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CHAPITRE XXIII

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Les maisons de Broussa sont bâties ««le genre de celles de Constanti- "Jjje, c'est-à-dire que le bois domine «■sUcoDstruction . Les rez-de-chaussée ^ordinairement bâtis en moellon et en ^î mais les façades sont extrême* J*ot simples. L'intérieur se compose * « vestibule donnant accès à un es- Qwer ordinairement de marbre; c'est '» premier étage que sont les appartefxiïs d'habitation ; ils donnent tous sur J3 vestibule ouvert appelé kayat, sorte *9khi d'été où se tient la famille pennies beaux jours. Au milieu est un mn d'eau vive, la ville étant en pente ^lenord Quelle que soit la direction ** «quelle s'ouvre la grande fenêtre ««.vestibule, les maisons de Broussa W*to\ toutes d'une vue magnifique, «rtdes gorges sauvages delà mon- 7?*> soit des vastes horizons de la

J* quartier des chrétiens occupe la ^°° de Test. Les Arméniens et les weessont placés sous la juridiction d'un

métropolitain de leur culte qui ejt subordonné au patriarche de Constant!* nopie. Le sort de l'Église chrétienne à Broussa est des plus misérables. Privés de tous les monuments religieux qui avaient été construits par leurs ancêtres, les chrétiens ne jouissent aujourd'hui que de pauvres églises qui au dehors se distinguent à peine des maisons particulières.

Le quartier turc occupe la partie centrale de la ville; c'est là que sont situés les caravanseraïs, le bezestein.et les bazars.

Tout le versant inférieur de l'Olympe est couvert d'épaisses plantations de mûriers qui servent à la nourriture des vers à soie; c'est surtout le mûrier multicaule qui est préféré. Les habitants regardent sa feuille comme plus nourrissante et ils signalent cet avantage Sarticulier, c'est que pour la nourriture es vers, on n'arrache pas la feuille, qui arrive toujours un peu flétrie dans la magnanerie; mais on coupe les jeunes tiges qui atteignent quelquefois la longueur de deux ou trois mètres. La feuille arrive alors fraîche et intacte , avec toute sa sève et tout son parfum ; elle nourrit mieux le ver, et lorsqu'il est

f>rét à monter, il trouve dans la tige qui ui a servi de nourriture un appui tout prêt pour y établir son travail.

On ne compte pas moins de sept espèces de mûriers dont un botaniste seul pourrait faire la distinction ; toutes ces variétés

Êrospèrent également aux environs de troussa. Les mûriers couvrent de leur ombre les bords des ruisseaux, et forment les baies du chemin. Ils semblent avoir retrouvé là leur climat natal; aussi, par la beauté et l'abondance de ses soies, Broussa est-elle devenue une ville renommée dans le monde entier.

Les soieries qu'elle fabrique se répandent dans tout l'empire turc, mais sont peu connues en Europe. Les velours de soie forment aussi une branche importante d'industrie que la concurrence d'Europe Unira bientôt par anéantir.

L'industrie des soies, qui a rendu Broussa si célèbre, n'occupe aucune grande manufacture; les ouvriers, comme ceux de Lyon, travaillent en chambre. Les fabricants leur donnent un poids donné de soie, qu'ils doivent

L'UNIVERS

rendre ouvrée, avec la différence que comporte le tissage. On fabrique aussi une étoffe de soie que nous connaissons sous le nom de brocard ; c'est un magnifique tissu orné de fleurs d'or. Les Turcs rappellent du sélymieh parce qu'il fut inventé du temps du sultan Sélim II ne se vend guère que pour l'usage des harem de Constantinople. On sait au'il n'y a pas de nation au monde

iui tasse plus de dépenses pour le luxe

le leurs femmes.

Ces étoffes de soie blanche, alternativement rayées de bandes opaques et claires et qui sont assez répandues à Paris maintenant, sont aussi de la fabrique de Broussa. Elles servent pour faire les chemises des femmes, et des gandoura ou chemises pour la sortie du bain. Les coussins pour les sofas sont aussi l'objet d'une industrie considérable; on peut en avoir une idée en songeant que dans tout l'empire musulman le sofa est le seul meuble en usage; c'est la chaise, la table et le lit des Orientaux.

Les soieries de Broussa sont peu connues en France, où elles ont été longtemps prohibées; elles jouissent de cet avantage qu'elles peuvent se laver comme des foulards. Le dessin est assez uniforme; il consiste en grandes bandes de diverses couleurs entremêlées de petites

Î guirlandes de fleura. La rayure est le ônd du dessin le plus goûté en Orient ; c'est ce qu'on appelle pour les étoffes Tchiboukleu (en bâtons) ; on n'aime pas les jeux de fond comme nos fabricants ont l'habitude d'en faire; dès longtemps cette observation a été faite à la chambre de commerce de Lyon, qui s'étonnait du peu de débit des étoffes de Lyon en Orient. Depuis que les fabricants ont adopté les dessins orientaux pour leurs cotonnades comme pour leurs soieries , le débit en est plus considérable. Pour les châles de rlnde , le dessin rayé est aussi très-goû té ; on appelle ces châles Fermaïch ; les châles Fermaïeh sont très-connus à Paris ; on les confond pour le nom avec les châles de Cachemire.

La soie brute fut de tout temps l'objet d'un grand commerce d'exportation.

On estime à plus de trois mille quintaux métriques la quotité de la récolte. Déjà,

il y a cinquante ans, on remarquait une hausse considérable' dans le prix des soies; aujourd'hui, malgré la concurrence des soies de Lyon et de celles de Chine, les prix se maintiennent. On estime à cent mille pièces le montant de l'exportation de la soie ouvrée.

Il y a aussi à Broussa quelques fabriques d'étoffes de coton, et notamment de serviettes et de peignoirs pour le bain. Les serviettes sont d'un tissu de peluche extrêmement commode pour sécher la peau; les foutha ou serviettes bleues dont on s'entoure le corps sont composées de larges bandes de soie rouge et jaune sur un tissu de coton.

L'usage des bains est si général en Orient que ces deux seuls articles sont l'objet d'un commerce considérable.

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