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CHAPITRE III

LA CYZICBNE. — MILBTOPOLIS. — MUHAUTGH.

La ville de Muhalitch est située sur uue hauteur voisine de la rivière Sou Sougherle ; elle se distingue par un air d'aisance qui est la conséquence de l'activité industrielle et commerciale de ses habitants; il est vrai de dire que la majorité appartient aux communions chrétiennes des Grecs et des Arméniens; mais cet exemple n'est pas sans influence sur la nation tuYque, qui se livre

(i) Pline, l.V,ch. XXX.

(s) Hamncr, But, ottom.f 1. 1".

aussi au commerce et à la prodoctic de la soie.

La ville se compose de quinze cen maisons, ce qui peut former une popt latioo de neuf mille âmes ; il y a pli sieurs mosquées à minarets et des g ravanseraïs avec un bezesteia pour 1 vente des soies.

On ne trouve à Muhalitch aucun ?e tige d'antiquité ; mais d'après son fotsi nage du lac de Manyas et sa distant du fleuve, on ne peut douter qu'elle oi cupe sinon l'emplacement immédiat, d moins le territoire de l'ancienne Milj tonolis, dont aucun vestige n'apparu ailleurs dans le canton ; on sait aussi <fl tous les débris d'architecture andenr qui sont employés dans les murs de Loi padium ont été apportés des enriroi de Muhalitch ; c'est sur ces seules doi nées que l'on peut identifier les d« places.

Une des preuves de l'état florissant d Muhalitch sous les règnes des anea sultans nous est donnée par le grani nombre de travaux publics qui ont et faits pour le bien-être de la ville. C genre de conduite d'eau particulier l'Orient et qu'on appelle Sou térazi, rivalise presque avec celles de Constai tinople. Les environs sont couverts <| vignobles et d'arbres fruitiers, et les e! metières entourés de hauts cyprès <fl contribuent avec les minarets à donw aux villes d'Orient leur cachet original

Les maisons , comme celles de Cmm tantinople, sont généralement peint* en ocre rouge ; cette couleur est reseH aux musulmans; les Grecs et les Armi niens sont autorisés à peindre leurs mai sons en ocre jaune ou en brun.

Il y a quelques années le gouverw ment turc voulut faire de MuhaliM une sorte de chef-lieu de division mil taire, en y réunissant plusieurs corpsd Nizam Djedid (les troupes régulières); le Rédili-Mansouré ( la garde nationale des casernes et un parc d'artillerie étaiti sur le point d'être installés sous l'autt rite d'un mouchir ( général de division Toutes ces inovations marchent ordina rement très-lentement ; la création di mouchirats ou divisions militaires pi ratt être restée en cours d'exécution.

ASife lOUEtlRE.

U iotii. — wimn TABSIUS.

[claede Miletopolis, qui portait aussi MfAptoitis, appartenait au pays Apbau; il esttitué dans l'intérieur itewd à plus de douze kilomètres h sr. Nous avons vu qu'il ne peut •asile avec le lac de Dascylium.

■nt les eaux d'une petite rivière sfst la vallée de Kara déré et qui te assimilée avec l'ancien Tar- — h effet cette rivière ne pouvait se Ri la mer puisque tous les cours "fiiie jettent dans la Propontide et identifiés avec leurs On pourrait peut-être le Tarsiu8 comme une anm tranche du Granîque. Son cours Crânement tortueux. Strabon recb effet qu'on le passait jusqu'à nnr la même route; il le com- ■ fleuve Draco qui arrose le ternie Nieée (I). Toute cette partie Mjse n'offre pas un aspect aussi eu la contrée voisine. Mais les a plaines couvertes de gazon sont ■fàement fréquentées par des "■maies qui nourrissent de granjatitéi de bestiaux. Les collines Jtinlement boisées, et si les esta pas la merveilleuse beauté fefcl Olympe, leur exploitation pi moins fructueuse, et la ma- __ y y recherche les bois courbes wdnisent différentes variétés de içtsurtout le chêne à Valonée (2), * répandu dans les vallées du Ma.

ville de Sou Sougherié, qui ton nom à la branche occidentale «suh, est tombée aujourd'hui à yoeupple village. On peut encore y ■Jjf l« ruines de deux belles cons- **taseldjoukides; ce sont des ca- Pj*n5s dans le genre de ceux qui *uient les routes du temps des ■*« d'tamium.

uroQtequi conduit de Sou Sougherié "^Mragora passe par un défilé autre- ■Jwendu par un ancien château fjjk La route est tellement étroite **2* eavaliers peuvent à peine y ■■* k front, ce passage est appelé

Lt£?' "1.^7. Voy.p. 69.

Tssch kapou (la porte de pierre) ; on lui donne aussi le nom de Oemir kapou (la porte de fer). Ce nom est extrêmement répandu dans les pays musulmans. On le retrouve en Algérie comme dans le Taurus ou dans les Balkans.

P0ZMAMNU8, MAIIYAS.

Le village de Manyss occupe le site d'une ancienne ville qui parait, d'après les judicieuses observations de M. Hamilton, être l'ancienne Pœmaninus.

Cette dernière ville est en effet portée sur la carte de Peutinger sous le nom altéré de Phemenio, lequel a été converti en Manyas d'après I habitude qu'ont les Turcs de tronquer les noms anciens. La situation s'accorde également avec les itinéraires qui placent Pœmaninus sur la route directe entre Cyzique et Pergame; ce qui couvient à cette localité.

L'acropole de la ville antique est située sur une colline qui se rattache par un col fortifié aux collines voisines , une forte muraille dont la construction ne peut être antérieure à l'épogue byzantine défend les approches du côté du sud; les murs sont composés d'une quantité de débris antiques de piédestaux et d'architraves. On voit aes co~ ionnes placées horizontalement comme dans les mors de Micée. Cette disposition en effet très-remarquable, suffit pour mériter à cette place le titre de ville très* bien défendue que lui donnent les Byzantins.

Le pavs environnant s'appelait comme v la ville Pœmaninum (1) ; elle est mentionnée comme ville de garnison. Le culte d'Esculape, qui dans toutes ces régions était pratiqué simultanément avec celui d'Apollon (2), était surtout en honneur à Pœmaninus. L'orateur Aristide mentionne le temple d'Esculape comme un des édifices remarquables de la ville. Pœmaninus devint éniscopale; son évéque est nommé dans le sixième concile de Constantinople sous le nom de Pœmanetinus.

Toutes les notices géographiques et le

(1) Et Bys., Petmaninum.

(a) Voy. 1W. Il, ch. 3s.

L'UNIVERS

catalogue des villes donné par Pline (0 eitent la ville de Pœmaninus. Sous les premiers sultans, ce territoire faisait partie des domaines dn prince de Karasi, et Manyas paraît avoir sous son gouvernement joui d'une certaine importance. Une mosquée et un ancien couvent de derviches existent encore dans un état d'abandon; ces deux édifices ont été construits avec les matériaux de monuments plus anciens. Les débris de murailles et quelques fragments d'inscriptions sont les seuls vestiges de l'ancienne cité.

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