CÔTES DE L'HELLESPONT
Non loin de l'embouchure de l'JEsépus , il y a une colline au sommet de laquelle s'élevait le tombeau de Memnon, et dans le voisinage était le bourg de Memnon. Les faits relatifs à ce héros étaient déjà controversés par les écrivains de I époque romaine ; les uns le font venir d'Egypte, les autres de Perse. Pausanias (1) semble vouloir accorder les deux opinions en disant qu'en effet Memnon était de race éthiopienne, mais qu'il vint au secours de Troie en partant de Suse après avoir soumis toutes les nations qui étaient sur sa route.
Hérodote fait évidemment allusion à ces événements lorsqu'il dit à propos du monument de Nymphi (2) : « Il y en a qui considèrent ces monuments comme des portraits de Memnon, mais ils se trompent étrangement. • Memnon, qualifie de fils de l'Aurore, n'était autre qu'un prince assyrien qui vint au secours de Troie et ne put arriver que vers la fin du siège.
Les oiseaux de Memnon qui, selon la fable, venaient tous les ans donner des soins au tombeau de Memnon et l'arroser avec leurs ailes après les avoir trempées dans les eaux de l';£sépus , les oiseaux de Memnon continuent de voler le long des rivages de l'Hellespont. A une certaine époque de l'année, des troupes d'une espèce d'alcyon parcourent avec la rapidité de la flèche l'Hellespont et le Bosphore. Jamais on ne les a vus se poser ni sur terre, ni sur les eaux; les marins et les habitants du rivage appellent ces oiseaux les âmes en peine.
La ville de Priapus était située à quinze milles environ de la presqu'île de Cyzique et à l'ouest de l'embouchure du fleuve Granique ; elle fut fondée par les Milésieus ou selon d'autres témoi-
(0 Liv. X, ch. 3x.
(%) Liv. II, xo6.
L'UNIVERS
gnages par les habitants de Cyzique.
Priapus était renommée comme station navale (1) ; elle se rendit à Alexandre après la bataille du Granique (2).
Un village du nom de Karaboga occupe le site de l'ancienne ville ; mais on n'y rencontre aucun vestige d'antiquité. Le cap Karaboga abrite le port contre les vents du nord, et la presqu'île le défend du côté de Test. Le dieu des jardins, Priape, dont le culte rut transporté d'Ornéae, ville voisine de Corinthe, donna son nom à la ville asiatique.
Si la ville de Priapus n'a pas subsisté jusqu'à nos jours , nous pouvons du moins nous faire une idée de la fertilité de son territoire et de la richesse de ses campagnes ; car toute la côte depuis Cyzique jusqu'à Lampsaque est cultivée en vignobles qui pourraient donner un vin excellent; mais les Grecs et les Israélites, qui ont conservé le privilège de la fabrication , emploient des procédés tellement imparfaits qu'il n'est pas possible d'en obtenir de bons produits ; ce sont les vignes de Priapus qui avaient été données en usufruit à Thémistocle pour l'usage de sa maison (8). La première cause de la décadence de Priapus doit être attribuée à la prospérité de Parium, qui rut colonisée par les habitantsdeMilet,d'Erythrœ etdeParos(4).
Pline (5) pense que la ville de Parium est la même que celle qu'Homère nomme Adrastée. Strabon place cette ville sur le promontoire qui sépare Priapus et Parium. Lorsque les rois de Pergame obtinrent du peuple romain cette partie de la Mysie , en dédommagement des conquêtes que les rois de Bithynie avaient faites sur eux, ils prirent soin de fortifier le port, qui était plus vaste ue celui de Priapus, et les habitants le cette dernière ville furent transférés à Parium. Deux inscriptions recueillies par Spon donnent à cette ville le titre de colonie romaine (6). L'empereur Marc-Aurèle y fit de grands travaux; ce qui lui valut le titre de fon-
(i) Thucyd., Vin, 107 ; Strab., XIII, 587.
(2) Anien y Sxp. Alex., \f x3.
(3) Strab., foc. cit.
(4) Strabon, XIII, 588.
(5) Liv. V, ch. 3a.
(6) Spon, Voyages, I, p. 173.
dateur souvent décerné dans les i| criptions à des proconsuls on à d'an!
magistrats. On admirait à Parium autel d'une forme singulière, dont d
3ue côté était long d une stade; il u genre appelé Bornas, c'est à en forme pyramidale. C'était l'ouvri d'Herroocréon, qui avait décoré ce q nument avec magnificence. Aujourd j il n'en parait pas de vestiges; ni peut • être des recherches attentif mettraient-elles à même de recoonail l'emplacement de ce monument uniqi Les ruines de Parium se recond sent encore au lieu nommé Kamarès (I Voûtes); les murs étaient constni en blocs de marbre sans mortier.
grand nombre d'édifices enfouis, restes d'aqueducs et de citernes ténu gnent qu'elle jouit d'une certaine il portance jusqu'à la chute de 1'empu