T. 11. 4CL
LlJNIVERS.
nés (I). Cette dénomination est expliquée de diverses manières par les historiens. Apollodore pensait que .les Grecs l'employèrent comme terme 'de mépris pour un peuple ennemi ; d'autres écrivains, et nota ai ment Strabon, combattent cette opinion et attestent que la langue cari en ne n'était pas plus rude que le grec, et que l'une et l'autre langue avaient beaucoup de mots corn* imiost.Ce&'était donc qu'une différence de prononciation qui valut auxCariens une épkhète sur laquelle dissertent longuement les plus graves auteurs, tandis qu'à cd té d eux nous trouvons un peuple entier, ta Lyetens, dont la langue est complètement différente du grec, et pas un (tes anciens auteurs n'en fiait la re« marque : il faut aller chercher quelques lambeau* de phrases dans les commentateurs pour sqvoir que certaines villes portaient deux noms, un grec et un lyeien. J'avais pensé un moment que cette langue devait être celle dpnt nous retrouvons tantde vestiges en Lycie (2) ; mais, le fond de la langue des Cariera était hellénique, car Psammétichua donne' à ceux qui habitaient ses Étais la charge d'enseigner la langue grecque à des enfants égyptiens (3). Cependant* Etienne de Ryzance nous a conservé quelques mots eaoene, qui paraissent tout a fait étrangers à le langue grecque ; ah9 cheval, soua-, tombeau, cara* tête, banda, victoire, gela, roi. Ce sont au-; tant de contradictions»
I^es Carient après avoir porté répouvante dans toutes les îles de la Méditerranée , éprouvèrent à leur tour 4e nombreux échecs. Chassés de Crète par Minos, ils ne tardèrent pas à être expulsés de toutes les Cyclades, et lorsque les Athéniens, dans le butde purifier Délos, enlevèrent tous les tombeaux qui se trouvaient dans cette fie, on remarqua que le plus grand nombre des sépultures avaient appartenu à des Cariens (4).
■«.On éprouverait de grandes difficultés si l'on voulait (aire concorder les traditions qui nous sont restées sur les or*-
(i) Sttêbon, Hv. XIV, p. 66t ç UmdL* il,
(i) Id„ ihid., p. r»69-T»75.
(3) H<*rodpl<\ |iv. Il, cliap. t5\.
(4) Tliticvdidf, liv. I. eh. 8.
guîes de ce peuple, la' pîupàrt des auteurs grecs les font venir du dehors; naajs Hérodote nous apprend qu'eux- 1 tnémës Jse regardaient comme autochthones (1). Nous devons en conclure rgu'ils se trouvaient au nombre de ces tribus chez lesquelles le sang s'était tellement mêlé , qu'elles avaient peu* elles-mêmes à se rattacher à une souche unique*
Le peuple carièn était établi en Asie longtemps avant la guerre d^e Troie; et comme on le voit figurer au nombre des alliés de Priam (2), on pourrait penser [u'il tenait plus de la race asiatique que le la race grecque. Mais il est à croire, au contraire, que dans l'origine ils tenaient de près à la souche thrace,qui vint s'établir d'Europe en Asie.
Les My siens , les Lydiens et les O riensétaient unis par une étroitealliaoet On montrait, aux environs de Mylœ.
un ancien temple de Jupiter Caries quj était possédé en commun par h trois peuples (3).
Cent trente ans après la guerre* Troie, Nélée, fils de Codrus, armas la tête des tribus helléniques qui vinrent s'établir sur la cote d'Asie. Les Grecs ne tardèrent pas à déclarer la guem aux Léléges et aux Pélasges, qoifurtot de proche en proche repoussés de L&lide au sud du Méandre. Androete s'empara d'Êpbèse ; mais le territoire conquis ne suffisant plus aux neuve** colons, ils franchirent le fleuve ares avoir occupé Milet et Pritoe, et aèrent les Doriens à conquérir le prom»
tûireou fut fondée la ville de Cnkte.C» derniers se divisèrent en trois corpi : * premier occupa la Crète ; Ieseeona's'einpara de l'île de Rhodes; et le trois*** sous la conduite d'Authès, devint «stor de Cos et de la côte voisine* Ces eoJoaj* demeurèrent à jamais maîtresses w pays qu'elles avaient conquis, et les0* criptions que l'on y trouve encoreaoj*^ d'hui prouvent que le dialecte àtm s'y conserva dans toute sa pureté të
Ce qui peut prouver qu'il existât* certaine différence entre les Carient*
(i) Hérodote, liv. I, rfc. 171.
(*) Iîiad.% II, 867.
(3) Hérodote, liv. I, cb. 171- ;4) Strabon, liv. XIY, p. 375,
ASIE M0ŒTJBE.
les Léléges proprement dits, c'est que ces damiers furent assez maltraités au moment de la migration ionienne; les Cariens néanmoins n'hésitèrent pas à faire cause commune avec les Ioniens pour déclarçpla guerre aux Perses. Les deux peuples se donnèrent rendez-vous près du fleuve Atapsyaa,; c'est là qu'était le temple de Men Carus. Les Grecs trouvèrent dans les Cariens de fidèles alliés, qui ne démentirent pas. dans les combats ^.réputation de bravoure qu'ils s'étaient acquise.- Vaincus dans une première reocontr* avec les P^ree*, les alliés, sur le eenaeil des Cariens, dres* aèrent à formée perse)*»*: embuscade «or la ronte de Pédasus'!;: les Perses forent détails , »«t leur, efeeCdauri ses y fut tué (1). ,, i s,,,
eaJÎRITRÊ IL <V i
«018 ET DYNASTmS/DK CAB1E.
Alyatté;, rofi ■ nie* Lydter, avait étendu &n empire jusqu'aux limites de l'Asie Mineure; a la chute de l'empire de Crésas, les Cariens tombèrent, avec les autres peuples grecs * sont le pouvoir des Perses, et la Carie fit partie de la première satrapie, qui comprenait YMth liée, liante^ la Lycieet JaiPampfcvJîe.
Mîlet, subjuguée1, devint la résidence do gouverneur qurprlt le nom de sa* tope "de Carie; une portie des autres nVks se -fendit bientôt volontairement; le reste fut soutins parla Wrce-(a).
Hsrpagus, le plus célèbre des satra* P«, était parvenu à soumettre les Cax twte, en incorporant dans son armée quelques Orèxs œoliens. Jl rnarclia contre Caunus er contre' les Lyciens.
Nous )e retrouverons bientôt devant Xanthus, la capitale de1 la ïwote-(3).
Sous l'autorité desPèrsêsy i«s Cafietts étaierft adriMstrës par des gouverneurs de leur liatton/ qui, peu t peu, reconquirent <wae*; sorte', de pu»' anee. ArtérrrWvlHIe'dè lâtdemis, tvran d'Halicarnasse ; • reçut Te titre de [rtne de Carie. Cette prrnéesse rendit à Xerxès les plus grands services en lui
(t) Hérodote, liv. V, ehap: »i.
W Id.f liv. VI, ebap. ia5.
(3)Id.f »v.J,ch. tH... .
pr< lié
fournissant des auxiliaires qu'elle commanda en personne,» et ce prince lui en témoigna sa ri connaissance en l'investissant d'un pouvoir souverain (!) qui s'éîendoil sur les Nés voisines*
Lîgdamii, fils d'Arlémise,, lui succéda sur je troue de kCarie » . ou plutôt comme prince tributaire des Penses, Il eut à lutter contre les envahissements li'Arlièties-, devenue maîtresse de toutes les cotes (2). A la faveur des dissensions interminables qui ébranlaient le pouvoir des Grecs, les princes de Ca/ie avaient su se créer, dons ces pays, un parti assez puissant pour leur permettre d'aspirer s l'indépendance, Hecatomnus , qui avait commandé les années navales d'Artaxerxe Mnémou, secoua le joug de la Perse, soumit ses allias, et s'établit à Halicarnasse, où il parvint ? se juamtetw; en payant un tribut aux Perses. Ce prince eût, Vois fils, Mausole, Hydrjée, et Pixqdare, et deux fiilest Artémiseot Ada, qui foousèrent leurs frères. Mausole succéda à son père; il étendit son pouvoir au delà des limites de la Carie, et porta la guerre chez les peuples de la Phrygîe* Il assiégea Assos et Restes avec cent .vaisseau s , et s'éloigna ,de fes places inoins par la force que par. h persuasion. Il prit part, avec Chio, Byzance et Rhodes, à la guerre contée les Athéniens, et h^s força d'abandonner < leurs prétentions à la do* BMaation de la, mer. Mausole entreprit, pendant son, règne , défi travaux considérable* qui eussent ruiufî son trésor s'il n'eût inventé «mille moyens de se procurer de l'argent* il réjin^à Halicarnasse ksi habitante de plusieurs villes léléges, quifuren&ajbandonnées. Maître de ia I*yei#H-U ée*W ne<pays d'impôts, et tout-, jusgu'w^x longues chevelures des Lyeieas „w t**é par jesgouverneurs.
. MausoJe .régna vingtT quatre ans; il mourut la quatrième année de la 106* olympiadey35$*vant notr*ere, et laissa le, pou voir, à la re4ueArté1raise,,sa veuve et «a soeur, qui>ne lui survécut que peu de temps, et niûurutdu chagrin qu'elle ressentit de la, mort. de ^son mari (3). A démise eut pou*, successeur Hydriée,
• ' I s •• • 'm II» S ..)} Ui
(xj Hérodote, lnr. VII, ch. 99.
„(*) Thuçydidjç, tt^ll,^ . (*} Sir**, tonVïtri
L'UNIVERS
qui laissa le royaume à son épouse Ada. Pixodare, le dernier des fils d'Hécatomnus, dépouilla cette princesse , et chercha à donner plus de force à son autorité en appelant un satrape des Perses, nomme Orontobatès, pour gouverner avec lui. Ce dernier avait épousé Ada, fille de Pixodare. (Test à cette époque qu'Alexandre arriva en Carie , et mit le siège devant Halicarnasse.
Ada, fille d'Hécatonmus, alla demander le secours du prince grec pour rentrer dans ses États, s'engageant en même temps à marcher contre les cantons révoltés, chose d'autant plus facile pour elle, que ceux qui les occupaient étaient ses parents (1). Alexandre y consentit; Ada fut déclarée reine d'Halicarnasse ; et depuis ce temps la puissance des Grecs y fut établie sans partage jusqu'à l'invasion romaine.
Cependant cette province fut souvent divisée en gouvernements séparés, et les Rhodiens en occupèrent toute la côte sud, qui prit le nom de Peraea.
Au partage de 1 empire d'Alexandre, la Carie fut soumise à la domination d'Antiochus jusqu'au jour où les États de ce prince furent annexés à l'empire romain. Le territoire de la Carie présente, en abrégé, les variétés de plaines et de montagnes que l'on trouve dans l'ensemble de la presqu'île. Des montagnes richement boisées, des plaines sans arbres, et l'imposante chaîne du Taurus se divisant en plusieurs branches, forment tantôt de hautes murailles de rochers inaccessibles, tantôt des vallées sinueuses au milieu des-
3uelles serpentent des rivières. Ainsi isposé, ce groupe montagneux se prolonge jusque dans la mer, et forme des caps et des golfes où toutes les nations maritimes de l'antiquité sont venues tour à tour se disputer des établissements. Les ruines des différentes villes de cette province ne nous font pas connaître le peuple carien sous un aspect différent des autres Grecs. Il existe peu de monuments dont l'origine puisse être attribuée à la Carie indépendante, et de tout ce qui nous reste des villes de
(x) Strabon, Kv. XIV, p. 656. Àrrien, Rxp. Alex., L ï/p. iS. Diodore, Ht. IL VII, p.*4.
Stratonicée, d'Alabande, d'Alinda et de lassus, la majeure partie n'est pas antérieure au temps des empereurs romains.