CHAPITRE III
LANGUE LYG1BNNB.
Ce n'est pas le seul problème que ces monuments présentent à l'observateur, si nous ne pouvons nier le fait d'imitation d'ouvrages en bois, il nous serait possible de répondre que c'est un caprice de l'art
Mais quelle est cette langue inscrite sur ces tombeaux en caractères qui ressemblent pourtant aux caractères grecs, maiS dont le sens est rebelle à toute explication ? d'où vient que nul entre les historiens qui nous ont parlé de la Lycie n'a insisté sur cette particularité, tandis que nous trouvons dans les auteurs un grand nombre de mots de la langue carienne qui" sont tout à fait étrangers à la langue grecque. Hérodote ne fait aucune mention de cette diversité de langage usité en Lycie, et jusqu'à ce jour aucun texte ne nous met sur la voie de son origine probable. Les tentatives faites pour expliquer les inscriptions lyciennes n'ont amené aucun résultat bien satisfaisant (1) ; les philologues ne sont pas même d'accord sur la souche d'où cette langue est sortie. Dans la pensée de M. Forhes £2), aucune des inscriptions en langue différente du
§rec n'est antérieure à l'invasion perse ans la Lycie. Toute la nation des Xanthiens ayant été détruite, à l'exception de quelques familles qui étaient absentes, fut remplacée par des étrangers qui occupèrent les villes des vrais Lyeiens d'origine, et ces étrangers ne seraient
(i) Voy. C. Ritter, Erkùnth, t. IX, pages io38, 1040.
(a) Tfùpds in Ljtiû fey Spratt and Ptarb*, t. II, p. 37.
avives que les Mèdes et las Penm Cette opinion s'est confirmée chez l'auteur par l'inspection des monuments de Xanthus, qui, selon lui, oqt tout le caractère des sculptures des Perses.
Sans entrer dans le fond de cette controverse philologique, il nous semble qu'il s'élève une objection au sujet <k ralphabetde ces iascriptionssieëesioDt réellement écrites eu langue perse. Ed effet, du temps deCyrus et de Darius te Perses faisaient usage de récriture a caractères cunéiformes, hrtscriptioïïde Pasargade, qui date du règne de Cynu eu fait foi, et les savants anglais qn ont opéré des fouilles sur remplacement du tombeau de Mausole ont découvert un vase portant une inscription en »
ractères cunéiformes qui est attribut au roi Artoxerxe.
Il faudrait donc supposer que la Perses, abandonnant leur systèmad'ee* ture nationale, ont inventé ua aoowl alphabet pour écrire en Lycie les sW du gouvernement dans une bogue f n'était pas comprise par le peuple »
digène.
Nous ignorons complètement à q*ft époque la langue dite lycienne a «s ovétre en usage. On voit à Telmitft*" tombeau dans le style lyeien qui p** le nom de Tibérius Glaudius; à Artphellus, un autre tombeau, sur lequel gravée une longue inscription lyee»
est consacré à une femme romaine* nom de Claudia Regelia Herenn» .<* peut bien dire que ees personnage* <* été ensevelis dans d'anciens tombait lyeiens , mais ee n'est qu'une eotj* ture ; les lois qui protégeaient les *F turcs, les malédictions et lésâmes^ dont étaient menacés ceux qui s'ambraient d'un tombeau qui ne tanrap**' tenait pas étalent alors en.vina* Toutes ces questions sont loin £*& résolues, il est raisonnable d'atteap de nouveaux éclaircissements à eessj*
Si le territoire de la I>cie est re# jusqu'à nos jours complètement i*&* ploré, on doit dire oue l'étude des^ cuments laissés par les anciens atfeo* avait mis les géographes modéra© * même de fixer <rune manière la* faisante la position de la plupart des grandes villes. L'eïpédtticnftrcifft** Beaufort sur la côte de Caramaa* es
tftx avait révélé l'existence de ruines nombreuses et remarquables dans les anciennes villes maritimes ; le comte de Cboiseul avait publié les monuments de Telmissus, mais aucune des villes de l'intérieur n'avait encore été étudiée, lorsifu'en 1834 je traversai le Tauruslycien
Kr me rendre d'Isbarta à Adalia.
ii autres expéditions furent eutrei avec le secours des bâtiments de aten 1835 et 1836, et dans les excur- » que je fis dans l'intérieur je pus t convaincre que les explorateurs qui s suivraient trouveraient chez les hauts l'accueil le plus hospitalier. Le mer voyage en Lycie ae M. Ch.
owg, en 1838, provoqua de la part i gouvernement anglais l'envoi d une ission scientifique pour rapporter au Rusée britannique les monuments de imitas; une carte de la Lycie fut levée rM. Spratt. Les voyages de M. Schoenrn ont fait connaître plusieurs villes Milyas et de la Pisidie encore igno-
U reste aujourd'hui peu de lacunes à JMnbler, et la connaissance de la Lycie ideane est entrée dans le domaine e l'archéologie. Cari Ritter donne la te suivante des explorateurs de la 'cie depuis le commencement du We(l):
Ml Beaufort. 1840 Hoskyn-For-
1816 Texier. bes.
K37 Broke. 1841 Schcenborrr.
BIS Fellows-Gra- 1842 Daniel-Sprart.
vu. 1846 Tchihatcheff.