CHAPITRE IX
BU IN ES DE CYZIQUE D'àPBÈS D'AN- CIENNES DESCRIPTIONS (1).
Au milieu des ruines s'élève un magnifique platane qui ombrage une fontaineJympide qui est peut-être la fontaine de l'oubli fons Cupidinis, mentionnée par Pline, qui avait pour vertu de guérir les tourments de l'amour (2).
Cette fontaine est voisine de deux tours massives entre les murailles et un terrain marécageux qui formait autrefois le port occidental. A deux cents mètres vers le nord-ouest et dans un fourré d'arbustes se trouvent quelques passages souterrains en partie obstrués ; mais avec le secours d'un flambeau ils peuvent être parcourus dans une longueur d'une trentaine de mètres en ligne droite; ils communiquent les uns avec les autres , et semblent être les substructions d'un grand édifice, peut-être des greniers publics ou des magasins pour lesquels Cyzique était célèbre avaut comme après la domination romaine. La construction est presque toute hellénique; mais en certains endroits les murs sont en blocage de pierre. Au sommet d'une des voûtes il y a une ouverture carrée fermée dans une seule pierre qui forme une espèce de clef. Tout cela fait partie de la construction primitive. D'un autre côté , on observe un passage étroit qui monte dans l'intérieur de la muraille; c'était sans doute l'entrée du souterrain. Peut-être faut-il voir dans ces ruines les substructions du temple décrit par Aristides (3), qui mentionne les souterrains du temple comme aussi dignes d'admiration que le reste.
(ij Sestiui, Pococke, Hamilton, etc.
(») Pline, 1. 3o, eh. x6.
(3) Aristid.,4orat.Cyz.
L'UNIVERS
Get orateur vivait sous le règne d'Hadrien ; il a laissé un discours composé uniquement en l'honneur de la ville de Cyzique, et ses expressions peuvent donner la plus haute idée de la richesse et de la prospérité de cette ville.
« Son étendue, dit-il, pouvait suffire non seulement pour une ville mais encore pour une nation. — Les rivières , les lacs , les étangs qui couvrent son territoire sont si nombreux que si Ton voulait s'établir sur leur rivage, on n'aurait pas moins de villes sur les bords des lacs que sur le rivage de la mer et dans l'intérieur des terres. »
Le forum était consacré à tous les dieux, et au milieu s'élevait un temple qui parait avoir été un des plus magnifiques édifices de l'antiquité. L'orateur continue ainsi : « Ce temple s'élève audessus des bâtiments d'alentour, et il n'est besoin ni de phares ni de signaux pour guider les navires qui entrent dans nos ports. Ce monument, qui absorbe toute l'attention, montre en même temps la richesse de la ville et le noble esprit de ses habitants. On peut dire cjuechaque pierre dont il est bâti est égale à un temple et que le temple lui-même avec son péribole est égal à une ville.
« Les constructions qui sont au-dessous du sol sont aussi dignes d'être admirées
3ue le reste; il y a des souterrains avec es galeries qui circulent tout autour de l'édifice et qui font partie de ce bel ensemble. »
Pline (1) fait mention d'un temple de Cyzique dont les joints des pierres étaient tous ornés d'une couronne d'or, et un mince filet d'or cachait la jonction des blocs de marbre. Un tremblement de terre a renversé tous ces édifices dont il reste à peine aujourd'hui quelques vestiges.
L'amphithéâtre est situé au nord de ces subs tractions, à cheval sur une vallée boisée au nord de Ja plaine où sont les principales ruines de la ville. Un certain nombre des piliers et des contreforts a cédé sous l'action du temps; mais il y en a encore sept ou huit debout à l'ouest de la vallée. La forme elliptique de l'édifice est encore bien dessinée.
Un petit cours d'eau coule dans Taxe
^i) Li\. XXXVI, (h. ij.
de l'arène. D'après le caractère
constructions supérieures aussi | que de la direction des eaux, on I naturellement conclure que cet a a été dans certaines circonstance!] verti en naumachie. Les fondatij l'amphithéâtre sont faites avec d tériaux presque bruts ; mais il k les murailles plusieurs traces qi quent qu'elles étaient revêtues ques de marbre.
Le village de Hammamli (des est situé dans l'angle supérieur di cienne ville; la plupart des i sont construites avec des blocs de et des fûts de colonnes arrachés an fices antiques.
En descendant du côté de 1 suit pendant quelque temps la des murailles; mais il est difficili reconnaître le pourtour exact, par une route tortueuse et diflicif arrive aux ruines du théâtre, pi entièrement couvertes par des ar et des broussailles qui formen masses de verdure. Cet Édifice, toute apparence de construction que , est dans un tel état de destrt
?|ue l'emplacement. du prosceniui orme de la cavea et quelques subi tions informes sont seuls visible ne reste pas un seul bloc de mari) place. On reconnaît çà et là de Ion murailles et des fondations difl mais tout cela est tellement cacjn les broussailles qu'il est impqssib déterminer leur forme primitive.
Le terrain, composé d'alluvions, < jointl'île au continent est bas et roarôi geux; la lagune couverte de rosej qui s'étend a Test occupe probab ment l'emplacement du principal p de Cyzique, séparé du bord de la fl par une ligne de collines de sable I cumulées par les efforts combinés < vents et des vagues. A son extréffl nord il y a un long fossé dirigé del< à l'ouest et rempli d'eau, et un a de construction très-solide fortifie at des tours sur sa face nord.
La communication avec la men interceptée par des sables accufflUM il est à croire que c'était là l'entrée o galères qui devaient être conduites m k port intérieur. Immédiatement nord de ce port, il y a une masse
fo sont probablement les ves- (sÊÊem publics.
renonaft les traces d'un aqueduc te collines inférieures et Pextrénd k Tisthme et de la ville; le qui coule dans la vallée itre était insuffisant pour de la population. Les eolpaitiques sont de nature à tpa de sources., et les habitants îaotrahits d'aller chercher celles des terrains calcaires , la ne pouvant être entretenue d'abondantes irrigations.
k Pocoke visita les ruines de , il reconnut encore l'emplacefc l'Agora; c'était une place de " de large et de quatre cents pas On y voyait les ruines d*un édifice avee un portique d'ordre et plusieurs galeries souter- Tontes ces constructions sontauh dépouillées de leurs marbres, destractîon méthodique qui a presque tous ceux qui ont vi- Mûoto des villes de l'Hellespont Lfce à une ancienne habitude du nit turc, qui approvisionnait tanletsde marbre les châteaux les. Les batteries des châet d'Asie sont armées d'éde canon dans lesquelles peut entrer. On les appelle ■*i*r~- (qui ne mange pas de miel) ; *tyemez étaient chargés avec des *w marbre de plus de soixante- JWnMtres de diamètre; les pièces V «fadre calibre étaient également , ^wnées de boulets de marbre.
■araire à une pareille consommais atetiers et3*611* *»Wîs dans ?J*J de presque toutes les villes ■■«delà côte; on voit encore h ■jjjna Troas des boulets qui ont redonnés comme défectueux, au ■des masses de recoupes demarbre.
. , . s'étoimera*t-on que ces ate- **« pas été établis dans 111e de ?•?' qôi aurait pu fournir du ^J> tous les canons du Bosphore ; ,* Twcs préféraient utiliser de y*** inutiles et ménager leurs * Ç<*«t les constructions de la
(k«w ^ P*s s'étonner après cela si P^fc VHeUespont sont tout à fait
dépouillées et si elles sont moins visitées par les voyageurs archéologues que celles du littoral est et sud de la presqu'île.