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CHAPITRE XII

FONT DR JUSTINIEN SUR LR SÂNG-A- RIUS.

L'empereur Justinien , pour faciliter les communications d'un bout à l'autre de l'empire , songea particulièrement , dans les travaux qu'il entreprit , à établir de grandes routes et à restaurer celles qui existaient déjà. La plus importante était celle qui conduisait de Nicomédie aux confins de la Syrie en traversant la Phrygie et la Cappadoce.

Cette route était coupée à peu de distance de Sophon par le fleuve Sangarius; c'est là que l'empereur entreprit de construire le pont monumental qui existe encore. Il fut sans doute commencé vers l'an 553, lorsque Justinien fit la paix avec les Perses. Il n'était pas encore achevé lorsque Procope écrivait son livre Des Édifices. « Le Sangarius, dit l'historien de Justinien , ce fleuve dont le cours est si rapide , dont la profondeur est un abtme et dont la largeur ne peut être comparée qu'à retendue de l'Océan , n'avait jamais souffert de pont. Ceux qui étaient assez hardis pour le traverser attachaient ensemble plusieurs bateaux et passaient dessus ; mais cela ne se faisait pas sans danger, car le fleuve, rompant les cordages, dispersait les bateaux et noyait les hommes.

Justinien a commencé d'y foire i pont , et il s'applique avec une telle i deur à cet ouvrage , que je ne doute | qu'il ne l'achève en peu de temps ( 1). *

L'ouvrage fut en effet terminé de la trente-quatrième année du régne Justinien, c'est-à dire en 661 de J.»

D'après Paul Diacre, on détourna le Sa garnis de son lit pour exécuter la fa dation des piles.

Constantin Porphyrogénète rappel en cet termes la construction de ce m nument. « Le thème Optimatum est tr versé par le fleuve Sangarius, dont 1 rives sont jointes par un pont digi d'être vu. Il fut bâti par Tempera Justinien, qui ne sera jamais assez gloi fié. Sur une des pierres du pont « placée l'inscription suivante :

Toi aussi , comme l'orgueilleuse Hespén les peuples médiques et toutes les bord barbares, Sangarius, donl le cours irap tueiiz est rompu par ces voûtes, tu coul maintenant esclave d'un travail souverain, j dis rebelle aux navires, jadis indompt* maintenant tu gis sous les entraves dm pierre inflexible (a).

Cette inscription n'existe plus, mais I monument est presque intact. Il e composé de huit arches et a quatre cei vingt- neuf mètres de longueur. L'oc verture des grandes arches est de vingi trois mètres, et la longueur des piles d six mètres cinquante centimètres. Il e bâti en grands blocs de pierre calcaire les arches sont à plein ceintre et s'éli vent toutes à la même hauteur, de sort que le tablier du pont est parfaitemex horizontal. Au niveau du pont soi ménagées sur chaque pile des héxèdrc exactement comme au Pont-Neuf Paris.

A l'extrémité du côté du lac est un grande porte en forme d'arc de triorn phe renfermant un escalier en bélic pour monter au sommet.

A l'autre extrémité est une grand niche de la même dimension que Tare c'était un lieu de repos pour les voya geurs.

En ce point la route se bifurque ; un branche se dirige vers le nord pour en

(i) Procope, De JEdif., liv. Y, ch. m. (a) C. Porphyrogénète, De Them,9 V,

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ter tes I* Papblagonie; l'autre emaranchemeiit tournait vers le sud pour tmèmtn Phrygie.

13m chose curieuse, c'est que le fleuve Sosgtnos, si rudement traité dans ruampoon de Justin ien, n'a pas coumià se soumettre à l'éternel esclavage dm il était menacé; peu à peu son <o«s s'est oorté à Test, et aujourd'hui Use passe plus sous ce pont qu'un mince nuoeau marécageux : le grand courant M transporté a l'est; ceci tendrait à

mrer qu'en effet le pont de Justinien fat établi sur un lit factice qui s'est peu i an trouvé encombré par le limon du

Ces mouvements des rivières de l'Asie ne sont pas sans exemple ; on peut ai ejter plusieurs qui se sont ouvert et nouvelles embouchures depuis les historiques.

Lorsque l'empire byzantin se vit meta» par tous les peuples de l'islam , les Perses, les Mongols et les Tartares, qn, des régions de l'est, se ruaient sur Coostantînople, le cours du Sangarius 4evnt une ligne de défense bien plus ■fartante qu'auparavant. Aussi les fnmùmii eurent-As soin de faire construire sur ses rives des châteaux pour swtrfllci les ennemis. Les abords du sont furent laissés dans l'abandon; les Marécages commencèrent à se foreur et le fleuve peu à peu changea la sveetion de son ht.

Les culées du pont sont assises de part et d'autre sur des collines de grès rouge dont l'inclinaison concorde. Du ailé du lac elles forment un éperon qui resserre le défilé par où les eaux s réchappent pour aller au Sangarius.

Attenant à la culée orientale du pont, ai remarque une construction , encore bien conservée, qui se compose d'un certain nombre de salles voûtées; tout est bâti en pierres de grand appareil comme le reste de l'édifice. Il y a lieu de recarder cette annexe comme une station de veredarii, ou une de ces maisons dt poste qui jalonnaient cette grande voie jusqu'aux confins de la Cilicie.

Après avoir traversé le pont , on rejoint la route qui se dirige au nord-est, et Fou arrive au petit village de Adabasari (le Bazar de l'île), ainsi nommé d'un Dot formé par deux branches du

Sangarius. Ce village est situé sur la rive gauche du fleuve, qui en cet endroit a une largueur d environ cent mètres, et se divise ensuite en deux branches qui forment ce qu'on appelle l'Ile. Pendant l'été, ces deux branches sont presque à sec ; ce qui explique le nom de Xérobates que les anciens donnaient quelquefois au Sangarius (1).

Les deux branches du fleuve sont réunies par un double pont que Ton nomme Uzun-kouprou , et la route se continue vers l'est jusqu'à ce qu'on rencontre un autre petit fleuve nommé Milan sou , l'ancien Hypius.

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