CHAPITRE XVIII
BOUTE DB tUCBE A CIUB, 6HI0, PAA LA B1VB SUD BU LAC. LE LAC ASCA- TIIUS. FTTHOPOLIS.
Nîcée se trouve en communication avec la mer par deux routes, là première que nous avons indiquée plus haut (2) par Hélénopolis et la vallée du fleuve Draco, la secondé par la rive méridionale du lac et le port de Cius ; c'est cette route que nous allons suivre.
LB LAC ASCANIOS.
Les murailles de îfîcée du côté de l'ouest plongent dans les eaux mêmes du lac , qui s'étend dans une direction moyenne de l'est à l'ouest, et dont le grand axe a environ vingt-deux kilomètres de longueur, tandis que le petit axe nord et sud n'eu a pas plus de dix. Il est encaissé entre deux chaînes de monta-
{mes; celle du nord, qui n'est autre que e mont Arganthonios, aujourd'hui Katerli dagh, offre des lignes assez unifor-
(i) Tacit,, SflnaL, XY|, ch. 33« (%) Voy. |Mi«e (^9.
mes. La chaîne du sud, qui est comrrj la première ceinture d'un des plateau de l'Olympe, est couverte d'une vég^ tation abondante et alpestre qui donne cette région un aspect des plus nanti Le lac Ascanius, d'après les anciens gé< graphes, appartenait à la Mysie et fu ainsi nommé de la région Ascania doc il faisait partie. Le bourg d'Ascani était bâti sur les bords du lac dont le eaux s'épanchaient dans Ja mer en foi mant le fleuve Ascanius. La contré était aussi appelée Dolionide (1). La si tuationet la raison d'être de ce lac son parfaitement indiquées par la natur même du pays. La grande vallée cou rant est et ouest et qui se termine test par les montagnes de Ak serai (2) deux chaînes parallèles au nord et ai sud, et enfin à l'ouest une barrière d collines peu élevées qqi donne passag au trop plein des eaux du lac.
Toutes les eaux pluviales ne pour raient cependant suffire à l'entretien, Pévaporation et à l'épanchement d cette nappe d'eau ; il faut de plus suf poser des sources souterraines qui en tretjennentson niveau.
Si l'on examine bien la rive nord, o verra que de ce côté les eaux tendes à se retirer. Ce n'est que la conséquent des atterrissements formés par le pentes du mont Katerlî. Les eaux d lac sont très-saumâtres. Aristote attri bue cette particularité au nitre qu'elle tiennent en dissolution et non pas a sel marin (3). Les eaux du lac nourri! sent plusieurs espèces de poissons qi ne sont pas encore étudiés ; il y en a qi ont plus de soixante centimètres de lot gueur et qui ressemblent au sterlei mais il est très-difficile de s'en pre curer ; à peine peut-on trouver un Ik teau sur le lac de Nicée. Toute la part: d'histoire naturelle du lac, coquilh mollusques et poissons, est encore étudier.
Peu de plantes aquatiaues croisse!
sur ses bords , qui sont néanmoins fn
Suentés par de nombreuses troup* 'oiseaux, parmi lesquels on remarqu
(1) Strabon,XIV,6Sx ; XII, 564. Hoaièr Zf.t b. 86a, d. 799.
(a) Voy. pi. haut.
(3) Arii tôle, de Mirait., ch. 54.
nï
les barons, les cigognes et les pélicans appelés par les Turcs Saka Kouch ,1 Oiseau porteur d'eau). Un grand nombre «fécbassiers, L'avocette, la spatule frvaneot leurs ébats sur la plage, sans s'effrayer de la présence de l'homme , fô les" laisse jouir en paix de cette naine sauvage. La végétation des collines a'at pas moins intéressante que la âme; les arbres des pays méridionaux, (arbousier, le myrte, le laurier, atteignent des proportions inconnues dans ni contrées. L'agnus castus, arbuste
£ consacré à Junon , commence à son apparition ; il couvre des réfiées entières dans le sud et dans l'ouest * la province. Sa petite fleur bleue et fine odeur de poivre sert à purifier fatmosphère ; lés anciens lui donnaient le nom <T agiras castus, parce qu'ils croraient que ses petits fruits, pris en onson, entretenaient la chasteté. Les brioches servaient pour fouetter les entes. ,
On traverse de temps à autre de modes plantations de mûriers et d'ofaers; plus loin c'est un vallon planté en hante futaie de châtaigniers et de plttaacs ; les sentiers serpentent sous les arbns.
Mm les villages ne paraissent pas; ils amt situés loin de la route et à miefite; e'est tout le contraire de l'Europe ou les habitations se rapprochent le plus possible des voies fréquentées.
Le lac parait encaissé dans un bassin 4e poudingue dont les couches, peu indinée*, plongent sous les eaux. Avec moins d'attention on pourrait se croire nr la trace de quelque voie romaine ; c'était en effet la ligne qu'elle suivait. Les montagnes s'avancent peu à peu jvqu'au bord du lac ; c'est là que des travaux furent exécutés par ordre de Tempereur Néron pour ouvrir un passage; la roche est dure et compacte comme dans les montagnes de l'est.
Après vingt kilomètres de route, la chaîne qui encaisse le lac s'en éloigne; les eaux ont moins de profondeur et commencent à laisser croître des joncs et d'autres plantes aquatiques. Le terrain eu uni et marécageux ; mais comme le sol est composé d'un sable fin, la route f«t encore prattèàble même au milieu
des eaux stagnantes. Dans t ouf ce long parcours à peine traverse-t-on quelques ruisseaux qui portent au lac un maigre tribut. Bientôt cependant on rencontre un cours d'eau qui va se jeter dans l'ancien fleuve Ascanius, qui sans ce supplément courrait risque d'être à sec une partie de l'année; en effet, d'après les renseignements fournis par les habitants, le fleuve qui sort du lac, autrement dit la rivière de décharge, ne coule qu'à certaines époques, environ six mois de Tannée, quand les pluies ont exhaussé la surface du lac. Cela se conçoit vu la rareté des affluents qui sont sur la rive sud.
On l'a vu rester à sec pendant plus d'une année. Voilà pourquoi il n'y a pas de moulins sur ses bords quoique son cours soit assez rapide.
Ces deux cours d'eau peuvent être facilement identifiés avec leurs anciennes dénominations. La rivière du lac est sans aucun doute le fleuve Ascanius et l'autre serait le fleuve Cius, ce qui donnerait raison à Pline (1) qui fait des fleuves Cius et Ascanius deux cours d'eau différents.
PYTBOPOUS. .
C'est dans, cette région d'Avanie gu'il faut placer la ville de Pytliopolis, fondée par Thésée ; mais il est difficile d'en déterminer la position à moins qu'on ne la mette sur remplacement même de NïcéV qui n'existait pas encore. Si l'on s'en rapporte à PI marque (2)., qui emprunte ce fait à Menécrate, historien de Piicée, Fythopol Saurait été fondée par Thésée dans le voisinage du lac Ascanius dans les circonstances suivantes : Soloïs, ami de Thésée, s'étant jeté dans la rivière voisine par suite d'un désespoir amoureux, Thésée désespéré donna au fleuve le nom de Soloîs ; c'est le fleuve Ascanius. De plus, pour obéir aux conseils de la Pythie, il fonda en cet endroit une ville au il nomma Pythopolis. D'après ce récit il faudrait chercher cette ville dans le voisinage du lac. Pline (3) la met au nombre
(l)Liv. V,ch. 3a.
(a) Plotarqtie, VU de Théêë*.
lia
L'UNIVERS
des villes détruites. « Les villes de Pytbopolis, Parthénopolis, et Coryphante ont péri. » On doit en conclure que cette ville et celle que les historiens byzantins nomment Pythia sont deux places tout à tait différentes. Nous parlerons de cette dernière an sujet des bains de Broussa.
Etienne de Byzance, qui mentionne les deux places (1) , Therma et Pythopolis, en fait deux villes différentes, puisqu'il place cette dernière dans la Mysie. Ce canton appartint en effet primitivement à la Mysie.