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ICONIUM — KONIEH

Le Tenant des plateaux qui s'appuient rie contre- fort septentrional des mongoes de l'Isaurie est dirigé vers la ande plaine de Konieh, dont la dispo- Èàon en bassin sans issue n'offre aucun Dolement aux eaux hivernales. En prenant la route de Cassaba, et se dijeantvers Ismil, on traverse plusieurs «seaux dont le plus considérable porte, nom de Perchembeh sou (1). La pluri de ces petits torrents sont à sec pennt l'été ; mais, à l'époque de la fonte 1 neiges, ils roulent un volume d'eau nsidérable, qui se réunitau fond de la Roe, et forme un lac que tous les fageurs désignent sous le nom de lac iKbnieh , mais dont l'étendue, selon B, Tarie, depuis une lagune de peu importance, jusqu'à un lac de plusieurs mes carrées de surface.

Cest qu'en effet, selon la saison, la ine de Konieh est complètement inon- !, ou seulement humectée par un petit où un troupeau de buffles trouve e l'espace suffisant pour se vautrer.

> bourgs d'Ismil et de Schoumra , irés de grands arbres, ont conservé piques habitants fixes; mais toute la «ne ne présente au loin qu'une prairie tas fin, ou le mirage manifeste ses phéomènes trompeurs.

On comprend que, dans cette vaste leodue de pays, les anciens aient choisi, pur y établir une ville, le seul point où aèrent des collines qui donnent naismee à quelques sources. Elles forment a ruisseau qui va se perdre dans les teppes, et qui coule à proximité de la ilte.On pouvait, en cas de siège, s'en ffrir pour remplir les fossés.

Le nom d'Iconium, qui s'est conservé resque sans altération , remonte aux srops fabuleux de la fondation de cette

(r) L'eau du jeudi.

ville. Les Grecs racontent que Persée, étant venu en Lycaonie, suspendit à -une colonne la tête de Méduse ; le bourg fut appelé dans la suite la vUle de th mage. Il acquit bientôt une étendue considérable, et devint célèbre plus tard par le passage des Dix Mille (1). Straoon (2) en fait mention comme d'une ville petite , mais bien habitée , située dans une contrée fertile , au nord de la Lycaonie, elle devint sous Tibère la propriété de Polémon (3).

Les titres honorifiques de l'ancienne Iconium sont relatés dans l'inscription suivante encastrée dans la muraille du château :

Les habitant* de la vUle claudtenne d'Ioontam ont honoré Ludut Pupius, fils de LuciusSaba- • Uous Présens, chlliarque commandant la cavalerie de l'allé vtcentlne, commissaire impérial pour les quais du Tibre , proconsul de Tibère Claude César Auguste Germanicus, et de Claude Héron César Auguste , dans la province de Galatle ; leur bienfaiteur et restaurateur de leur ville.

Sous Trajan, la ville d'Iconium avait acquis une grande importance ; elle était, en effet, la résidence d'une . multitude de Juifs et de Grecs : aussi, lorsque saint Paul vint répandre le christianisme dans la Cappadoce, il s'arrêta à Iconium, où il prêcha les Gentils. Les Actes des apôtres (4) nous apprennent que saint Paul et Barnabe , chassés par un soulèvement des Juifs de la ville d'Antioche de Pisidie, se retirèrent à Iconium. Là, ils prêchèrent dans la synagogue, et s'exprimèrent dans le langage du pays. Ce passage prouve que la langue indigène n'avait pas été complètement remplacée par la langue grecque. Obligés de se retirer, ils continuèrent leur mission dans les autres villes de la Lycaonie. Ces faits, importants pour l'histoire de la primitive Église, attirèrent bientôt dans les murs d'Iconium un grand nombre de néophytes.

Érigée en patriarcat , elle commandait aux quatorze principales villes de la Lycaonie. Néanmoins on trouve peu de monuments de cette époque glorieuse pour l'Église chrétienne, et la ville actuelle n'appelle l'attention de l'antî-

(ij Cjrrop., liv. I.

(a) XII, 568.

(3) Pline, liv. V, chsp. 37.

W xiv, ,.

L'UNIVERS

quatre que par les mosquées élevées sous le wgne du sultan Ala-Eddyn dans le douzième siècle.

Depuis rétablissement de la dynastie ottomane, on vit successivement décroître la richesse et le luxe des édifices de Konieh. Le sultan Séltm 1er y fit élever une mosquée avec un couvent, où il installa le cheik des derviches Mélveléwi ou tourneurs, lequel commande à tous les couvents ou Tiké de l'em-

Sire ottoman; c'est lui qui a le privilège e ceindre aux sultans le sabre d'Osman, et de leur donner ainsi l'investiture.

Quant à la ville elle-même, réduite au rang de simple chef-lieu de pachalick, elle a été peu à peu oubliée des historiens, et Ton ne cita pas un fait mémorable qui lui soit particulier, dans toute la période qui s'est écoulée depuis le règne de Soliman le Graud jusqu'à nos jours. L'établissement de l'autorité musulmane ne parvint pas à détruire complètement le christianisme; cette ville nit de tout temps la résidence d'un archevêque grec ; les chrétiens et les Arméniens y sont encore nombreux.

Les murailles bâties par Ala-Eddyn sont encore conservées dans leur intégrité; elles sont défendues par cent huit tours carrées , éloignées l'une de l'autre de quarante pas , et défendues par un fossé qui est comblé dans une partie du pourtour de la ville. Chaque tour a dix mètres environ de front , sur huit mètres d'épaisseur; la face est ornée d'un grand tableau terminé en ogive, et qui a de sept à huit mètres de hauteur; le champ de ce tableau est en marbre blanc, et contient une inscription en relief et en caractères semblables à ceux qui sont gravés sur les autres monuments de cette époque.

La construction des tours et des murailles est faite en belle pierre de taille, et renferme d'innombrables fragments de monuments plus anciens, comme des inscriptions byzantines, des fûts ou des chapiteaux de colonnes.

Ce qui distingue les Seldjoukides des Osmanlis , c'est qu'ils ne professaient pas, comme ces derniers, l'horreur de la représentation des figures humaines.

Tous les fragments de sculpture ancienne qui ont été découverts par eux,

ont été soigneusement encadrés di les murailles; on remarque dans u des tours du sud un magnifique san phage, qui a fait l'admiration de pî d'un voyageur européen. La face est visée en huit compartiments en for d'arcades, et représente l'épisode d chille àScyros.

Le plan de la ville est un rectane dont les angles sont arrondis. La 1 sud est défendue par un petit châft que l'on apnelle Inch-Kalé (le ch&tj intérieur); H forme, en effet, dans f térieur de la ville, une enceinte pu culière, défendue par huit tours ou 4 jons. Il est habité aujourd'hui par <y ques familles auxquelles la garde en confiée. Le faucon, symbole des sut!

Seldjoukides est sculpté au-dessus ék grande porte, cet emblème fut ens« empreint sur les médailles des suit Ortnokides.

Il est difficile de dire quel était lel des anciens, en fabriquant cette inné brabltf quantité de figures de lions marbre que l'ou retrouve encore à presque toutes les villes de la Galat de la Phrygie et de la Cappadoce.

Konieh, on en compte encore plus vingt; elles ont été pour la plupart I castrées dans quelques murailles, i côté de l'occident, trois statues col sales de lions surmontent des consq ui sont ajustées dans une des ton

une d'elles est d'un travail tellenu barbare, qu'on serait tenté de la reg der comme un ouvrage musulman. I dessus de la porte du palais du pacl on en voit une autre dans la mê pose, c'est-à-dire assise, et tenant eri ses griffes une statuette dont l'ajusl ment est tout à tait égyptien (1).

Jusqu'ici nous avons examiné Issji hors de la ville ; il nous reste à parco rir les faubourgs, la partie la plus pi plée et la plus commerçante de la m derne Iconium.

En effet, l'habitude constante où su les musulmans de laisser les rois s'accumuler sur les ruines, sansjaiw songera réparer un édifice, a conçu la ville en un monceau de décombn où l'on ne trouve plus que quelqs

(i) Voyez la planche $7. lions et Fw»

dans le château de Konieh.

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