‹ Asie mineureChapitre 64 sur 428 · IS · texte numérisé non relu

IS

Ë*tlKfVKfL&

fondée «mis Constantin Gopronvme par l'abbé saint Nicépbore sous l'invocation de saint Serge et sons la règle des Aoœmites (qui ne dorment point). Ce monastère devint le refuge de plusieurs prélats orthodoxes durant les persécutions des iconoclastes.

Moins heureux que leurs frères du mont Athos, les moines de l'Olympe furent chasses ou exterminés par les Turcs, qui s'emparèrent de Broussa.

Néanmoins la montagne conserva le souvenir de ses anachorètes et encore aujourd'hui le fier Olympe est connu des Turcs sous le modeste nom de Cbéchich dagh(la montagne du Moine).

Lorsque l'islamisme se fut établi dans la contrée, les dévots musulmans reprirent les traditions des cénobites chrétiens et fondèrent dans la montagne des santons qui attirèrent de nombreux visiteurs.

Le sultan Orkhan bâtit au lieu appelé Gœuk binar un couvent pour le derviche appelé Kéïkli Baba (le père du cerf). Cette retraite, encore très-fréquentée par les pèlerins, s'élève à l'est de la ville.

Plusieurs sultans ne dédaignèrent pas d'aller en personne y faire un pèlerinage et la tradition cite de prétendues prédictions fûtes par de célèbres derviches qui se seraient accomplies de point en point. Là comme dans bien d'autres lieux de l'Asie les religions adoptent les endroits célèbres des religions ennemies. Le christianisme remplaça par des églises les temples des païens, et l'islamisme planta son croissant sur les ruines chrétiennes. Partout le culte nouveau cherche à remplacer le culte aboli. L'antiquité u'eut pas moins de respect pour la reiue des montagnes d'Asie ; cependant le mont Ida était

Îrius spécialement désigné pour y placer e séjour des dieux.

L Olympe passait alors pour être habité par des tribus féroces et des animaux redoutables. C'est dans les vallées du sud que le sanglier mysien, célèbre dans l'histoire de Lydie, avait son repaire; c'est là que s'accomplit la tragédie de la mort d'Atys, fils de Crésus, tué par Adraste, neveu du roi Midas.

Le récit d'Hérodote (I) semble indi-

(i)L. XLI

quer que les habitants de fGtympe, qtrf vinrent demander du secours à Crésus contre les ravages du sanglier, étaient (ks pasteurs comme ceux que nous voyons aujourd'hui. Si l'on s'en tien* au récit de Strabon (1 ), les brigands de l'Olympe n'étaient pas gens de peu ; ils avaient des châteaux forts situés a* milieu d'épaisses forêts, et les Romanis eurent plus d'orne fois à compter avet eux, témoin ce Cléon qui, deson village natal. Gordiu Camé, faisait une ville sous le nom de Juliopolis en l'honneur de son ami Jules César. Il possédait dans f Olympe un château nommé Callydium et son pouvoir était assez étendu

Sour faire pencher la victoire dû côté u parti qu'il embrassait. Il quitta fort à propos le parti d'Antoine pour se mettre dans celui d'Auguste qui l'an récompensa en lui donnant la grande prêtrise de Comana, et l'investiture du gouvernement de la province de Morena dépendant de l'Olympe et de la Mysie Abrettene.

Dans aucune des vallées de la montagne on ne trouve de vestiges de haute antiquité ; les seules ruines que Ton observe sont des temps byzantins. Les sangliers descendant du sanglier mysien errent en paix au milieu des forêts où ils trouvent une nourriture abondante dans les châtaignes, les faines et les glands qui jonchent le soi, et comme les musulmans n'ont garde de les toucher ni même de les chasser, ils mènent dans ces lieux la vie la plus * paisible. On ne cite aucun animal féroce faisant son séjour dans L'Olympe; quelques chats sauvages, le loup cervier fort rare et un petit léopard que les Turcs appellent Caplan, sont les seuls animaux destructeurs dont il soit fait mention ; aussi le gibier abonde-t-il dans les vallées.

Le bétail de l'Olympe comme celui de bien d'autres pays montagneux offre un aspect peu satisfaisant. Nous voulons parier des bœufs, car les moutons s'y reproduisent avec une grande abondance et leur chair est d'une excellente qualité. La laine est fine et sert à fabriquer ces tapis célèbres en Europe sous le nom de tapis de Smyrne, quoiqu'on

(i) Su-ah., XII, 5;5,

i'a fabrique pas un seul ai cette tfe La plupart des voyageurs célèbres fà visitèrent Broussa dans les deux terrien siècles ont effectué l'ascension 4e rttrmpe. Voici ta relation qu'en fat Tssroefort ; nous la reproduisons ici

rw eue, comme botaniste émiuent, M connaître en peu de mots la *ndtii»iitagne(i).

• ftoos laissâmes lotit ce jour-là le mm Olympe à notre gauche. C'est une fcafiMu «baine de montagnes sur le mmmC desquelles il ne paraissait eûarc que de la vieille nage et en fort pssde quantité. En approchant du ■m Olympe, on ne voit que des chênes, en piat, do thym de Crète, du cyste à Iimimiii et une autre belle espèce de ente à larges feuilles. L'aune» l'ièble, (•«oroouiller mâle et femelle, la digitale a dent ferraginée, le pissenht, la chieorée, le petit houx, la ronce sont cora- ■bm au environs du mont Olympe.

La «entée de cette montagne est assez deaee; mais après trois heures de marche à thaval, sens ne trouvâmes que des sans <t de la neige; de sorte que nous Mes obligés de nous arrêter près d'un psfelac dans un lieu fort élevé pour alerde là au sommet de la montagne ejiest une des plus grandes de l'Asie; sssèUMe aux Alpes et aux Pyrénées, il fssdrait que les neiges fussent fondues * ■archer encore pendant toute une jsooée. Les hêtres, les charmes, les iwHm, les noisetiers n'y sont pas rare. Les sapins ne diffèrent pas des nsam. »

Cm près dtî mont Olympe que les Gantois furent défaits par Manlios, gui, mm prétexte qu'ils avaient suivi le •srti i Antiochus, voulut se venger sur en des maux que leurs pères avaient fràs es Italie. Les Grecs ont autrefois è$mé à TOlympe le nom de montagne des Gatoycrs parce que plusieurs solitauts %y étaient retires. Cette montagne était eéfebre au huitième siècle par dim* monastères où la discipline se *", dans un eut florissant*

Page 1