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ÉGLISE GRECQUE

Malgré tous les efforts des musulmans , ils ne parvinrent pas à anéantir la religion Chrétienne dans' la ville de Nicée. La nation grecque s'y est perpétuée Adèle à son culte, et entretient de ses offrandes Ptfûiqtfe église que les vainqueurs ombrageux leur aientlaissée.

Elle est située dans la partie méridio-

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nale du quartier grec, et, malgré les nombreuses réparations qu'elle a subies, il est facile de voir que sa construction remonte au delà du douzième siècle.

La nef est couverte par une coupole qui était ornée de mosaïques , aujourd'hui en parue détruites; mais l'hémicyle du fond conserve encore toute sa décoration pnmitive. Dans la demi-coupole qui le couronne, on voit une figure de la Vierge portant l'enfant Jésus ; de part et d autre sont des anges revêtus d'un riche costume orné de pierreries et de perles, et gui portent un étendard.

Le premier vestibule ou narthex conserve aussi quelques tableaux en mosaïque. Au-dessus de la porte principale, on remarque une figure de la Vierge, les mains étendues, et vêtue d'un manteau bleu. Cette mosaïque est à fond d or, et dans le champ du tablean on lit ces mots :

Seigneur, secours ton serviteur Nicépbore, patrice, préposé au vestiaire, et grand éténarqtie.

On sait que la charge de vestiarius , oui correspond à celle de chambellan, était une des hautes fonctions de la cour de Byzance. La charge d'étériarque,qui s exprime en latin par comitum duxt appartenait aussi à un des grands officiers du palais. Le nom de Nicépbore, inscrit sur la principale porte de l'église, est probablement celui du fondateur; mais on a négligé d'inscrire la date de la construction.

On remarque dans l'église de Nicée un sarcophage très-précieux en pierre speculaire, et dont la face antérieure est décorée d'ornements dans le goût byzantin, d'une bonne exécution. Ce monument ne porte pas d'inscription.

On peut supposer, d'après le caractère de la sculpture, qu'il remonte au quatrième siècle. En mettant des cierges allumés dans l'intérieur, la pierre laisse passer une lumière douce et uniforme, et les ornements se découoent en noir sur le fond qui est plus éclairé. Cette pierre se tirait de Galatie.

du lac, on se trouve sur l'ancienne toi qui traversait toute l'Asie, et allait de côtes de la Propontide aux confins d la Syrie. Cette route franchissait I k n§?nusnsar te grand pont de Sa bandja; e le passait par Pessiminte, e de la s inclinait au sud pour aller ca* nei la Pisidie, en traversant la Cappadoce Cest encore la voie la plus fréquenté* par les caravanes qui viennent de Ba* dad et de la Syrie; mais depuis Ion* temps on ne songe plus à rentreteou ou a la reparer. L'état de dégradation ou se trouvent les routes de l'empire ottoman est une des marques les plus évidentes de l'incurie et de lïmprévoyance de 1 administration des provinces, qui se trouvent forcées de consommer sur place leurs produits, et ne

■ïïTVï61, qu'à «rands frais *<* denrées du dehors. C'est surtout en voyant le soin que mettaient les anciens à ouvrir des communications faciles et directes entre tous les points de l'empire que I on peut juger du contraste entre les deux époques et de la déchéance où ce pays est tombé. Dès les premiers temps de la conquête, les Romains ouvrirent une voie de communication entre les villes d'Apamée et de Cius. places maritimes assez importantes et l'inté

VOIE BOMAINB.

Eu sortant par la porte de Yeni cbeher, et en suivant la rive méridionale

rieur du pays. Elle fut réparée par IYéron,qui fit trancher un rocher dont le prolongement interceptait la route Ce rocher est connu des habitants sous le nom de Sari-Kaïa (la pierre jaune); çest un calcaire jurassique, jaunâtre à la surface, mais gris à Fintérieur. Il se présente en plusieurs mamelons , et appartient à l'un des contreforts des montagnes qui encaissent le lac.

La base des collines est composée de grès rouges, mais dans la partie supérieure on retrouve le calcaire jurassique avec ces roches abruptes qui surgissent* du sol en formant des pitons aux flancs déchirés. Cette formation se continue pendant trois heures de route, jusqu à un vallon environné de rochers oui s avancent jusque dans le lac. C'est là que les travaux ont été les plus considérables.

Une inscription bilingue, tracée en grands caractères , atteste que ces Iravaux sont dus à Temnereur Néron, qui les fit faire la quatrième année de sa

ASIE MlNËtJRR.

aimée tribonitienne, par conséquent ra de J.-C 68 ou 69. Voici cette ins-

mptioo:

5ènGbudef fils du divin Claude t petitfli k Gmaokus César, arrière-pet it-fris de Bât César Auguste, arrière- petit-fils du &wQm Auguste, César Auguste Germaamy grtsd pontife , la quatrième année de a fÙÊtan tribonitienne , empereur pour kèmiime fois, consul pour la troisième fca, i fat réparer Ut route de Nicée à lps«e, détruite par le temps, par les soins fe Cas» Jettes Aquila , procurateur impé-

CBAPITRE XVII..

U PT1AMIDB DK CASSITJS ASC LÉ PI O- DÔTUS.

U «Tirons de Nicée, aujourd'hui pwpe déserts, étaient certainement, <k« tes premiers siècles de notre ère, «wtrts de nombreux villages et de «^àons de campagne ; tout cela a dispw», ruiné par les sièges et les guerres jrâtt. On ne reconnaît aucun vestige <y ■étropole. U existe cependant au «"M à quatre kilomètres de la ville, rosMoment qui date du règne de Trajet qui mérite d'être vu; c'est la pyra- "^«Cassius, connue dans le pays sous te| Mm de Bech tasch (les Cinq pierres). OotrouTe facilement à Nicée des guides ^connaissent ce monument.

u route suit d'abord les rives du lac Çj^pproche des collines qui bornent '««an du côté du nord-est. Elles 1001 « formation jurassique, entref*H*es par les lits de schiste ; la roche * w calcaire gris blanc compacte et 68 P« cristallin; elle se présente en **« non stratifiées, s'élevant en fa- ^presque verticales. Cest la même "Jjatwo que Ton rencontre déjà à Ak f* «t qui paraît se prolonger sur ^laeotenorddulac:

On a employé cette roche qui est **9* aussi belle et plus dure que le *™* dans presque tous les monu- "'«to anciens de fa ville.

• * m* demi-heure de distance hors J* ■*»i «ir les flancs de la colline, I/J1*? un sarcophage antique de P>we dimension ; il a 2m 60 de large

et 4m 35 de longueur et est taillé dans un seul bloc de pierre calcaire. Sa forme est celle d'un aedicule ; la façade se compose d'un fronton soutenu aux angles par deux pilastres d'ordre dorique, la corniche est ornée de denticules. Dans l'intérieur sont taillées, à droite et à gauche, deux banquettes pour déposer les corps. La forme et la dimension de ce mausolée ont déjà attiré l'attention de quelques observateurs. Pococke a cru reconnaître sur l'une de ses faces une inscription hébraïque dont il n'y a pas de vestiges ; car on ne peut prendre pour tels quelques traits informes dus au caprice des passants. Les alternatives des saisons ont déjà contribué à la ruine de ce monument ; des fissures se sont ouvertes et l'ont fendu dans toute sa hauteur.

U est certain que cette masse de pierre, qui présente un volume de près de dix-nuit mètres cubes, a été transportée à cet endroit; car le sol sur lequel elle repose est de toute autre nature ; c'est un banc de schiste.

La route de Bech tasch quitte les collines pour se diriger au milieu des cultures de vignes et de mûriers; la végétation est magnifique dans cette région comme dans tous les environs de Nicée.

Bientôt on retrouve les montagnes, mais arides et pelées. Un grand soubassement sur lequel on arrive par un escalier de quatorze marches est entièrement taillé dans le roc; c'était sans doute l'emplacement de quelque petit temple ou o'un autel de carrefour.

En cet endroit la montagne est composée de roches de marbre blanc, mais d'une qualité médiocre; il est imprégné de particules cuivreuses qui forment des taches verdâtres. On arrive bientôt dans une grande plaine au milieu de laquelle est la pyramide, ou plutôt l'obélisque de Cassius. Ce monument est construit en calcaire gris de la contrée* Il se compose d'un soubassement carré, couronné par une corniche, sur lequel s'élève l'obélisque, déforme triangulaire; ce qui n'est pas d'un goût très-pur. La base porte une moulure dans le style attiqueX'obéltsque était corn posé de six blocs de pierre; mais le couronnement est tombé ; il ne reste plus que cinq i

lié

L'UNIVERS

Voila pourquoi tes Turcs appellent ce monument Bech tasch.

Le côté qui regarde le couchant est parallèle à la face du piédestal, audessus de la plinthe de l'obélisque, on lit la courte inscription suivante :

C Cassias, fili d'Ascléptodoitu, a técn quatre-vingt-trois ans.

Asclépiodote de BHhynie était ami intime du poète Valérius Soranus qui vivait du temps de Cicéron et de César. Lorsque ce poète fut mis en accusation, Asclépiodote lui témoigna toujours le même attachement; ses biens furent confisqués et lui-même envoyé en exil ; Soranus fut condamné à mort (f). SI Ton ajoute à la date de ces faits les quatre-vingt-trois ans de la vie de dus- 8ius,onamveà la tin du premier siècle, c'est-à-dire au temps où Pline était préteur de Bithynie. On est donc à peu près certain de la date de ce monument.

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