PAPHLAGONIE
LaPapblaconie est bornée à l'orient 'l'Halys, à l'ouest par le fleuve Partins, au sud par la Phrygie et la Gab ^t). Les auteurs anciens ne sont à accord sur l'origine des Paphla- Sens; ils étaient déjà établis dans le sau temps de la guerre de Troie, et nient la même langue que les Cap*
iens ; on les regarde comme ayant liens de parenté avec la popula-
desHénètes, qui habitaient les en-
~i d'Amastris et qui sont comptés
les peuples d'origine scythe (2).
derniers, après la chute de Troie, al il s'établir dans le golfe de l'Adria-
\où ils formèrent la souche des Ve-
or, il n'a jamais été dit que ce
te fût de race sémitique, résulte de ces faits que le peuple ilagonien était, comme tous ceux qui taient à l'ouest de l'Halys, d'origine
«nie. Nous avons déjà parlé des
«es (3) et des Maryandiniens , qui
t tour à tour annexés à la Bithynie
Pont : telles était les populations ipaient la partie ouest de la côte
mer Noire.
J Paphlagonie était renfermée dans limites trop étroites pour avoir jab joué un rôle important dans l'his-
du pays; elle fut d'abord gouverpardes princes indigènes, qui consent leur autorité en allant servir oe alliés les États plus puissants;
ace titre qu'ils vinrent au secours -ïam.
rois d'Assyrie, maîtres du pays
fr)Sirabon,Xn,544.
M Strabon, XII, 543.
jusqu'à la côte, fondèrent plusieurs villes maritimes, qui furent plus tard occupées parles colonies grecques; lerestedupays était morcelé en différents gouverne* ments. Les descendants de Pylaemène conservèrent un pouvoir indépendant jusqu'à l'établissement du royaume de Lydie. Alors la Paphl agonie formait la limite orientale des États de Crésus; sous le règne de Darius, elle fit partie de la troisième Satrapie. Le roi Mithridate , fondateur du royaume de Pont, ne tarda pas à étendre ses possessions au-delà du fleuve Halys; il s empara de toute la côte jusqu'à Héraclée, et après la chute de sa dynastie, le pays continua à être gouverné par des princes particuliers.
Sous les empereurs Dioctétien et Constantin les limites de la Paphlagonie furent soumises à une nouvelle répartition : la partie ouest du territoire fut annexée à la Bithynie, et le reste contribua à former la province d'Hélénopont, dont Amasie fut déclarée capitale.
Le territoire de la Paphlagonie n'est pas moins fertile que celui qui s'étend a l'est de l'Halys; il est surtout remarquable par ses immenses forêts, qui fournissaient aux Romains les éléments de leurs flottes. Ces forêts se rattachent à celles de la Bithynie, et forment là région appelée Agatch denisi, la mer des arbres , qui se prolonge jusqu'à l'Olympe.
Quand on a franchi l'Halys, le chemin est très-praticable le long de la côte, qui est bordée de collines et par conséquent exempte de marécages. La petite ville de Zalecus ou Zaliscus était distante de deux cent dix stades de l'Halys. Le viUaged'Alatcham,situéaù bord delà mer, offre dans son voisinage un ancien château byzantin dont les ruines sont au milieu d'un massif épais d'arbres et débroussailles; cet endroit indique sans doute l'emplacement de Zalecus. Entre cette petite ville et Sinope, Arrien cite les deux places de Zagora à moitié chemin entre l'Halys et Sinope , et la ville grecque de Carussa , dont l'emplacement est encore* indéterminé.
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LUNIVERS.
CHAPTTRE XXV.
SINOPE-ÀM ASTR1S-HÉEACLÉE .
La situation exceptionnelle de la presqu'île de Sinope, sur un rivage qui offre si peu d'abris aux navires, dut aux premiers âges de la navigation attirer l'attention des peuples commerçants de:
l'antiquité. Avant Que les Grecs eussent pénétré dans le Pont-Euxin , les Phéniciens venaient sur ces côtes commercer avec les Assyriens (1).
Les Grecs attribuent la fondation de Sinope à l'Argonaute Autolycus. Plus tard, les Milésiens, ayant remarqué l'heureuse position de ce lieu et la faiblesse de ceux qui l'habitaient, s'en rendirent maîtres, et y envoyèrent des colons. Hérodote compte les Cimmériens au nombre des peuples qui fournirent un: contingent de population à ces parages; « Les Cimmériens, fuyant en Asie l'invasion des Scythes, envoyèrent des colonies dans la Chersonnèse, où est actuellement la ville de Sinope » (2). La ville grecque reçut en peu d'années un développement considérable; les forêts voisines la mirent à même de se créer une marine respectable, et elle en profita pour fonder d'autres colonies sur la même côte, notamment Trapezus et Gerasunte.
Sinope fut prise par Pharnace, qui l'incorpora à ses États; elle resta sous la domination des rois de Pont jusqu'à la chute de Mithridate. Ce prince avait pris soin d'embellir sa ville natale de monuments magnifiques; il y construisit des temples, des portiques et des arsenaux de marine, dont il ne reste plus de vestiges. Sinope était bâtie sur l isthme
âui sépare les deu* ports. La ville moerne de Sinub, construite avec les débris des anciens monuments, n'offre aucun intérêt sous le rapport de fart; elle fut pourtant une des principales villes de l'empire de Trébizonde; mais ni les Byzantins, ni les Turcs n'y ont élevé un seul monument digne d'être remarqué.
Sinope est aujourd'hui la principale station des bateaux à vapeur qui font le service de la mer Noire; ses environs sont
(x) Sinope ein historisch-antiquarischer UmriMTon Th. Streuber Bascl i855, p. i5. (a) Hérodote, IV, la.
aussi boisés et aussi fertiles qu'autrefois; son territoire présente en un mot tous les éléments nécessaires à une population commerçante , cependant elle est tombée presque à l'état de village. La presqu'île qui défend le port est entouré d'un banc de roches coquilliéres d'une singulière contexture; ce sont ces roebes qui, selon Strabon, contribuaient à u défense du port, en empêchant les débarquements. La pêche des pélamides, qui faisait une des richesses de Faccienne Sinope, est aujourd'hui presque nulle; elle est presque entièrement concentrée dans le Bosphore.
Harmène était une petite ville grecque située à cinquante stades à Vowâ de Sinope. Elle avait un port qui fe toujours peu fréquenté; aussi IwanriŒ avaient-ils un proverbe qui attribua la fondation des murailles f Harmène, > quelque désœuvré. La. position de cet»
place est aujourd'hui inconnue.
Aboni Teichos, petite ville à Touet avait un port meilleur quliarmèoM conserva toujours sa population ;c'& le lieu de naissance de cet jmpostetf, nommé Alexandre, dont nous avons de) parlé (1) et qui jouait le rôle d'Êscuiapç il avait obtenu de l'empereur que le &• d'Aboni Teichos fût changé en celui»
Jonopolis,ce qui fut accordé; on le* trouve, avec peu d'altération dans «te de la ville moderne d'Ineboli.
Nous retrouvons sur la côte le «P Carambis, qui porte aujourd'hui k o* de Kérembé. Les trois petites villes. fr same, Cytorus et Cromna, concaonw* à former la population d'AmasaM^ tie sur l'emplacement de r**Ç Sésame; elle est mentionnée Ç* anciens géographes comme une*** dé Milet. Ce territoire apDa^tenlM1*, raclée, ville puissante qui était j*1?
née par des Dynastes. AmastnStP* cesse du sang des Darius, épo** Denys tyran dHéraclée, réunit** seule ville les diverses pojMilatioitf « Sésame, ~ donna I velle colonie.
Amastris fut placée successif* sous la domination d'Ajrsmoé, s** de Lysimaque, et squ^ celle <TAiw»l,r*
**♦ (i)Yoy. p. 73.
vuie les diverses popuianvn» le, Cytorus, Cromna et Tewnv* \ le nom d' Amastris à cette ***
lei
zane, fils de Mithrkkt». Prise par Triants, lieutenant de Cotta, elle tomba au ►avoir des Romains, et à la chute de l'empire byzantin, elle devint un des comptoirs de la république de Venise.
Elle fut prise en 1460, par Mahomet II, auquel elle se rendit à la première sommation. Les Génois y établirent des entrepôts de leurs marchandises ; mais depuis plus de deux siècles cette ville est tombée dans une complèteidécadence.
Amasserah est située à peu près comme Sinope sur un isthme entre deux ports. On y observe encore de nombreux vestiges d'antiquités, notamment les murailles de la citadelle , qui sont construites en grands blocs de pierre, des ruines d'aqueduc et les débris d'un palais que l'on regarde comme «lui d'Amastris..
Amasserah n'est plus aujourd'hui qu'un bourg maritime qui contient à peine deux cents maisons.
Vient ensuite le Parthenius aujourd'hui Bartoun tchaï; en général les noms géographiques dans ces contrées se sont mieux conservés que dans les régions du sud ; mais , en revanche , les monuments ont presque tous disparu, car dans toutes les villes de la rite, on ne peut en citer un seul qui ait feisté à la destruction. Le caractère de «s villes est plutôt militaire que civil; « sont des places toujours prêtes à rester aux invasions du nord, et, en effet, 'est par des attaques venues de ce ôté, qu'elles ont toutes péri.
Héraclée, colonie de Méçare, apparteaitau pays des Mariandyniens; elle était atie sur la presqu'île achérusienne , à eux milles et demi du fleuve Lycus, on lontrait dans le voisinage une caverne Jr laquelle Hercule descendit aux enfers >ur en tirer le chien Cerbère. Les hâtants croyaient que leur ville avait é fondée au commandement d'un ora- N et la regardaient comme un présent ' l'Hercule Argien , aussi ce dieu rit-il en grande vénération, et lorsque tta s'en fut emparé, il trouva dans gora une statue d'Hercule dont tous attributs étaient d'or, héraclée, grâce à son avantageuse nation, devint une des principales (es de ces parages. Les colons grecs ient rédoit les Mariandyniens à l'état
de servage; on avait le drort de les vendre, pourvu que ce ne fût pas hors des frontières. Héraclée se gouverna longtemps par ses propres lois; cependant à la suite d'une sédition dont le but était une nouvelle reparution «tes terres, elle appela Cléarque", un de ses citoyens, qui, à 1 aide du peuple , dont il embrassa la cause, finit par devenir tyran d'Héraclée, qu'il gouverna pendant douze ans. Le pouvoir suprême fut exercé de la sorte pendant plus de soixante ans. Au nombre des tyrans d'Héraclée se trouvait Denys, le mari de la reine Amastris , qui, par son union avec Lysimaque, donna occasion aux successeurs or Alexandre de s'immiscer dans les affaires de cette ancienne république. Les habitants d'Héraclée, pour mettre obstacle à ces intrigues, firent alliance avec Mithridate, roi de Pont, et avec les républiques de Byzance et de Chalcédoine. Lorsque les Romains arrivèrent en Asie, la ville d'Héraclée signa avec eux un traité d'alliance dont une copie fut déposée dans le temple de Jupiter capitolin.
Cependant la neutralité qu'elle voulut conserver pendant la guerre contre Mithridate lui fut fatale ; elle fournit secrètement des navires à ce prince; aussi, après la défaite du roi de Pont, Lucullus ordonna à son lieutenant Cotta de faire le siège de la ville. 11 parvint à s'en emparer, et la réduisit en cendres.
Héraclée, étant tombée au pouvoir de Rome, ses murailles furent reconstruites, et elle reçut une colonie romaine qui s'établit dans son territoire.
Antoine avait donné cette ville à Adiatorix, tétrarque des Galates, qui ne conserva pas longtemps le pouvoir; elle fut alors annexée à la province de Pont.
La caverne Acherusia a été retrouvée par M. Bore au milieu des jardins, vers le nord ; on y observe les ruines d'un aqueduc et de deux temples qui ont été convertis en églises. Elle s'ouvre sur la pente d'une colline rocheuse au pied de laquelle coule un ruisseau qui nourrit des tortues; là il trouva cachée sous lç feuillage l'entrée d'un souterrain qui était rarement visité. La grotte Acuerusia avait, au dire des anciens, plus de deux cent cinquante pas de profondeur (1).
(i) Xéoophon, Jnahas., 1. VI, 574-575*
LUMVEM.
La ville moderne d'Éregli occupe remplacement de l'ancienne Héraclée. Les habitants se livrent au cabotage et à la fabrication des marocains. On rencontre dans les rues de nombreux débris d'architecture ancienne, mais aucun monument antique n'est resté debout.
La ville de Tieîum qui termine la série des villes de la côte du Pont-Euxin, occupait l'emplacement de la ville moderne de Filias, on reconnaît encore quelques débris des murailles de son Acropole. Tieium du temps de Strabon n'avait déjà plus la moindre importance, cet écrivain ne le cite que parce qu'il
fut -le lieu de naissance de Philstèn souche de la race des Attales.
Plusieurs villes de l'intérieur do Po et de la Paphlagonie mériteraient e core une mention particulière; nous* terons Pompeiopolis, aujourd'hui Tas kouprou, Apollonie de Pont, Germai copolis, Osmanjik, remarquable par plus beau pont musulman qui ait i construit en Asie, Safranboli, chef-li de la culture du safran.
Mais tous ces lieux qui peuvent off un certain intérêt comme étude de I tat moderne, ne conservent aucun v< tige d'antiquité qui puisse fournir i données historiques nouvelles.