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CHAPITRE XV

TUMLâL. — GAZIOURA. — ZELA.

L'Iris, prenant sa source dans les montagnes du Pont, traverse la ville de Comana et la fertile plaine de Daximonitis de l'est à l'ouest, tourne vers le nord près de Gazioura, ancienne résidence des rois, mais aujourd'hui déserte, retourne encore une lois vers l'orient , reçoit les eaux du fleuve Scylax, Tchoterlek sou , et plusieurs autres rivières , et passant le long des murs d'Amasie il entre dans la Pbanarœa ; là, joint par le Lycus, qui vient de F Arménie, il traverse la plaine de Tbémiscyre pour allerse jeter dans le Pont-Euxin(l). Cette description de Strabon est tout à fait conforme à la topographie actuelle et permet de déterminer d'une manière positive les sites de Gazioura au village de Turkal , situé au coude de l'Iris et bâti au pied d'un haute montagne isolée et rocheuse couronnée par un château fort.

Turkal est un bourg de deux ou trois cents maisons situé à quarantehuit kilomètres à l'ouest de Tocat, dans la plaine de Kaz ova si, la plaine des oies, et entourée de jardins et de vergers : la montagne voisine forme un pic isolé de cent cinquante mètres de haut et d'un accès difficile.

La plupart des constructions dd château datent .du moyen âge. Il y a cependant quelques parties gui portent le cachet d'une haute antiquité. Les montants des portes comme les architraves sont faits d'une seule pierre.

Il v a de plus dans l'enceinte des murailles un souterrain qui descend dans le centre de la montagne. L'entrée est assez praticable, mais à mesure qu'on avance dans ce couloir dont la pente est rapide, le sol devient si rocailleux

3u'il est impossible de descendre plus 'une cinquantaine de pas (2). Cet ouvrage parait être une de ces galeries taillées dans le roc, pratiquées par ordre de Mithridate dans les châteaux où il cachait ses trésors, châteaux qui sont au nombre de soixante-quinze dans la

(i) Straboo, XII, 547.

(a) Hamilton, Resëarckes, t. 1, 359.

petite Arménie etdans le Pont. Ganoura était une ancienne résidence des rois de Pont; toutes ces forteresses lurent démolies par Pompée , qui transforma le pays en fondant des villes nouvelles, et du temps de Strabon le château de Gazioura n'était déjà plus qu'une rame.

Kala keui, le village du château à six

kilomètres à l'est d' Amasia, est 1 quable par quelques grottes sépolerares qui ont déjà été vues par plasiean explorateurs, mais qui n'ont pà* encore été décrites. M. Barth (Oatentj vainement une ascension, mais pour arriver au niveau des monuments il lai aurait fallu une échelle et des cordes, les habitants eux-mêmes ne paraissent pasconnaître de chemin pour y arriver. Oo commence à gravir les rochers avec beaucoup de peine en s'accrochant au buissons et aux aspérités du rocher; les monuments sont à cent roètra environ au-dessus du sol de la vallée; mais arrivé aux deux tiers de la route te rocher devient aplani et glissant, et l'on ne peut aller plus loin. Ces chambres sépulcrales sont au nombre dt trois ; d'après l'esquisse qn'en a donnée M. Barth, elles n'ont aucun ornement d'architecture, et se rapprochent par leur simplicité des tombes d'Amasie qu'on appelle tombes royales.

Zéla est a vingt-quatre kilomètres à l'ouest de Turkal; on passe l'Iris sur un pont de bois et l'on traverse la pbite deDaximonitis, séparée de celle dêZâi par un col peu élevé. La ville moderne de Zileh est bâtie au pied d'un monticule conique; eHe contient environ àwn mille maisons turques et cent dnetnatt arméniennes; les maisons, coma* celles de Tocat, sont couvertes en tonte. Les habitants cultivent principalement le coton dans leurs vastes plaines et ont quelques métiers qui fournissent des tissus à la population des environs. 11 * tient chaque année un grand maté* qui réunit, selon M. Ainsworm, ocrante ou cinquante mille visiteurs, ce rappelle les grandes foires religwvafi ou panégyries qui avaient lieu autour des temples d'Anaîtis.

Au milieu delà villes'élève la montai* quecouronne le château et qui donnnete

(1) Reise, p. *•.

AStE MHVEUIE.

\olléesenvironnantes,les murailles sont noderaes on observe seulement quelques débris d'architraves et de corniches, mais rien qui porte le cachet d'une haute antiquité. Au milieu de la ville il y a une fontaine qui s'épanche dans un large bassin de pierre d'ancienne construction. Les habitants ignorent on est la source ; ils prétendent que dans l'intérieur du château se trouve une galerie souterraine qui conduit du sommet jusqu'à la source. M. Hamilton pense qu elle est alimentée par un ruisseau qui coule près de la ville et dont les eaux filtrées dans un terrain sablonneux viennent ressortir au pied du monticule.

Zileb , l'antique Zéla , était un des centres les* plus célèbres du culte d'Alaîtis. Strabon dit que cette ville fut rôtie sur un tertre élevé par Sémiranis (!). Hirtius (2Q, qui parle de Zéla ongtemns avant Strabon, n'est pas du nlme avis. « Zéla, ville aussi forte qu'elle >eut l'être dans une plaine, car elle est titaee sur un tertre naturel qui paraît m ouvrage de l'art et qui sert a souenirles murailles de toutes parts ».

Les environs de Zéla sont célèbres >ar deux batailles dans lesquelles les aroees romaines furent tour à tour vainnés et triomphantes : la première eut ieu entre Mithridate, Eupator et Triaius, lieutenant de Lucullus -, la seconde onna lieu à César, vainqueur de Phar- >ace, d'écrire cette célèbre missive :

e suis venu , j'ai vu, j'ai vaincu. Le narap de bataille où eut lieu cette aeion mémorable, si bien décrite par Hirus (3), se trouve dans un vallon siaé à huit kilomètres au nord-ouest de «la. On reconnaît sans peine la colline u était campé le roi du Bosphore; la olline plus haute séparée par un vallon f quinze cents mètres est celle où &ar établit son camp. L'armée de narnace , en voulant attaquer César, it obligée de descendre le monticule u elle occupait, de traverser la vallée et e remonter la colline sur laquelle les oupes de César étaient occupées à rcuser leurs retranchements. L'mspec-

(0 Strabon, XU, #9.

(*) Hirtius, BelL Alex m Âne.

tioB seule des heuxfate comprendre tout l'avantage de la position des troupes romaines.

Celte action s' étant passée hors de ta ville , n'a donné à l'historien aucune occasion (feutrer dans quelques détails sur les monuments célèbres; nous ignorons aujourd'hui où était situé le temple d'Anattis; il est probable au'il a eu le même sort que tous les édifices du même genre : il a été ruiné jusqu'au sol parles chrétiens. Le gouvernement on l'administration de ce sanctuaire 11e différait pas de celui de Comana : le pontife suprême avait un pouvoir royal, et Zéla était considérée, non pas comme une -ville sous la dépendance des rois, mais comme un temple consacré aux dieux persiques et gouvernée par le pontife même.

Zéla était le cbtf-liea de la région Zélitide ; c'est Pompée qui lui donna le titre de ville et y joignit plusieurs autres cantons; tout ce pays devint plus tard l'apanage de la reine Pytaodoris.

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