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CHAPITRE Xin

LB CULTE D'ATfAÎTIS.

Bérose, dans le troisième livredertètoire des Cbaldécns, dit que les Pem« à une certaine époque avaient commet à adorer des idoles sous forme bum»* et qu'Artaxerxe, fils de Darius et frère d'Ochus, avait importé pourlapremieff fois la statue d'Aphrodite Aatft» 3

(t) Sirabou, ibid., 55t.

ASIE TMNEtTKE.

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BabrioDe,Swet Eobatane, à Damas et à Sasdes (sans douta à Hypaepa), l'y aiait consacrée et avait enseigné au* tarses et aux Bactriens à loi rendre des honneurs. Polybe mentionne, en deux* endroits des sanctuaires des Perses et ensuite un temple d'Artémis dans TÉlymaîs (1).

Antiochus, obligé de payer aux Homains une indemnité de guerre, avait tenté de piller le temple d'Élymaïg; mais les habitants n'ayant pas voulu souffrir cet outrage, il était retourné en Perse et y mourut dans un état' de folie, causé, disait-on , par son impiété (2) . Au moment de l'arrivée d'Antioehus le temple d'Aine avait des colonnes* dorées; les tuiles étaient d'argent; il fit enlever le tout et le fit passer dans le trésor royal : la somme ne se monta pas à moins de quatre mille talents.

Isidore de Charax mentionne dans la métropole de la Médie tin temple i'Anaîtis avec un trésor ; le même géo- {rapèe signale dans seë 8tathmi Parthici id autre emplacement du temple d'Alaîtis à Concobar, Kanguevar, près de lamadan , ville de la Médie supérieure, itrabon attesté que le culte de la diviiîé médo-perse d'Anaîtis s'étendait ussi dans l'Asie occidentale, dans l'Arlénie et la Cappadoce. II rapporte que s Saces ayant fait une irruption dans le ays (3) furent attaqués par les généraux erses, et exterminée. En souvenir de Kte victoire, les Perses après avoir cumulé des terres, autour d'une roche, formèrent comme une colline qu'ils itourèrent de murs ; ils élevèrent deux mples, l'un à la déesse Anaîtis, l'autre ix divinités perses Omanus et Ananite, qui partagent ses autels. Les possseurs de Zéla célébraient encore du dos de Strabon une fête commémotive qui avait lieu dans tous les Bancaires d'Anaîtis. Zéla n'était alors 'une bourgade, peuplée presque uniement par les desservants du temple.

Cette tradition prouve que le culte d'Atis existait avant Cyros, qu'il était na.oal dans le pays,etquece prince n'a fait instituer une nouvelle fête. Etienne

i) Polybe, XXXI, a,

î ) Jos'rphe, AnL jud. , 5 1 , &II, 9- 1 ,

3) Slrabon,XII, pud. a.

deByzance confirme ee fait ata mot Zéla, ville d'Arménie : « (Test; dit-il] un lieu où se célébrèrent les sacéeà en l'honneur d'Anaîtis. Il y a, ajoùte-t-il, une seconde Zéla dans le* royaume de'Pont; h CTest sans doute la même ville : ltes autres auteurs ne font mention que delà dernière. Strabon dit positivement que Zéla dans le pays de Pont est bfmë stn* la levée de Semiramis : on y voit un temple d'Anaîtis, divinité également adorée par les Arméniens (1). Le temple de Bellone à Comana' était aussi nommé temple de Ma ; le culte de cette dernière déesse était semblable à celui de Diane Tauropole. Les cérémonies pratiquées dans les temples d'Anaîtis consistaient dans la combustion du feu sacré sur des autels appelés pyréés ou pyraethées, où les mages entretenaient tm feu fnextin:

guible. Pausaniàs raconte* comment un mage allumait des menues branches sur un autel sans le secours apparent du feu (2). Les mages portaient une tiare de feutre dont les oreilles descendaient des deux côtés de manière à leur couvrir les lèvres.

Les grandes fêtes consistaient en processions , dans lesquelles on promenait les statues des adieux Anaîtis et Omanus. Strabon (3) emploie pour désigner ces statues le* mot Xoanon qui signifie une figure de bois. Les médailles de Perga en Pamphylie où était un grand sanctuaire d'Artémis pergéenne représentent dans un temple à six colonnes la figure de la déesse sous la forme d'un cône, c'est-à-dire sous la même forme que la Vénus de Paphos.

Toutes ces divinités s'incarnaient les unes dans lés autres aux yeux de poputions qui étaient livrées à toutes les jongleries des mages fanatiques et des pontifes absolus.

Au pied dit mont Tau ru s et non loin de Comana de Cappadoce* étaient les bourgs de Castàbala et de Cybîstra : dans le premier était te temple d'Àrternis Perasii , e'est-a-dke apportée de loin; c'était la même divinité que TAnaïtis des Arméniens, elle avait été

(x) Strabon, XII, 535* (a) Pausaniàs, liv. V, chap. 37.-r-V0.fe4 P»S« H8.

(3) Strabon, liv. XV, 733.

L'UNIVERS

apportée par Oreste en Asie Mineure, le culte se répandit ensuite en Lydie et en Cappadoce, c'est-à-dire enfin, que l'Anaîtis, Vénus-Uranie, Mylitta, Bellone, Diane et Ma n'étaient qu'une seule et même divinité incarnée sous différents noms suif ant le génie ou le fanatisme des peuples qui l'acceptaient.

La figure d'Anaîtis, transformée en Diane, tut représentée sous forme humaine; c'était, selon Pline (1), la plus ancienne statue connue. « La plus ancienne statue d'or massif sans aucun creux et antérieure à toutes celles du même genre en airain qu'on nomme holosphyrates a été celle du temple d'Anaîtis, statue qui était en grande vénération parmi ces peuples »; elle fut brisée, et un soldat eut une cuisse pour sapart. Avec une parcelle de son butin, il omit un festin à l'empereur Auguste dans la ville de Boulogne (2). Cette statue fut brisée dans l'une des années 35 à 81 avant J.-C; elle avait été dédiée par Artaxerxe Memnon : elle était âgée de trois cents ans.

Plutarque dans la vie de Lucullus nous apprend que certains temples de Diane entretenaient des troupeaux de vaches sacrées qui portaient à l'épaule le signe d'un flambeau; était-ce pour rappeler que cette divinité est la même qu'Artemis Men ou Lunus? On ne doit donc pas s'étonner de voir des figures de vache dans les bas-reliefs qui rappellent le culte d'Anaîtis. Pausanias (3) parie d'Artémis, Diane Taurique ou Anaïtis. Les Cappadociens et les peuples du Pont se disputaient l'honneur d'avoir chez eux la statue originale.

Les Athéniens croyaient que les Mèdes l'avaient transportée de Braura à Suse, et qu'ensuite les habitants de Laodicée, de Syrie l'avaient reçue en présent du roi Seleucus.

C'est sans doute ce trophée qui, transporté en Perse, a donné au roi Artaxerxe l'idée de consacrer une statue à la déesse Anaïtis, qui primitivement était adorée sous la forme d'un cône.

Le culte de cette déesse a été pratiqué en Asie depuis les temps les plus re-

(i) Pline, XXXIII, 24.

M M., ih.

(3) Pauu!>ias,in, 16.

culés jusqu'à «lui de Jwooieo, qii transforma en églises les temples de Comana.

La première statue ne date que du temps des Grecs. Artaxerce n'a rieomnové ; tous les dieux de l'Asie amènera* étaient changés par les Grecs. Bêlas devint Zeus, Sandane, Hercule, et Anaïtis Aphrodite ou Artémis.

Cette dernière divinité fut particulièrement honorée par les Mèdes; au* c'est dans les lieux de leur domination que sont groupés les plus nombreux et la plus célèbres sanctuaires. La ville de Pterium, leur capitale dans l'Asie occidentale, nous fait voir encore les ruine» importantes d'un vaste édifice relipm et des bas-reliefs d'une haute antiquité retracent des scènes et des emblèmes religieux qui ont des rapports certains avec ces Mythes archaïques.

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