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CHAPITRÉ XXI

YÀSILI KA1A.

Lintérét qui Rattachait pour moi à l'existence de ces ruines devint encore

S las grand quand j'appris qu'à environ eux milles de la voie il existait une enceinte taillée dans le roc, et autour de laquelle sont sculptés des bas-reliefs représentant on sujet qui se* rapporte à des événements complètement oubliés aujourd'hui, mais qui doit aVorr été <f une grande importance dans fhistoire de ces peuples.

Le chemin qui conduit à cette eri* ceinte est frayé au milieu de terrains incultes; on n'observe aux environs aucune trace de construction ; fl ne paraît pas qu'anciennement ce lieu ait jamais été habité. Aujourd'hui il est également désert, et les paysans craindraient de s'y trouver à la tombée de la nuit. Rien aux alentours ne peut indiquer l'existence (f un monument de cette importance (1). Le monument de Yasifi kaïa ( la pierre écrite ), c'est ainsi que le désignent les habitants» est d'une conservation parfaite ; jamais il n'a eu d'accessoires autres que ce qui existe maintenant Une enceinte disposée par la nature a été agrandie et régularisée par la main des hommes, Elle forme une salle presque rectangulaire , et sur les, rochers taillés à pic se trouvent sculptées les bas-reliefs disposés en différents tableaux qui l'entourent à (' hauteur (f homme.

A gauche, en entrant, le premier tableau représente onze figures, toutes dans la même pose et dans le même costume. Chacun des personnages est coiffé du casque conique , , vêtu d'une tunique légère, et porte des chaussures assyriennes dont f extrémité est trèsrelevée(2). Un, peu en avant decegrouoe, marchent deux personnages semblables et exactement dans la même pose , le bras gauche tendu en avant, et le bras droit légèrement fléchi dans le mouvement dnun tireur d'arc; cependant on doit remarquer qu'Us ,sout ,pans armes; ils semblent exécuter une marche ra*

(i) Voy. Hamilton, RistarcliestlU I, 4*>o. (a)Cf. HéroA, lih. I, 101.

pide et régulière. Le bas-relief est taillé dans un rocher calcaire cristallin et d'une dureté extrême; il est placé à environ un mètre au-dessus du sol, et était couvert d'une vaste croûte de^lichen, qui prouvait que depuis longtemps il était oublié des humains. La dégradation qu'il a subie est due plutôt à l'effet du temps qu'à des atteintes volontaires de la part des habitants.

Le second bas-relief représente trois fi gu res ba rbu es par t an t la m£ me eo i f l" j ru uueles précédentes, et \étue n mdcfveijdamment de la tunique, d'un manteau qui les emnloppe presque en entier :

c'est le sisymos îles Mènes, Le pereon-* nage qui marche devant, a exactement te même costume que les figures du premier tabieau; quant à la obse, elle est la même dans tons les groupes.

Les deux tableaux qui suivant représentent une procession 'composée dlto ruines armés et priant des emblèmes ou des présents ; les deux premières figures, sont barbues, sont coifFées du casqu* assyrien (i), légèrement recourbé sur le devant, et vêtues d'une robe' rayée obliquement et reliée par une ceinture, lie second tableau, sculpté sut Uu autre plan du rocher f continue le sujet que je suis disposé à appeler la pompe des Dorophores. La plupart des acteurs de cette scène sont armés, et portent ert outre des objets dam lesquels on reconnaît cette croix ansée dû tableau précédent. Un seul des personnages est urrné de la massue ; un antre porïe une faux, trois autres ce sabre recourbe sur son tranchant, qui fui d'abord en t/sagé chez les Orientaux et que Ton nomme çhfm-chffr (2), dont nous avons fait le mot cimeterre. Le milieu du bas relief représente un sujet assez difficile a interpréter; mais d'après la disposition des figures, on est porté à le regarder comme allégorique, car il se compose oV deux figures monstrueuses T vues deface et montées sur un socle; elles supportent au-dessus de leur tête, tln'a espèce Je barque* Toutes les figures {Je ces bâs-reHcfs marchent dans le inéW sons ; c'est-â-dire se dirigent vers je fond de la salle.

(i)Hérodot., Ub.Vl^ '$v (a) Griffe de lion.

byGffogk

L'UNIVERS

Le cinquième tableau représente évidemment des personnages d'un rang supérieur à ceux que nous avons décrits. Un homme barbu, coiffé de la cyrbazie et couvert de la robe médique, précède une femme entièrement vêtue et portant derrière les épaules des appendices qui sont sans doute des ailes mros8tèremem représentées. Onnesaurait dire positivement si les deux figures qui suivent sont des hommes ou des femmes, mais il est suffisamment indiqué que ce sont des prêtres et des prêtresses ; elles portent une faucille et une grande patere, et sont coiffées d'un casque sphérique semblable à ceux des Grecs.

Elles sont suivies par un vieillard barbu et ailé , coiffé du casque conique, auquel sont ajoutées deux appendices qui lui donnent une forme particulière (1).

Telle est la disposition du sujet retracé à la gauche de l'enceinte ; c'est une procession à la tête de laquelle s'avance le souverain, puis les Dorophores, puis enfin le peuple sans armes, et dans l'attitude de gens qui se livrent à l'exercice de la danse.

Du côté droit de l'enceinte, deux tableaux seulement se rapportent au sujet que nous décrivons. Le premier composé de dix figures, toutes dans le même costume, représente évidemment des femmes ; elles sont coiffées de la tiare cylindrique, portent des cheveux longs, et sont vêtues de robes à grandes manches, liées à la ceinture et formant des plis variés. Il n'est pas facile de dire si l'ajustement qu'elles out devant elles fait partie de leurs vêtements, ou si c'est un objet qu'elles transportent avec elles.

Dans une petite anfractuosité du rocher sont trois figures dans le même costume, et qui paraissent conduire les dix femmes qui les suivent. 11 est à remarquer que tout le groupe d'hommes sculpté à l'entrée se compose de treize individus, nombre égal à celui des femmes qui sont placées à droite et qui marchent également vers le fond de l'enceinte où est figurée la scène principale, et qui paraît attirer l'attention de tous les personnages sculptés alentour.

Voyez Planches a, 3,4- Bas-reliefs taillés dam le roc i Pteriitm.

Cette grande scène semble continuer les deux processions retracées à droite et à gauche. Un homme plus grand que nature, coiffé du casque conique, et portant une longue barbe, fait on échange de présents avec une femme coiffée de la tiare cylindrique et vêtue comme les femmes décrites précédemment. Ils portent l'un et l'autre une croix ansée au milieu d'une fleur de lotus; l'homme barbu est armé d'une massue, une sagareest passée dans sa ceinture; sa tunique est courte et sa chaussure extrêmement relevée; j'ai surtout remarqué une queue recourbée qui est près de son coude, et qui paraît venir de derrière la tête, parce que ce même appendice se retrouve aux figures qui portent la barque, et au personnage mâle oui est parmi les femmes. Quoiqu'on nobsem dans son costume aucun des attributs de la royauté, on ne saurait se méprendre sur le rang élevé de ce personnage; il est porté debout par deux hommes qo> sont coiffés de la cyrbazie recourbée, et vêtus de la robe traînante. Auprès de chacune des deux figures principales on a sculpté le taureau unicorne, comme pour indiquer un sujet religieux. A

Sauche du tableau se trouvent encore eux figures portant le costume décrit {précédemment; l'une est sans armes, 'autre porte une massue et une épee; elles s'avancent en marchant sur de montagnes.

La droite du bas-relief est occupé par un groupe du plus grand intérêt :

reine ou déesse, la grande figure de femme que nous avons décrite , «s* de sa main droite un sceptre, et* montée sur un lion qui descend friment du sommet des montagnes; * cheveux pendants sont retenus dama ceinture, et derrière elle est scalp»

une figure indéfinissable, dont h part* supérieure, semblable à l'ornene!

qu elle tient dans la main, est terni* par deux jambes d'homme. Le perso* nage qui la suit immédiatement porv le même costume que les autres Êf* res d'hommes. Il tient dans sa mais une bipenne, ou plutôt la sagare des Saces (i), de l'autre un bâton nouent; il s'avance avec le groupe de fenus*.

(i) Hérod., 1. Vit, 63. StralwB.XI, 5*

monté sur un lion , mais il est d'une plus petite dimension que les autres figures : derrière lui marchent deux femmes coiffées de la tiare et portant une fleur de lotus; au-dessus est sculpté un aigle bicéphale, les ailes étendues, et qui paraît avoir des pieds de cerf.

Tous ces bas-reliefs appartiennent évidemment à un même sujet, retracent un grand événement politique ou religieux, célèbre dans les annales de ces peuples. Mais ce ne sont pas les seuls ouvrages de ce genre qui s'offrent aux regards, plusieurs tableaux sont sculptés dans d'autres parties de cette enceinte, et ne paraissent pas se rattacher d'une manière aussi directe au motif principal du grand bas-relief.

La procession des femmes ne commence que vers la seconde moitié de la paroi de droite. Depuis co point jusqu'à l'entrée, le rocher forme plusieurs retraites qui ont été disposées pour recevoir des bas-reliefs. Sur une saillie verticale qui fait face à la grande scène , on voit une figure colossale représentant, suivant toute probabilité, le même personnage royal sculpté dans la procession. Il est vêtu d'une grande chlamyde , coiffe d'un casque sphérique , tient dans sa main gauche le sceptre recourbé, et dans la main droite un aedi * cule, au milieu duquel se trouve la représentation d'une divinité, non pas marchant sur un lion comme dans le bas-relief, mais dans le repos , et posée sur un socle. Le personnage qui soutient ce temple marche sur deux cônes, comme pour indiquer qu'il règne sur un pays de montagnes. La sculpture, quoique incorrecte, est exécutée avec un très-grand fini, et le rocher a reçu un poli précieux.

Dans la même enceinte se voient encore deux petits bas-reliefs, qui sont presque entièrement détruits par l'effet lu temps, le rocher étant moins solde dans cette partie droite. L'un des ujets se compose de deux figures, asises face à face et coiffées de la mitre omme les dieux égyptiens; l'autre re- Tésente une ligure monstrueuse qui • les bras étendus et est vêtue d'une unique. Son corps est semblable à ceui d'un homme , et sa tête est celle

d'un lion. Cette figure est là comme

Eour garder un passage étroit formé par i nature , qui conduit dans une galerie à ciel ouvert, dans laquelle on observe deux bas-reliefs d'un caractère unique.

Elle a deux mètres soixante centimètres de largeur, les parois en sont aplanies avec soin, et les tableaux sont sculptés au niveau du sol, dont l'exhaussement est d'environ un mètre au-dessus de celui de l'autre salle.

La première de ces figures, dont la tête est de grandeur colossale, représente un homme coiffé de la mitre conique; son nez est très-arqué; l'œil est de face , comme dans toutes les sculptures orientales de style archaïque ; le caractère du profil rappelle tout à fait les idoles del'Iude; à son oreille énorme est suspendue une boucle d'oreille dont le centre représente une étoile; la poitrine parait couverte d'une sorte de cuirasse : au moins est-elle divisée par une ligne médiane dont l'exemple u est

Koint dans la nature. A la place des ras, cette singulière figure a deux avant-corps de lions grossièrement sculptés ; elle se termine au buste, et est supportée par deux animaux monstrueux, dont la tête est profondément enfoncée dans le sol. Tout porte à croire que cet ensemble barbare, composé de parties d'hommes et d'animaux, représente quelque divinité; mais on reste dans le doute lorsqu'il faut prononcer le nom du dieu dfont ces peuples ont retracé l'image. Est-ce le dieu Omanus qui partageait les autels de la déesse Anaïtis? C'est une conjecture qui pourrait devenir probable, si l'on parvenait à prouver que les monuments religieux que nous avons décrits sont relatifs au culte de cette divinité persique.

Un autre bas-relief voisin du premier, représente une ligure dont la partie inférieure est également recouverte par l'exhaussement du sol ; derrière sa tête est un aedicule, dans le centre duquel est sculptée l'image d'un Phallus. Cet aedicule est, dans toutes ses autres parties, semblable à celui qui est porté par le pontife- roi. Le bras gauche de cette femme est passé autour du cou d'un jeune enfant dont le corps est caché par le sol ; elle soutient sur sa main droite un embryon de figure humaine,

^fcu

L'UNIVERS

qui rappelle peut-être que cette divinité préside à la fécondation de la nature.

Le terrain, qui s'est beaucoup exhaussé dans cette partie, cache certainement d'autres bas-reliefs, car j'ai remarqué plusieurs têtes de petite dimension qui sont gravées au niveau du soi , et sont très-endemmagées par le temps; il est probabferque ce qui est dans la terre est mieux conservé. Onrvoit aussi des excavations taillées avec soin dans le rocher, et qui ne peuvent avoir servi de tombeaux, parce qu'elles sont d'une dimension beaucoup trop petite} d'ailleurs, l'ensemble de ces bas-reliefs est bien plutôt religieux que sépulcral.

Un examen attentif de ce monument démontre qu'il n'est pas l'œuvre d'un des peuples qui ont baiité l'Asie occidentale. La ressemblance de cette figure montée sur un lion , avec des sculptures babyloniennes , porte à conjecturer 3u'e)le représente une des principales ivinités révérées chez les peuples mèdes ou assyriens.

Le culte d'Anaftis, répandu et célèbre dans toute cette partie de la Cappadooe, était toujours entouré d'une pompe toute royale. Il n'y avait pas de temples plus imposants que ceux de cette déesse, dont les autels étaient desservis par une multitude d'esclaves. Ce qu'on sait du temple de Gomana peut s'appliquer à ceux de Concobar et d*Hypcepa. Les faits les plus importants de l'histoire raédo-perse se* rattachent a la vénération que tous les peuples avaient pour la plus célèbre de leurs divinités. Originaire de l'Asie orientale , le culte <f Anaïtis a été transporté de la Babylonie dans ces contrées, et s'est répandu à une époque plus reculée chez les Mèdes et les Arméniens (1). La grande scène du fond n'est-elle pas relative au culte de la déesse, qui, arrivant de l'Orient montée sur un lion , est accueillie par les Cappadociens, qui lui apportent des offrandes?

On doit surtout tenir compte d'un fait incontestable, c'est que les figures d'hommes représentées dans ces basreliefs portent toutes le costume des Saces. En effet, comparons avec la description d'Hérodote , dans son dénom-

(i) Strabon, XI, 53*,

brament de l'armée de Xente (V, «....les Saces, peuples de la Scythie : ils portent sur leur tête un bonnet qu'ils nomment cyrbazie, terminé en pointe très-aiguë , et qui se tient droite. Leurs jambes étaient revêtues de chausses. Indépendamment de Tare à la manière de leur pays et de poignards, ils étaient encore armés d'une espèce d?

hache appelée sagare. » Rien ne manque à la ressemblance, ni la hache à deux tranchants , ni la coiffure haute et conique. Les Assyriens portaient au contraire des casques légèrement courbés, et des massues de bots garnies de clous en fer. Cette arme se retrouve entre les mains de plusieurs de ces figures.

Or, on sait que les Scythes n'ont Jamais cultivé les arts. Toute la Médie, qui fut soumise à leur puissance, fut, au contraire, bouleversée par leurs eices (2) ; ce n'est doue point aux Saee qu'il faut attribuer ce monument; mais il est certain qu'il a un rapport direct avec Khistoire de ces peuples. Hérodo* et Strabon nous fournissent quelqof lumière à ce sujet. Après avoir motionné les ravages des Saces (3), Hén> dote ajoute : « Mais Cyaxare et te Mèdes finirent par en égorger U pte grand nombre , qu'ils surent attirer dans un repas où ils les enivrèrent Cet par ce moyen que les Mèdes parrmrœt a ressaisir la puissance et à dominer ea Asie (4). »

Le passage de Strabon est plus explicite ; il est clair que l'un et l'auf* historien font allusion au même #< les Mèdes écrasant les Saces à las* d'une orgie* La seconde version difr* bon n'infirme pas la première; * prouve seulement que les filles d*Sicées étaient célébrées dans toute Tendue de l'empire des Mèdes.

« Les Saces, dit cet historien,* sont emparés d'une partie de l'An* nie, qui a porté d'après eux le non * Sacacene ; m ont pénétré jusque dam

(0 Lib. vil, 64.

(a) Hérod., lib. VII, 106.

(3) Le» Saces sont des Scythes Aar/iJ»® : mais ils étaient désignés ainsi parce q*Jf Perses donnent indistinctement le aon « Saces à tous les Scythes.

(4) Lib. VII, 104.

ASWWWURE.

le ptys des Cappadociens* surtout dans le pays de ces Cappadodens voisins du Fbnt-Eoxin, qae Von distingue aujourd'hui par le nom de Pontici ; mais là , tuais qu'ils se tenaient rassemblés pour le par$ge4n butin, les géoéraux perses qui eoromandaient dans ces contrées les attaquèrent de nuit, et les exterarinèreafc Four éterniser le souvenir de ees événements, les Perses, après aroir accumulé des terres autour d'une roebe f sise datas la plaine où s'était praée l'action), y formèrent comme une colline qu'ils entourèrent de murs et où ils élevèrent deux temples , l'un à la déesse Anaitis, l'autre aux divinité perstques Omanus et Anandate, qui partagent ses autels. Puis ils fondèrent U fête annuelle dite les Sacma, que célèbrent encore maintenant les possesseurs de Zéla , ainsi appelle-t-on «lieu dont je parie.... Tel est le récit de quelques auteurs concernant l'origioe <te&Sacœa; selon d'autres, elles ne datent que du règne de Cyrus. Ce

S rince, disent-ils , ayant' porté la guerre ans Je pays des Saees , y perdit une bataille. Contraint de fuir, il regagna les lieux où il avait établi ses magasins, abondamment pourvus de provisions et surtout de vins* Après s'y être arrêté le ku de temps nécessaire pour Caire reposer son armée , il en repartit sur le olr, feignant de continuer sa fuite, et tissant ses tentés pleines de vivres , îais il fît seulement la marche conveable à son dessein. Les Saces* qui le oursuivaient , arrivèrent dans ce camp tandonné, et le trouvant rempli de ietuailles, se livrèrent sans ménagèrent à la débauche. Cyrus alors, réuni sur ses pas, surprit les barbares tes et hors de sens;.... Ils furent tous assacrés. Le prince vainqueur attriîant son succès à la protection divine, fflsacra ce jour à la déesse honorée ns sa patrie « et voulut qu'il s'appelât jour des Sacées. Voilà pourquoi, fns tous les Heux où il se trouve un nple de cette divinité, on célèbre anellement la fête des Sacées. C'est une icce de bacchanale; les hommes et

femmes s'y réunissent vêtus à la the , et cassent ensemble vingt-qua-

heures a boire et à folâtrer. »

Da retrouve dans cette suite de bas-

reliefs tous les détails des événements rapportés ci-dessus. Le sujet du fond représentant le culte d'Anaïtis transporte dans ces contrées , le tableau de rentrée ne serait autre chose que lea habitants vêtus à la manière des Sa ces, et se livrant à des danses en commémoration de cet événement, qui était célébré dans tous tes lieux où se trouvait un temple d'Anaïti&.

Les fêtes des Sacées étaient célébrées, non-seulement dans cette partie de la Médie, mais à Babylone même. La description qu'en fait Athénée , d'après Berose, ne ressemble pas à celle que Strabon nous a transmise ; mais le nom est le même. Il est possible que les cérémonies se soient modifiées en s'éloignant des pays où ces fêtes ont été instituées. Voici le passage d'Athénée :

Berose écrit , liv. 1 de ses histoires de Babylone, que tous les ans, le 16 du mois Loùs , on fait une fête appelée Sacée,qui dure cinq jours entiers. Il est alors d'usage que les esclaves commandent à leurs maîtres; on en sort un de la maison , vêtu d'un habit semblable à celui du roi , que l'on appelle Zogane. Ctésias rappelle cette fête , livre II de ses Portiques.

Cela prouve que l'institution de ces fêtes était antérieure à Cyrus, et quand on voit l'importance extrême que les peuples mettaient à leur célébration, on ne doit pas être surpris qu'ils en aient perpétué le souvenir par quelque monument*

Le sujet traité dans le bas-relief de Plénum se rapporte à des événements si peu connus de nous, qu'il a dû nécessairement donner matière à des explications bien différentes. M. Kiepert, faisant complètement abstraction du séjour des Medes dans la Ptérie, ne voit dans ce bas-relief qu'un sujet purement Assyrien, relatif au culte des dieux de cet empire (1). M. Barth croit y reconnaître un traité de paix et dfalliance entre Cyaxare et Alyatte, après la célèbre éclipse de soleil qui eût lieu suivant le Dr Zech, le 28 mai 584 avant notre ère (?). La figure coiffée de la

(i) Yoy. Karl. Ritter, Erdkwde ; t, p. io 19, Erklârung der KupferUU*eln * (») JtoruVReise, p. 45, "" *

IX, Soldera wir

L'UMVRRS.

cyrbasie ou bonnet conique représenterait à ses yeux Astyage et sa fiancée. Le point le plus important, c'est que ces deux questions géographiques controversées pendant plusieurs années , la position de Ptérium et celle de Taviura, sont aujourd'hui résolues : la première de ces villes étant placée à Bognaz keui, la seconde à Néfes keui.

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