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ETAT ACTUEL DES HUINES

La grande tour de Bal-Riz paraît avoir commandé la tête d'un des ponts qui étalent jetés sur l'étroit canal de Cyzique; on remarque un grand mur qui se rattache à la tour, et qui se dirige à angle droit vers l'est. Il ne paraît fias que les murailles se soient étendues e long de l'isthme; on n'en trouve du moins aucune trace. La ville étant assise partie sur le penchant de la montagne, qui forme trois mamelons, partie dans la plaine, c'est là qu'on retrouve le plus grand nombre d édifices. Une rivière, qui prend sa source dans un

des acrotères du Dindymon , forme à l'ouest une vallée assez profonde, sur laquelle est placé l'amphithéâtre , qui s'appuie sur les deux mamelons inférieurs. Il n'est guère possible que dafis l'antiquité ce ruisseau ait eu un autre cours ; par conséquent , il passait sous l'arène de l'amphithéâtre , ce qui me porte à penser qu'elle était construite en bois. Les découvertes nouvelles justiGent chaque jour cette opinion, et l'on finira par reconnaître que les arènes ont toutes été construites de la sorte. Les vomitoires sont au nombre de trente-deux ; la plupart de ceux du rezde-chaussée sont encore conservés ; ils sont construits en blocs de granit à bossage ; mais cet ouvrage est très-peu soigne , et annoncerait plutôt l'époque de Gallien que celle des Antonins. Tous les massifs des voûtes sont faits en blocage; les impostes sont à peine indiquées par des pierres en encorbellement ; en un mot, cet édifice est indigne de la renommée de Cyzique. Il n'y avait pas de portique extérieur; les vomitoires conduisaient directement aux précinctions. S'il reste encore quelques vestiges de ce monument, comme des murailles, on doit l'attribuer uniquement à la nature des matériaux, qui n'étaient pas propres à être utilisés , soit pour les constructions modernes, soit pour fabriquer dès boulets.

L'UNIVERS

En descendant le vallon de l'amphithéâtre, on aperçoit bientôt, au milieu d'un massif inextricable de lauriers et de térébinthes, remplacement du théâtre, ce monument paraît être de la même époque que l'amphithéâtre; deux ou trois gradins de marbre sont encore en place , mais le proscenium a presque entièrement disparu ; il était bâti en blocage , avec des revêtements de marbre ; son diamètre était de cent mètres ; les murs qui soutenaient la ca vea étaient parallèles au proscenium. Gomme il était appuyé sur le penchant d'une colline, il n'avait pas été nécessaire de construire des murs de soutènement pour appuyer les gradins.

On ne peut juger de la richesse de l'architecture de cet édifice par les ruines toutes rustiques qui subsistent encore, les colonnes et les moindres débris de marbre ont été enlevés pour être employés dans des constructions modernes; mais d'après une inscription qui a échappé à cette destruction méthodique , le théâtre de Cyzique ne le cédait pas en magnificence à ceux des autres villes de l'Asie, et selon l'usage presque général dans les villes grecques les sculptures décoratives étaient dues à la munificence des magistrats ou de quelque citoyen opulent ; l'inscription suivante en est la preuve :

La ville honore Cyzicus, le constructeur, tons \m archontes collègues de Juliui Seieuco6, fils du grand prêtre, qui ont présidé à l'exécution et à rétablissement des statues et des ornements du théâtre sous l'archontat de Julius Seleucus et d'Âurelius Pacidianus, fils d'Âgathomerus.

D'après la disposition du théâtre, cet édifice devait se rattacher à un grand ensemble comprenant l'Agora, un portique et un temple avec son enceinte.

Le temple était bâti en blocage revêtu de dalles de marbre, les colonnes étaient de marbre blanc veiné de violet, les fûts des colonnes de l'enceinte étaient en marbre rouge. Il est probable que nous retrouvons dans ces tristes restes le forum et le temple mentionnés par l'orateur Aristide, qui a laissé de ces monuments une magnifique description.

Le temple, dit-il, occupait un espace immense et s'élevait sur de vastes

galeries souterraines. Ce monument a passé parmi les écrivains du tempq pour une des merveilles de l'architec.

tare romaine. Il est bien difficile de jw ger aujourd'hui de l'ensemble des conï truetions; mais, d'après les débris épan de corniches et de chapiteaux, on pea être assuré que la finesse de la seul* ture ne répondait pas à la majesté ià l'ensemble; ce temple était dédié 1 l'empereur Hadrien, qui avait accordé' aux habitants de Cyzique différent* immunités, mais ce qui fut le plufl fatal aux ruines de Cyzique ce fat k voisinage de Constantinople, qui convertit l'ancienne colonie des Mile* siens en une carrière d'où l'on tirai tout faits les colonnes et les entabl* ments ; cet enlèvement méthodique n'a.

cessé que lorsqu'il n'est plus resté dur l'enceinte de la ville un seul débris de marbre. Les voyageurs du dernier siècle ont encore décrit comme subsistant de leur temps plusieurs édifices dont il ne reste plus de trace.

Au nombre des curiosités que renfermait la ville de Cyzique. Pline cite l'écho de la Porte Tracnia, qu'il compare aux plus remarquables échos connus de son temps ; il cite aussi la pierre fuyante qui retournait d'elle-même à sa place toutes les fois qu'on la dérangeait; elle avait été laissée par les Argonautes, et pour la conserver les nabitaots de Cyzique avaient été oblfcés de la sceller avec du plomb .

Il est curieux de voir cette croyance fabuleuse, rapportée par Pline (l), se renouveler de nos jours au sujet d'une

Sierre antique conservée dans les bains e Broussa (2) : on pourrait presque y voir une continuation de la même légende (3).

Comme place de guerre et comme ville de commerce Cyzique continua de jouir, sous les derniers empereurs, de tous les avantages de sa position.

Elle devint éniscopale et fut déclarée métropole de la province d'Hellespont (Hiéroclès, Synecdéme); enfin une dernière catastrophe dont elle ne s'est

(i) Pline, liv. XXXVI, ch. i5.

(a) Voy. pag. a4.

(3) Sur les manœuvres d'Àmtée à Cyiiqu*» voy Hérodote, liv. IV, 14.

pu rdefée, un tremblement de terre ptetenible que les autres, qui eut lieu ;b rulieu du dixième siècle, la réduisit m TfUt oà nous la voyous aujour- <Thoi.

Au poiat de vue de l'histoire de l'art etdefaehitecture,Cyzique ne remplit pas ks espérances que faisait naître sa mwffluee.il n'existe dans sesruines autan* trace de monuments antérieurs à iiroqrôe romaine, et les monuments refluas fox-mêm es attirent peu Fattentm dans un pays si riche en ruines de v» les âges.

\a population actuelle de la préside Cyzlque est composée de Turcs «i k Grecs. Les premiers habitent les iÈ^b dissémines dans l'intérieur; fi» la population grecque, plus active fî plus commerçante , occupe exclusitrait les villes et villages de la côte. taaki, petite ville de dix-huit cents à faarile âmes, peut être considérée «rame la capitale de ce district. Le mutelfim y réside ; il a pour toute garde 9wty»e$ cawas. Les habitants sont praf* tous propriétaires de biens ruwt «t la culture de la vigne y est fxwfc à une perfection rare. A fa fin <k rbirer, lorsque les sarments sont «"P*» on a soin d'entourer, avec un pfc&o, le pied de la vigne d'un cercle & bitume chaud , pour empêcher les J«*tes<Py monter. Il paraît quejamais ** Propriétaires n'ont eu à souffrir des nT*fRdela pyrale et des autres en- [**» k la vigne. Le vin d'Artaki est »**tt%èr. Pendant le séjour de la ^mse à Constantinople, un in-.

£**! eot Tidée de fabriquer, avec ^"sos d'Artaki, du vin de cham- P?P«, dont le débit eut assez de suc- * pour enrichir l'inventeur. Cette in- "J*, qui aurait pu devenir profitable ' b population, a été abandonnée \®*à l'auteur s'est retiré. Les Grecs l0*M pas se livrer à des spéculations ^poorraieot les faire passer pour

l* fabrication du vin n'est pas faj^troj dans les États du sultan; 1 «Qt préalablement obtenir de l'au- J1™ une permission spéciale qu'on Ke ^«rat , et qui détermine la quan-

nfiST8 (im'' 250î qu'il ** v&cmi$

Toutes les entraves mises à l'agriculture sont pour un État une mauvaise mesure; l'intérêt du gouvernement turc serait , au contraire , d'appeler, du dehors des cultivateurs pour suppléer à la population qui manque; mais, avant tout, il faudrait abolir eette loi qui interdit à l'étranger le droit de posséder des biens fonds en Turquie.

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