CHAPITRE XXXIV
LOUPADIUM.
LOUPAD.
La route d'Apollon ras à Loupadium suit la côte nord du lae à travers une contrée déserte et marécageuse. Les oiseaux aquatiques abondent dans ces parages qui sont fréquentés à de rares intervalles par des pasteurs nomades.
Le seul édifice que Ton rencontre sur cette route est un vieux khan abandonné appelé Kirsiz khan, le caravanseraï des voleurs ; c'est une construction du moyen âge, mais un ouvrage turc.
On franchit le Rhyndaeus sur un pont de bois en très -mauvais état pour arriver à la petite place de Loupad , bâtie sur la rive gauche du fleuve, et juste à son point de sortie du lac.
Loupadium fut bâtie par Alexis Comnène pour défendre les abords de Brou s sa contre les Sarrasins. C'est plutôt une forteresse qu'une ville ; elle reçut cependant un contingent de population qui a pu s'élever à deux mille âmes dans le temps de sa plus grande prospérité. Loupadium est bâtie en forme de rectangle, selon l'usage des Byzantins ; la muraille est de briques parmi lesquelles on a mêlé une foule de fragments antiques et de débris de colonnes. De dix mètres en dix mètres , la muraille est flanquée de tours rondes et poligonales. Nicétas Chômâtes, qui écrivait dans le treizième siècle, appelle cette ville Loupadium (I) ; elle est également citée par Anne Comnène (2).
Loupad défendait l'entrée du lac Apollonias aux barques des Sarrasins et commandait en même temps le cours du Macestus ; de sorte que comme point stratégique, sa construction est assez bien entendue. Loupad tomba entre les mains des Turcs en 1330. Orkhan, s'étant ligué avec l'émir Toursoun pour aller attaquer le prince de Karasi, en-
(i) Nie. Chon., p. 186.
(a) Ann. Cornu., p. 177.
leva cette place, qui ne fut jamais \ prise par les Byzantins.
11 ne parait pas que dans rantiqi romaine il y ait jamais eu en ce I
âuelaue ville importante; las voyaga u dernier siècle (1) citent un as grand nombre de ruines entre cette v et Muhaiitch; elles ont du apparteti Miletopolis, qui était dans le vowra Aujourd'hui la population a presque talement abandonné Loupad à cm de la mal aria qui devient de pli»
plus redoutable. On n'y trouve pi pour habitants que quelques frroll grecques et un monastère abandonné, vit avec sa famille un pauvre papou fait le servioe religieux des chrétiens Loupad. I
HAraum éméNOs dans la vaix
DU BKYNDACtJS.
Le cours du Rhyndaeus^ à travers I défilés de l'Olympe, offre des alten tives de défiles et de plaines qui n fermaient quelques villes importantes qui aujourd'hui sont peuplés de noi lîreux villages. Tous ces districts ont* à l'époque byzantine le théâtre d luttes entre les Sarrasins et les Gr* Aussi les passages des vallées étaiei ils défendus par de nombreui é teaux dont on voit encore les nm mais dont les noms ne peuvent et restitués que par conjecture, car I inscriptions monumentales de cet époque sont extrêmement rares.
En rementant le Rhyndaeus à part de son entrée dans le lac Apollonû on arrive, après douze heures de ma ebe, au petit bourg d'Édrénos qui et* serve encore les vestiges de ranci* nom de la ville dont il occupe la piaf Hadriani, ville fondée par Tempère Hadrien, était en effet située sur bord du Rhyndaeus ; c'était la place
frius considérable de la province. Pot a distinguer d'une autre ville dûmes nom, située dans le centre de la pr vince, on l'appelait Hadriani près < l'Olympe. Du temps de l'empire b] zantin elle devint éptscopate et éta comprise dans la province de l'Helle pont. L'emplacement d'Hadrianiftit d
(1) Lucas, 1. 1, 17g.
ASIE MflfBURE.
«ié*|L'abprd ptr Séstùri au viRage ttàfeo, -et le» ruines de cette f aie aie* ont été décrites par M. Hall note de Brousse à Édrénos me* k vallée du Rhyndacus defat k peint où il entre dans le lac Mala«. On arrive après vingt-quatre ««Êtres de marche à la petite ville ètamsli, dans la voisinage de la* axfcrïlève a» château byzantin. Kir»
au! est Mue aor les deux rives du fcifc et contient environ huit cents ■sa» dont la majeure partie est liale pries Tores; Les roches- qui ennt 1» viuf sont de nature vol* , entrecoupée» par les marnes i. A nuit ou dix milles de Kir* aalî, oa passe une rivière qui va ,se fia dans le ilhyndacus et qui formait b tinte se teMysie Abrettène. On fait es»i fiagfcquatre kilomètres de Kir* Ml jssqn'à Kesteriek, petit village *f*îatte eu emquante maisons. Peu •••*» après avoir quitté ce village, jfcneateut un château bveantin dont m aeraHcs sont bâties de brique» et •*■"»;- cette construction paraît Jet ai aénie Age que le château de
tueete se prolonge ensuite à tra- "«a* contrée boisée et presque débita passe phisieurs petits cours ta fa vent se jeter dans tejRbyn- ••» tt l'en arrive , après huit heures * "sebe eu-quaisrnee-huit kilomètres, **|t eVÉoiénea, situé dans te voisi- ■*■» rames d'Hadriafti.
«••ai4 oe tapiiiisto est défendu par ■*■*■* «bateau byzantin; mais les **ttudriaiiif«ont à deux milles P»lak.
yéaiee qui frappe d'abord les re- Pk»en une ancienne porte de ville ""^detma arcades; mais on ne JJJjeacaae trace 4e murailles ; l'ar- ******* de cette porte est d'un style [^.■éaiotre. Un peu plus loin sont «maes fan édifice considérable qui, ** toes les débris d'architecture qui rcatxMMt i~«-- — rfaitement
b ^rrr^ d'une «cienne ville, et ? ^jpnlanee dea noms ne permet pas tu6?** fne ce ne soient les ruines "hadriani.
tatives pour arracher du sol les fragments qui s'y trouvent et qui nuisent à leurs cultures, et ils ont accumulé près des murailles existantes une quantité de corniches et de colonnes brisées d'une belle exécution.
Le grand édifice dont les ruines sont encore conservées paraît avoir été un gymnase; les murs de fondation peuvent encore être parfaitement distingués.
C'était urt édifice carré d'environ soixante-six mètres de large ; sur quarante-huit de profondeur ; mais à 1 exception du côte sud-ouest, les rnurs ne s'élèvent pas à plus de trois ou quatre pieds au-dessus du sol ; les murailles de l'ouest ont environ vingt mètres de hauteur et peuvent être aperçues d'une trèS'grandedistanjce; elles sont magnifi-
Suement construites en grandes assises e marbre; l'épaisseur du mur est d'environ un mètre et toute la construction est appareillée sans ciment; ce qui montre avec quel soin l'édifice a été construit.
Les fondations des pièces de l'intérieur sont seules visibles, et il est difficile de connaître leur disposition.
Près du gymnase sont les vestiges de deux autres édifices qui, si l'on en juge
{>ar les colonnes brisées qui sont dans e voisinage, paraissent avoir été des temples, l'un d'ordre dorique, l'autre ionique. De belles volutes et des fragments de corniche sont là gisant à terre. Trois colonnes de petite dimension et encore en place indiquent sans doute l'emplacement d'uu portique; et les murailles voisines sont remplies de fragments de toute sorte. Les inscriptions sont rares à Hadriani; mais on en découvre quelques-unes au village de Beyik; elles paraissent avoir été transportées de la ville.
La ville d'Eladriem est le lieu de naissance de l'orateur Aristide, qui dans ses écrits a laissé quelques passages relatifs à son pays natal. On comptait cent soixante stades (1) entre Hadriani et Pœmaninus et deux jours de marche entre Cyzique et la première de ces deux villes.
Au-dessus du village d'Édrénos le fleuve se trouve de plus en plus res-
ta Habitants ont fàjt*bie»dec ten- (0 Vingt-neuf. kilométras et demi.
serré par les défiles que forme te Tonlaaadjî dagh; mais on rencontre de dislance en distance quelques villages bâtis sur les pentes. Enfin Ton arrive à un ruisseau qui va se jeter dans le Hhvndacus en venant de Test et qu'on appelle Toumandji sou; c'est la limite entre la Phrygie et la Bithynie.