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CHAPITRE XII

TBOADB. — ELEMENTS DBS POPULA- TIONS PBIM1T1YBS.

Pour ceux qui cherchent à porter quelque lumière dans la confusion des origines des natious , l'histoire n'offre que des éléments qu'il s'agit de mettre ensuite en œuvre par la comparaison raisonuée des différentes populations qui ont contribué à faire entrer une contrée dans le cycle historique. Cela ne peut avoir lieu que lorsque ces familles humaines ont pris une physionomie particulière, qu'elles ont su se

(i) Tite-Live , Ht. XXX, eh. 17. Voyez aussi Polybe, Histor., liv. XV.

(a) Step. Byz., V. Àbydi.

(3) Vojr. aussi sur Abydos Tournefort, Lett. XI ; Lucas, Troisième Voyage, tome Ier, p. i5;Charles de$aiat-PatiI, (icogr. Sacrée,

distinguer des peuplades voisines 1 quelque caractère spécial, mais nul peut compter combien de périodes siècles se sont écoulées avant que moment soit arrivé. De tous les sigr propres à faire reconnaître la parei des diverses ramilles humaines, l'élu des langues est celui qui offre moyens de contrôle le plus rationnel, celui qui dans ces derniers temps par avoir acquis chez les hommes d'obse vation le plus grand degré de probat lité pour reconstituer les rapports

f»arenté entre les peuples qui ne so iés par aucune tradition historiqi

Ainsi la langue grecque étant reec nue comme appartenant à la fami des langues indo germaniques ou am nés, on s'est cru autorisé à regarder I peuples qui en font usage comme u branche de cette grande nation qui, une époque inconnue, habitait les pi teaux de la haute Asie, et d'où sortire les Indiens, les Perses , les Grecs, I peuples italiques, les Allemands , et I* Celtes.

Cette souche arienne ne s'est pas toi à coup séparée en différentes tribu»

mais, prenant, comme les branches <fi même tronc, un développement idi svncrasique, chaque peuplade en se dét chant du centre prit son courant vers I contrées les plus propres à favoriser « développement et son établissement \ corps de nation.

Ce n'est pas sans raison qu'on pensé que les Celtes, qui se sont le pli avancés vers l'ouest, sont les premif qui ont quitté les hauts plateaux asial

2ues pour se diriger vers l'Europe, h eltes, les Germains et les Slaves (<i ment en effet le fond de la populatH du nord de l'Europe et parlent u langue de même souche (1).

Il y eut un second courant de pop lation qui dans des temps moins aocîe

S rit sa direction vers les côtes de (éditerranée , tandis que les Met perses et la famille indienne, resti

(1) Voy. Curtius Griesischt G«*^[ tome Ier. Les Gaulois en Asie, par Tett Revue des Deux Mondes, août i*4j -^ Ritter, Rrdkunde, tome IX, iS# parti* (J Gaiiier in Kleinasien, dans lequel cet «^ est traduit et développé.)

AngNS aux influences de l'Occident, sbâcaieot dans les régions de l'Asie «taie.

Lestai principales branches de cette no, m sont venues s'établir sur les etosé» la Méditerranée etqui,euégardà la vanité de leurs établissements, se sot de nouveau confondues à l'origine en temps historiques, les Hellènes et JslUUaoes, si l'on en juge par la confcraité de leurs langues et par l'intime nffort Qu'elles ont entre elles, se sont si m mêés que nous pouvons les conaiacr comme formant une même race jh a toujours conservé le sentiment «tactifdeson origine asiatique et par WKjpieQt son droit naturel à l'ocapauon totale ou partielle des terres

Si les Grecs n'avaient conservé auto* tradition au sujet de leur prewtr établissement dans la contrée à lafnfleilsont donné leur nom, il ne leur ratait non plus aucune notion de leur ^ttrdaosun autre pays; bien plus, ^«regardaient comme autochtones, t*« admettant que leurs prédéces- *■* liaient commencé par défricher J»J*éts, détruit les bétes féroces et «■éefcé leurs marais. Ces prédécesseurs ■Rappelaient Pélasges; c'étaient les fttm&i habitants de la Grèce ; il n'y **t aucun lieu du continent ou des koàle nom des Pélasges ne fût proa*** comme celui du premier peuple "* tas ces parages ; or les Hellènes tt tawiient lies à leurs prédécesseurs fcfctprleurs croyances que par leurs *■* S'il n'est pas possible de démonj^reette parenté à l'aide de documents ^toques, toutes les traditions conçoit cependant à regarder les Grecs t?«œe âne branche de cette race qui **ftht à l'occident dans l'Italie et la *to et à l'orient sur toutes les côtes et «assîtes de la Cbersonnèse d'Asie. Ce JJ«I« Grecs disaient des Pélasges se lie tuaient aux origines de leur propre neequ'onpeut considérer Fune et l'autre û*"on comme une seule famille et non PJ« comme deux races distinctes. En *** il n'y a aucune tradition pélasgique, Mçune divinité pélasgique que l'on !**•* mettre en opposition avec les jutions helléniques. Le Jupiter, le *■ péUsgique est invoqué par les

héros grecs , et le centre pélasgique de Dodone peut être considéré comme le berceau dé la Hellade (1).

Les Pélasges ne sont pas un peuple nomade et chasseur; c'est une nation qui se livre à l'agriculture et construit les premières demeures fixes pour les hommes et des lieux de refuge pour la communauté. Les sommets des montagnes sont les lieux sacrés réservés pour le séjour de la divinité que les nommes n abordent qu'avec une religieuse terreur. Cette tradition se perpétue chez les Grecs ; les sommets de rida, l'Olympe, et les nombreuses montagnes qui portent le nom de Dyndimène sont consacrés aux divinités que les Grecs aussi bien que les Pélasges ont honorées comme dieux nationaux. Les fils des Pélasges se sont établis en Attique en même temps qu'ils occupaient les côtes de la Chersonnèse d'Asie ; rien ne s'oppose donc à ce que l'on considère les Pélasges et les Grecs commeun seul et unique peuple, comme une même famille sous deux noms différents; mais le côté saillant du caractère des Pélasges, cette activité qui les pousse à former des établissements dans tous les lieux où leur race peut se développer, finit par s'effacer sous l'influence purement hellénique, et lorsque1 l'histoire commence à recueillir quelque tradition, les écrivains grecs ne trouvent qu'un jeu de mots pour nous peindre cette race puissante, ils ne nous laissent pour tout renseignement que ce mot : « Mous les appelons Pélasges parce qu'ils sont errants comme les Pélargues (2) ».

Cest cependant cette race d'origine arienne qu'il faut regarder comme les ancêtres des Grecs. Partout où les Pélasges se sont établis en Asie comme en Europe nous voyons la race grecque s'asseoir et prospérer; leurs migrations commencent pour ainsi dire avant l'origine des sociétés et avant que les peuples se soient formés en nations distinctes. Les terres d'Asie étaient livréesau premier occupant ; aussi dès les premiers temps les Pélasges vont-ils occuper la Thrace, les rivages de la Pro-

(i)Strabon, liv. V, aai.

Gigognes. Strabon, 1. V, p. mi et liv" IX, tt?.

LUNiVEftâ.

rtide et les côtes de l'Asie Mineure, s'attachent a la terre par le labourage et rélève des troupeaux, construisent des villes et deviennent les ancêtres de cette race d'où sortirent les trois branches de la famille hellénique.

Les Pélasges, comme leurs ancêtres ariens, rendaient un culte à une divinité incorporelle sans temple et sans statues ; ils rappelaient Zeus et la regardaient comme habitant les sommets des montagnes. Quand ils voulaient la représenter en rapport avec les hommes, elle recevait le nom de Dypatros ou Jupiter, et le Jupiter pélasgique inspirant une sainte terreur était honoré dans les forêts et faisait sa demeure dans un chêne sacré. Ce premier vestige du culte des nations ariennes se répand aussi bien dans les forêts de la Germanie que dans celles de la Grèce ; le chêne des druides est de même souche que celui de Dodone.

Le mont Ida et les hauts sommets des montagnes de la Crête deviennent des centres religieux autour desquels se réunissent les peuplades disséminées; mais leurs relations avec les autres races qui apparaissaient sur ces rivages leur apprirent à rendre sensible l'image de leur divinité, et ils ne tardèrent pas à adopter celles des peuples sémitiques établis sur les côtes méridionales de l'Asie et dans 111e de Crète. Là il y avait une population kenanite ou syrienne qui adorait la reine du ciel sous le nom d'Astarté et le Jupiter Pélasgique sous le nom de Baal; cette race syrienne n'était jamais parvenue à chasser ni à s'incorporer complètement la population non sémitique de la Crète; ce mélange forma la souche des populations non helléniques qui s'établirent dans les régions sud-ouest de l'Asie, et dont les Cariens forment le type le plus saillant.

Avec la famille pélasgique on remarquait sur ces côtes les tribus actives qui, sous le nom de Gergéthiens et de Cébrenniens , exploitaient les mines et les forêts de l'Ida, et vénéraient la grande mère Idéenne. Les Dactyles étaient leurs maîtres dans cet art qui passait pour surhumain; entre ces populations, on distinguait la belle race des Dardaniens, qui racontait avec orgueil comment, sous la conduite de son chef Dardanus, et

sous la protection du Zeus pélasgi

elle avait fondé la ville de Darch

L'époque de l'arrivée de Dard

sur les côtes d'Asie est trop rec

S Dur qu'il soit possible de la détera 'une manière tant soit peu proto Homère (l) estime qu'il s'était éc cinq générations entre Dardanu Priam, et Platon marquait l'arrivée Dardaniens dans la seconde pér après le déluge (2), lorsque la raec maine commençait à peupler les i mets élevés des montagnes, fai ses demeures dans les cavernes des chers et dans les antres creusés pai Cyclopes. Dardanie fut bâtie « I qu'Ilion avec «on peuple immense n'i

Sas encore , et qu'pn habitait au | e l'Ida arrosé de sources (3) ».

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