CHAPITRE XL LAMPSAQUE. abydos
Lampsaque commandait l'entrée j l'Hellespont ; elle était pourvue tf< bon port et renommée par la ferlilj de son territoire. La fondation | Lampsaque remonte aux temps fab leux antérieurs aux premières mijd tions européennes ; son premier no était Pityaessa. Le» deux frères Pq bus et Blepsus, nés à Phocée et descej dants de Codrus, pendant leur séjour Parium , rendirent service au roi Mal dron, qui réenait à Pityaessa. Ce prinf engagea les deux frères à envoyer dai ses États une colonie grecque , qui vij en effet s'établir sous la conduite Phobus. Menacés d'une trahison de] part des Bebrvces, ils furent sauvés»
Lampsacé, fille du roi, et en reca naissance de cet événement , ils do nèrent à la ville de Pityaessa , dont s'étaient rendus maîtres, le noroj Lampsaque (1). La population deow ville s'était augmentée des ruines -i Pœsus, située entre Lampsaque et ïl rium. Le culte du dieu Priape y éq aussi répandu qu'à Priapus même; i en effet, toutes ces villes jouissaient i l'abondance des fruits de la terre, h
(1) Pltitarch., de Firt. mul., 18,
coteaux étaient couverts de vignobles , datte culture s'est perpétuée jusqu'à m jours. Le soulèvement des Ioniens attira sir Lampsaque la vengeance des Poses; conquise par Crésus , elle panirt a conserver sous ses descendants ne sorte d'autonomie. Après la tarit de Mycale, elle devint tributwi d'Athènes , et malgré les tentatas de ses habitants pour recouvrer to ^dépendance , elle resta en cet état jusqu'au moment où Alexandre «a attaquer l'empire des Perses. Son fa. use situation lui permit de construira rang distingue parmi les villes lise jusqu'au déclin de l'empire.
Le territoire situé entre Parium et Iftpsaqpe était possédé par plusieurs JMes filles dont le sort fut toujours ■omis aux événements qui marièrent les dernières années de l'indépodaucede la Grèce ancienne ; elles ** jwnemaient par leurs propres lois ; œ*is est état prospère était souvent o^aMépar les attaques du dehors ou F*r des séditions intestines qui mettes k pouvoir entre les mains de pdqae tyran improvisé. Cest l'his- Jjwde toutes les villes de ces parages, k lampsaque comme d'Abydos ou uasos.
tasque toujours ces maîtres d'un finissaient par tomber dans quelle péK tendu par les partis ennemis, ^▼u» retrouvait son indépendance.
Cwan»j qu'Herméias, tyran d'Assos, £n9>i tyran de Lampsaque, termi- ■**!* carrière,
k *m d'Alexandre, protecteur de lJa¥**fae, livra cette ville aux atta- P» f Antiochus ; elle finit par ob- ■fr l'alliance des Romains et suivit *m des villes de l'Hellespont quand ■* furent réunies à l'empire ro-
UiO.
Codant toute la période du moyen M*te contrée resta dans l'oubli ; les Juments militaires étaient eonceno autour de Constantinople. Mais à **rc que la marine des États chré- J prenait de l'extension, les Turcs, «tws de l'Hellespont, comprirent la *«*»« de fortifler le détroit.
** cëâteaux d'Europe et d'Asie JJ armés d'une artillerie formi- ■"•Va arrêtait au passage les cara-
velles et les navires des Vénitiens ou des Génois. Mais sous le règne d'Achmetll, en 1656, le détroit des Dardanelles fut témoin de la plus grande défaite qu'ait soufferte la flotte ottomane depuis la bataille de Lépante.
Le grand amiral Kénaan-Pacha, à la tête d'une flotte de soixante-dix-neuf voiles, voulut s'opposer à l'entrée de la flotte vénitienne ; le commencement du ; combat fut en faveur des Turcs ; les vaisseaux ottomans brûlèrent deux des plus fortes galères vénitiennes; l'amiral Moncénigo ne tarda bas à rétablir l'avantage du côté des chrétiens ; toute la flotte turque tut détruite;
Elus de cinquante bâtiments furent rûlés ou pris, et Moncénigo amena triomphalement à Venise un nombre considérable de prisonniers turcs. La flotte vénitienne, quittant les Dardanelles, s'empara des îles de Ténédos, de Lemnos et de Samothrace. La nouvelle de cette défaite apportée à Constantinople par quelques navires qui avaient échappé au désastre y répandit la consternation.
Cependant le gouvernement turc ne songea pas à faire augmenter les fortifications des Dardanelles; ce grand ouvrage ne fut entrepris qu'en 1659, sous le grand visir Kœupruli. Il est vrai que la sultane Validé, mère de Mahomet IV, avait déjà songé à ces nouveaux moyens de défense ; mais elle n'avait pu réussir à se procurer les fonds nécessaires. Les réclamations des villages environnants, (jui redoutaient le voisinage des garnisons furent le prétexte que l'on mit en avant pour ne rien changer à l'ancien état de choses. Mais les derniers événements avaient tardivement ouvert les yeux du grand visir, qui donna Tordre à la flotte d'hiverner aux Dardanelles. Des ouvriers furent mis en réquisition et travaillèrent sous les ordres de l'architecte Mustafa-Aga et sous l'inspection de Frenk Ahmed Pacha commandant des Dardanelles. Les deux châteaux furent élevés sur le plan d'un quadrilatère régulier de trois cents archines ( 460 mètres ) carrés, et reçurent les noms de Kilidol Bahr (la clef delà mer) et de Seddol Bahr (la digue de la mer). Koum Râlé, le château du Sable , est
L'UNIVERS
de Mahomet II. Presque faux furent exécutés par inposées aux riverains ; les js traitements forçaient les habitants ~à aller travailler aux tranchées; le sultan vint souvent les visiter; enfin les redevances de plusieurs émirs qui tenaient leurs fiefs des anciens sultans furent modifiées et ils se trouvèrent chargés de fournir les garnisons de ces nouveaux châteaux.
On a cherché en vain dans la moderne Lampsaki quelque monument qui attestât son ancienne magnificence.
Dans le commencement du dernier siècle, on y voyait cependant encore quel- 3ues antiquités, et Wheler a observé es ruines qui n'existent plus de nos jours; il trouva plusieurs colonnes de marbre et des inscriptions qui dataient du temps des Antonins. Lusage de faire des boulets de marbre, qui s'est perpétué pendant trois siècles chez les Turcs , a été plus pernicieux pour les villes delà Propontide que tous les ravages qu'elles avaient subis antérieurement. Aujourd'hui , depuis Moudania, l'ancienne Apamée , jusques y compris Alexaudria Troas, il n existe pas un bloc de marbre ancien. Cependant les Turcs avaient sous la main l'île de Marmara et ses inépuisables carrières; on ne comprend pas qu'ils aient préféré établir avec beaucoup de peine des ateliers partiels dans vingt localités différentes.
En suivant sur la côte la nomenclature des villes donnée par Strabon, nous devons rencontrer au nord de Lampsaque le port et la ville de Pœsus, déjà citée dans l'Iliade (!). Ces deux villes étant l'une et l'autre colonies de Milet finirent par réunir leurs populations et Poesus disparut. Colonae, petite ville située dans l'intérieur des terres, était aussi colonie ionienne.
Le territoire situé au sud de Lampsaque appartenait à la ville de Gergitna, fondation des anciens Teucriens (2). Elle était bien fortiGée et l'acropole construite sur une éminence dominait la ville au milieu de laquelle s'élevait le temple d'Apollon Gergithien.
(a) Hérodote, liv . V, iaa*
Gergitha fut prise et détruite par à taie, roi de Pergame, qui construî aux sources du Caïque une autre vï du même nom pour y établir les ancic Gergithiens.
L'ancienne ville des Teucriens et située dans l'intérieur des terres et s les pentes du mont Ida (l);cela i suite du récit d'Hérodote : lorsj Xerxès marchait de Pergame sur Afc dos, il avait à sa gauche les villes Rhœtée et de Dardania et à sa droi les Teucriens Gergithiens.
Percote, mentionnée plusieurs fi par Homère, était située sur le fleiJ Practius et à trois cents stades de î rium ; elle était voisine de la mer, parait avoir subsisté jusqu'aux d nières années de l'empire romain. I identifie l'ancienne Percote avec la 1 tite ville turque de Bergan Kalé si."
La ville d'Arisbé était au sud Percote ; elle appartenait aux Mf niens (2) ; mais il est à croire qu' i doit sa fondation aux anciens Warj niens ; car elle était déjà florissantr temps de la guerre de Troie. Deux n de 1 Iliade réunissent les noms de ( villes autrefois célèbres. « Les gu riers qui cultivaient les champs Percote et du Practius, qui habitai* Sestos Abydos et la noble Arisbé S vent (3) Asius, le fils d'Hyrtacà.
Cette ville, dont l'emplacement est j jourd'hui inconnu, subsista jusqu'à fin de l'empire romain ; elle est m< tionnée par Pline, qui la place sur côte (4). « En dehors du golfe s'ètt la côte de Rhœtée où sont les villes Rhœtée, Dardanie et d'Arisbé. »
Abydos, la plus célèbre de toutes villes de ces parages, ne subsiste plj mais on est autorisé, d'après les déti topographiques donnés par divers' teurs, à placer cette ville près de Bod hissar sur le cap qui s'avance dad détroit.
La position d' Abydos relativemH Sestos est bien déterminée par ce ^ sage de Str abon (5) : « La distance
(1) Hérodote, liv. VII, 43.
(a) Et. Byz. V. Arisbé.