‹ Asie mineureChapitre 366 sur 428 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

VILLES DB l'iRTUIBUB DB LA CAR1B.

L'intérieur delà Carie comprenait un grand nombre de villes dont la plupart ne sont connues que de nom; Strabon en cite un certain nombre qui doivent leur fondation aux Léléses. La plus célèbre est Pedasus,capitaie d'un district qui comprenait huit villes et qui s'étendait jusqu'à Myndus et Bargylia (2).

Les Pedasiens furent le seul peuple de la Carie qui résista à Tannée d'Harpagus, ils s'étaient retirés dans le mont

(i) Voyex, planche 49, sarcophage de marbre à Aphrodisias.

(a) Strabon, XIII, fin.

L'UNIVERS

Lida, où ils avaient élevé des retranchements; mais ils finirent par être soumis (i). Les Pédasiens ne restèrent pas cependant tranquilles tributaires des Perses , et lorcaue Daurisès, gendre de Darius (3), voulut envahir la Carie, ils trouvèrent sur le territoire de Pédasus une résistance inattendue. L'armée perse fut taillée en pièces , et les principaux chefs , parmi lesquels était Daurisès, furent tués. Les Pédasiens rendaient un culte particulier à Minerve ; Hérodote raconte un prodige qui se manifestait toutes les fois que la ville était menacée de quelque malheur :

alors la grande prétresse du temple voyait son menton se couvrir d'une barbe épaisse; ce phénomène s'était renouvelé trois fois (3).

Syagela, ville lélége, voisine de Pédasus, avait été ainsi nommée parce qu'elle possédait le tombeau de Car ; dans la langue des Cariens le mot Soua signifie tombeau, et Gela un roi (4). La position de ces deux villes n'a pas été déterminée; elle doit se trouver dans le territoire qui sépare Halicarnasse de Bargylia au nord-est de Cindye.

Mylasa fut longtemps regardée comme la capitale de la Carie, c'était la patrie de Mausole et le lieu de résidence des dynastes avant qu'ils ne se fussent emparés d' Halicarnasse. Mylasa conserva toujours sa suprématie sur les autres villes, comme centre du culte de Jupiter Carius, qui était pratiqué en commun par les Cariens, les Lydiens et les Mvsiens.

Mylasa, aujourd'hui Melasso, est située au centre d'une vaste et fertile plaine entourée de montagnes dans lesquelles se trouvent de belles carrières de marbre blanc ; aussi, peu de vittes pouvaientelles se vanter de posséder de si magnifiques édifices. A la fin du siècle dernier on pouvait encore admirer un temple péri ptère d'ordre corinthien oui a été dessiné par Pococke ; cet édifice a été démoli car un gouverneur et le marbre a servi à la construction d'une mosquée.

(i) Hérodote Ier, 175.

(a)Id., V, fie.ii3.

(3) Hérodote, liv. Ier.

(4) Et Byi., v. Souagela,

D'autres rames de peu d*importaDet sont éparses dans la ville moderne; 01 y remarque une colonne d'ordre corinthien élevée en l'honneur d*Eatbvdéme.

On peut encore observer sur «ne colline au sud de la ville un monument .sépulcral qui jusqu'à ce jour a échappé à la destruction. Il est sans inscription , mais d'après la forme de son entablement on peut être assuré qu'il n'est pas antérieur au second siècle de notre ère. La frise bombée en forme de console caractérise les monuments postérieurs au règne de Titus.

Ce tombeau du genre appelé distega, à deux étages, se compose d'un soubassement dans lequel est la chambre sépulcrale; il est surmonté <Too aedicule quadrilatère dont chaque foet est ornée de deux colonnes à cbamtenn campa ni formes à feuilles d'acanthe, bs angles sont formés de quatre pilastres carrés.

Un listel qui règne le long des fos des colonnes indique que cette partie du tombeau était fermée par une grille(l

Ce monument offre un certain intérêt en ce sens qu'il paraît être une copie simplifiée du tombeau de Mausole.

Le temple de Jupiter Labrandeu?,»

des plus vénérés de la Carie, était dans In ville de Labranda, à soixante stades de Mylasa. Il était ainsi nommé de b hache à deux tranchants, Labrys es langue carienne, qui avait été transportée de Lydie en Carie et dédiée à * dieu. Une voie sacrée pavée de marbff conduisait de Mylasa à Labranda, les

f>rétres de ce dieu étaient chobis pamu es plus illustres familles (2).

Euromus. autre ville du ressort « Mylasa était située sur la route de Mflasa à Milet, on en retrouve les mines près du village de Kizildjik app^^g les Grecs Mendalia. Un temple d'ordre corinthien existe encore dans un état de conservation suffisant pour en re«* nattre l'ordonnance primitive, il »* publié dans l'ouvrage de M. de Cnoise»; chacune des colonnes porte une table»

indiquant le nom du donateur Les J* nés d'Euromus s'élèvent sur la cou*

(1) Voyet, pi. »7, tombera ptfeaV tyb* (Y) Voy., pi. m, temple de Japitw il* brandit.

qui domine le temple, on y retrouve Us vestiges d'un théâtre et de plusieurs autres édifiées.

Stratonieée, aujourd'hui Eski hissar, a été fondée par Antiochus Soter, qui lui donna le nom de sa femme Stratonice; cette ville était, comme Mylasa, ornée de somptueux édifices de marbre blanc, qui ne sont plus aujourd'hui qu'un amas de ruines.

Un monument d'une certaine importance au point de vue épigraphique existe encore ; il est renfermé dans une enceinte de marbre blanc désignée généralement sous le nom de tombeau de Philœtère. Cette inscription , qui date du temps de Dioctétien , détermine le prix des denrées sur les marchés du pays. Lagina, petite ville sous la juridiction de Stratonieée, était célèbre par son temple d'Hécate ou Tri via qui réunissait chaque année un grand concours de peuple. Lagina occupait remplacement de la petite ville moderne de Lakina.

A deux cent cinquante stades au nord de cette dernière ville, et non loin de la vallée du Méandre se trouvait le district des Alabandiens dont la ville princi-

Kile était Alabande, aujourd'hui Arab issar; on y observe un assez grand nombre d'édifices antiques parmi lésais il faut citer un théâtre et un porgque dépendant d'un grand palais; Etienne de Byzance fait dériver le nom de cette ville des motscariens Ala, cheval, et Banda victoire, en commémoration d'une victoire équestre.

Le territoire de la Carie coupé par de nombreuses chaînes de montagnes est loin de jouir des mêmes avantages que la contrée voisine l'Ionie; les villes modernes qui s'élèvent sur les ruines des anciennes cités sont pauvres et peu peuplées, et le naturel des montagnards a passé jusqu'à ces derniers temps pour être presque indomptable. Au partage de l'empire byzantin la Carie échut à l'emir Mentescbe, dont elle prit le nom, qu'elle conserve encore sous le gouvernement des Osmanlis.

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