CHAPITRE XXXIX
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Les deux principales villes du district étaient Archelaïs, gui, d'après son nom, doit sa fondation a un roi de Cappadoce, et Nazianze, qui ne fut célèbre
Sue sous l'empire byzantin. Cependant, ans la vallée de Halvar déré, au pied du Hassar dagh, et dans le voisinage des ruines que Ton regarde comme celle» de l'ancienne JNazianze , ruines chrétiennes oui consistent en une église byzantine, des chapelles et des tombeaux, on observe des restes de monuments qui portent tout le caractère d'une époque primitive. Cet endroit est appelé parles Turcs Viran cheher (ville détruite); c'est une désignation commune à plusieurs cités antiques, qui ne peut donner aucune indication sur leur origine. Comme le nom de Nazianze ne se trouve jamais mêlé au récit des
(i)&r«bon,XfI, 556.
événements qui précédèrent l'établissement du christianisme , il est plus probable qu'elle a remplacé une ville cappadociennetout à fait détruite ; Nazianze est citée en effet par les géographes anciens comme une très-petite ville, et ne doit son illustration et son agrandissement qu'à son premier évéque, le célèbre Grégoire.
Un passage étroit entre deux hauts rochers conduit de la vallée de Halvar déré sur une plate-forme, couverte de débris de murailles, d'appareil cyclopéen de premier style. L Acropolis s'élève entourée de murailles de même construction, qui ont encore jusqu'à sept mètres de nauteur. On reconnaît les traces des rues avec de nombreux vestiges de tombeaux et de maisons.
M. Hamilton a observé l'appareil de ces murs , qui paraît en quelques endroits dériver de la nature des matériaux employés dans la construction. La base de la roche étant un trachyte brun, qui tend à se déliter en parties prismatiques de la longueur d'un mètre environ, les murs bâtis avec ces matériaux tendent à une sorte de régularité; mais il ne faut pas oublier que c'est un usage constant des Grecs et de tous les constructeurs dans la période archaïque, d'avoir soin de toujours relier leurs murs par des pierres qui traversent de part en part, et qu'en construction on appelle parpaing.
Les constructeurs de Viran cheher avaient donc un double intérêt à employer les prismes de trachyte que leur fournissait la montagne. A l'ouest de l'acropole , on aperçoit les restes de la porte de ville, dont l'architrave est d'une seule pièce ; elle a deux tours solides de chaque côté. Une autre colline, voisine de celle de l'acropole , est également couverte de constructions qui s'élèvent à une grande hauteur.
Un grand nombre de portes et des galeries de communication sont encore dans leur état primitif. Toutes les architraves sont formées d'un seul bloc énorme de roche. Un peu plus à l'est, se trouvent quelques constructions souterraines qui semblent avoir servi de tombeaux à l'époque grecque. L'intérieur de l'une d'elles présente unesalle voûtée avec une estraîde de pierre tout
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autour : c'est4 en effet ie genre de sépulture le plus usité à l'époque (n plus florissante de la civilisation hellénique.
Tant de monuments divers, chapelles, églises, tombeaux et citadelles, présentent des systèmes de construction trop disparates pour être l'ouvrage d'une même période de civilisation. Il y aurait a examiner si ces ruines ne peuvent pas dater de l'époque ©à les rois de Gilicie gouvernaient la contrée ; il faudrait préalablement s pour résoudre cette question, des plans et des dessins de tous ces monuments:
L'itinéraire de Jérusalem place Ar~ chelaïs à XXIV. M. P. de Nazianze, et Andabilis à XL. M. P. de cette dernière ville; ces distances sont parfaitement conformes aux positions respectives des trois endroits précités. Àk serai, dépeuplée au commencement du seizième siècle, reçut cependant de nouveaux habitants dans l'enceinte de ses murailles. De nombreux monuments musulmans, aujourd'hui en ruine, sont là pour attester que cette place tint un rang distingué parmi les petites villes de la Cappadoce musulmane. Les constructions qu'on y observe ont beaucoup d'analogie avec "les mosquées en ruine d'Aïasalouk, qui remplaça Êphèse, c'est-à-dire qu'elles peuvent être attribuées à un de ces émirs, compagnons de Saroukhan, qui capitulèrent avec les sultans, et conservèrent dans leurs familles quelques débris du pouvoir dont les Seldjoukides avaient été dé* possédés.
La plupart des édifices importants sont réunis sur une éminence qui occupe le centre de la ville. Des mosquées, décorées dans le style arabe, un médrecé, plusieurs tombeaux ou turbés, et des bains, mériteraient d'attirer l'attention de l'artiste,
Pendant les trois quarts de l'année, les habitants demeurent campés dans leurs jardins ; ils ne rentrent en ville que lorsque l'hiver devient trop rigoureux ; l'instinct nomade dominera toujours dans ces contrées. Pour nous, Européens, c'est une chose si insolite de voir toute une population, riches, pauvres ou artisans, abandonner complètement une ville pour aller vivre sous la
tente, que je regrettais de n'avoir w peu de temps à consacrer à l'étude è cette vie demi-nomade, soumise ainsi; des conditions qui nous paraissent coi trairesà toute administration régalien La ville désertée ne touche plus d'<N troi, ou du moins tant de moyens facile se présentent à l'habitant pour s'y s«« traire, que le trésor du gouverneur g trouverait fort amoindri , s'il n'hrotf tait des moyens, la plupart du temfl illégaux, pour rétablir ré q ambre, b gouverneur, soit mutzellim, soitpaehi n'est payé que sur les rentrées qu'il I procure, et sur lesquelles il remet à gouvernement la redevance des impfl publics dont la quotité est ûx^ chago année au baïram. L'impôt se perçoit; dans les villes à demi nomades, sm toutes les marchandises importées ptil caravane, sur les fruits des cultures!
toute terre qui n'est pas mise en prfll duit ne paye rien ; enfin sur les trot* peaux, qui sont enregistrés par le kylj nia, chaque tête de bétail payant ûi somme déterminée qui ne dépasse pd une demi-piastre. La vente des laines; des peaux de chèvres et de bœufs, rt aussi soumise à un tarif. Le nitre, qoi s'exploite dans. toute la province, ea4 une régie du gouvernement; mais le*| gemme, ou le sel tiré des eaux du lac s»H| ne doit au gouvernement que la èM en nature, comme les salines qui son situées sur le bord de la mer. Le tatecj dont l'usage est général, ne paye qu'ai droit modéré, qui ne dépasse "pas m* demi-piastre par kilogramme .
Le culte, dans les provinces, s'entretient par lui-même comme dans les grandes villes. Les mosquées possèdent des wakoufs, des biens inaliénables, dont les revenus servent à payer l« desservants imans, muezzin et sofas.
Souvent la portion do revenu du ** kouf d'un territoire a =été affectée ei piastres par le fondateur : tel établissement religieux était dans Porijrii* doté de quelques milliers de piastres, qui, à cette époque, valaient P^J* six francs de notre monnaie, et les mtas, entretenus par la mosquée, te»»
chaient, au maximum, une demi-pastre, d'autres dix paras et quelques aspres par jour. Mais depuis que la piastre, par suite de la dépréciation de la monnaie,
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est tombée à la valeur de vingt centimes, le para vaut un demi-centime, et l'aspre (la vingtième partie du para) n'est plus qu'une valeur inappréciable.
Les janissaires, dans l'origine, avaient une solde fixe de trois aspres par jour. On conçoit que, dans ces provinces, le clergé musulman, qui depuis bien long* temps ne reçoit plus de wakoufs non* vêtu, ni de terres conquises, soit ré* duit à un eut de pauvreté extrême; les donations volontaires sont aujourd'hui mque nulles; et les revenus des bains, des bazars et des caravansérals , qui «o temps ordinaire pouvaient compter pour quelque chose, sont tout à fait annulés, quand toute la population va cou* cher sous la tente.
Le clergé turc ne recevant aucun traitement de l'État, il fallait, pour les mosquées à élever, qu'un édit filât la position des desservants. D'après une décision des oulémas, nul village ne peut élever un mesjid (chapelle), ou un djami (mosquée à minaret), s'il n'a
eblement constitué une rente sur -fonds, pour le payement du personne) du clergé.
Quelques ondulations de terrain; au sud de la plaine de Mélébubi sent les seuls indices d'une frontière entre la préfecture de Garsauritis et celle de Tyaoe. On conçoit qu'il serait dificilede déterminer plus positivement une ligne de démarcation, qui, chez les anciens, «t toujours restée arbitraire.