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TOPOGRAPHIE ANCIENNE

Pour étudier la Mysîe telle que les Romains la trouvèrent constituée, nous suivrons les indications du géographe grec; nousne considérerons comme Mysie proprement dite que le pays compris entre les deux fleuves Rhyndacus et jEsepus; la contrée qui suit a Test conservera le nom de Troade; la Mysie Pergamène et PElaïtide formeront le royaume de Pergame. Le territoire conquis par les colonies aeoliennes, qui fut aussi détaché de la Mysie, conservera le nom df Solide. Dans la haute antiquité tout ce territoire était soumis aux monarques troyens ; car Homère fait commencer la Troade au fleuve jEsepus, et la prolonge jusqu'au Caïcus (1); cette région s'appelait aussi la grande Mysie (2), et subsista dans cet état jusque l'arrivée des iEoliens en Asie (3).

L'yEolide s'étant formée d'un démembrement de la Mysie, cette dernière province se trouva resserrée dans les bornes que lui donne Strabon.

A la chute de la monarchie lydienne, les Perses s'emparèrent de la Mysie , et Darius la fit entrer dans la troisième satrapie, qui comprenait les Hellespontiens, les Phrygiens, les Thraces d'Asie, les Paphlagomens, les Maryandiniens et les Lydiens; ils payaient soixante talents. Dans la division de la Mysie sous les rois asiatiques, la Mysie hellespontique échut à Antiochus et fut annexée à l'empire de Syrie; après les guerres entre les rois de Rithynie et ceux de Pergame, les Romains firent remettre à ces derniers princes toute la région occidentale; enfin sous l'empire elle fit

Sartie de l'Asie proconsulaire. Du temps 'Héraciius, elle fit partie du thème Optimatum et fut soumise au métropolitain de Cyzique.

A la chute de l'empire seldjoukide , Orkhan, vainqueur en Bithynie, attaqua le fils du prince de Karasi, Turcoman, qui régnait en Mysie. Partant de i'O-

(x) Strabon, XTJÏ, 58a.

(«) Ptol., Ut. V, ch. ».

(3) Pomp. Mêla,, Kv. I, x8. 1W. V, ch. XXX.

•Pline,

lympe, les troupes d'Orkhan s'eini rent de neuf principautés apparu aux sultans d'icomum. L'un des f Karasi, nommé Aldjan-bey, régna Mysie; l'autre, nommé Tourtoum ligua avec Orkhan, à condition que< ci lui donnerait le canton d'Adraro; cette convention fut conclue. C'est' que la Mysie tomba sous le joug < mari.

Les îles de la Propontide qui ai tiennent à cette province ne tarai pas à subir le même sort, et les Byzat se trouvèrent complètement expulsa ces parages.

Si l'on fait exception de Cyziqtw province de Mysie ne posséda su continent aucune ville remarquable dans les temps modernes les habit ne se distinguent par aucune indœ particulière. La vigne, comme au tei des Romains, est toujours la cuit privilégiée parmi les habitants. L'oli ne réussit que médiocrement sur eâtes, et sa culture est à peu près ni dans l'intérieur; les pâturages nombfl et variés sont la plus grande ressod des tribus ; c'est là que commence à développer cette belle race de roouft à large queue, indigène en Asie, et < fournit avec une extrême abondance laine, la graisse et la chair. Cette qm est comme un appendice de la peau dos ; elle se compose d'une masse graisse qui pèse plusieurs kilos. E est employée en concurrence avec beurre pour préparer les aliments. < a soin de la battre dans l'eau couran et d'en ôter les filaments charnus; 6 prend tout à fait l'aspect du beurre.

MONTAGNES BT FIBUVES.

Toutes les chaînes de montagnes q traversent cette province vont se n tacher au groupe principal de l'I (Kaz dagh), qui donne naissance ai nombreux cours d'eau de la Mysie. L fleuves iEsépus et Granique descende du mont Cotylus qui appartient au sj tème de l'Ida, et qui est situé à ce vingt stades au-dessus de Scepsis. VB pus doit être , par conséquent, le pr mier fleuve que l'on rencontre à l'oue de la presqu ile de Cyzique. D est soi vent cité par Strabon lorsqu'il s'agit (

r les limites des Etats de la Me oa de la Mysîe. Homère est le mm* qoi indique l'JEsepus comme Wùèreée cette dernière province (I).

DeigsjoQr^le mont Cotylus est confooduv les indigènes avec l'ensemble et Qi; la nom moderne du fleuve

Cap est Kaz dagh sou; la situâtes*» sauces est, très-bien détersÉetpr Strabou, ainsi que la longueur k m parcours. Démétrius de Scep- %}}m U remarque fort exacte que blotes Granique et i£sepus sont pote par plusieurs sources, et prenmku.cws rers le nord.

U kaoebe occidentale du fleuve û|B s«t d'une montagne graniti- PwdéeAtKaïa si (la Roche du che- *). msmn sources pareilles se réu- WKttpoor former un cpurs d'eau fia teiome assez variable ; pendant la s^swf &UI est presque complètement iHtlûut que son régime ait bien f^4eçuis l'antiquité, car auiour- ^«flonere, ne pourrait plus dire :

'taTrajreos aphnéens. . , qui buvaient non profondes de l'JEsepus.... (3) »

U branche orientale du fleuve prend J*»« dans la montagne de Adjeul taidagh^et près du village de TchattftltuL u passait aux environs de "wefeSeepsis. Son parcours est es- ^tciaqeemsstadet, ce qui équivaut 1 pito-fiagt.doujEe .kilomètres ou 2J"» liues de tfrance; c'est la ^kogoeur de parcours, détermi- «I^M. Tchibalcheff (4) ; cet accord «& I* deux géographes est remar-

teétwains byzantins ont laissé très* 2* Moments touchant cette congru fleuve Varenus venant du mont "•» mentionné par Anne Comnène (6), •W > être que l'jEsenus sortant du m ?*, et qui prend sa source vers «nord. ^ ^

^ApStwbo*, 3LH,565.

«*)*»boofXIII, 60*.

;'*■*. U,f. &*, *»7, %******, p. an.

(??.Stïib.,xiI>565t58i;Xni 60a.

^^CooioèDe.XIV, 439.

ASIE MIS^IWP.

LE 6RAKJQUB

DÉMOTICO, KODJA TCHAÏ.

Le Granique arrosait la plaine d'Adfastée, ainsi nommée d'une petite ville qui, selon la tradition (1), avait été bâtie par Adraste fils de Mérops, qui lui donna son nom et fit élever un temple à Nétnésis. Elle était située entre Priapus et Parium, et était voisine de la mer (2).

Le nom moderne du fleuve Granique est, comme celui de presque toutes les autres rivières du pays, très-difficile à déterminer; il s'est appelé longtemps Démotico tchal, du nom de la principale ville de la contrée. Ce nom paraît oublié aujourd'hui et ce fleuve s'appelle Kodja tchaî, la maîtresse rivière (3), c'est-à-dire le bras principal du fleuve. Le Granique se compose de trois affluents qui ont été observés par M. Tchihatcheff. La branche principale prend sa source dans cette partie de rida au'on appelle Aghy dajjn, et qui doit nécessairement faire partie du mont Cotylus et n'être Das éloigné de l'At Kaia si dagh. Cette branche coule directement du sud au nord après avoir traversé la plaine de Tchan, qui n'est autre que la plaine Adrastée.

La seconde branche, qui s'appelle Eltchi tcha! (la rivière de l'ambassadeur), se jette dans le Khodia-tchaï, environ six kilomètres au nora de la petite ville de Biga. Le pays est entrecoupé de plaines et de montagnes trachytiques, au milieu desquelles les eaux se sont tracé un lit sinueux.

Le beau pont antique de trois arches, mentionné par plusieurs voyageurs, était sur la route de Démotico à Gunedgé et sur le cours de FEltehi tchaï, non pas sur la branche principale du fleuve.

La branche orientale qui porte le nom de Kirk agatch tchaï ( la rivière des quarante arbres), va se jeter dans le Kodja tchaï, quatre kilomètres environ avant son embouchure dans la mer.

Le travail des alluvions s'est fait à l'embouchure du Granique comme à celui de plusieurs autres fleuves dont

(x) Strab., XIH»%588.

(1) Plutarque, Vit de LuatlUts.

(3) Le Xanthus. eq, Lvrie s'appelle aussi Kodja tchaïflT9y.pa|eaf[VA , .

L'UNIVERS

le cours manque de rapidité. Pline constate qu'il s'est opéré un changement notable dans la direction du fleuve (1). « Le Granique, s* écartant aujourd'hui de son ancien cours , va se jeter dans la Propontide.»

De tous les récits qui nous sont restés de la première victoire d'Alexandre au passage du Graoique, il n'en est pas un qui nous mette à même de déterminer remplacement de cet événement mémorable; les rives du fleuve sont tantôt plates, tantôt escarpées; les historiens ne font aucune mention des trois branches qui concourent à former le Kodja tchaï. Ce point de géographie historique reste donc indéterminé.

La ville de Biga est un peu plus considérable que Démotico ; elle était autrefois le centre d'un grand commerce de transit; mais aujourd'hui elle est dans un état complet de décadence et de ruine. L'élève du bétail et la culture des céréales et de quelques champs d"o-

Eium sont la seule occupation des battants, qui n'exercent aucune industrie particulière.

Biga est citée par Anne Comnène sous le nom de Pigas (les sources) ; c'est dans la plaine de Biga qu'eut lieu une terrible bataille , dans laquelle une armée tartare fut taillée en pièces par les troupes d'Ala Eddin ; le nombre des morts fut si considérable, que le farouche vain-

Sueur fit faire des tentes avec les peaux :s ennemis tués (2).

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