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CHAPITRE XL1I

SÉLEULIE.

La ville d'ilolmî a été abandon»* par les habitants lorsqu'ils eurent construit Séleucie, mieux située sur le bori du Calycadnus, petit fleuve qui éùi navigable jusqu'à la nouvelle ville. <fe reconnaît les ruines d'Holmi dans m anse au sud de Sélefké ; elles consista* en débris accumulés de monumafe qui ne paraissent pas remouter à rat haute antiquité. Les ruines d'Hohn sont connues des indigènes sous le noa de Viran cheher, la ville détruite ; il paraît qu'il y eut dans cet endroit un établissement byzantin.

La petite baie d'Holmi s'appelle aa-

jourd'hni Agha liman, le port de l'Agba ; die est défendue par ira château du moyen âge. Il y a autour quelques maisons; c'est l'échelle de Sélefké. L'ancienoc Séleucie , qui est située à cent riogt stades, 22 kilom., au nord de la baie, sur la rive du Gœuk sou , le Calycsdiros , que l'on traverse sur un pont de six arènes.

Séleucie, construite par SéleucusNicaaor vers 300 avant notre ère, se distinguait des autres villes du même nom par l'épithète de Tracbaea, la rocheuse. Les ruines de l'ancienne ville sont situées au pied d'une montagne, dans la vallée du Calycadnus , et couvrent une étendue de terrain considérable, mais la plupart des monuments sont méconnaissables, et ne consistent qu'en amas de décombres : on peut reconnaître cependant qu'ils appartiennent tous à l'époque romaine. Le village moderne de Sélefké est bâti sur la pente de la montagne de l'acropole; il consiste en vne douzaine de pauvres cabanes ; celle de l'agha ne se distingue pas des autres. Le château qui couronne la montagne est encore assez bien conservé, il est défendu par plusieurs tours ; mais c'est un ouvrage byzantin oui n'est pis antérieur au onzième siècle : l'inlérieur est rempli de maisons écroulées.

Il est difficile de reconnaître l'enceinte de l'ancienne ville, les murailles étant détruites. On remarque sur la pente de la montagne un théâtre dont le proscenium était tourné vers le sud, les wines de plusieurs portiques et une église byzantine bâtie avec d'anciens matériaux qui ont été enlevés de quelque temple dont elle occupe l'emplacement. L'ouvrage le plus remarquable est une grande citerne taillée dans le roc* et dans laquelle on descendait par «n escalier; l'aqueduc aujourd'hui dé- H"it y déversait ses eaux. On peut citer encore la nécropole qui se compose d'un grand nombre de sarcophages et de tombeaux taillés dans le roc* mais le style de tous ces monuments ne présente aucune originalité. Dans le parcours de la côte sud de l'Asie» nous avons mentionné la plupart de* lieux notables comme le Pœcile, les eaps, et les îles voisines de la cote : tous

ces lieux n'offrent plus que des ruines informes (1).

A la pointe du promontoire s'élève une tour de marbre avec quatre tribu* nés ouvertes, ornées de pilastres corinthiens; elle paraît avoir été couverte par un toit pyramidal. Les autres ruines sont éparses à l'entour de la baie.

En se rendant de Karaman à la côte, le colonel Leake retrouva dans un des plateaux élevés du Taurus, près delà petite ville de Moût, composée de deux cents maisons, les restes d'une ville antique dont les vestiges couvrent une vaste étendue de terrain. Il y reconnut jusqu'aux traces des rues et des portiques, mais tous ces édifices étaient écroulés. Un château couronne l'éminence voisine.

Il semble que sous les Seljoukides la ville de Moût jouissait d'une certaine prospérité; on voit encore plusieurs mosquées , des bains et un khan, tous édifices bâtis avec d'anciens matériaux ; on remarque, entre autres édifices, le tombeau de Karaman Oglou, émir, qui a donné son nom à la Karamanie. Ces ruines ont été regardées comme celles de Claudiopolis, colonie de l' empereur Claude, citée par A m mien Marcellin; vient ensuite Oîba (3), ancienne colonie grecque fondée par Ajax fils de Teucer, remarquable par un temple de Jupiter.

Les grands prêtres jouissaient d'un pouvoir tel qu'ils furent maîtres pendant un temps de toute la Cilicie Trachée sous la protection de Marc- Antoine. On pense que cette Claudiopolis est la même ville que l'ancienne Oloa.

Corycus, aujourd'hui Korghos, s'annonce' par un promontoire oui forme deux petites baies entourées de ruines de tous les âges, mais principalement de l'époque byzantine : un château réparé par les rois arméniens s'élève sur un rocher au bord de la mer. Les mines de plusieurs églises byzantines sont les seuls vestiges de l'ancienne ville des pirates.

A une petite distance de la côte s'élève un rocher isolé sur lequel on a bâti un château ; c'est l'île d'Efaeussa où le roi Archélaûs avait construit un palais.

(i) Voy. ch. X, p. aa.

(a) Strabon, XJVF 67a.

L'UMVfiRS.

L'antreCorycéen, dont Pomponîns Mêla a laissé uiie description si pompeuse , a été reconnu par M. V. Langlois à

r'nze kilomètres au nord de Korgbos, is la vallée deCheitanlik. Cette grotte, par son étendue et les accidents naturels qu'elle présente, peut être comparée à la grotte de La Balme en Dauphiné, de vastes galeries se prolongent fort loin dans le sein de la montagne, et donnent issue à une petite rivière que les habitants nomment Dehli sou, l'eau folle.

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