CHAPITRE XIV
1RS WTFtCttS PUBLICS.
Non loin de ce monument s'élève le frontispice d'un édifice Corinthien, qui, quoique d'une époque beaucoup plus récente que le temple, paraît avoir été par sa destination rattaché à ce dernier édifice. On peut supposer que c'était le collège des néocôres, l'habitation des prêtres, en un mot , le palais dans lequel étaient installés les bureaux de l'administration du temple. Nous avons en effet des preuves sans nombre que ces grands centres religieux de l'Asie ( f ), indépendamment du service religieux, avaient encore certains droits et privilèges nui participaient de l'administration civile. J'ai déjà fait voir que, dans l'ordonnance et l'administration des mosquées musulmanes, on trouvait de nombreuses analogies avec certains faits relatifs à l'administration des temples de l'antiquité. Le privilège de conserver en dépôt les objets précieux et les trésors des citoyens était particulièrement dévolu aux temples, comme il Test aujourd'hui aux mosquées. La divinité avait son bien particulier, dont elle usait à sa guise, comme on le voit par les inscriptions conservées dans la ville. Elle avait aussi ses immeubles, qui étaient donnés à ferme, comme le vacouf ou hahous des Musulmans, qui sont des terres devenues inaliénables, comme propriétés de mosquées.
Le temple de Vénus se trouvait certainement régi par des règlements semblables à ceux du temple de Jupiter Aizanien , puisqu'il avait pour seul et même administrateur Apuléius Euryclès.
L'édifice où se tenaient ces diverses administrations devait être voisin du temple ; nous croyons en trouver les vestiges dans le portique corinthien. Il se compose aujourd'hui de quatre colonnes portées sur des piédestaux , et soutenant un fronton dont les pririci-
(i) Strabon, liv. XIV, p 640.
paux fragments sont couchés sur le sol. La frise , sculptée (Tune manière assez incorrecte, était ornée de hoceanx et de figures d'enfants.
Le chapiteau est décoré de feuilles d'acanthe, et le fût est cannelé eo spirale, genre d'ornement assez rare dans les monuments antiques, et qui cependant a été beaucoup plus usité qu'on ne le croit généralement 11 a été iravent employé dans la décoration <te théâtres, on le trouve employé dans des mouuments dès l'époque des Aotonios Les colonnes du portique ont délateur 6m,25; le piédestal est à demiesterré; à gauche et à droite du frontispice sont des murs de marbre qui vost; se perdre dans des constructions Badernes.
Sur la partie gauche du temple, « voit une grande place entourée (fut colonnade ionique, mais qui est aujov»
d'hui interceptée par des fossés, ds murs et des haies. On finit eepcndat par reconnaître que cette place formai un grand rectangle de plus de 100 wtrès de côté. La colonnade, qui subs* encore, se compose d'environ (parafe colonnes, et l'on trouve des gros*»
de cinq à six colonnes continués- fl n'y a derrière aucune apparence* murs ni d'habitations, tout est détrait L'ordre ionique parait un ounigM peu de chose près contemporain h temple. La frise est ornée de gêow qui soutiennent des guirlandes; tonu^ reste des moulures est sans aucna orneYnent. Le fût de la colonne est m-
. nelé depuis le haut jusqu'au tiers nfr* rieur. Une masse de constructions,»
iourd'hui informes, qui s*élèieat «r l'un des cotés, paraît avoir été uns* lique.
Le théâtre se reconnaît au m$a d*un groupe de maisons modernaf1 occupent les vomitoires et une part* des gradins. Cependant il y en a «a core un certain nombre eo pJ**\*J
. y voit aussi les deux murs sur ksfl» s'appuyaient les gradins, et toi» j* près l'inscription de lassus, s'appâta*! analemma; l'inscription suivante* 1* est relative à une construction ** blable, a été trouvée près do théâtre:
A la dénué Vénus, aux Diras af*ja**2 colonnes | et le» mars d*appaf ta gw»1""
ASIE MlflEURK
elé WU par Artstoclèi ttls ffArtémiàpre Molonos, ami de la gloire et de la patrie. Ayaot smidé à roavrage Hermaa filsd'Artotodès, Ma tTArtémidora, conformément au testament de Moloatus, qui Ta nourri et élevé.
Il y b\ près du théâtre, des construotioas de pierres de taille qui peuvent tvoir appartenu à la citadelle; mais on doit dire que ces murailles sont si peu importantes, que la conjecture est tout à fait hasardée.
Le stade est situé dans la partie nordouest de la ville : la conservation ,de ce monument ne laisse rien . à désirer. Il offre une singularité que j'ai déjà observée dans VJmphÙheatrum castrente à Rome : c'est de se trouver englobé dans les murailles de la ville, et de faire en quelque sorte partie de la défense. Mais je crois que l'un et l'autre édifice furent primitivement construits hors la ville, ef par suite de l'augmentation successive du périmètre , ils se trouvèrent encastrés de la sorte.,
Le stade d'Aphrodisias se compose d'une arène de M7"\74 de longueur ; elle est arrondie à chaque extrémité, et là s'ouvre une grande porte ou vomitoire dans la direction de l'axe. L'arène, dans tout son pourtour, est garnie de vingt-six rangs de gradins, divisés de chaque côté en trente cunei ou sections, séparées par de petits escaliers. La partie supérieure forme une galerie qui a 6m,50 de large, et était décorée d'un portique à arcades dont il reste encore de nombreux fragments. Je n'ai observé dans l'étendue de l'arène aucune trace de spina , mais à l'une des extrémités on voit à fleur de terre un mur circulaire qui paraît avoir formé un petit amphithéâtre, dont la construction est du temps de la décadence. Je ne mentionne ce fait que parce que j'ai trouvé de semblables constructions dans deux autres stades que j'ai mesurés sur les eûtes d'Asie, celui de Perga et celui d'Aspendus. Je n'ai vu aux environs aucune construction qui ait pu servir de carceres, d'écuries ou de dépendances d'aucune espèce.
Les sépultures des Apnrodisiens n'offrent aucune particularité qui les fasse distinguer de celles des autres villes
Srecques. Ce ne sont en général que es stèles sépulcrales et des sareopba-
ges. S'il a existé quelque monument tu* mulaire important, il a été détruit Quelques inscriptions mentionnent le genre de tombeau en forme d'autel appelé DU M OS qui comportait \v$ constructions de quelque étendue. On sarcopbaj portant deux médaillons avec des portraits contient une inscription qui fait eou naître que ce tombeau ap~ .partieot a Adraite Polychronius, fils de Glycon* Le tombeau entier se composait d'un ea veau avec plusieurs coinparti on ni s- L'inscription contient une défenst formelle, à quiconque n'est pas de la feuille d'Adraste, d\v ensevelir aucun corps (1).
Les contrevenants' sont quelquefois menacés d'une amende qui peut s élever à plusieurs milliers de drachmes. En voici un exemple :
( Le sarcophage, l'autel fuoèbre, les caveaux et tout l'entourage sont la propriété dTrmérotus, ainsi qui! est attesté pur l'arrêté du cbréophylax. Dans le sarcophage sont ensevelis | le susnommé et £lia AntoniaNicé, appelée aussi Tatia , sa fille. Nul autre n'aura le droH d'y ensevelir ou d'exhumer les susnommés; dans le cas contraire, qu'il soit déclaré impie, profanateur et violateur de tombeaux, il pavera au trét-vénéré fisc la somme de deux mille cinq cents deniers d'argent, dont le tiers sera donné au dénonciateur.
Ceux qui ont droit aux caveaux placés sous Te sarcophage sont : Aurélius Thésée, fils d'Ermérotus, et Anréiiana flédémb , la mère de Thésée.
Copln de cet acte a été déposée aux archives du chréophylax , sous le stépbaoophore Hypslclès, fils de Ménandre.