que commence le Bosphore. Ce cap s'appelle aujourd'hui Fanar Baghtchési (le ianal du Jardin) ; il y a un petit phare pour signaler l'entrée du golfe.
MCOMÉDIE.
Le titre de fondateur d'une ville était tellement recherché que le premier soin d'un prince vainqueur ou puissant était de supprimer le nom des villes déjà existantes et de le remplacer par le sien propre. Le même sort est arrivé à Nicomédie, fondée par le Thrace Zipœtès, père de Nicomède. Ce dernier prince, avant de faire une seconde dédicace de la nouvelle capitale de son royaume, offrit un sacrifice Îiour se rendre les dieux favorables, et es prêtres lui annoncèrent, d'après les présages des victimes, que la ville dont il allait jeter les fondements serait une des plus grandes et des plus florissantes de FAsie, et que la durée en serait éternelle (2). Une statue d'ivoire, représentant Nicomède, fut élevée sur la place Principale; c'est cette même statue que rajan transporta à Rome (3).
Suivant l'usage presque général dans l'antiquité , de placer les villes sur des hauteurs, Nicomédie fut bâtie sur une des collines qui entourent le golfe.
On voit encore dans la partie la plus élevée une suite de murailles flanquées de tours, qui paraissent avoir appartenu à Fancienne cité, et qui plus tard servirent d'acropole à la ville bithyniennef
(i) Liv. v, ch. i.
(a) LibaniuSy t. II.
(3) PauMoias, luV V, ch. 12.
tft
LtJMYERS.
lorsqu'elle fat arrivée au plus haut degré de prospérité. Une grande portion de ces murailles s'élève à pius de deux mètres au-dessus du sol. Les tours, demi-circulaires, sont construites en pierres de petit appareil , qui indiquent évidemment un ouvrage romain; mais les soubassements sont formés d'énormes blocs de pierre calcaire , restes de la construction primitive. Ces murailles descendent dans l'intérieur de la ville moderne. On les reconnaît facilement au milieu des maisons ; Ricomédie étant fondée sur une colline de de grès , elles ne peuvent se confondre avec les roches naturelles.
En descendant du côté ouest de la colline principale, les murailles se perdent bientôt au milieu des jardins et des groupes de maisons. Cependant, de distance en distance, on remarque des murs de soutènement construits en
frands blocs , qui formaient sans doute e magnifiques terrasses sur lesquelles étaient situées les habitations. Le dernier mur de ce genre est au pied de la colline de l'ouest. Il était à cette époque situé au bord de la mer; il est bâti de brigues , et soutenu , de trois mètres efi trois mètres , partie grands contre-forts de pierre, entre lesquels s'ouvraient les égouts, qui étaient aussi au bord de la mer. Ces égouts sont encore en parfait état de conservation , et annoncent les débris d'une opulente et vaste cité. Ce sont de grands canaux dans lesquels un homme peut marcher debout. Ils pénètrent horizontalement dans Fintérieur des terres. On conçoit, pour la ville de Ntcomédie, la nécessité d'avoir eu des égouts nombreux et bien entretenus. Située sur la pente cf une colline rapide, sur un terrain très-ondulé , elle eût été exposée aux ravages des eaux pluviales, comme on le remarque aujourd'hui dans la ville moderne.
Par la seule observation de ses murailles et des rares débris de l'ancienne ville, on peut rapporter les ruines de Nicomédie à trois époques différentes, l'époque de la Bithynie indépendante, l'époque romaine et Pépoque byzantine. Nicomédie ne resta pas longtemps au haut de la colline; ses habitants se portèrent naturellement vers la nier où les appelaient le commerce et la navigation.
Près des égouts et dans le terrain qù est occupé aujourd'hui par l'arsenal, 01 voit les débris d'un môle qui, semblable i celui de Pouzzoles, était formé d'arcade comme un pont. Cette invention de Romains avait pour but de laisser ui passage aux courants sous-marins qui entraînant avec eux du sable et du li mon , auraient bientôt comblé les port exposés à leur action. Ce môle était bât de brique s et couronné de larges assise de pierre. Les piles des arches suffi salent pour rompre l'impétuosité de vagues. Les débris de cette constroctioi sont encore baignés par les eaux de II mer; mais la portion la phis eonsidé rable se trouve au milieu d'un terrait qui n'existait pas du temps de Tan cienne Nicomédie. En effet, le golfi d'Astacus est soumis aux mêmes loi] que tous les autres golfes qui commu • niquent avec des plaines. Des atterris sements considérables ont été formé par les eaux des torrents, qui ont charrii les terres sur lesquelles sont bâti maintenant les arsenaux de la vill< turque.
Non loin du môle, et sur la der nière terrasse , se trouve une construc tion dont la destination n'est pas facii à expliquer. C'est une plate-forme don l'élévation varie de cinq à deux mètres sur la pente du terrain. Elle est bâti* en grands blocs de pierre , appareillé avec le plus grand soin, et forme ui carré de vingt et un mètres cinquant centimètres de côté , sur trois desquel sont placés des avant-corps carrés. Oi ne voit aucune trace de porte ni d'es calier autour de ce massif qui est asse bien conservé. Le couronnement es formé de grosses pierres portant un moulure et percées d'un trou carré comme si elles avaient dû supporte une grille. Sa situation dominant 1 baie conviendrait beaucoup à un temple mais ce terre-pleiu parait avoir et primitivement inaccessible de tous côté!
Etait-ce le piédestal de quelque coloss ou de quelque trophée, c'est ce qu* est impossible de décider.
La ville de Nicomédie fut nchemec dotée parles rois de Bithynie (1). Nice
(i) Ammien Mareellin lui donne te lili de mère des villes de Bithynie (liv. XVI
ÀSfE MîNRUftE.
Mettant de monuments somjmieut tf fefe den eeur attira dams ses États NmtacBt les princes ses voisins, ■s létosit le plie Htostre des Rome», fn dot regretter plus d'une fois tawplKfi^em^oHlfltcnezWicotoède.
Lsapereun romanis , maîtres de b Nfcp&e, traitèrent les habitants Mésalliés qu'en peuples conquis.
ht rates somptueuses furent ouate dus toutes les directions , des m* lirait creusés , des canaux même afopv pour mettre les provinces « apport direct avec les vtfles mari- ■w. L'exploitation des forêts qui *nwnt la Bithynie fut un des points p attirèrent le plus r attention des fan- Le hue des constructions «■wrçait à se répandre dans Rome* «t ÏÏamft ne suffisait plus à fournir «■Ëéraor précieux dont les patri- «wèHuMaient leurs riches villas.
!■« to PPdcwmèse offrait une mine *¥rik de marbre blanc; mais la Njiài roches précieuses et rares "&**wt à mesure qu'elle se trouvait Jjjwfe. Les arsenaux de Nicomédie , ■** » natièrcs premières , fournis jjjBHei navires qui transportaient Wna Mie les marbres de prix , les /*J*«flbrés et les métaux qui ser- ^.pwla décoration. Nicomédie
fjjwb, jour ses constructions, du ffift de tant de carrières magnig* :le mont Drâdymène de Cyzique ■ fconmsait des granits , la vallée du SbP«b des jaspes, les terrains vol- '■^deLvoissa des matériaux plus 9**w»,ma(s* non moins solides. La !**** akwre employée dans les constr**wos était tirée des montagnes qui «««née, de l'autre côté du golfe, •« «ol de la ville et les environs ne ■*»wp08és que de grès.
™w» nomme préteur de Bithynie ■••règne deTrajan , parle avec les 1*pttds éloges de Nicomédie (1),
^^ et PUm t'appelle la ville illustre
M Unque la Bithynie fut réduite en J^ttrwmiût, Nicomédie devinl le siège
ft^wmi», dont quelques-uns lui pro- ?**"* ée grands avautages. Pline l'orna J* phee publique et y construisit un *■** Uttres *5, 40, 44, 5o.
qui avait reçu des embellissements considérables , et l'on voit dans ses lettres à l'empereur auelle était sa sollicitude pour le bien-être de la province qu'il administrait. Parmi Jes projets de travaux publics que le préteur de Bithynie soumettait à Trajan, il en est un qui est exposé en détail dans une de ses lettres à 1 empereur (1 ). Pline songeait à joindre à la mer par-un canal le lac de Sabandja, éloigné de Nicomédie d'une distance d'environ trente kilomètres; d'autre part ce lac aurait pu être joint au fleuve Sangariu*, et la navigation aurait pu se faire directement entre la mer Noire et le golfe de Nicomédie sans avoir à passer le Bosphore. Le chemin était abrégé de tout le circuit de la presqu'île des Thyniens. Ce projet avait reçu de la part d'un roi de Bithynie un commencement d'exécution; mais il paraît, malgré l'approbation que Trajan envoie à Pline (2), qu'aucun travail ne fut exécuté.
Pendant que Pline visitait quelques villes de son gouvernement, un violent incendie éclata à Nicomédie et détruisit non-seulement plusieurs maisons particulières, mais encore deux édifices publics, le temple d'Isis et la Gérousie ou palais du sénat. A cette occasion Pline proposé à Trajan d'établir une communauté de surveillants pour prévenir les incendies; mais l'empereur, auquel les conférences des chrétiens étaient déjà suspectes, refuse l'autorisation, en faisant remarquer combien cette province à déjà été troublée par des sociétés de ce genre (8). En effet, à peine les premiers chrétiens eurent-ils prêché la doctrine du Christ dans ces contrées, que de nombreux adeptes se réunirent à eux. Pline, qui résidait à Nicomédie, usa avec modération do pouvoir que lui donnait l'empereur pour poursuivre les sectateurs de la nouvelle doctrine.
Il mentionne dans ses lettres les bains, les aqueducs, les forums et les temples qu'elle renfermait. C'est à cette époque que Nicomédie fut ravagée par le terrible incendie qui détruisit ses monuments publics. Soit par. flatterie,
(x) Pline le Jeune, liv. X, Ut L.
(») Ibid., /et. IX
(3) Plin. liv. X, Utt. XLU, XLUI.
L'UtttVERS.
soit par reconnaissance, c'était un usage répandu dans toutes les villes de rAsie Mineure d'élever des temples en l'honneur des empereurs. Nicomédle obéît au mouvement général; mais le sénat, pour donner plus de prix à une pareille faveur, ne raccordait qu'avec une extrême réserve.
Aussi Dion (1) fait-il remarquer comme une preuve du grand crédit de Soater, natif de IN i comédie et favori de Commode, la permission qu'il obtint pour sa ville natale de faire élever un temple à l'empereur, et de fonder des jeux et des combats en son honneur. Sur un morceau de frise richement orné, on lit encore quelques lettres qui semblent être la fin du mot Antoninus. 11 serait possible que ce fût un débris du temple de Commode. Ce prince a reçu, en effet , dans plusieurs capitales de l'empire les honneurs divins.
Dans la lutte qui s'engagea entre Septime-Sévère et Niger, Fa ville prit parti pour le premier. Elle resta toujours fidèle à l'empereur, et parmi les monuments de son règne on trouve une portion d'inscription qui doit avoir appartenu à une statue élevée en l'honneur de ce prince par ordre de son fils Caracalla; elle est gravée sur un piédestal dont la partie inférieure manque; mais on peut la restituer d'après une inscription identique qui existe dans les ruines de Synnada. Ces monuments sont postérieurs à la prise de Ctésiphon par Sévère.
A la bonne Fortune, la ville (honore) l'empereur César Macc Aurèle Antonio Auguste, pieux , sébaste , la n* année de sa puissance tribunilienne, consul, sous rem* peiTiir César Sepiime Sévère, pieux, Pertinax, auguste, vainqueur de l'Arabie, de l'Adiabène, des Parthes, très-puissant et maître de la terre et de la mer.
Cette inscription est de l'an 202 de notre ère. l'année du premier consulat de Caracalla , et la onzième depuis que son père l'avait associé à l'empire.
Héliogabale (218) partant d'Antioche pour se rendre à Rome s'arrêta à Nicomédie, où il passa l'hiver qui suivit son élection.
Nicomédie fut le séjour favori de
(f) //i Coatmodo,
Dioctétien , qui songeait déjà sérieux ment à créer en Orient une seconde métropole; mais l'activité qu'il dé* ploya pour augmenter et embellir cette ville, se changea bientôt en vexations, que sa cupidité rendait encore plus in* tolérables. Lactance s'est plu à recueillit tous les actes odieux reprochés à Dioi clétien à cause de son goût désordonné pour des constructions faites sans but et sans projet arrêté ; car chaque joui il donnait I ordre de démolir des édifices construits ou à peine achevés pout les remplacer par d'autres. Le goût de* jeux du cirque s'était répandu au nom!
que pas une ville ne voulait être privé* de cette jouissance. Dioctétien fit bâtit un hippodrome somptueux qui n'exisU plus de nos jours, parce que de tout temps cette ville ayant été florissante, les matériaux de marbre des monu< ments furent taillés à nouveau poui être employés dans d'autres édifices Un hôtel des monnaies, un arsenal, des fabriques d'armes, des palais poui sa femme et pour sa fille , furent élevét par ses ordres, et les habitants, appelés par corvée, travaillaient à leuri frais à ces constructions gigantesques, qui ne s'élevaient qu'aux dépens de] habitations de la ville. Tous ces édi fices, construits a la hâte, ne résistèrent pas à l'effort des siècles, 11 est menu probable que, pour la plupart, ils m furent pas achevés. Dioctétien, ei quittant la résidence de Nicomédie coupa court à une fortune aussi im prévue. La cérémonie de son abdicatiot eut lieu l'an 305 de J.-C, dans la grandi plaine située à l'est de Nicomédie. I monta immédiatement en litière , et a retira à Salone pour y finir ses jours. Ce fut à Nicomédie, en 303, qu commença la persécution contre le chrétiens. Galerius vint trouver l'eai pereur dans cette ville, et obtint, pa ses instances , que les moyens les plu rigoureux seraient mis en usage pou forcer les fidèles à abandonner leur foi L'église cathédrale fut le premier édi fice qui supporta la fureur du peuple on enfonça les portes, on livra ai pillage tous les meubles et les livre qu'il contenait, et peu s'en fallut qu'i ne fût incendié ; la crainte de voir le fei se propager au delà de l'enceinte d
refis* uere pot fraie empêcher l'em- •aw d'exécuter son dessein. L'évéque sit Aalbvme eut la tête tranchée. On \nm ém une église grecque de la Mywwe inscription que nous rapfrtsm quand nous examinerons ofe «rouée, et dans laquelle est ■aajMé un évéqne du même nom «ataùnstrait le diocèse de Scaman-
Eapgre dans la guerre entre les Roaà» et les Perses, Nicomédie souffrit èamm inouïs lorsque les derniers wot assiéger Chaleedoine (1). Quel- 9» asoées plus tard , les Goths , arriotfsar le canal du Bosphore, s'empweot de Chalcédoine (2), et cette *pàe inattendue leur fournit des «bw et des provisions de toute espw. De là ils marchent sur Nîcomé- *** et, guides par un transfuge, ils fwwmem à se rendre maîtres de la pto. Tout ce que cette ville renfermait
* richesses touilia en leur pouvoir; les «•«mente publics furent livrés aux ™«8, et ce que le feu ne détruisit 1* fat rasé quelque temps après, ""ç les barbares se trouvèrent oblimeelever le siège de Cyzique.
^^lant tous ces désastres étaient **w« réparés; car, malgré les tytàm exagérées des historiens, ■«probable que les villes dont ils **fcoufnt la destruction n'étaient P* empiétement ruinées; mais lorsque «phénomènes naturels se joignirent à to extasions et de revers , Nicomédie •8 m fin approcher, et tout le luxe de
* édifices disparut en un seul jour, •awi par un terrible tremblement de **• Ei examinant la nature de la *»tàe, on est d'autant plus étonné « îoir qu'elle ait souffert de si vio- *** secousses, que rien, dans ses 'J*088! ne décèle une grande force ^feux soutrrrains, à peine si Ton ^ P«s de b mer quelques affleure- *•** de terrains volcaniques. Ce fut ■** le quatrième siècle que la ville eut ?*^w les plus rudes atteintes; tous « écrivains du temps ont parlé de 2* catastrophe dans les termes les ^ Rentables; Libanais et Ephrem
(OffitêfWeCalli*t«, VII.
'} Ansiirii Marcellin, liv. XXU, cli. IX.
' Livraison. ( Asie Mineurs.)
composèrent des poèmes pour chanter les derniers jours de Nicomédie.
Lihanius, dans sa Monodie, écrite vers Tan 354 (1), chante ainsi la ruine de Nicomédie : « Nicomédie , naguère encore une ville , mais aujourd hui rentrée dans la poussière, doit être pleurée par moi en silence. Tant d'édifices publics et privés qui faisaient l'or* nement de la ville croulèrent les uns sur les autres! depuis la citadelle jus* qu'aux jardins, tout s'abîma; les prétoires et les tribunaux , la multitude de temples, la masse des thermes, le magnifique palais, et le théâtre, qui suffisait pour illustrer la ville.
« Le soleil était à peine arrivé à son midi. A ce moment les dieux gardiens de la ville avaient abandonné les temples, et la ville sombrait comme un navire sans pilote ; les murs tombaient sur les murs, les colonnes sur les colonnes, les toits }>ur les toits, les fondements même étaient détruits; le théâtre s'écroula le premier avec fracas. Alors l'iurendie commence; les toitures propagent les flammes ; le Cirque lui-même, plus solide que les murs de Babylone, est détruit; les animaux affamés errent à l'aventure; les portiques, les musées , le temple des Grâces et des Nymphes et le grand bain qui portait le noui de l'empereur (2) tous ces édifices disparaissent, et le peuple au milieu de ces désastres erre comme des fantômes. »
La relationd*AnrunîenMarcellin,dans sa description du tremblement de terre qu'éprouva Nicomédie, nous fait connaître un grand nombre d'édifices qui seraient ignorés sans lui. « Dans ces jours dé désolation, dit-il, d'horribles tremblements de terre ont ravagé la Macédoine, l'Asie et le Pont, et par leurs secousses répétées ont anéanti un grand nombre de Mlles et de montagnes. Et au milieu de tant d'affreuses calamités, nous devons rappeler la ruine de Nicomédie, métropole de la Bithynie, dont je vais donner un vrai et succinct récit :
« Le 24 août , à la pointe du jour, d'épais nuages s'étant rassemblés, couvrirent la surface du ciel, et la lumière
(i) Li barri î Monodia de Nicomedia, in oper. éd. Morell., Il, 1675.
(«) Sans doute les thèmes d'Antonin.
L'UNIVERS
du soleil . disparut au point qu'on ne distinguait pas les obiers les plus voi* sins; puisf comme si un dieu eût lancé la foudre et excité les vents des quatre <'oins du monde, on entendit le hruit effrayant des tempêtes et le fracas des flots "détordes ; à cela se joignirent des tourbillons et des torrents de vapeurs enflammées, avec d'affreux tremblements de terre qui renversèrent de fond en comble et la ville et les faubourgs. La plupart des maisons qui se trouvé* rent sur le penchant des collines tom* bèrent les unes sur les autres, et les échos portèrent de tous cotés le bruit de cet horrible désastre. Les sommets des montagnes renvoyaient les cris plaintifs de ceux qui cherchaient leurs épouses, leurs enfants et leurs proches; enfin, longtemps avant la troisième heure du jour, les ténèbres étant dissipées et rair devenu plus serein , on découvrit toute l'étendue de ces ravages.
« Quelques malheureux, accablés par les décombres, périrent écrasés; d'autres, ensevelis jusqu'aux épaules, expirèrent faute de secours; ceux-ci se trouvèrent suspendus à de hautes poutres sur lesquelles ils étaient tombés; on vit alors confondus les cadavres d'un grand nombre d'habitants que le même coup avait détruits; quelques-uns moururent de crainte et de disette dans leurs maisons ruinées. Ce fut ainsi que termina misérablement ses jours Aristenète, qui avait recherché la place de vicaire du diocèse créé par {Constance pour honorer la piété de sa femme Eugénie On aurait pu sauver une
grande partie de* temples,' des matsons et des habitants, si l'ardeur des flammes, qui se répandirent aussitôt, n'eût pas, pendant cinquante jours et cinquante nuits, achevé de ruiner tout (I). •
C'est h cette époque que tout ce qui restait de l'art ancien dans la ville fut entièrement détruit. On pourrait dire que Nicomédie renferme encore les preuves de ce tremblement de terre; car ses rues et ses cimetières sont jonchés de colonnes, de débris d'architraves et 4e fragments informes.
(k) Ainm. MarcelL, lib.1 XVII, cap. VII.
Ce ne fut guère que sens le règn Justtnien, vers le milieu du sixi siècle , que Nrcomédie vit renaître partie de sa prospérité passée (l). !
cope s'étend avec complaisance su nombreux* monuments dont Tempe dota cette ville : c'étaient encore bains, des aqueducs et des églî mais aucun de ces édifices n'a sub jusqu'à nous , et nous devons chen au milieu des jardins de la ville tui les débris d'une cité qui fut 6i p santé.
Sous le rapport de l'antiquité, ne saurait espérer faire de grandes couvertes dans une ville qui a suppi de si déplorables catastrophes. Il reste plus rien de ces temples , de port loues si nombreux. A l'orient la ville, vers le quartier appelé 2 toufi, MahaUérti, et dans le J nommé fmbaher, au milieu des terri du cimetière juif, se trouvent les nii d'une grande citerne qui fournissait l'eau à l'ancienne ville. Elle est ce posée de trente-six piliers portant < arcades surmontées de voûtes en pi demife. Toute la construction est briques : les impostes seules sontd'c espèce de grès volcanique. La surfi de cette citerne est de deux cent c quante mètres carrés; «Ile coiiten quinze cents mètres eubes d'eato. Pli avait trouvé une source considérai qu'il proposait à l'empereur d'utilh pour l'usage des habitants, en la ce dulsant à la ville au moven d'un « ▼rage voûté (arcuato opère)) et tenait particulièrement à maintenir niveau de la source, afin que les qui tiers élevés pussent en profiter éga ment. Il proposait, pour cela, de ri taurer un aqueduc qui avait coûté a habitants trois millions trois cent vitt{ neuf mille sesterces (644,983 franct et qui était resté imparfait (2). On ne « plus de traces de ce monument ; mats position de cette citerne, à mi-eôt donne lieu de penser qu'elle a reçu I eaux de la source aitjourd hut perdii L'intérieur était revêtu d'un émit composé de trois couches différente!
la première, appliquée immédiateme
(i) Procope, De jEtfif.f\iw. Y, (a) Eput. XIV, lib. X.
«la briques, était un blocage cornpéfediaux et de riment ; la deuxième, «■chose de diarbon pilé et de chaux ; dbtmème était un stuc fort dur, fcntè pierres pilées, de chaux et Mb.
fade re liea. qui domine une vallée
elfe, qu'on jouit du plus beau coup de I rille et du golfe. Les mina- •fâ s'élèvent au milieu des masses èmoie, et les nombreux jardins de Inaédiejui donnent cet aspect de fctoeur et de richesse particulier aux fedeBithynie.
Jrèj avoir suivi la fortune de la cape de l'empire d'Orient , Nicomédie Mt entre les mains des Turcs en Tan 8Tde l'hégire, ou 13*26 de notre ère, çfe les efforts inutiles que lit Ka- Mwirè, frère de Marie Paléologue , p» défendre cette place. Après la
C*dcG)nstantinop1e par les latins, frioces Comoènes vinrent résidera AMédie.
faupe toutes les églises furent con- ^"•n mosquées par le sultan Orkhan.
* 5, Ri comédie consens toti-
JPçterEglise grecque les privilèges jR^prUûce (fun siège épiscopal ; et **w grandes fêtes de l'Eglise de ■faple, revenue dé Nicomédie firftéife celui de'Nieée, iuimé- Mtaprés le patriarche. On contra dans l'église de Nicomédie plu- *■* reliques, pnrmi lesquelles on «■«inje le bras de saint Basile rén- ■nbédani uoe châsse d'argent, qui à ■fanwd'unbrasetqui est richement ■** de rubis et de perles, u moderne Nicomédie é$t appelée I r*lw Turcs ismkmid, par suite de J& corruption de langage qui a al téré •noms des ancif nnes cités, lsnikmid J* qu'une portion de ces mots grecs :
. kgrand vizir Koupruti a fait établir
* Anmédie des arsenaux maritimes oui •I longtemps fourni les galères et les Celles les plus estimée* de Constance. Tous les armements importants
* root à Constant juople, mais on cons^ Jjjeneore à Nicomédie quelques bifide guerre. Cette ville doit à son jjjw* position, à son vojsinzige des JwiCt à l'activité de $e$ b^^itâifta^
* Savoir pas déchu du rang qu'elle
occupait. "Elle est toujours une des villes les pins importantes de l'Asie Mineure; sa population peut être évaluée à 30.000 âmes, réparties de la manière suivante :
Turcs. .....'.. $,500 familles.
Grecs ' .' . l,itôO id.
Arméniens. '...'. 800 id. ■
Juifs. . . .".':' ; . '600 td.
Mais on sait combien il est difflcfté d'obtenir des renseignements exacts sur la populatiou réelle des villes musulmanes; car tout té monde, les gouverneurs comme les habitants, ont intérêt à en dissimuler le chiffre Quenelle confiance que' Tort inspire aux ' rayas , \fi croiront toujours utile de ftim'indCr' lé nombre de leurs Corel ifrinYmaireif. pnr<*é que te karètch o'u eapitdtlon étant établi par té*te, et recueilli f>a> les tchorbaô'ji^ ou primats de cliarjue riariqfi, oïl p'àrvieru ainsi, en divisant Pim|)ôt' sur tiri ptus grand ilombre de têtes, à en alléger le poids, et les gouverneur* devant re* mettre au trésor le montant des impôtd établis sur un nombre donrié'd'liabîtants, sont euclins à donner un chifre moindre
four qu'il reste uhé 'partie notable de impôt perçu,daus leurs caisses.
Le principal ^ commerce de Rïcdmédie ist te bots etlesel.Ûn âr utilisé les vastes marais qui sont pu fond' du golfe, pour établir1 de&' satinés qui sont d'un grand produit. La fabrication dU sel est entre les mains des particuliers { le gouvernement sfe réserve ta dlme du sel fabriqué Le commerce de bois est Tibre; à la charge de veudre au gouvernement'lefe échantillons de choix qu| E»uvént être utiteà'a la marine. Mars'cette Iverté est clièremeht achetée' pnr<aléS| charges qui pèsent sur les habitants; car les Rayas comme les Turcs /.qui s'occupent du commercé des bois, doivent fournir en corvées les ouvriers nécessaires au service o e la marine. Le gouvernement alloue une journée de cinq piastres ptfiir les ouvriers de, ces chantiers; 'mats cétfo somme est rarement payée itrtégralement,et nul n'oserait iSrèeYamfr ail gouverneur. Les Arméniens' se livrent volontiers à la fabrication du maroquin1, qui s'exporte à Constantinoptç.
La ville moderne de Nicomédie est composée de vingt-trois quartiers , dont dix-neuf sont habités par les Turcs, trois par les cnreuens et un par les juifs.
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L'UNIVERS
La plus ancienne mosquée était autrefois une église grecque qui fut consacrée par le sultan Or khan au culte de l'Islam. Le plus grand temple musulman a été bâti par Penew paeha , grand vizir du sultan Soliman le Grand, et qui resta pendant sept ans à !Ni comédie comme gomerneur. Cette mosquée est prés du port à rentrée de l'arse nal : Sinam , qui en tut l'architecte, imita dans de moindres proportions la mosquée que le sultan faisait bâtir à la même épo jue à Constantiuople, et qui porte le nom de Soliman, l-e même architecte construisit des haius et un caravanséraî. Os monuments, en rapport avec le commerce et la imputation de la ville, n offrent cependant rien de remarquable comme œuvre d'art. Il n'y a plus de traces du magnifique palais que le sultan Mourad IV lit bâtir à Ni comédie, et qui était entouré de jardins Sjlendides. Les palais que les premiers sultans firent construire en Asie Mineure, celui de Broussa et celui de. Magnésie du Si vlus, ne sont plus que des amas de décombres.
L'arsenal impérial doit sortirent jadis les vaillantes galères qui tinrent en échec les marines de Gènes et de Venise, aujourd'hui désert et ruiné, ne put plus servir à la construction des Lîîtiments d'un fort tonnage; car les atterrissements formés peu à peu au fond du golfe, ont comblé la darse et rendu le mouillage impraticable pour les grands vaisseaux.
Si les ruines de Nicomédie , examinées en détail, ne sont plus pour l'antiquaire qu'un souvenir vague et confus d'une civilisation effacée; si l'artiste ne trouve rien qu'un sentiment pittoresque dans les constructions élevées par les Osmanlis, la nature s'y montre toujours \ivace, grande et majestueuse; les collines ombragées de térêbinthes, les vigoureux et noirs cyprès qui entourent les demeures des morts , les jardins verdoyants qui embellissent chaque maison, donnent à la ville un aspect général de richesse et de gaieté qui s'évanouit quand on entre dans 1 intérieur. Les nombreux cimetières placés près des mosquées renferment quelques monuments qui datent de l'époque où l'art des Turcs nuisait ses inspirations dans 4'école arabe. La dé*
cadence du style turc primitif d du règne du sultan Osman, qui envi en Italie des artistes pour étudier monuments de l'Occident : c'était poque où l'école du Bernai était à i apogée.
A leur retour, ils introduisirent d les constructions les modèles d'un italien déjà dégénère , et encore a bâta en passant dans des mains qui ne comprenaient pas. Le faible reflet l'art des Arabes fut totalement éclip et l'art des Turcs tomba au degré nous le voyons aujourd'hui.
CONSTITUTION DO SOL AUX BNVIBO DE NICOftIÉDIB.
Les collines sur lesquelles est bâ la ville de Nicomédie sont un embra chement de la chaîne qui forme la ci nord du golfe et dont le mont Malte est le point culminant; au nord elles rattachent au mont Sophon ou de S bandja.
Le terrain calcaire bleu qui constiti le sol de Scutari cesse bientôt pour faî
(jlace à des roches à base de quartz, e grès rouge finit par dominer. Cet nature de roche s'étend jusqu'au bass du Sangarius. Dans l'intérieur de ville, il se présente sous la forme < stratifications bien distinctes incliné de 80 degrés à l'est , les couches oi environ deux mètres d'épaisseur. EII< sont séparées par des lits de cailloux < quartz et de jaspe qui dans la partie si périeure de la colline ont à peine I grosseur d'un pois, et en descendant II couches intercalaires et les cailloux au| mentent d'épaisseur, de sorte qu'à I hase de la coltine elles forment avec 1 roche même un poudingue à gros noyau:
bientôt le grès rouge disparaît et le tei rain est entièrement composé de caii loux.
La base du terrain des deux autre collines est également de grès rouge mais dans la partie supérieure il es stratifié par un calcaire marneux à cai sures conchoïdes d'une désagrégatio facile. Ces couches sont recouvertes pa une véritable marne, qui s'étend indéfi niment vers l'est. Nous avons donc it l'origine du terrain de grès rouge qi forme une partie du sol de la provincf