LES EAUX THERMALES
Toutes les eaux thermales auxquelles Broussa doit sa renommée surgissent d'un des contreforts inférieurs de l'Olympe dans la région occidentale de la ville. Le terraiu dans lequel elles prennent naissance est composé de calcaire de schiste et de grés tertiaire. Rien à la surface du sol n'annonce qu'à aucune époque des phénomènes volcaniques se soient manifestés dans cette région; mais aujourd'hui l'on sait que la chaleur interne du globe est la seule cause de la haute température de certaines eaux, et les sources qui sont conduites entre les couches géologiques à une certaine profondeur dans le »eiu de la terre en sortent infailliblement à une température élevée sans que pour cela la contrée où elles apparaissent ait jamais présenté un caractère volcanique. Si quelques sources thermales d'Auvergne et d'autres contrées ne sont pas dans ce dernier cas, on peut en citer une infinité d'autres qui surgissent de terrains crayeux ou calcaires dont la formation n'est nullement dueaux terrains volcaniques. On compte à Broussa sept sources principales, quatre dans la plaine au pied de l'Olympe, et trois sur le dernier contrefort de la montagne. Les quatre premières sont : Eski Kaplidja( l'ancien bain chaud), Yeni Kaplidja(le nouveau bain chaud), Keukurdli (le bain sulfureux), et celui deKara Mustafa qui porte le uom de son fondateur.
Les thermes sont divisés en trois parties; la première, qui sert de salle crentrée dans laquelle oh quitte ses vêtements et l'on 6e prépare au bain , s'ap- • pelle Djamégan ; la seconde, qui est la
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t aile tiède où l'on stationne avant d'entrer dans l'étuve pour ne pas être fatigué par la trop grande chaleur; enfln le bain proprement dit, où se trouve la source principale, qui répand la chaleur dans tout l'édifice. Autour de cette salle sont disposés des cabinets ou cellules daus lesquelles on peut prendre son bain en particulier; mais la généralité des •baigneurs se tient dans la grande salle. La salle d'entrée forme un grand carré couvert par une voûte en pendentif, éclairée par de nombreuses fenêtres. Au milieu une fontaine de marbre composée de plusieurs cou u es répand une nappe d'eau fraîche à I usage des baigneurs.
C'est un des charmes de ces établissements de trouver Tune à côté de l'autre et avec la même abondance l'eau chaude et l'eau froide sortant presque des mêmes tuyaux, et les nouveaux arrivés,
Îjui ne se rendent pas bien compte de a nature des eaux thermales, s'étonnent d'un phénomène dont l'explication est si simple.
Dans l'avant-satle te baigueur ne manque pas de trouver, comme en tous les lieux de réunion en Orient, lecafédjï, qui lui présente à son arrivée sa pipe et le café, et à sa sortie le miroir incrusté de nacre dans lequel le tchilébi, l'élégant Turc, donne un dernier coup d'oeil à sa toilette. Cest sur le miroir que le baigneur dépose la modeste rétribution que touchent les baigneurs; car les bains sont dotés d'une fondation pour que le public en puisse jouir gratuitement.
Tout autour de la salle sont disposées des estrades garnies de rideaux et de coussins sur lesquels s'installent les baigneurs ; et il est curieux devoir le calme, le silence et le recueillement qui régnent dans cette enceinte où les baigneurs se réunissent souvent par centaines.
La salle tiède est aussi de forme carrée; elle est chauffée par des tuyaux souterrains qui portent au dehors les eaux de la source principale. Au milieu est une estrade de marbre sur laquelle s'asseoit le baigneur avant d'entrer dans l'étuve. La troisième salle, dans laquelle sont les sources chaudes, est couverte par une coupole éclairée par un §rand nombre de polygones fermés par es verres convexes. Un robinet de bronze, placé en face de l'entrée, donne
issue aux eaux chaudes ; d'autres robinets sont placés dans les murailles autour de la salle pour l'usage des baigneurs.
Tout l'intérieur de l'édifice est décor : de plaques de marbre de diverses couleurs. Les niches sont surmontées de coupoles sculptées daus le goût oriental. Le bain de Eski Kaplidja, le plus ancien de tous, est certainement celui qui est mentionné par Etienne de Byzance comme un des bains royaux de la Bjthynie. Les e^ux sortent de terre à la température de 80 degrés; elles sont renommées par leurs vertus curatives. Le grand dôme est un ouvrage du sultan Mourad I**, qui embellit la ville de Broussa de tant de monuments magnifiques.
Sous In grande salle sont des souterrains voûtés par lesquels les eaux sont distribuées dans les différentes parties de l'édifice.
Elles arrivent dans la grande salle par des canaux qui les déversent dans des coquilles de marbre et de là circulent pour l'usage des baigneurs Dans chacun des angles de la salle sont des cellules destinées aux baigneurs de distinction.
Le bain de Yénî Kaplidja ou le nouveau bain est le plus riche et le plus remarquable de tous; il est situe sur U fiente inférieure de la montagne entre a ville et l'ancien bain. Les salles sont couvertes par des coupoles recouvertes de plomb. Toutes les voûtes intérieures sont revêtues de faïences et de plaques de marbre percées de polygones qui laissent tomber dans I intérieur une lumière douce et uniforme. Une inscription tracée sur une plaque émaillée apprend que ce bain a été construit par le grand vizir de Soliman le Grand, qui éprouva le bienfait de ces eaux. Il serait oiseux de rapporter tous les contes qui se débitent au sujet des cures opérées dans les thermes de Broussa ; mais nous ne pouvons nous empêcher de mentionner un fait curieux dont nous .
fûmes témoin. Le bain de Yéni Kaplidja possédait, au dire des Turcs, la pierre à renfoncer les douleurs; c'était un bloc de trente centimètres envirou de diamètre en pierre de serpentine, et ayant à peu près la forme ovale d'une
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M paalèqos. il était plat en dessous ctaaaèé en dessus. Sur la partie conte* était on trou avec uo reste de scellent* de plomb. Pour ceux qui ont vu fepife antiques dans les collections, mita que cette pierre n'ait servi à «t me. La Turcs étaient persuadés
rose pierre placée sur une partie taras affectée d'une douleur queloaase, avait la vertu de la dissiper ; wi chaque baigneur entrant dans le bii mit-il soin de s'inscrire, pour «Bière, afin de jouir du bienfait de battre merveilleuse; il n'y aurait là frtae eropnee en un remède chiménpe, comme nous en voyons journel lésât ea Europe; mais les habitants taxât soin d'ajouter, qu'un jour, cette gavant été dérobée par une main anane, elle était revenue d'elle-même * intégrer dans le bain.
Oa dit que le milieu de la grande «jfcéUât autrefois décoré de figures de msib marbre qui répandaient l'eau pte conduits placés dans leur gueule; ■J» cette imitation de la fontaine des J* de FAI-Hambra est aujourd'hui
U blinde Keurkurdli est d'une cha- "•■teose(9a0 centisr.) et ses eaux g* otentiellemeut chargées de suivi alcalins. Il est surtout fréquenté P* !• goérison des maladies de peau.
u* Mm bains sont situés à mi-côte «•tlepetit village de Tchékirgué, dont *tttx atteignent jusqu'à 50° centigj» 11$ sont divises en cellules des- "•w aux malades qui veulent se soif^Jjjl du tumulte des grands bains.
jg tofDoires de marbre sans aucun **j*ttt sont placées dans chaque ca- JJJ* «a kiosque, qui avec un petit jardin Jjyw l'ensemble de ï'établisseîjjjjjtoot un médecin du pays est le Jrf**- Lw eaux sont ainsi disper- ■*• dans le village, où un grand nom- J* * maisons jouissent du privilège ihï' ^.b*'08 particuliers qui sont mï tÏÏ0*1*00 des malades moyennant ^trts-modique redevance.
" nJ a autour des grands bains qui 2L *?Ja P,a,"ne aucun vestige d'an- J** *«•. Mais le village de Tchekir- SSJ*0* *» la hauteur voisine , est J^mment pourvu de sources chau- ^«t forme pour ainsi dire le centre
de toute la population agglomérée autour des bains ; c'est là qu'il paraît convenable de placer l'ancienne Pythia; Ce qui prouve que dans les temps byzantins cette petite ville avait une certaine importance, c'est que le sultan Mourad y fit bâtir une mosquée impériale, ce que les sultans ne font que dans les lieux où ils ont résidé.