CHAPITRE IV
l'île de pboconnèsi.
Les observations des géologues i dernes ont suffisamment prouvé i cette tradition qui attribue l'ouvert du Bosphore et des Dardanelles à 1 tion des eaux de la mer Noire est en rement dénuée de fondement; n avons parcouru dans toute leur été»
ces deux célèbres détroits, et nous af reconnu que l'apparition des roe volcaniques à l'embouchure de la t Noire a plutôt contribué à rétrécir l trée du Bosphore. La constitution » îles de la Propontide <fue nous veo d'observer, et celle de la presmfl* Cyzique, dont nous parlerons m«m démontrent que ces terrains sent * temporainsdes premières révolutions globe; enfin, dans les ™** .**?*!
et crayeuses qui constituent les ww
ASIE MINKUftË.
à tait te Dardanelles, on ne re- ' aucune trace de rupture appa- §D permette de supposer que ces ont jamais été. réunis. Cétaît ifc manie chez les anciens de les catastrophes de ce genre, * [oer la présence des îles dans s des continents, et par conb formation des détroits :
cause est assignée aux dé- Gibraltar et de Messine, et, Pavons vu plus haut (1), i de rtlot de Besbicus. Les du général Andréossi (2) ment d'accord avec l'état connaissances géologiques; expliquer le récit de Diodore lepar cet amour du merveil* nommait toujours dans les trades anciens.
rot, aujourd'hui détroit des , a dû son nom à la fille Hellé, qui se rendait en arac son frère Phryxus , périt 'te flots. La longueur de rHelles- Mttde douze lieues marines, et Màptrtie la plus étroite il n'a pas Pjqaatorae cents mètres. Toute la g'jttqoi est baignée par ses eaux •** à la petite Mysie, et a reçu ytosle nom de province de PHetjpfa rilles nombreuses et riches n**rt ses rivages , et l'entreprise ?:***&, qui le traversa sur un pont ffjjbu, est à jamais célèbre dans les «derantiquité.
èkftj* Prçconnèse, la plus grande FJropwitide.est située au nord-est •«msaq'fle de Cyzique et dans le
^jp« <ta fleuve iËsepus ; connu dV 5J*** le nom cTElaphonnesus , 111e gfo «lie tut colonisée par les Phé* ÏJï to Grecs, qui vinrent ensuite Swolir, distinguèrent deux lies du g* Twn , l'ancienne et la nouvelle Jjf&e. La plus grande de ces lies jjw qu'on appelle aujourd'hui Mar- S**a pins petite porte le nom de S*» " nouvelle Proconnèse était siï* «mme ayant un bon port (3).
^ se contente de donner la nomen-
j^'utontiiiQpIe et le Bosphore, Iqtro- {^^?eripUfV. 35.
clature des lies et Ilots qui entouraient la grande Proconnèse (1). « Les îles devant Cyzique sont d'abord Elaphonnesus, nommée aussi N"uris et Proconnèse, d'où se tire le marbre de Cyzique, ensuite les tles Ophiusa (des Serpents), Acantbus, Phœbe, Scopele, Porphyriones, Halone, avec un château, Delphacie, Polydore; Artacœon avec une ville ; » cette dernière n'appartient pas à l'archipel de Marmara, mais est voisine de la presqu'île de Cyzique.
Il est impossible de pouvoir identifier toutes ces îles, dont quelques-unes ne sont que des rochers nus, avec les noms donnes par l'auteur latin. Trois tles seulement sont aujourd'hui habitées. La grande île de Marmara, 111e de Rabbi, et la troisième, qu'on appelle Pacha liman, le port du Pacha.
Pour expliquer le passage de Strabon, il faut supposer que l'ancienne Proconnèse est nie de Rabbi , et la nouvelle, la grande île de Marmara, qui s'appelait d'abord Elaphonnèse.* Dans celle-ci, on trouve une ville et une vaste carrière qui fournit du marbre blanc fort estimé, car les plus beaux monuments de ce pays, surtout ceux de Cyzique, sontiaits de ce marbre. * Il en est en effet transporté sur tous les points de la côte où existaient des villes grecques. Les Milésiens qui avaient établi une colonie dans cette île (2) étaient sans doute en possession de ces exploitations fructueuses.
Nous savons par Vitru ve (3) que le palais de Mausole à Halicarnasse était construit en briques et revêtu de dalles de marbre de Proconnèse. Les débris du tombeau de ce prince qui ont été découverts récemment et qui sont aujourd'hui déposés au musée britannique, sont en marbre blanc qui nous paraît identique avec celui de Marmara. Les frises représentant des combats d'amazones qui sont restées longtemps encastrées dans les murs du château de Boudroum sont aussi du même marbre.
C'est par erreur que les écrivains qui se sont occupés de lithologie ancienne ont signalé le marbre de Proconnèse
(ï) Liv. V, chap. 3a.
(a) Strabon, XIII, 587.
(3) Liv. Il, ch. VU,
L*UMVKRS.
comme étant blanc ?einé de noir (1) : ce marbre est d'une blancheur éclatante qui le dispute aut marbres athéniens.
Du temps d'Hérodote, il existait déjà dans l'île une ville du nom de Proconnèse, qui fut la patrie du poète Aristéas, auteur des Arimaspées. Elle fut brûlée par une flotte phénicienne qui agissait sous les ordres de Darius. Plus tard, cette île fut conquise par les habitants de Cyzique , qui forcèrent la population de venir demeurer dans leur ville, et enlevèrent une statue de la mère des dieux qui était à Proconnèse (2). On a peu de détails sur l'organisation intérieure de l'île du temps des Romains : il est probable qu'elle fut la résidence d'un procurateur impérial chargé de surveiller l'exploitation des carrières, car les marbres en œuvre devaient payer au fisc un dixième de leur valeur, d'après la loi Julia; il est possible que l'effet de cette loi ait été un moment suspendu, car Cicéron (3) écrivait à son ami : « Je pense que je ne « vous dois rien pour les colonnes, car « il me semble avoir entendu dire que « cette loi a été abolie. » Sous l'empire, le goût des ouvrages de marbre se répandit tellement, que les écrivains se faisaient une sorte de point d'honneur de déplorer les excès de ce luxe , qui menaçait de ruiner les familles (4). Plusieurs lois furent promulguées à ce sujet, tant pour régler le sort des ouvriers (5) que pour établir les droits du trésor. Mais la plus dure de toutes ces conditions était celle qui assujettissait les ouvriers carriers à rester éternellement attachés à la carrière (6). Une loi de l'empereur Théodose disait : Les ouvriers carriers, hommes et femmes, qui abandonneront le pays qui les a vus naître , et auront émigré sous quelque prétexte que ce soit, seront reconduits dans leurs foyers , ensemble avec leurs
(ij Blasius Cariophylliis, De Marm. antiq. Corti, Délie pied* a miche.
'' (a) Pausanias, H, 46.
(3) Ad Atttctim, lib. XIII, epist., VI.
(4)Ovid. De art. amandi, lib. II, i*5; Plin*, Htst., lib. XXVI, ch. YI,
(5) Cod. Justin., lib. VI; Cod., de Metallariis, lib.U,t. VI.
(6) Loc. cit.
enfants , sans <ju'il soit permis t\ quer la prescription en leur faveui
Indépendamment des granits, qri très-abondants sur ces rivages , w de la Propontide et de l'Hellespont; nissaient un grand nombre de mai de qualité supérieure , et dont l'ei tation pourrait être facilement rq de nos jours.
Dans le courant d'avril 1835, fîmes une exploration de cette île ai ffoëlette de l'État la Mésange. A époque les cartes étaient si incorap que le commandant hésitait à s'a| cher de l'île pendant la nuit; le venu nous mou il lames, au port de( mi, au S.-O. de file, après avoir c plusieurs sondages.
L'aspect de cette île est des plus i vages. Les montagnes s'entrecooj sans ordre, et ne forment, pour 1 dire, qu'un seul mont à plusieurs i mets ; les bois sont rares, et le sol, sâtre et sans verdure, offre le plus ti tableau. Cette île sera cependant à mais célèbre pour avoir fourni des tériaux à toutes les villes delà Propos et de l'Hellespont depuis les tempi plus reculés.
Le calcaire marbre cristallin, d blanc éclatant, constitue la roajc partie de l'île. Le granit gris ne se m tre que dans la montagne qui don le port de Galimi. Les couches de 0 bre sont bien accusées, plongeant à N. sous un angle de 87°. Le cap le p N.-O. est une dépendance de la pei chaîne granitique sur laquelle s'apj toute la formation calcaire de llle..
Cependant le système général d'in naison des couches n'est pas unifon Dans quelques endroits on voit une ép seur de huit ou dix mètres sans auo trace de lit ou de fissure; et sur la ( orientale, où sont établies lescarrié modernes , les couches de marbre f généralement horizontales.
Galimi est un village d'une çinqutaine de maisons. Les côtes environn tes sont très-accores. Nous mouillai par quinze brasses à deux encablu de terre. Une encablure plus au larj on sonda à vingt-huit brasses sans tri ver de fond. .
Nous prîmes des mulets à Gaii avec quatre guide9 pour faire le te
& F8e. Nous gravîmes la montagne ; àm ta direction N.-O. elle forme une <rap* E.-0. entièrement granitique èf» sob sommet jusqu'à sa base ; tœ arrivés à 250 mètres environ de hauteur, nous commençâmes à aperce*» la craches inférieures du calobi wiikt, qui présentent la tranche.
ketpmt il existe une fontaine qui sort i fittrwcuon du marbre et du granit.
irait franchi le sommet, nous destournes dans une vallée qu'on appelle Kidraova-si (la vallée du Goudron), prw qu'on avait établi des fabriques amliea d'une forêt qui existait alors.
AÙBnfbui cette forêt est presque entwoeot détruite.
& le flanc de cette vallée , on trouve ■ lambeau de terrain de transport, An calcaires dans du sable jau- «trc. Il repose sur le calcaire grossier imé par des grottes peu profondes.
lj n'y ai point aperçu de coquilles.
Cdfe nebe ne se montre que aans la nikeèKodran. A la naissance du val- I»; d sort une fontaine qui forme une petite rivière dont les eaux, même dans «tonisoD, vont jusqu'à la mer; des Çtoaes oains couvrent ses bords. Une Jjdjitade de plantes et d'arbustes en «vdoiioent quelque agrément à cette ***, dans laquelle, cependant, il n'y Jps d'habitation.
Sorte sommet d'une montagne eoni- ^«i domine la vallée , on aperçoit « Awao fort. Aucun des guides n'avait S30* pensé à monter jusque-là. Nous eiat assuré, au moyen de la longuejw^ce n'était qu'une construction «tosoyeiâçe, nous renonçâmes à cette Wa^ A Pembouchure de la rivière , ^ trouvâmes des fours à chaux qui sauwententdes recoupes des anciennes arriéres. C'est en ce lieu qu'on com- •■weà apercevoir les premières exportations antiques. Le marbre est J^côé par bancs de cinq à six mètres de tafwur, sur un mètre de hauteur. On m «* espèces d'emraarchements qui *»t les dernières traces de l'exploita- 7° Clique. Nous gravîmes dans la ureeUon S.-E. une autre montagne tes-hiute et très-escarpée, toute courte de blocs de marbre éboulés. On *P«rçoit cà et là d'autres blocs de cal- «irespathique, qui se casse en prismes H' Livraison. (Asib Mineure.)
auadrangulaires; mais ceci ne paraît être qu'un accident de la roche.