CHAPITRE XI
PATABB. — PHCENICU8 POBTCS. - KALAMAKI.
En quittant le golfe de Macri, W' août 1836, nous fîmes route vers le soi doublant le cap montagneux qui fe* le contrefort occidental de l' Anti-Craj* Le lendemain, la Mésange se mm* en travers du cap Yédi nouroun, k**t caps , qui forment en effet sept pois»
rocheuses très-avancées danrlaatf Mais bientôt la côte devient plate *
(a) Pline, V, 99:
(3) Tr*f*U m Lyâa, 1. 1, p. 4*>
: c'est la vallée du Xanthus hntla largeur n'est pas moindre de rente kilomètres; on voit clairement pfcn des temps plus anciens il a dû lister là un golfe dont la montagne de btara formait la corne orientale ; la fflede Xanihns était alors plus rapprokèt de la mer.
11 est impossible aux navires de Mwiller sur cette côte, toujours exposée m vents d'ouest et constamment bat- He par la houle : dans l'antiquité, les javires trouvaient un refuge dans le ptde Patara, aujourd'hui inabordable.
lais le cap de Patara forme à l'est un Mît golfe profond et bien abrité, qui a m souvent fréquenté par les flottes romaines et par les pirates Ciiiciens. On appelle aujourd'hui la baie de Kalapttki.
'L'entrée est signalée par deux petites fa rocheuses, portées sur les cartes Iras le nom de Volo et Okendra ; elles ttrrespontient aux tles Xenagorae mar-
Pes sur le Stadiasmus mari magni.
baie de Kalamaki est le Pbœnicus Pus mentionné par Tite-Live(i), où flotte romaine alla mouiller avant rittaquer Patara. Les Phéniciens Waient peut-être choisi cette calanque pow abriter leurs navires quand ils ve- N«nt traGquer avec les Lyciens ; nous 1 observâmes en effet des traces de molaments d'une haute antiquité.
1 La baie de Kalamaki est entourée de tas côtés de hautes montagnes couverte de buissons ; la mer a vingt brasses « fond, et Ton mouille presque à tourner terre derrière la roche qui marque Feutrée, de sorte qu'on se croirait dans **jac; ce lieu est d'un très-difficile *** par terre, attendu que du côté du fcori les montagnes sont presque impraticables à cause des broussailles.
A peine arrivés au mouillage nous •JORions aux moyens de nous rendre à «tara, en cherchant un chemin sur la *°ntagoe. Nous reconnûmes alors que joot le sommet était couronné par une JJDgue muraille en appareil pélasgique, c? fions nous mîmes en route pour la *Krter. La montagne est composée d'un ficaire blanc laiteux, compacte et so- Qor*i qui a été employé par les anciens
(0 Tile*Liw, XXXVII, 16.
dans un grand nombre de* monuments.
Ces roches compactes et homogènes les invitaient' à travailler la masse même de la montagne;- aussi l'art de sculpter des monuments monolithes est-il devenu le caractère distinctif des Lyciens, qui surpassaient infiniment sous ce rapport les habitants de la Cappadoce.
Pendant notre ascension à la muraille, nous trouvions au milieu des buissons de larges morceaux de poterie trèsépaisse, ouvrage évidemment antique dont nous ne pouvions comprendre ni ~ l'origine ni l'usage.
Nous arrivâmes enfin au. pied de la muraille ; elle est fondée sur le col qui divise les deux versants delà montagne; sa longueur est de deux cent trente et un mètres, son épaisseur de trois mètres. La hauteur est de neuf mètres soixante centimètres dans sa plus grande dimension ; elle est bâtie en blocs irré-
Suliers de grande dimension, et percée e deux portes dont le* pierres se réunissent en encorbellement et sont couronnées par une plate-bande : c'est le cachet d'une haute antiquité. Le couronnement du mur est complet; il est formé par une assise de pierres équarries et réunies par des joints très-serrés.
En examinant une partie détruite nous reconnûmes que cette assise était percée. par un canal circulaire dans lequel étaient encastrés des tuyaux de terre cuite soigneusement réunis les uns aux autres, en un mot que ce monument n'est autre chose qu'un aqueduc fondé sans doute par les premiers colons de Patara ; on peut le regarder comme le plus ancien aqueduc qui existe. Ce monument .offre cette particularité remarquable, c'est qu'à cette époque reculée les lois de l'hydraulique étaient déjà connues ; on savait que l'eau introduite dans des tuyaux fermés reprend son premier niveau. Ce conduit est un véritable siphon , qui prend les eaux sur la montagne, descend en formant un angle de cent soixante degrés avec l'horizon, et remonte sur la montagne en face en faisant un angle de cent cinquante degrés : le travail du siphon, consistant en un canal de pierre dans lequel on avait introduit des tuyaux de terre cuite, est très-remarquable. Au-delà de cette vallée l'aqueduc est
L'UNIVEAS,
.formé par un «anal à fleur de terre que nous suivîmes pendant plusieurs kilomètres et que nous perdîmes dans les buissons, il est presque certain qu'il portait ses eaux à Patara dont les raines ne sont distantes que de trois ou quatre milles. La prise d'eau nous est aussi restée inconnue; ne serait-ce pas cette source appelée Fons Telephi, qui était à sept stades de Patara, selon Etienne de Byzance. En revenant à» bord nous apprîmes qu'à Test du mouillage on avait trouve un ruisseau de bonne eau; il est possible que ce ruisseau ait servi à alimenter l'aqueduc.