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CHAPITRE XIV

KICÉK.

Nicée, l'ancienne capitale de la Bithynie, célèbre à tant de titres dans les annales des chrétiens, aujourd'hui doublement déchue du rang qu'elle occupait comme place de guerre et comme métropole, n'offre plus dans son enceinte que les débris épars de la cité byzantine ; mais l'importance et la conservation parfaite de son système de défense en fout un des lieux les plus intéressants à étudier, pour l'intelligence de la poliorcétique ancienne, et des sièges nombreux que cette ville a soutenus contre les Arabes, les Grecs et les Latins.

Comme point stratégique,Nicée commande la grande vallée dans laquelle est situé le lac Ascanius , l'un des plus grands de l'Asie Mineure, et défend le col qui sépare le bassin du Sangarius du bassin de la Propontide. Aussi les

Crémiers peuples qui, venant de la h race, se sont établis dans la Bithyuie, ont dû nécessairement choisir de préférence un point si important et si facile à défendre. Séparé au nord du golfe de Nicomédie par la chaîne du mont Arganthonius, et défendu au sud par

L'UNIVERS

les contre-forts inférieurs de l'Olympe, le bassin du lac a été de tout temps célèbre par sa fertilité; mais les anciens avaient déjà remarqué que la pureté de l'air ne répondait pas a la beauté du pays, et que les habitants alors, comme aujourd'hui, achetaient par des maladies épidémiques les avantages du climat (I }. Suivant Etienne de Byzance (2), elle fut dans l'origine colonisée par les Bottœi , qui lui donnèrent le nom d'Ancorâ ( 'Ayxiip») ). Mais on a peu de documents sur cette ville du temps de la Bithynie indépendante ; il n'est pas même bien certain qu'elle ait existé à cette époque; car, selon Strabon, son origine est moins ancienne. Elle a été fondée par Autigone, fils de Philippe, qui la nomma Antigonia; ce qui ferait remonter son ongine à l'an 315 avant J.-C., époque où Antigone devint maître de toute cette partie de l'Asie , après la mort d'Eumène. Après là chute d' Antigone, la ville tomba entre les mains de Lysimaque, qui l'appela Nicée, du nom de sa femme, fille d Antipater.

Voilà à peu près tout ce que nous savons de l'origine de la Nicée grecque, dont l'histoire avait été écrite par Ménécratès, cité par Plutarque dans la vie de Thésée. Quoique Strabon donne à Nicée le titre de métropole, Nicomédie lui contesta toujours ce privilège, et l'antipathie qui existait entre ces deux villes se manifesta dans plusieurs occasions; ainsi, dans la lutte entre Niger et Sévère, Nicomédie s'étant déclarée pour ce dernier, Nicée, par haine pour les Nicomédiens, embrassa le parti de son adversaire, et les deux villes prirent les armes pour soutenir les chefs Qu'elles avaient choisis (3). Les rois de ithynie habitèrent constamment cette dernière ville, dans laquelle se trouvait leur palais. Dans les médailles frappées sous les empereurs, Nicée n'est point désignée comme métropole; cependant plusieurs inscriptions tracées sur les portes semblent attester qu'elle prenait ce titre sur ses monuments publics.

Il parattrait que Nicée conserva cette qualification pendant plus d'un siècle,

(i) Slrabon, lir. XII, p. 565.

(s) Voce Nicea.

(3) Cf. Herodieo, lir. III, eh. a.

puisqu'elle la portait encore vers l'an 120 de J.-C. A cette époque, elle était le lieu de résidence des proconsuls; sous Néron, Caius Pétronius(l); sous Hadrien, Sévère, qui depuis Ait empereur; sous Trajan, Serviiius Calvus, y exercèrent cette dignité. Constantin, en témoignage du respect pour le premier concile général qui s'y était assemblé (2), affranchit Nicée de la juridiction de Nicomédie. Mais l'empereur Valens, qui persécuta les chrétiens de cette contrée, lui enleva le titre de métropole pour le rendre définitivement à Nicomédie. C'est sans doute alors qu'elle dut l'effacer de ses monuments, comme nous l'avons vu dans les inscriptions citées plus haut.

Les tremblements de terre qui ravagèrent cette partie de l'Asie, à différentes époques, n'épargnèrent pas la ville de Nicée. L'empereur Hadrien , vers 120 de J.-C. (3), rebâtit les murailles, et fit construire les deux portes de marbre blanc qui existent encore au nord et à l'est.

Sous le règne de Valérien, en 259.

les Scythes, qui avaient fait invasion en Bithynie, prirent et pillèrent Nicée; de là, ils se dirigèrent vers Cyzique, mais furent arrêtés par le fleuve Rhyndacus, subitement grossi par les pluies; ils brûlèrent Nicomédie et Nicée, qu'ils s'étaient d'abord contentés de ravager. Le séjour de ces barbares en Bithynie ne fut pas de longue durée, et les villes qui avaient souffert de leurs invasions se relevèrent bientôt de leurs ruines. On employa dans la construction des murs les débris des édifices que les Scythes avaient renversés; les plus beaux fragments d'architecture, les stèles et les Eiédestaux qui contenaient les actes pulies de la ville et qui mentionnaient les services rendus par les citoyens , furent employés pêle-mêle avec les matériaux bruts. Les colonnes des temples , couchées comme des pièces de bois, servirent à affermir les fondations des tours ébranlées par les machines. Peu à peu, tout ce qui restait de l'ancienne Nicée disparut de son enceinte et fut remplacé par des édifices bâtis à la hâte, qui ne

(r) Tacite, lib. XVI, 18.

19) Dion Chrysostome , Orat. XXXVIII.

3) Eusèbe, CkroniêQN,

OS

«pelaient, ni par leur goût ni par la solidité de leur construction, les monutceats élevés à la belle époque de l'art.

L'empereur Claude II, treute ans ptastard, éleva les deux portes qui existent aujourd'hui au sud de la ville rt a l'ouest du côté du lac ; les inscriptkasqu'on lit encore sur les architraves lui attribuent la reconstruction des mufailles.

L'époque brillante de la ville de Nieée est celle où la religion chrétienne, protégée par l'empereur, prit son essor et sortit victorieuse des persécutions du paganisme que les chrétiens dissidents testaient de renouveler. Le premier concile œcuménique, dans lequel trois cent dix- huit évéques déterminèrent les actes de la foi catholique , fixèrent le temps de Pâques, posèrent les bases de la discipline ecclésiastique, et condamnèrent l'hérésie d'Arius; ce célèbre concile se tint, non pas dans ne église, mais dans le palais impérial.

Sons le règne de Valens, la ville souffrit encore des atteintes d'un tremblement de terre qui endommagea «s édifices publics; ils furent reconstruits par la libéralité de l'empereur (1).

Sous le règne de Justinien, la ville reçrt des embellissements considérables, et les temples détruits furent remplacés par des églises et des motasteres. Procope1 nous apprend que cet empereur fonda plusieurs établissements religieux pour les hommes et pour les femmes. 11 restaura le palais qui avait été presque entièrement détroit, et rétablit un aqueduc mis hors d'usage par la vétusté; c'est probablement celui qui apporte encore aujourd'hui ses eaux dans la ville par la porte de Lefké. Mous sa \ on s, par le même acteur, que Justinien fit construire des thermes près de l'hôtellerie des courriers (3). L'importance de cet établissement ressortait du grand nombre de routes qui, de tous les points de l'empire, venaient converger vers cette ville.

(i) Chronlcon PaschaU, page 55jt éd. de

(i) ftredanorum Diversorio Procope,

éeJEdifiàis.

Il n'existe plus rien des thermes de Justinien, et les grands bains bâtis par les sultans , abandonnés à la dévastation et à l'incurie, ne sont plus que des ruines ajoutées à celles qui jonchent le sol de Nicée.

La célébrité que Nicée s'était ac-

3uise par les deux eoncilesqui se tinrent ans son enceinte , la plaça toujours au premier rang des métropoles ecclésiastiques. Favorisée de toutes les manières par les empereurs grecs, elle devint le principal objet des attaques des conquérants arabes, qui, arrivés comme chefs de tribus errantes dans le sud de l'Asie Mineure, avaient en peu de temps fondé un État dont la puissance devint redoutable au vieil empire de Byzance. Sous les premiers califes, les Arabes s'avancèrent en vainqueurs jusqu'à Héraclée de Btthynie, et ne se retirèrent qu'après avoir signé avec les empereurs byzantins des traités qui accordaient aux musulmans de grands avantages. Mais la paix ne fut pas de longue durée, et leurs armes victorieuses vinrent se briser contre les remparts de Nicée, qui, malgré les échecs réitérés qu'elle avait éprouvés, était encore la place forte la plus redoutable de toute la contrée. Les empereurs Léon le Philosophe et Constantin Porphyrogénète, son fils, qu'il avait eu de Zoé, sa troisième femme, élevèrent les murailles de marbre avec les tours qui se voient au nord-est de la ville, et constatèrent par une inscription leur victoire sur les Arabes, vers 91 2.

Ces succès éloignèrent pour quelque temps les entreprises des Arabes ; mais vers le milieu du onzième siècle (1074), Soliman le Seldjoukide, sultan d'Iconium, conquit Nicée, qui lui fut cédée en toute propriété par l'empereur çrec, Nicéphore Botoniates; il y établit sa résidence. Les deux fils de Soliman, s'étant, à la mort de leur père, échappés de la prison où ils étaient retenus» se rendirent à Nicée, où ils furent re-

Sus avec tous les honneurs dus au sang es sultans, et le gouverneur de la ville la remit entre leurs mains, comme un bien qui leur appartenait par droit de naissance. Kihdj-Arslan , l'alné des deux frères, voulant augmenter la population de la ville et lui rendre son

LUNIVERS.

ancienne importance, fit rassembler les femmes et les enfants des hommes qui étaient en garnison dans Nicée, et leur ordonna de venir habiter la ville (1).

C'était un usage qui se perpétuait depuis les anciens conquérants, de transporter par une simple ordonnance les populations d'un district dans un autre. Les sultans dépeuplèrent ainsi Mélitène, qui, sous Justinien, était une des plus grandes villes de la seconde Arménie, et en transportèrent les habitants à Constantinople. Cest depuis ce temps ciue la nation arménienne est devenue si nombreuse dans eette capitale.

Nicée se ressentit bientôt du goût pour les arts qui distinguait les princes seldjoukides, et elle commença à voir fleurir dans ses murs une ère nouvelle de civilisation arabeu Rivaux des califes de Bagdad et de Cordoue , ces princes rassemblaient à leur cour tous les hommes distingués dans les arts et dans les sciences. L'élan qu'ils donnèrent à l'art de construire ouvrit bientôt une phase nouvelle et une route inconnue où se jetèrent les artistes orientaux. Us avaient appelé de l'Arabie et de la Perse les astronomes et les poètes. Ce fut aussi à cette contrée au ils demandèrent des artistes pour élever les élégants édifices ornés d'émaux dont l'antique empire de la Chine avait répandu peu a peu le goût dans l'Asie occidentale. Us marchaient, empruntant toujours aux peuples chez lesquels ils s'établissaient quelque chose de leurs arts et de leurs usages, mais conservant comme par instinct le type d'ornementation créé par les Arabes et fondé uniquement sur les règles de la géométrie.

L'art d'émailler la Menée, si utile pour orner des monuments construits dans les plaines de la Cappadoce, où le marbre et la pierre àèfltir sont trèsrares, fut transporté à Nicée. Cette fabrique donna quelques produits oui furent employés à la décoration des monuments. Nicée et Broussa en ont conservé des traces ; mais la Bithyuie était trop riche en matériaux de toute espèce, en marbres blancs et veinés, en

(i) Alexiade, lib. VI, cap. II.

riches débris de monuments anciens épars sur le sol, pour que cet art, créé dans le but de suppléer à la disette de matériaux destinés à l'ornement, pût subsister dans cette contrée. La fabrique de Nicée fournit également de ses produits à Constantinople, et un poète persan était attaché a l'établissement pour compose! les inscriptions reproduites sur les émaux (1).

Nous arrivons maintenant à répoôue où Phistoire de Nicée efface celle des autres villes de l'Asie, par le rôle important qu'elle joue dans les annales du christianisme.

L'arrivée des croisés en Bithynie, en 1095, fut signalée par la malheureuse expédition de Pierre l'Ermite et de Gauthier sans Avoir. A son départ de Constantinople, l'armée s'embarqua sur des vaisseaux que lui avait fournis l'empereur grec, et se dirigea vers Nicomédie, où elle séjourna peu de temps. Elle alla ensuite dresser son camp aux environs de Kemlik, l'ancienne Cius, appelée Civitot par les historiens des croisades, et que les Grecs appellent aujourd'hui Ghio. C'est de ce point que l'armée, parcourant les bords du lac, exerça ses déprédations sur le territoire de Nicée. Les soldats enlevaient le gros et le menu bétail appartenant à des Grecs serviteurs des Turcs. Le pays était gouverné alors par Soliman le Jeune, surnommé Kilidj-Arslan (l).

Le succès des Latins encouragea les Teutons à tenter une entreprise semblable; s'étant rassemblés au nombre de trois mille hommes d'infanterie, ils prirent la route de Nicée, et vinrent attaquer une ville située au pied d'une montagne, à quatre milles environ de Nicée. Guillaume de Tyr ne nomme point cette place , mais il atteste que cetait un point fortifié et capable de résister à une attaque; en effet, il fal,ut toute l'impétuosité des Teutons pour vaincre les efforts des habitants, ûm furent presque tous massacrés. Sol,1" man, apprenant le succès des chrétiens , rassemble quinze mille nommât et revient à Nicée pour chasser le»

(i) Mouradgea-D'OhsMHi, t. III.

(a) Guillaume de Tyr, liv. I, p. fà

> du fort qu'Us occupaient (1).

U polices de courage de ceux-ci ne pmBtéloigaer les Turcs, qui finissait par mettre le feu à la porte du m et par entrer dans la place.

Lu farii auteurs du coup de main aatuassicrés sans pitié ; deux cents jeun 900a sont conservés pour l'esduap, et tout le reste périt par le

Sw la route directe de Nicée à Ghio «at trouve aucune trace du château ■Mûoeaé dans Guillaume de Tyr; ■as, ea remontant à quatre milles a tadant la grande vallée qui conduit «Sufaattf , on reconnaît près du vilif Lara eddin un vaste camp retranché mcauaba , de forme camée, que nous *m décrit plus haut. Il y a lieu de «w qse les Teutons, dans leurs ex- «moos, avaient tourné la ville de Ni- «, et étaient vomis s'emparer de cette

Ttatei les contmunicatioDS entre les «bées de Test et la ville de Nicée se «*letjpws fûtes par la rivesud du lac.

* «ut époque , la grande voie romaine, Wmk par Néron, qui conduisait de Sfiuà Apamée, devait être bien plus pwbfcquede nos jours; d'ailleurs, «nu aod du lac suit une ligue presque

!OAftert<rAix, liv. I, p. aô.

!*) l« historiens des croisades n'ont pas wiMudédociineuts pour que l'on puisse ***■«» d'une «tanière positive la posi- *««i cheieau appelé Exerogorgua» par le yàttièirt , BtorogorgiHn par Guibert de H'"*» et Xejifovdoo par Aune Cotuuène.

Uaattaw de quai» Muraéea de Nicomé- **■'« pas une donnée suffisante , puisque ■"* ifaeroos quel chemin suivaient les tnm*i «t qu'ils peuvent avoir employé ¥*** jours s'Us ont passé par Sabandja et ^'Scrû pour gagner la grande vallée de %. Cette route est plus longue , mais il 'Mpasde montagne a franchir. Guillaume £ty", en rapportant la défaite des Teutons *** ce ebitrau , n'en donne point le nom ; ■*»>ldHqtf*il était situé au pied d'une mon- ^ i quatre milles environ de Kiree. Il J** que ea passage a échappé à M. de ^•«r quand i « discuté la position ^Kuraiargom, am'tt place à Ak-Sou, ville ^y le venant nord-est du l'Olympe , Jfsnk da basant da Hicée par une chaîne, t d'un accès, difficile.

droite de Test à l'ouest, tandis que du coté du nord la côte est bien plus sinueuse et les montagnes plus escarpées.

l^a nouvelle de la défaite des Teutons arriva cependant au camp de Civitot, et plongea les pèlerins dans la consternation; mais bientôt le désespoir fit place à la soif de la vengeance, et une multitude sans ordre vint assaillir la tente de Gauthier-sans- Avoir, qui résista longtemps , mais finit par se mettre à la tête des siens , et marcha avec deux cent cinquante mille hommes sur Nicée pour surprendre Soliman. Le sultan, averti par ses espions, sort de la ville et se cache dans les défilés des montagnes formant les contreforts du mont Olympe. Surpris par les Turcs, les croisés sont massacrés, et un petit nombre de pèlerins parvint seul à s'échapper, et se retira dans une forteresse ruinée qui se trouvait près de Civitot. C'est dans cette malheureuse affaire que périt Gautlu>r-sans-Àvoir, qui tomba percé 4e sept flèches.

Deux ans après l'expédition de Gauthier, la grande armée des croisés, composée de sept cent mille hommes, vint, sous la conduite de Godefroi de Bouillon ♦ de Tancaède et de Bohémond, faire le siège de Nicée. Soliman Kilidj- Arslan, sultan d'Iooniuro , l'un des plus célèbres princes sdd joukides , étendait alors son pouvoir sur la majeure partie de l'Asie Mineure. Au moment où il avait été informé de la marche des croisés , il s'était rendu chez les princes ses voisins, et leur avait persuadé que sa cause était celle de tout l'islamisme. Il en avait obtenu des renforts considérables (i)et des seoours en argent et en matériel. Mais , avec une grande intelligence de la stratège , il avait compris que son action serait beaucoup plus efficace s'il se tenait hors de la ville , au lieu de s'enfermer dans les murailles. £n conséquence, il se retira dans les défilés de 1 Olympe avee une troupe d'environ cinquante mille soldats sur lesquels il comptait pour attaquer à dos les chrétiens. Il mit d'ailleurs tous ses soins à prémunir Nicée contre un long siège. Toutes les fortifications élevées

(1) Guillaume de Tyr, liv. Il, p. ta8.

L'UNIVERS

par les empereurs grecs avaient été mises en bon état , et la triple ligne de circonvallation qui défendait son enceinte fit l'admiration des croisés , et , loin de les intimider, redoubla leur courage. Un large fossé communiquant avec le lac était toujours rempli d'eau , et le revers du côté de la place était défendu par un agger flanqué de tours, formant un chemin couvert de seize mètres de large en avant du rempart , lequel avait dix mètres de hauteur sur une épaisseur de quatre mètres. De distance en distance, des tours de dix-neuf mètres de hauteur et de dix mètres de diamètre protégeaient la muraille et le chemin de ronde qui circulait tout au tour de la ville.

La forme de la ville est irrégulière , et son grand axe se dirige du nord au sud ; toute la partie sud est détendue par le lac, sur lequel il n'y avait pas d'embarcations. La porte du Mord conduisait vers le mont Arganthonius, dont les collines sont boisées et couvertes de jardins. La porte de Test s'ouvre sur la grande vallée qui forme le prolongement du bassin du lac, et la porte du sud communique avec la route qui conduit à Broussa par la montagne.

Toutes ces portes étaient défendues par un double rang de tours et par des chemins tortueux que formaient les ressauts de l'agger, et qui forçaient l'assaillant de passer immédiatement sous les traits de la place. Telle était la ville que les chrétiens vinrent assiéger au nombre de six cent mille fantassins et cent mille cavaliers cuirassés. Le duc Godefroi se chargea d'attaquer l'est de la ville, c'est-à-dire, la porte de Lefké et les remparts qui la défendaient.

Bohémond et Tancrède occupèrent la position du nord L'ouest de la ville fut bloqué avec difficulté par Hugues le Grand et l'évéque Adhémar. Le valeureux comte de Toulouse , arrivé depuis peu, défendit la position du sud; ce fût ce corps d'armée qui eut à soutenir le premier engagement avec les Sarrasins. Soliman, qui était en embuscade dans les défilés situés au sud du lac ( il occupait probablement le territoire de Yenicheher ) , voulant dégager les abords de Nicée occupés par les chrétiens, s'élance sur la troupe de Ray-

mond de Saint-Gilles, et est renoua après des prodiges de valeur. Les cfar tiens, non moins barbares que leu ennemis , coupèrent les têtes des mort et les jetèrent dans la ville à l'aide < leurs machines.

La ville était investie de trois côté et les chrétiens veillaient jour et nuit ce qu'aucun convoi de vivres ou < munitions ne pût être introduit da Nicée. Mais à l'ouest les murs étaie baignés par les eaux du Lie Ascaniu qui offraient une communication fad avec le dehors. Les chrétiens, n'ayj à leur disposition ni barques ni fciteau se trouvaient dans l'impossibilité de i duire la ville par la famine. Solinw lui-même prenait souvent la voie du 1 pour aller voir sa femme et son fit qu'il laissait dans la place pour miei encourager les assiégés à résisterai croisés.

Plusieurs semaines s'étaient écoulé sans que les croisés eussent tenté i assaut; chaque jour on inventait d machines pour renverser les muraille Parmi les princes les uns dirigeaient I batistes, les autres fabriquaient des b liers de fer pour tattre en brèche I remparts , mais !e génie des Sarrasii ne le cédait pas à celui des Francs. L portes avaient été fermées avec so par des herses de fer glissant dans d rainures, et les murailles garnies i machines de toutes sortes écrasaient I assiégeants sous des quartiers de roeb ou enlevaient avec des crochets de fi les combattants qui s'approchaient tre près des murailles , et les laissaient ik tomber morts ou mutilés. Les téb des vaincus servaient de part et d'auto de projectiles , et chaque fois que V Sarrasins effectuaient une sortie, h têtes de ceux qui succombaient étaiei coupées et portées à l'empereur c Cbnstantinople, comme un sanglai trophée. En récompense, Alexis envoya aux croisés des vivres et des charroi chargés d'armes , de munitions et d'hi billements.

Les chefs de l'armée, fermente!

résolus à s'emparer de Nicée, pour i; pas laisser entre les mains de leurs ei netois une place aussi importante, s décidèrent à pousser le siège avec vi gueur. Deux seigneurs croisés, Hem

AStfc MMKORK.

feflaene et Je comte Herman, flrcnt «■stitiw une machine appelée le Re- «tfnf. faite en bois de chêne, et recourait de dates d'osier et de cuir. Cet qpral, oui pou?ait contenir vingt bans*, devait être approché des muntojwur en saper les fondements; ré, fendant qu^ro le traînait, tous Jo bm s'affaissèrent et écrasèrent les aaaaas qui s'y étaient renfermés.

Qawjae les murailles ne fussent bâties pfcbriqoes, les machines des Francs test si imparfaites, qu'ils purent à ane entamer le ciment qui les reliait.

ûpfent, à force d'attaques réitérées, frpamnientà pratiauer quelques fentes «les mars. La résistance désespérée & Tores arrêtait l'élan des chfétiens, fidèsp'une muraille était entamée, oa « rebâtissait une autre derrière. Us «•battaient du haut de leurs remparts m sa zèle infatigable , et lançaient ®k chrétiens de la poix, de l'huile, «* torches enflammées, et toutes les «rtwespropresà incendier les machines <« «siégeants, b voyant les efforts de courage dé- P*î*taas ce siège mémorable, en C0OÇit le nombre des assiégeants, <pu wfà s'élever au moins à quatre ****,"&* hommes effectifs, il y a lieu «seteiner qu'une place comme Nicée ■j* pas été enlevée : car située en P"*» elle n'est défendue que par des ^P* d'art, sans que la disposition J }*** vienne ajouter à la difficulté y**P*- Elle a été néanmoins re- HB*e par les historiens des croisades i***la place la plus forte de toute ^Jtolie. Robert le moine regarde la J*1^*» de Nicée comme une preuve *« protection divine : « Car, dit-il, ** wee humaine n'aurait pu l'em- *2*»ns le secours de Dieu , et il ** sien juste que cette ville, qui avait ^*«j<»ner tous les dogmes de TÉ- «atholique, fût enlevée aux ennemis *. Wre sainte foi et réconciliée au jWfi et qu'elle rentrât dans le sein *«Hre sainte mère Église comme un **. membres. » Malheureusement, 'jjtt ne brilla pas longtemps sur les g*8 de Nicée, car peu d années après, ^retomba entre les mains des Otto-

^P^tont les chrétiens, voyant que V livraison. (Asie Miubiibb.)

la ville était constamment ravitaillée

Kar les navires, jugèrent qu'elle ne tomerait jamais entre leurs mains , s'ils ne parvenaient à fermer cette voie. En conséquence, ils s'adressèrent à l'empereur pour qu'il leur fût donné des barques, qui furent transportées sur des traîneaux tirés par des chevaux et par des hommes, du port de Civitot jusqu'au lac de Nicée, dans une longueur de sept milles; les bâtiments étaient assez grands pour contenir jusqu'à cent combattants. Cette entreprise fut achevée dans l'espace d'une nuit.

L'histoire mentionne plusieurs faits de ce genre. Au siège de Tarente , les Romains, maîtres de la citadelle, investis de tous côtés par l'armée d'Annibal, avaient cependant la mer libre, et reçurent de Métaponte assez de renforts pour détruire les ouvrages avancés des Carthaginois. Annibal , pour intercepter toute communication entre la citadelle et la mer, fit fabriquer des machines pour traîner les galères, qui furent transportées à travers la ville, du port jusqu'à la pleine mer (1). Dans la guerre contre Mithridate, Lucullus étant venu pour délivrer Cyzique , bloquée par l'armée de ce prince, fit prendre sur le lac Dascylitis une grande barque

Su'il fit traîner sur un chariot jusque ans la mer, et avant embarqué des soldats, il l'introduisit dans la ville (2). Plus tard, au siège de Constantinople par Mahomet II, les Ottomans, voulant s'emparer du port , dont l'entrée était fermée par des chaînes, firent passer sur des chariots des barques armées en guerre , depuis le point du Bosphore appelé aujourd'hui Château d'Europe (3), jusqu'à la partie supérieure de la Corne d'Or. Mais de toutes ces entreprises , celle des croisés fut la plus difficile , puisqu'en une nuit les barques parcoururent sept milles de chemin par terre. Ils suivirent probablement la vallée d'écoulement du lac au pied des collines, où coulait la rivière appelée par les anciens fleuve Ascanius.

(i) Tite-Live, II, chap. IU.

(a) Plutarcli., in ImcuIIo.

(S) Roumilt-Hissar. Hammef, HUu du Ottomans , tom. II.

T. II. gitized by VJpO

L'UNIVERS

Cette flottille était sous les ordres du capitaine Butumites, que les historiens des croisades appellent Tatin , et qui était particulièrement attaché à la personne de l'empereur. Lorsque les musulmans virent les murailles du côté du lac cernées par les barques des chrétiens, leur courage commença à les abandonner. Du côté des chrétiens, au contraire, l'attaque fut poussée plus vigoureusement ; le côté du midî:, c'est-à dire de la porte de Téni cheher, où commandait le comte de Toulouse, était remarquable par une tour d'une grande élévation ; près de là se trouvait le palais des sultans, qu'Anne Comnène nomme sultanikon, et où demeuraient la femme et la sœur de Soliman. Ce palais était sans doute le même que tfelui qui fut construit par les empereurs grecs et restauré par Justinien. Tous les efforts des croises se tournèrent vers ce point, et les machines les plus puissantes furent approchées pour battre en brèche et renverser la tour. Ils parvinrent , à l'aide d'un bélier très-solide, traîné à force de bras , à faire dans la muraille une ouverture assez grande pour que deux hommes pussent y passer. La nuit ayant mis un terme aux travaux du siège, les chrétiens s'aperçurent avec découragement que les Turcs avaient

Krofitc de leur repos pour réparer tous s dommages de la veille. Un des assaillants , Lombard de naissance , propose enfin de construire une machine au moyen de laquelle la muraille sera sapée sans danger pour les assaillants.

Les chefs des croisés lui fournissent l'argent et les matériaux nécessaires, et bientôt le» Turcs voient une tour de bois, dont la hauteur égale celle des remparts , s'avancer lentement , et venir s'appliquer contre la muraille, sans que les combattants qu'elle contient soient exposés aux traits de la ville. La muraille est minée ; les pierres de la base sont remplacées par des pièces de bois, et bientôt le feu, consumant ces supports, amène la chute du rempart, qui s'écroule en entraînant la tour, objet d'une attaque si bien combinée. Cet événement acheva de démoraliser les assiégés , d'autant plus que la femme de Soliman , voyant sa retraite menacée par la chute de la tour, fit un* tentative

pour fuir par le lac; mais elle fer rêtée avec son fils , et livrée aux pri croisés. Cest alors que les musuli envoyèrent des députés à Godefroi traiter de la reddition de la place ; tumitps, qui avait reçu des instrucl secrètes 'de l'empereur Alexis, péi dans la ville, et décide les Otto ma rendre de préférence la ville à l'ei reur. Cette proposition fut accej et les princes croisés virent sans c une trahison qui les privait du frul leur victoire. Mais, sous le rapport litique, ils avaient atteint leur l car, devant s'enfoncer dans Pintéri ils étaient sûrs de ne pas laisser leurs derrières un ennemi redoutât

En 1106, la ville de Nieéefut rei par l'empereur Alexis aux princes s joukides. A la mort du jeune Aie Andronic Comnène, peu de temps &\ son avènement à l'empire, en 1183 présenta devant les villes de Prose e Nicée, qui lui refusaient l'obéi ssar Wicée ayant été réduite, fut sacca par les troupes impériales, qui y ci mirent des cruautés inouïes (1)"; n elle revint aux Comnènes, au mon de la prise de Constantinople par Latins, et l'empereur Théodore Lai ris, qui s'y fit couronner en 1203, vi blit le siège de Vempire rie Nicée. ' [

A la chute de l'empire des SeldJ kides , les Osmanlis s'emparèrent ri dément de leurs anciennes provint Orkhan eut d'abord à se rendre ma des places de Broussa et de Nî0 dont son père avait préparé la conqvl A cette époque, Andronic le Jeontf gnait à Constantinople (1330). La J de Nicée n'offrit pas à l'armée otton moins de difficultés qu'à celle des!

ses* et la marche du siège fut exil ment la même. Orkhan s'empara dêa tits forts construits dans les plaine* vironnantes , et bloqua la place 11 étroitement pour que les habita pressés par la famine, songeassent!

ouvrir leurs portes. Il s'empara dut de Karatekin, voisin de Nicée , cej acheva d'intercepter toute commua tion avec le dehors. Enfin, les fil tants, épuisés par des assauts multil et par un blocus de plusieurs ann6

(x) Art de vérifier fa dates, p. 44&' '

rO.Ogl

ASIE MINKU&E.

lÉwat de leur reddition, dont les aidons forent acceptées par le suite. La garnison pouvait sortir avec ses topj&et se retirer à Constantinople, JBifanpereur, et les habitants oui ■taxât à Wicée , en acceptant la loi ■ ooquear, conservaient la liberté àfoÉ^xt leur religion. Ces conditions «âçtas, les babitaats se portèrent en fak ai-derant du sultan , qui Gt son gk triomphale par. la porte de Yéni

kpnmière pensée d'Orkhan fut d'ém des mosquées et d'établir des écc- «riçieuses. Plusieurs églises appartaUux Grecs furent converties en j*pMs;aa remarque encore aujourf* la ruines de l'église appelée ga-Sophia,qui était, comme la mé- JM* 4e Constantinople, consacrée à JJk <to Verbe incarné. Toutes les JNtoset les mosaïques représentant 2%? religieux, tous les versets des gttpfc inscrits sût. les murailles *Bt4^nûts et recouverts de chaux, *• m substitua des sentences du JJV doot il reste encore aujour- •Jjjwmbreux vestiges.; mais de~ gpd'uu siècle, depuis la dé- ■JJ"» «replète de la ville de Nicée, r* «toquée roéope est abandonnée; **m s'est écroulée •,. et tout le J*J entironnant n'est plus qu'un ■*• décombres.

KUSI DE SAXJBITB 80JWHUJ.

îfiToyageurs ont souventïchercjié ■«ces de l'église illustrée par le g* concile oecuménique qui déter-.

J^ actes de la foi catholique, et F ««bases de la discipline ecclésiasjj" Paul Uicas avait cru reconnaître £*ffii8e dans les ruines du théâtre r** que Von observe encore, dans îgjjfc «ud-ouest de. la ville. Cette

^^0 n'a pas besoin d'être discutée, jjwmroer croit que l'égide d'A-

ttbtf ia •* ** m^mc <ÏU4J celle ou ™J« premier concile. Mais pour

JJP ont suivi les phases de l'archi-

gjîûjzantine depuis Constantin*

JF** chute de Qopsuntiaople, il

J** «e déterminer les limites chro-

^ctu«. Jusqu'à Pépoque ouJusti-

nien flt construire la grande église de Sai nte-Sophie, à Cpnstantinople, en 538, toutes les grandes églises reçurent la forme d'une basilique. On peut citer, à l'appui de cette opinion, le monastère de Saint-Jean-Stuaius, qui subsiste en* core dans cette ville, et réglise de Bethléem, bâtie par L'impératrice Hélène, mère de Constantin , deux monuments dont la date est certaine. Ces églises sont formées par deux rangs de colonnes intérieures, supportant une toiture en charpente. Au fond de l'église est l'hémicycle (to [%,»), où était placé l'autel. Cette forme primitive a été imitée de la basilique aes anciens, où se tenaient les assemblées (èxx^mai). Plusieurs de ces églises de premier style n'étaient que d'anciens temples, dont l'intérieur avait été élargi en entourant d'une muraille la colonnade du péristyle. Cène fut qu'à l'imitation du chefd'œuvre d'Anthemius que les architectes d'une époque postérieure à Justinien construisirent des églises à coupole.

L'église de Sainte-Sophie est un monument trop peu connu et trop peu étudié, car c'est de sa création que date une ère nouvelle pour l'archjtec{ure by* zantine. L'église d'Aghia-Soplua à Nicée était couverte par un dôme en pendentif sur un plan carré., Ce caractère seul indique qu'elle est plus, récente que la seconde moitié du sixième siècle. Mous pensons donc que l'église qui existait à l'époque du premier concile devait être, comme toutes les autres, en forme de basilique. Il nous reste trop peu d'éléments pour baser une opinion sur Pé* tendue et la position de cette église, mais il ne faut pas la chercher parmi celles qui subsistent encore. Il n'est pas certain d'ailleurs, que le premier concile général , qui s'assembla le. 19 juin 325, se soit tenu dans une église; l'empereur Constantin, qui le présida en personne, n'était pas encore baptisé. Selon V Histoire des conciles (1), le saint synode se tint dans le palais impérial. L'empereur, pour honorer les évéques, prit sa place au milieu d'eux sur un siège d'or fort Jm,.Ç0<<palqis devait être le même qu'oceupaieoiles préteurs romains et les empereurs grecs, et qui

iv ■ :

(i) Tome I, page «oS,

d by VjQÇ)Q

L'UNIVERS

était au centre de Ta ville. Mais les caractères de l'église d'Aghia-Sopbia se rapportent parfaitement à ceux des monuments du huitième siècle, et, par conséquent, il ne serait pas impossible que le second concile, qui se tint en 787, s'y fût rassemblé.

Orkhan fit élever à Nicée le premier imaret ( hospice pour les pauvres) que les Ottomans aient construit dans cette partie de l'Asie; mais les sultans seldjoukides avaient déjà créé, dans la partie orientale de l'Asie Mineure, de ces fondations pieuses où l'on distribuait aux pauvres et aux vieux soldats dos vivres et des secours. Ces monuments recevaient toujours de la piété du fondateur, ou des donations particulières, un revenu en immeubles destiué à l'entretien de l'établissement. Ces biens, désignés sous le nom de vakoufy consistaient en terres conquises sur les chrétiens, en bazars et en bains, dout la location revenait à la mosquée de laquelle les imarets dépendaient généralement.

Un des soins du sultan Orkhan après la conquête de Nicée fut d'organiser l'administration, et de déterminer les limites ou sandjaks nouvellement conquis. Nicée fut déclarée capitale du sandjak de Kodjà-llli ; mais, sous Mahomet II, le chef-lieu fut transporté à Nicomédie, et ce fut le signal de l'anéantissement de Nicée.

Aujourd'hui la ville de Nicée est gouvernée par un mutzellim ressortissant au pachalik de Broussa.

La ville moderne, appelée parlesTurcs Isnik, corruption des mots grecs eîç Ncixafav , occupe la partie centrale de la cité byzantine. En entrant par la porte de Lefké, on parcourt un grand espace planté en jardins, avant d'arriver a la ville moderne, dont les maisons bâties d'argile offrent l'aspect le plus misérable ; là rue principale, formant le bazar, est la seule dont l'aspect soit un peu vivant. La population grecque ne dépasse pas douze à quinze cents âmes, et habite un quartier séparé, voisin de l'église actuelle, dont le métropolitain tient sous sa juridiction tout le pays environnant, depuis Ak-séraï, à lest, jusqu'à Ghio, à l'ouest, et jusqu'à Yéni eheher, au sud. Mais l'air de Nicée est

tellement malsain pendant l'été, q le métropolitain est autorisé à habi la ville de Ghio. Les habitants n'c d'autre industrie qu'un peu de jari nage et la récolte de la soie. Quelqi familles grecques fabriquent des tisi qui se confondent dans le commet avec ceux de Broussa .

CHATITRE XV.

LES MDBS.

Tant de maîtres divers, tant de siéj et de catastrophes , ont apporté O de changements dans la forme de Yt ceinte de Nicée, pour qu'on puisse pérer d'y rien rencontrer qui date de Nicée de Lysimaque, ni même de ce d'Hadrien. Du temps de Strabon, ville avait seize stades ou deux mi neuf cent quarante-quatre mètres circuit; le pied de ses murailles et baigné par les eaux du lac, qui la i fendaient du côté de l'ouest* Le gt graphe grec remarque, en outre, q ses quatre portes pouvaient être api çues d'une pierre située au milieu gymnase. Ce gymnase avait été coi mencé un peu avant l'arrivée de Pli en Bithynie, pour remplacer l'anci édifice que le feu avait détruit. On reconstruisait sur un plan beauco

filus vaste, mais Pline blâme beauco 'architecte. II trouve que l'édifice i irrégulier, et que les parties en se mal ordonnées, et, d'après l'avis d'i architecte, il pense que les murs :

pourront[ soutenir la charge qu'on le destine, quoiqu'ils aient vingt-de pieds de large, dimension prodigien pour un monument de cette espèce (:

Le peu de solidité des édiGces de Nie tenait particulièrement à la mauvai

Qualité du terrain, qui, compe 'atterrissements, n'a pas la solid nécessaire pour soutenir de lourd masses.

Au premier coup d'oeil, on sen tenté de croire que les murailles n'o pas changé de forme, car les portes trouvent encore aujourd'hui aux exti mités de deux axes qui se coupent angles droits. Mais, ainsi que nous F

(i) Plia., Mpist., lib. X, lettre XLVHI.

loi

tus observé, les remparts sont beaucotp pits modernes, et renferment de ■Murai débris de monuments anôtn; k système de défense, un des ftuooplets et des mieux conservés ée tnsis les villes de l'Asie Mineure, «t «w presque entier; il se compose <fone enceinte fortifiée , flanquée et tours demi-circulaires , c'était le mtim ou rempart des Latins. En mot do mœnium et à une distance de we mètres s'élève une deuxième en* «aie également flanquée de tours, dispm m échiquier devant celles du wpt, et qui défendaient les abords fcwsë. C'était Yaqqer des fortiûcata anciennes qui , dans le principe , fà tout simplement composé des ter* du fossé rejetées du coté de la nfe. Plus tard, l'agger fut une fortification construite , défendue par des toi qui correspondaient aux inter- *û*m tours du mœnium. Enfin, le M, taUurn, dont la largeur est augwftai indéterminée par suite des jWnents, complétait la défense de "«3e. Des canaux communiquant ait li lac servaient à inonder le fossé tels cas d'attaque. Les tours et les n*aib de l'agger sont moins élevées Ptofa du mœnium, afin que les bkbmi placées sur le sommet des *** di mœnium puissent agir aussi Jrâj» possible de l'enceinte des mu- Jj"*- h* tours de Nicée , engagées ** le rempart de la largeur d'un dia- "ta* ont une saillie égale à ce même J8****» c'est-à-dire qu'elles sont kjjées par un cercle tangent aux mu- 2«5 et relié par deux plans perpen- *°l*ro. Ces tours ne sont cependant P* toutes égales ou semblables, car, on * 'wt quelques-unes qui n'ont de ■* que les deux tiers d'un diamètre, ^uitres qui sont carrées ; mais ces *n«res sont d'une époque plus ré- **• Elles ne sout pas également es- £**; il y en a qui n'ont que dix meta d'intervalle d'axe en axe, d'autres •JjiKp'à vingt-cinq mètres.

** construction générale des mu- ""««est en briques, qui ont de trente ) ty&nmte centimètres de longueur sur * largeur de vingt-cinq à trente. Le J*utqui les relie est tres-épais; le lit "wtier a de deux à trois centi-

mètres de largeur, et l'intérieur des murailles est un béton composé de gros sable et de cailloux. Généralement, l'appareil des murailles est en assises réglées; mais, soit caprice des ouvriers, soit pour donner plus de solidité à certaines tours, on en remarque quelques-unes dont les assises sont ajustées obliquement pour former une espèce d'épi ou d'ajustement bizarre. Dans plusieurs endroits , la muraille est appareillée avec trois assises de moellons et deux assises de briques alternant. Il n'existe point d'inscription qui nous apprenne à quel règne remonte la construction des murailles , mais le système général de défense est tellement semblable à celui de Constantinople, qu'on doit penser que ces deux villes ont été fortifiées à la même époque, c'est-à-dire, dans le courant du quatrième siècle.

Du côté de l'orient, les murs suivent une ligne droite , dirigée du nord au sud , depuis l'angle sud jusqu'à la porte principale, qu'on appelle encore aujourd'hui porte de Lefké ou de Leucae. Cette muraille est défendue par vingt et une tours.

La tour de l'angle sud-est est fendue dans toute sa hauteur ; elle ne porte néanmoins à l'extérieur aucune trace de l'effet des machines. A la hauteur du rempart elle contient une grande chambre voûtée et éclairée sur la ville. On peut facilement cheminer sur le parapet dans toute la longeur des murailles. Le chemin de ronde est pavé de grandes dalles de marbre, extraites des monuments anciens. On remarque surtout un grand nombre de piédestaux de lm,lu de hauteur sur 0,86 de large, et qui portent tous des bases de colon ue attenant au même bloc, et, de part et d'autre, des arrachements de marches. Il est évident que tous ces piédestaux ont appartenu à un même monument, qui devait être construit dans la forme d'une basilique. On compte soixante-quatre piédestaux d'é

fale dimension , qui proviennent éviemment du même lieu. Les autres blocs sont des morceaux d'architrave, des stèles sépulcrales et d'autres débris sculptés. Sur ce chemin de ronde était placé le parapet avec les créneaux. Une

L'UMVËRS,

des tourb de cette muraille est surtout remarquable ; la grande chambre avait été murée il y a plusieurs siècles, et n'a été ouverte que vers Tannée 1834. Elle offrait dans toute leur intégrité les dispositions intérieureset la décoration. Dans la partie inférieure de la tour est une rotonde voûtée, oui servait sans doute de magasin pour les machines. On arrive sur le rempart, par un escalier extérieur, dans une salle des gardes de plain-pied arec le chemin de ronde, et également circulaire et voûtée. Elle est éclairée par deux fenêtres fort étroites ou barbacanes, oui communiquent avec deux cellules ménagées dans l'intérieur des murs (1). Chacune de ces cellules a deux niches avec un banc pour les vedettes. Ce qui donne à cette tour un intérêt tout particulier, ce sont les peintures qui décorent la salle des gardes; elles sont exécutées à l'encaustique sur Je stuc qui recouvre les briques.

Ces peintures représentent des prêtres ou des saints, dont la tête est ornée d'un nimbe d'or, et qui portent des costumes en usage dans l'ancienne liturgie. Quelques-uns avaient leurs noms écrits, selon l'usage byzantin, en colonne verticale. Une grande figure de saint George, monté sur un cheval gris, était trop endommagée pour qu'il soit possible de la retracer; le cheval portait aux jambes des anneaux ornés de pierreries. La voûte de la salle est peinte en bleu avec des étoiles en rouge. Ces peintures portent tous les caractères de l'art du douzième siècle; mais on sait que les peintres byzantins ont plus que tous les autres cherché à conserver un type déterminé dans leurs figures religieuses, et que même à notre époque les tableaux des Grecs sont copiés sur ceux du moyen âçe. Il serait donc difficile de dire positivement à quelle époque remontent ces peintures. A peine cette tour fut-elle ouverte, que les Grecs s'y transportèrent en foule, et couvrirent les murailles d'inscriptions qui détruisaient ces curieuses peintures ; il est à craindre que d'ici à quelques années elles ne deviennent tout a fait méconnaissables.

(i) Voyez Asie Mineure, t. !•% planche V

On arrive à la plate-forme supérieur!

de la tour par un escalier pratiqua dans Tintérieur de la muraille. Cett plate-forme est défendue par des cré neaux qui subsistent encore. Au dehors les tours de Nicée sont complétemen unies , sans ressaut ni mâchicoulis. L ligne qui joint la porte* de Leucae à I porte du Nord ou .de Constantinopl (Stamboul-Kapou-Sou) suit une lign sinueuse, dont la direction général est nord -est et sud -ouest. Il y a dix neuf tours dans cette partie , et une pc terne de marbre donne accès dans Tin térieur de la ville. Vers la pointe nor on remarque une longue portion d muraille dans une longueur de deu cent quatre-vingt-quatorze mètres, tout bâtie en marbre blanc. Elle est défeu due par trois tours carrées égaleraer en marbre, et ornées d'une corniche denticules. La muraille porte onze as sises de 0m,50 de hauteur, et la tou vingt assises. La hauteur de la cornich est de 0m,56, et supporte un rang d créneaux. L'appareil de cette construc tion est fait avec soin , aussi quelque voyageurs ont-ils regardé cette portia des murs comme un reste de la Nicée d Lysimaque ; mais du edié de la ville c< appareil est infiniment moins soigné on voit une inscription dont les cara< tères taillés en relief à la manière d< inscriptions arabes , attestent une épe que de décadence; elle est tracée en an lignes sur une table de marbre de tn,8 de longueur, et placée à sept ou nu mètres au-dessus du sol. Un jardi nouvellement planté et entouré de mui attenant aux remparts intercepte la cil culation sur le chemin de ronde int^ rieur. Il faut entrer dans le jardin pot voir l'inscription.

Ici est le trophée de mort des ennemis des Sarrasins couverts de honte;

Ici nos empereurs fidèles au Christ, 1 et Constantin ,

Ont réparé la ville, et, à cause du roairt| état de l'ouvrage, ,

Ont élevé depuis les fondements la I des Ceoteniers,

Qu'ils ont achevée dans l'espace de i ans. Panéus, fils du patrice Flavius Km palate , a (présidé).

De la porte de Constantinopleà <

èii^Jaiiped* murailles se dirige Au nord. 42

aakost; Uy a seize tours, dont A Test 58

jpifKHBttSfOQt carrées. La porte de . Au sud 74

tmnÉaoçk se trouve donc au soin- A l'ouest 64

ttlavtspècede grand tringle. D*, TotaL . . ssg tonrs.

« baorle du Lac jusqu à celle de

gtétavau sud 9 les murailles siuVr Quant à la disposition indiquée par

Àai série d'angles rentrants et Strabon , bien que les quatre portes se

flpftfri donnent une grande force trouvent encore placées vers les quatre

ttame» Qm le côté le plus fort points cardinaux , on ne saurait retrou-

M place. Vers la .florta de Yeni ver ni la forme carrée, ni la mesure du

(fedics enveloppent» en formant périmètre qu'il a indiquée; en effet,

la allie rectanguiaîrt, une. enceinte Strabon donnant seiae stades su péri-

jBdendqe. Cette, enceinte rappelle mètre, on trouve, en mesurant le

gJBtaamt ]e Castnun ou camp des pourtour des murailles (l) :

'on observe dans le$ murailles . • c . v .

Lesfouilks que l'on fait dans ^iCr*îïi?i7^ft7 1 i « m

s qui occupent une partie de ^.f^ifîfe tt^n '£

. de Nicée mettent souvent à ^T Jl J1^,i% " J" de , „0

fawwt les fondations de divers édi- ^ ^ * ' ce»e d" n°rd' y ,lld

fciWdébrisqu'ontiouveencelieu, ^J* Porî\dUii^rdt°U de <«*

îjwnt composés de briques de ^ Stamboul à celle du Lac. 1119

Ks sortesT^diqlent que les D«la P0rJ\du LaC à CeUe de ^ gwtions qui roccupaient étaient Yeni cheher. . . . . 1064

jfeéaos un but d'utilité plutôt que Total Pour le P°urt°ur <k 1*

«fc ville. . . w 4427

^N* la porte du Lac jusqu'à Tan-

£*ta de la ville , la muraille est Les seize stades de Strabon équiva-

■■■* par vingt-trois tours , et ou- knt à deux mille neuf cent cinquante*

J*j» deux poternes. La tour dé oeuf mètres. Ainsi , la circonférence ac-

"Nfend-ouest est carrée, et forme tuelle de la ville, qui est presque de

**%e considérable , tant en dedans vingt-quatre stades , est de moitié plus

f*4bors des murs. A la hauteur du grande que celle indiquée par Strabon,

J"* fe ronde, il y a une grande c'est à dire que pour arriver à la me-

■** îoûtée, dont les murs sont sure de Strabon, il faudrait prendre le

Ç5* entièrement construits avec des carré formé par les lignes qui join-

Jjjwife antiques. Une tour voisine, draient les quatres portes deux à deux ;

tob construction n'a rien de remar- ce qui donne un carré de trois mille

5^i porte sur une tablette de mar* deux cents mètres de pourtour, ou dix*

ftûcription suivante : sept stades et demi. Mais , en examinant

les portes, nous verrons qu'elles ont

Tour de Michel été construites après l'époque où Strabon

le grand roi , écrivait , et nous devons en conclure

capereur en Jésus-Christ. que la ville a été augmentée sous les

empereurs Hadrien, Claude II et Léon.

Jepois la porte de "Yeni cheber jus- ^ ^ „ v„r.

gl «ngle sud-est de la ville , la mu- CHAPITRE XVI.

r* *iit une ligne qui est à peu près

SJJ érection du nord-est Elle est les pobtbs.

rf^ue par quinze tours dont la cons- J ,

î8^ ne diffère en rien de celles de Les quatre portes principales de la

'*. , ville de Piicce subsistent encore dans un

.^compte aujourd'hui aux muraiK état de conservation ^ûsnot pour qu'on

? d» Mœnium cent, huit tours et à

M® cent trente, qui sont disposées (i) Voyez Desc. rfe fAsi* Mineure, plan-

**: chesVctVI.

L'UNIVERS

puisse juger de leur ancienne disposition. Mais, lorsqu'on a construit les murailles actuelles, on a cru devoir renforcer les portes antiques par des ouvrages gui, au premier coup d'œil, en altèrent les proportions. Deux tours massives ont été ajoutées à droite et à gauche de chacune de ces portes , et sur Panique de marbre on a construit une salle communiquant avec le chemin de ronde supérieur, et servant de corps de garde aux vedettes. Toutes ces annexes étant de briques , se distinguent parfaitement de la construction romaine, qui est de marbre. La porte de Lefké et celle de Stamboul sont tout à fait semblables. Nous nous contenterons d'en examiner une en détail.

En entrant dans la ville du côté de l'orient, on franchit d'abord une porte de peu d'apparence, flanquée de deux tours , et près de laouelle sont encastrés quelques bas-refiefs mutilés; c'était la porte de l'Agger. On passe ensuite dans une petite cour qui se trouve à droite et à gauohe sur le prolongement du chemin couvert , dont la communication est interceptée par deux fortes murailles. Un arc de triomphe en marbre , engagé entre deux tours , et écrasé par une massive construction de briques, sépare cette cour d'une seconde porte de construction byzantine qui donne accès dans la ville. A droite et à gauche de cette porte, du côté de la ville, étaient deux tours massives en briques et en pierres, dont l'appareil est formé de différents dessins (1). La tour de gauche communique avec un château d'eau , dépendant probablement de l'aqueduc construit par l'empereur Justinien. L'arc de triomphe se compose d'une grande arcade de 4m,23 d'ouverture ; a droite et à gauche étaient deux petites portes carrées qui donnaient passage aux piétons. Au-dessus de ces portes sont deux niches construites sur un plan circulaire , et dont la partie supérieure est cintrée. L'entablement de l'arc de triomphe est soutenu par deux pilastres doriques de peu d'importance.

L'archivolte du grand arc ne vient pas poser d'aplomb sur les supports (2),

(i) Voyez planche 4o.

(a) Voyez les planches >8 el ty.

mais chaque membre se pourtourne pour venir former sur le chapiteau do pied-droit une espèce d'architrave. Le couronnement des portes latérales est orné de denticules; l'entablement est d'ordre dorique , et la frise porte une inscription; il n'a pas été possible de déterminer les dimensions de l'attique; il y a même lieu de croire qu'il a été démoli. Dans la frise et dans l'architrave qui regarde l'extérieur de la ville on voit une longue inscription gui est assez fruste, et dont les caractères de bronze étaient incrustés dans le marbre. On ne peut donc lire aujourd'hui que d'après la trace des crampons et d'après les entailles très-peu profondes qui avaient été faites pour maintenir les caractères.

A la maison impériale et à l'empereur César Hadrien la très-illustre métropole de Nicée a élevé ces murailles , sous la surveillance et la direction de Cassius Cbrestus.

Et sur l'architrave :

A l'empereur César, fils du divin Hadrien, petit-fils du divin Trajan, à Titus JEliusHi-

arien, auguste % l'année de sa puissance

tribuni tienne, la ville a élevé cette porte en conséquence des fonds donnés par le trésor des empereurs.

Ce monument, élevé par l'empereur Hadrien, remonte probablement a l'année 120 de J.-C. Il est remarquable en ce que, contrairement au caractère imprimés à l'architecture de cette époque, sa structure est excessivement simple.

Les moulures sont d'un bon style, et se ressentent de la finesse du ciseau grec- Les deux niches placées à droite et à

gauche du grand arc ne font pas un on effet, parce qu'elles écrasent les proportions des petites portes. Du coté droit, l'archivolte et la partie sphérique de la niche sont d'un seul bloc de marbre.

L'inscription placée sur la porte de Stamboul était également de brooze, mais on n'avait pas eu soin d'entailler le marbre pourinscruster les caractères; il s'ensuit qu'elle est devenue à peu près illisible.

La partie supérieure de l'arcade est ouverte pour donner passade à la herse, qui servait , en tombant , a fermer une

lOi

jatte à deux ? totaux , en madriers de dÉH et garnie de fer ; ce système de détue était fort usité dans les fortifications romaines. On en voit des traces aimbrwi en France et en Italie.

Km OB CONSTARTIWOPLE.

i il porte du Nord , indépendam- ■etfde la double clôture qui existe à fat.» Toit encore les traces d'une en- (fate de dix -neuf mètres de long sur net mètres de large , et qui corn mu- ■me avec la ville par trois portes qui «ta moitié ruinées. Les pilastres sont «■arbre.

César Marc-Aurèle Claude, x, auguste, OmA pootùe, la seconde année de m paaect tribonitienoe , consul, père de la

ftmasal (a frit élever) les murs de la ***■»» Nicée, sous la direction de Vel- *» Marnons, très-illustre légat consulaire * pnptteor de l'empereur, et de Sallius A*nk, le très-illustre logiste.

Jtaos-Aurelius Claodius, oui est Ç» améralement connu sous le nom «Qarie 11 , fut appelé à l'empire Tan p*U.-Ç n devint consul l'année *rôwe,et mourut l'an 270. Cette ins- «npfon a donc été placée Tannée de sa ■art.

FOITB DR YSHI CHBHSB.

A» «d de la ville , il existe une troi- *■* porte souvent réparée par les Ot- [*«w, car c'est celle qui a souffert ** pras nombreux assauts. Cest par là 1*1» musulmans introduisirent les Jwpfs d'Alexis, plutôt que de rendre * w aux croises , et par là encore ^«le sultan Orkhan entra en triompha- !*«m Nicée. Il paraît que quelques ^fraraient fait comprendre aux in- ****« qui ont construit les remparts **<* point devait être principalement ^ wrtte aux attaques des ennemis, car ''^fortifié d'une manière toute parti- J*». Deux énormes tours, se ratta- ^a un avant-corps quadrangulaire, jw construites obliquement en avant Jj^part. Ces tours ont !0*,03 de •rore et sont séparées par un espace

de 11*65. Les murailles de Tagger forment en ce lieu des angles rentrants et saillants oui défendent d'abord l'entrée du chemin cou vert, car H faut passer entre deux tours très-rapprochées de l'agger pour arriver à la première porte, laquelle ne se trouve pas dans l'axe de la grande porte de la ville, mais s'ouvre perpendiculairement sous les traits de la tour de l'Ouest. Ce passage franchi, on devait encore traverser une porte fermée par une forte herse, et on se trouvait dans une espèce de cour carrée, semblable à celle de la porte de Stamboul ; cette cour communiquait par trois portes avec la ville.

Les murailles de l'aggec avaient dans l'intérieur de grandes casemates, mais qui sont trop ruinées pour qu'on puisse en lever le plan. Ces ouvrages étaient de briques comme les grandes tours du rempart, et l'intérieur était en béton.

Les fondations des grandes tours sont faites avec des blocs de marbre enlevés aux anciens monuments, et avec des colonnes couchées horizontalement comme des morceaux de bois dans un chantier. L'architecture de la porte ne présente rien de remarquable ; mais du côté delà ville, des deux pilastres qui fermaient la cour carrée, il y en a encore un qui existe dans toute sa hauteur, et qui porte dans sa partie supérieure un morceau d'architrave sur lequel on lit un fragment d'inscription.

Plusieurs pierres éparses sur le sol portent également des fragments d'inscriptions que des voyageurs ont copiées à différentes époques , et qu'on a reconnues au bout d'un siècle seulement appartenir à l'inscription du pilastre.

La très-illustre, très-grande, ettrès-uoble ville de Nicée a éle? é les murailles «t les a consacrées à l'empereur César Marc-Aurèle, Claude, pieux, heureux , auguste, la seconde année de sa puissance tribunitienne, proconsul, père de la patrie, et au sacré sénat et peuple romain , sous la direction de l'illustre Vellius Macrinus, légat consulaire et propréteur de l'empereur, et de Sallius Antoninust le très-illustre logiste.

Quoique cette inscription soit de la même année oue celle de la porte du Lac, elle semble devoir être postérieure de quelques mois, puisque l'empereur

1S\m\KSÀ.

Claude nV est pas nommé eu qualité de consul. Ce sont les mêmes magistrats qui ont présidé à férection de ces deux portes, qui n'avaient rien de remarquapie sous le rapport de l'architecture.

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