CHAPITRE V
1ASSCS.
La côte de la Carie s'étend depw le cap Posidium jusqu'à la partie b plus méridionale de l'Asie Mineure Elle est caractérisée par deux grandi golfes qui se subdivisent en plusiew petits ports, dans chacun desquels le anciens avaient formé des établisse ments. Celui qui est le plus au non s'appelait dans l'antiquité golfe de In sus, au fond duquel était la ville <h même nom. Sur Ta côte méridionale à même golfe se trouve caché par un flo un autre golfe qui, jusqu'à nos jouit fut en vain cherché par les explorâtes de l'Asie : je veux parler du çolfe è Bargylia, que l'on croyait definiti* ment comblé par quelque accident gé»
logique. Il était important de détenait ner, par une expédition nouvelle, | véritable périmètre du çolfe d'Iasal et ses subdivisions. Apres avoir et ploré la côte d'Ionie ? nous partJme du cap Arbora ou Posidium le 18 juft let 1835, avec la goélette la Mm*ft* La première ville qui se présentait I l'entrée du golfe, l'ancienne Tychiussa, était une forteresse appartenant a* Milésiens. On reconnaît encore la petto crique où le port devait être situé; mil sur l'emplacement de la ville, nous M trouvâmes aucune trace de momimeati qui méritât de nous arrêter longtemps-
A la fin du siècle dernier l'andeuM lassus contenait encore quelque! habitants, et la ville s'appelait Assem m si, le château d' Assem. Chandler ni trouva plus que quelques familles grecques placées sous l'administration 0* ney de Melasso: aujourd'hui ces mû*»
sont tout à fait désertes , et pendant» séjour de plus d'une semaine nous «V perçûmes ni dans la ville ni dans «1 environs aucun habitant pour nous donner le moindre renseignement sur m localités voisines. Nous longions avec la Mésange la côte nord du golfe, qui se présentait à nous sous 1 aspect le
(1) Voy. pi. 33, Fm du chitem de Be* droum.
pin sauvage ; aucune trace d'habitation il de culture ne s'offrait à nos regards. floos avions déjà doublé plusieurs raps , et la soude indiquait que nous approchions dufood du golfe; il eût été âagereux de rester de nuit dans ces parages inconnus. Le capitaine donna Tordre de virer de bord, et je désespérais de rencontrer les ruines d'Iassus , banque le navire , en virant, découvrit me pointe couronnée de fortifications.
Kenifo l'ensemble des murailles, éclatantes de blancheur se déploya à nos (égards : c'était lassus ; et nous alla* ■es jeter l'ancre, à l'est de la ville, où tous trouvâmes un bon fond par six brasses d'eau.
On ignore les causes de l'abandon le cette ancienne ville; le pays d'alensor est bien arrosé et les plaines voifaes seraient propres à recevoir la culare des céréales.
Le eommis aux vivres delà Mésange at an peu désappointé, car il espérait router dans une si belle ville un peu le viande fraîche pour l'équipage. Pour ■rer à cet inconvénient, le capitaine irdonna une grande pèche aux filets ; nun instant les canots furent mis à ) mer ; la nuit était venue , on mit le » aux oliviers sauvages qui couvraient i rive; aucun garde champêtre n*apirut pour dresser procès- verbal. Les rix glapissantes des chacals troublent seules le silence de la nuit, comme our protester contre l'invasion de »rs demeures. Les canots avaient dent un long circuit, entraînant avec m un long filet qu'on appelle seine.
tantôt la résistance devint telle, qu'on tfçnit que le filet ne fût arrêté dans nelque roche ; l'agitation des eaux fit ientôt reconnaître qu'une quantité omense de poissons , attirés par les leurs de l'incendie, étaient venus se rendre dans la seine. Mous tirâmes « monceaux de dorades, de pécunes , t plusieurs genres de torpilles. La jer d'Iassus conserve encore sa vieille iputation.
Les habitants d'Iassus (1) tiraient la las grande partie de leur subsistance e la mer, qui en cet endroit est trèsoissonneuse. Le terrain passait, au
(0 Sirtbon, Bv. XIV, p. 65S,
contraire, pour stérile et maigre. Strabon raconte une plaisanterie touchant la vente du poisson à lassus. Je doute que jamais coup de filet des Grecs ait produit une masse de poisson plus considérable. Il est vrai que, depuis plusieurs siècles, le poisson, dans ces parages, est tout à tait à l'abri des poursuites des pécheurs. Pendant notre séjours lassus, les matelots renouvelaient chaque soir des pêches aussi fructueuses ; ils amenaient souvent des mollusques aux formes les plus incroyables, aux couleurs les plus brillantes; mais nous n'avions à bord aucun moyen de les conserver. Pendant le jour, la chaleur était intense, à peine pouvait-on toucher les garnitures de cuivre qui se trouvaient sur le pont.