CHAPITRE XL
SIDÉ. — BSK1 ADALIA.
Le fleuve Mêlas formait la limite na* turelle de la Pamphylie, du côté de Test; mais Strabon rétend jusqu'au cap Coracesium. Une compte sur la côte que deux villes, Ptolemaïs et Sidé.
Sidé, port de mer et place forte renommée, était une colonie des Cyméens d'iEolide, population maritime qui ne tarda pas à se créer une puissance navale formidable ; les nouveaux habitants de Sidé paraissent avoir conservé peu de relations avec leur métropole; ils oublièrent la langue grecque et adoptèrent la langue barbare des indigènes qui n'é-
(i)Polyb,V, 7*-77- T. II. 4*
de tout ce que la marine des Phéniciens et des Syriens pouvait compter d'avan* turiers prêts à tout entreprendre. Une communauté d'intérêts lia bientôt les uns et les autres ; Sidé finit par devenir le grand entrepôt des prises faites sur les villes maritimes du continent et des lies, et ces prises consistaient principalement en esclaves. Sidé fut pendant de longues années le principal marché aux esclaves dans le monde romain. On avait établi des bazars où les prisonniers étaient vendus à l'enchère. Les habitants de Sidé étaient ennemis déclarés des Aspendiens; les mœurs des deux peuples étaient trop disparates pour qu'ils aient jamais pu s'entendre. Les Aspendiens étaient portés au culte des arts, et les Sidétains au commerce et à la guerre. Leur ville était sous la protection de Minerve, dont le temple s'élevait dans l'acropole. Après la destruction de la piraterie, Sidé n'en continua pas moins le même commerce (1), elle devint le principal port de la Pamphylie, et ses habitants acquirent de grandes richesses. Dans le dixième siècle elle conservait sa mauvaise réputation, Constantin Porphyrogénète la nomme l'officine des pirates : Pi rata ru m officina. Les ruines de Sidé, aujourd'hui corn-
Îtlétement désertes, sont connues dans e pays sous le nom de l'ancienne Adalia Eski Adalia.
La ville était située sur une presqu'île ; les murailles du côté de la terre sont encore entièrement conservées,elles sont construites en pierres de grand appareil et flanquées de tours. Du côte de la ville elles présentent une série d'ouvrages voûtés espèces de casemates pour loger les machines. Les tours sont espacées de dix à douze mètres, c'est une demi-portée de trait ; un chemin de ronde fortifié formait une double enceinte.
Quatre portes donnaient accès dans la place deux à Test, et les deux autres au nord et à l'ouest; la dernière était la porte de la marine. Le grand port est situé entre la presqu'île et le continent; on distingue encore sous les eaux les pierres du grand môle qui le fermait;
(i) Strabon, XIV, 664.
encore pavée aboutissait à la prinàoale porte; au milieu s'élève un piédestattetiné à supporter une statue colœafc De chaque côté de la rue se voient etcore les ruines de temples et d'édifiés publics.
Près de la porte de la marine t'élèit un grand théâtre qui a passé pourk plus complet de la Pamphylie tantqu'oa n'a pas connu ceux de Pergaet Ï.Vspendus. Son diamètre dépasse cent mtrès : c'est la mesure des plus grands»fices de ce genre ; on compte quaranteneuf rangs de gradins, formant deu précinctions; il contenait treize ou* spectateurs. Le proscenium est cwn^ tement écroulé ; on retrouve c* « * plusieurs fûts de colonnes. Dau* moyen âge, ce théâtre fut converti a forteresse.
Ces ruines ne sont pas les seo.e»p couvrent le sol de l'ancienne ville; f* de la porte de terre on retroon* ruines d'un aqueduc et celles d'à édifice qui était orné de nombre* sculptures; on peut conjecturer q®c sont d'anciens bains. Les environ t sont pas encore bien étudiés ; Corar "> a vu autour de la ville des fortfc tions qu'il n'a (ait qu'indiquer, U< nombreuses inscriptions qui n'ont p été copiées. Le séjour à Sidé est »
difficile à cause du manque total I ressources.
A l'exception des manilles q«j* raissent être un ouvrage grec, les rma de Sidé sont toutes de l'époque roœa^ et l'on peut ajouter d'un stv4e aatffl diocre. Les restes de sculptore et m bas-reliefs que l'on rencontre ca m dans ces ruines sont du trotat*** quatrième siècle; c'était en effet m que de la plus grande prospérité des* ville. J
I^es causes de la dépopulat** Sidé sont faciles à résumer; Adafc* le moyeu âge a absorbé tout k* merce de la contrée. Les comow tions faciles avec l'intérieur s* grande vallée de Sousouse en fc* grand entrepôt du commerce tûm îles, le Syrie et la Karamanie; S»* contraire, est cernée par les "**tjl| abruptes et presque infrancbissabfeft;
h Pisidie ; dé phis elle n'était approvifioiuiée d'eau que par le moyen d'un aqueduc; aucune rivière, aucune source ne coule dans son voisinage ; du moment que te gouvernement du pays a cessé d'entretenir les eaux , la population s'est vue forcée d'abandonner la ville, les Turcs ne s'y sont jamais établis, on ne voit aucun vestige d'ouvrages musulmans.