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CHAPITRE m

HALICABNÀSSB.

La plus grande et la principale ville de Carie , Halicarnasse , est située ao fond d'un vaste golfe, faisant face à lUe de Cos ; elle fut fondée par Antbès, qui arriva à la tête de colons de Trav zéniens (1). Cette troupe fut bientôt augmentée de quelques Argiens conduits par Mêlas (3) ; elle reçut «J'atord le nom de Zéphyria, d'une petite lie <p en était voisine , et qui, par la suite des temps, fut jointe au continent. ïa égard à son origine, Halicarnasse fit drabord partie de la confédération dorienne; mais Agasiclès, citoyen d'Hilicarnasse, ayant emporté chez lui k trépied qu'il avait obtenu comme prix dans les fêtes célébrées en rboaneor d'Apollon Triopéen , au lieu d'en tain hommage au dieu , Halicarnasse fat exclue de la confédération. Vitruvenoosi laissé une description de la ville <f Halicarnasse qui peut nous guider dta* manière à peu près certaine pw retrouver certains monuments ; mais d'astres dispositions, et surtout celles da port secret et du palais de Maasote, resteront encore dans le doute, maigre les commentaires de plusieurs savaatt qui en ont étudié sur les lieux la topographie. Ce passage est remarquable,»

ce qu'il mentionne les principaux monuments qui décoraient cette ville, «* notamment le plus célèbre de tous, k tombeau de Mausole , dont remplacement peut être déterminé avec une or taine probabilité. »

Le grand port d'Halicarnasse, «* que nous le voyons aujourd'hui, éatf situé au fond du golfe de Boudrooœ.

et entouré par un cercle de nionup^ qui se dessinent comme un raphia»* tre ; c'est là que Mausole, qui &** tait primitivement la ville de Mrw* ayant remarqué qu'Qaliearnasse était un lieu naturellement fortifié, pwp«*

(i) Strabon, lir. XIV, p. 656.

(») Vitrave, h>. II, eb. VIII.

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an commerce, avec un port convenable, résolut d'y établir sa royale résidence. • Ce lieu, dit Vitruve, s'arrondit en forme de théâtre. Dans la partie la plus basse, près du port, était placé le forum; au milieu de fa courbure était une grande place formant une sorte de précinction au milieu de laquelle était construit le mausolée, réunion de tant de chefs-d'œuvre, qu'on le plaçait au nombre des merveilles du monde. Au milieu de la citadelle du sommet se trouvait le temple de Mars , contenant une statue colossale du genre appelé 4xp<SXi6o<(acrolithe ) , ouvrage sorti des mains du célèbre Léocharès. Sur le sommet à droite, à l'extrémité de la courbe, se trouvait le temple de Vénus et de Mercure, tout auprès de la fontaine Salmacis, de sorte qu'on avait à droite le temple de Vénus et de Mercure , et à poche, à l'extrémité de la courbe, était le palais que le roi Mausole établit selon ses desseins. En effet, déjà on aperçoit à droite le forum, le port et tout le développement des remparts; et à gauche le port secret , caché par des montagnes, de sorte que personne ne pouvait voir ni connaître ce qui s'y faisait lorsque le roi , de son palais même, pouvait, sans que personne s'en aperçut, commander à la flotte et aux soldats. • II est évident, d'après cette description , que le moindre vestige de monument nous mettrait sur la voie pour reconnaître d'abord de quel côté l'auteur romain se supposait tourné pour déterminer sa droite et sa gauche , soit qu'il regardât la mer, soit que de la mer il regardât la ville.

Malheureusement le principal caractère topographique qui eût éclairci tous les doutes, fa situation de la fontaine Salmacis est elle-même un problème

r>ur nous, car nous ne reconnaissons droite ni a gauche, à l'est ou à l'ouest , aucune source vive à laquelle on puisse attribuer cette dénomination. Nous ne sommes donc certains que pour deux localités : ce sont la citadelle supérieure et le milieu de la courbe du port ( per mediam altKudinis curvaturam), parce - que le centre ne change point. Il est une autre difficulté qui se présente quand on examine la carte du golfe :

ee que Vitruve entendait par cornua

sont-ce les deux points auxquels s'attachent les môles antiques que l'on observe encore, ou les deux caps que forme la côte au point où la baie commence à se contourner? 11 est à croire que le port désigné par Vitruve n'est autre chose que celui qui est extra muros dans la ville turque ; car, pour les anciens, cette grande rade foraine ne Couvait être regardée comme un port, 'ai cherché a?ec le plus de soin possible, soit par des dépôts de calcaire d'eau douce, soit en interrogeant un

§rand nombre d'habitants de la ville e Boudroum , s'il existait une fontaine ou si l'on n'avait pas connaissance de quelques sources aujourd'hui taries; aucune réponse satisfaisante ne me fut faite. La plupart des monuments dont on retrouve les vestiges sont beaucoup plus ruinés que dans aucune autre ville antique de la côte. On ne trouve d'intacte que la grande ligne de murailles qui couronnent les crêtes de la montagne ; mais du moment que l'on approche de la plaine, les murailles se perdent, et l'on ne saurait dire comment elles venaient se rattacher à la mer.

En examinant la nature du terrain, on est porté à conclure que l'emplacement sur lequel s'élève le château actuel de Boudroum était jadis détaché du continent et formait nie appelée Zéphyria. Quand on voit combien peu d'espace occupaient certains ports grecs, on peut sans Beaucoup de difficulté imaginer que le palais de Mausole était situé à l'angle oriental de la ville, et que le petit port secret est aujourd'hui ensablé. Il y aura toujours la difficulté d'expliquer comment ce port pouvait être caché à la ville par des exhaussements de terrain; mais si l'on veut aller chercher le port secret , soit dans l'île d'Orak, soit de l'autre côté de l'isthme , à l'occident d'Halicarnasse., la difficulté est encore bien plus grande

f>our expliquer comment de son palais e roi pouvait commander en un point si éloigné. Rien dans les ruines de la ville ne parait se rapporter à l'ancien palais de Mausole» qui était construit, nous le savons, en briques revêtues d'un enduit poli comme du verre et de plaques de marbre. En faisant le tour du port moderne, nous trouvons ça et

L'UNIVERS

là divers fragmente qui ont appartenu ques écrivains byzantins eti parlent dW à det édifiées d'architecture grecque : manière plus ou moins abrégée, mais

des chapiteaux ioniques de différentes dimensions, des autels; et surtout tin grand nombre de chapiteau* d'ordre dorique en marbre blanc. Dans un des jardins qui entourent la ville moderne, s'élève une colonnade d'ordre dorique grec qui a été décrite par M. de Choiie«lv D'après les arrachements qu'on observe sur la partie opposée à la façade, on voit que ce débris d'architecture n*a pas appartenu à un temple; mais que > tf est «te reste d'un portique. Cette conviction tient à ce que, dans le temple grec, l'architrave transversale qui supporte le softtte vient s'engager dans la partie postérieure delà frise; ce qui na pas lie» dans' cet édifice.

En remontant un peu plus vers le nord, on remarque un grand soubassement carré, formé par des pierres à bossage et qui sont d ouvrage grec. Ce ' soubassement peut avoir appartenu à un temple. L'acropole supérieure ( arx twnma ) , celle qui sans doute reçut le principal assaut lorsque Alexandre s'empara de la ville, n'est pas conservée d'une manière assez complète pour qu'on puisse bien reconnaître où était situé fe temple de Mars. Dans l'état des choses, FI n est/ pas impossible que certains ouvrages de défense, dans la partie inférieure, aient été détruits.

11 ne reste donc, de tous les édifices qui ont à peu près conservé leurs formes, que le théâtre, qui ne présente aucune particularité digne d intérêt.

Toute la ville, grecque ayant été ra$ée par Alexandre, nous ne pouvions, dans aucun cas , espérer de trouver des monuments antérieurs. à cette époque.

CHAPITRÉ ÎV.

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