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CHAPITRE XIV

CABIKNS. — LBLEGES — LYCIETTS

Les Cariens, peuple mélangé , étaiert navigateurs et pirates commeles Pliéni ciens ; ils se rattachaient par eux aux n milles sémitiques de la Crète et parlw parenté avec les Pélasges et les Léléjes ils tenaient aux races établies dan l'ouest, les Mysiens et les Lydiens. D ce mélange était résulté une langue bal bare, qui n'était pas comprise des Giw et qui s'était répandue dans la presque de Lycie. Chez les Grecs ôe& âges su vants, les Cariens passaient pour m tochtones. Ils pratiquaient le culte d Jupiter, qui était celui des Pélasges, eti culte d'Apollon, auquel ils se disaie* redevables de leur existence en corj de peuple et même de leur langue. U Grecs de l'occident confondaient M Cariens avec une race qui se hhw»

dans le monde hellénique ccaW raine des Pélasges ; ce sont les Lélegw qui comme ces derniers coieniseat w vallées de l'Ida e* les pentes do w

Ïiease retrouvent sur les rivages tie un et de la Doride, où les restes de ki contractions colossales fout Tétuant des écrivains de Page ro- ■k Us Léléges jouent un rôle im« {■tttale monde héroïque; ils appâtai Troie comme en Lycie ils onpt le pays où devait se construire ■tftÊpbèseet sont unis de parenté *ls monarques troyens. Priam

C pour épouse une femme lélége, fe continent de la Grèce ce nom m ps moins répandu ; mais à l'engfedes Pélasges, qui out marché de M à Test, les Leléges sont censés •friela Carie et de la Crète, et se régnât dans le nord et dans l'ouest, ■focs, qui rapportent toute origine w propre nation, les personiGent gfchérog Lelex, premier roi de Lajnne, qui régna dans le dix-hui»

gfièele avant notre ère. Ces peuples W par se fondre dans la colonisafetaienoe qui vers le même temps jy*Me à se répandre sur les côtes «aChersonnèse d'Asie.

«cette puissante race pélasgique JJjTit toutes les côtes de F Asie jjjjjyde la Thrace et de la presqu'île Jjjjjpe sortirent presque tous les W» Boo-sémitiques de la Cherson- 2£isie. C'est de cette période qui ^encore de plusieurs siècles les P^rtoriques que date l'introduction JJjj* famille grecque des dieux de 2* •fente mêlés aux traditions lé- J*ws qu'ils allaient recueillir sur » 2* k cotes où les Phéniciens étaient Î*5- De la période carienne .et lé- JMate l'introduction du culte de ?*wn et du grand centre religieux Jwanehydes. (Test de cette époque ■transition entre la civilisation Cm ou lélége et l'état helléni- Pj* datent les premières no- ?«e géographie, presque toutes baya» des traditions légendaires. La JW des fleuves et des montagnes ^FHrt leurs noms de quelque divirfjypique ou d'un caractère saillant 2?* h tous. Les premières mi- 5r°5 des peuples hellènes sur les ^£Asie n'ont pas eu pour résultat Z**« la fondation de villes et de ?* <te population. Pendant bien ^PwapBils se sont établis dans les

conditions de colons temporaires, et ce n'est qu'après avoir formé un noyau de population qu'un chef se présentait pour les réunir en société politique.

Quand les écrivains grecs nous disent que telle ville fût fondée , ils expriment seulement que la communauté qui existait déjà s est trouvée assez nombreuse et assez forte pour se donner un chef et des lois. La métropole participait à ces créations d'outre-mer en créant avec la nouvelle colonie des relations commerciales qui faisaient pour ses marchands un comptoir de plus. La plupart de ces établissements se formaient sur les côtes ou à peu de distance de la mer; l'intérieur du pays, placé sous le pouvoir plutôt nominal que réel des rois d'Assyrie et parcouru par des tribus de race sémitique, n'offrait aux colons isolés qu'un séjour plein de dangers ; mais l'établissement de la monarchie phrygienne, qui précède de plusieurs siècles les temps historiques, créa une barrière entre les sémites et les races occidentales; les premiers acceptèrent le fleuve Halys comme limites de leur territoire. Dès ce jour l'inimitié entre les deux races fut jurée de part et d'autre, et trente siècles ne l'ont pas vue s'affaiblir.

Les Phrygiens appartenaient à la race thracique et avaient apporté en Asie les éléments de civilisation des Pélasges. Le peu de mots que l'on connaît de leur langue suffit pour faire reconnaître qu'elle appartient à la souche arienne; leurs caractères sont les mêmes que les caractères Grecs les plus anciens, et ils avaient l'habitude d'écrire successivement de gauche à droite et de droite à gauche , méthode appelée Boustrophé* don, que les plus anciens Grecs pratiquaient à l'origine de l'écriture et qui a toujours été ignorée des peuples se' mitiques ; cela suffirait pour faire établir la parenté entre les deux races. La monarchie phrygienne devint avant la fondation de Troie une des plus puissantes de l'Asie occidentale, et déjà à l'origine de l'histoire grecque la Pnrygie avait des traditions qui attestaient une grande individualité passée. Elle avait eu ses rois indigènes ; son culte , qui était conforme à celui des autres nations pélasgiques, était organisé d'une

L'UNIVERS

manière puissante ; c'était de cette souche que devait sortir la nation troyenne destinée à subir le premier choc armé de l'Occident. Les Troyens, en effet, se regardaient comme Phrygiens. Lorsque dans VHécube d'Euripide Agamemnoo parle de ses ennemis vaincus et de leur ville détruite, il les désigne sous le nom de Phrygiens, « Si nous savions que les tours des Phrygiens sont tombées sous nos coups, ce bruit étrange nous eût remplis de frayeur. Misérables Phrygiennes! 6 monstres! quelle retraite les dérobe à ma fureur ? s'écrie Polymestor aveuglé par les Troyennes. » Il y a pour le peuple troyen une double parenté avec les Phrygiens et les Darda niens. La famille de Tros forme une nouvelle branche par les frères llus et Assaracus. Gapys, le fils d'Assaracus, porte un nom phrygien ainsi que Dymas, un des gendres de Pria m. C'est par cette alliance des peuples déjà établis dans la Chersonnèse d'Asie que la puissance des Dardaniens se développe, et le royaume de Troie s'étend sur les contrées où les Phrygiens, lesPélasges, les Assyriens, les Phéniciens et les Hellènes s'étaient tour à tour établis. Si l'on compte les peuples alliés ou tributaires , de Troie, on voit que le pouvoir d'Uion s'étend sur toute la côte occidentale.

Le peuple lycien, dont l'origine remonte aux temps primitifs de la Grèce, était aussi uni aux Troyens par une étroite parenté. Aussi les noms de villes et les dieux de la Lycie se retrouvent en Troade comme si ces deux Etats n'en eussent formé qu'un seul.

Les Phéniciens, maîtres du Taurus comme de la Cilicie et les peuples sémitiques venus de Syrie, s étaient répandus dans la presqu'île de Lycie, et avaient formé la population des So« lymes.

D'un autre côté, les tribus Cretoises appelées Termiles ou Tramiles honoraient Sarpédon comme leur héros, s'avançaient de la mer jusque dans le haut pays, fondaient leurs places fortes, et. retranchées derrière leurs solides murailles, donnaient un puissant essor à l'esprit guerrier qu'elles avaient puisé chez les Cretois (t).

(x) Hérodote, liv. VII, 9a. Les Lycien*,

Les Lyciens Cretois s'étaient été; des bouches du Xanthus jusque l'intérieur du pays, et le culte polio n, qu'ils avaient établi, se ré rapidement sur la côte d'Asie, est ti porté en Grèce, et la légende du j Ion, fils, d'Apollon, auquel la pi présage une race illustre sur les t d'Asie , cette tradition montre l'io parenté qu'il y avait entre les pi tifs Hellènes et ces races envahissî des Lyciens et des Cretois « au « marqué par la destinée, leurs em peupleront les îles des Cyclades e côtes voisines, de villes riches el rissantes qui feront la puissanci mon peuple. Ils s'étendront au loii les deux continents opposés de 1 rope et de l'Asie et celui-ci prendi nom de l'Ionie en mémoire du fils pollon ». C'est aiusi que Mi nerf) vêle au jeune Ion les destinées fui de sa race ; Ion lui-même est le (Il dieu de la Lycie (1). Dans la vill Patare s'élevait le premier grand I pie et l'oracle d'Apollon Lycien reçut dans la ville même d'Athèm culte le plus suivi.

Ainsi se formait en Lycie connu Troade une puissante alliance de ] pies de races diverses, qui, excitées unes par les autres, voyaient s'évei en elles le génie de la civilisation e la religion; mais l'esprit histori n'était pas encore né ; les oracles dieux et les mythes religieux ah baient toute autre tradition.

Le culte rendu au fils de Lat avait fait naître chez le peuple cien un respect de la femme qui n^e tait pas chez les autres races pé giques. De jeunes prêtresses attact aux autels d'Apollon paraisse comme les organes de la volonté dieu, et la race des matrones étai honorée que c'est à leur nom que s tachaient Jes titres de famille. Ap l'art de la guerre, le génie des Lyçii s'est surtout développé dans la sciei des constructions, et la Grèce el même demande aux enfants de J

originaires de Crète appelés jadis Ter*»

K irent ensuite leur nom de Lycus, ni» athénien Pandion.

(1) Euripide, ion à la fin.

en te altistes pour élever les monu- ■aïs les plus sacrés. Les villes de Lycie formaient autant d'États confédérés, et c'est dus le développement de cette scia» politique que se manifeste le rànToprit du peuple lycien.

U aoformite des noms lyciens <p Ton rencontre à chaque pas dans Je territoire de la Troade et dans les acte de la grande épopée troyenne iieot encore fournir la dernière preuve éfU parenté intime qui existe entre te Troyens et les Lyciens. Les deux pn sont liés par une commune orim; ils honorent les mêmes dieux «•ne Zens Triopas et Apollon , les tas héros comme Pandarus et Belbopoon; ils ont les mêmes fleuves, les eraes noms de montagnes ; une partie «le U Troade portait le nom de Lycie, pris du nom de ses habitants; de même «Lyciens dans leur propre pays portàat le nom de Troyens. Cela ne peut te de la dispersion de la nation tartane, mais avait déjà lieu du temps fc la splendeur du royaume de Priam.

Cette parenté date des temps antétariqaes ; elle s'unit avec celle des Cràoii par la famille de Sarpédon, ce foe de Minos qui le premier alla ftfeùer la Lycie avec les Cretois et «fréta au secours de Troie. Vaincu et taépar Patrocle , son corps est enjj*éài champ de bataille par les soins «Apollon lui-même, qui le fait re- Pta en Lycie, où il reçoit sa sépul-

Drfalte donc de cette concordauce «Jûiti qu'à l'époque primitive de ^^issement des Européens sur cette ^ed'Aîde, les Pélasges d'abord, puis « Phéniciens formèrent un noyau J population qui s'augmenta des Dar- Qiiens Tenus de Mysie et des Cretois *aw des îles, et forma avec le connw» de la Pbrygie ce peuple troyen Jti le premier ouvre le cycle des faits "«toriques.

La création du royaume de Priam KQût en une seule nation les tribus ^poissantes qui s'étaient établies jjjj* cfoes; mais il ressort du récit Jjœ d'Homère et de toutes les trato?ni <nù avaient cours dans la haute «tjquite, qu'avant la formation de ce "yiome il avait existé au centre de

l'Asie un empire florissant qui se coufondit avec le royaume de Priam.

Cet empire c'est la Pbrygie, dont les traditions religieuses et historiques se perdaient dans les obscurités du passé; aussi les historiens grecs regardaientils les Phrygiens comme la plus ancienne nation de l'Asie. U Iliade, le premier livre qui réunisse les traditions recueillies dans l'esprit etau point de vue hellénique, nous montre Dardanus, le chef des Dardaniens, comme un fils de Jupiter, c'est-à-dire de la famille des Pélasges; d'autres traditions mythiques le faisaient passer pour originaire de Samothrace (l). La tradition troyenne le représentait comme fondateur de Dardanie, dans les hautes ré- Sions de l'Ida ; cette contrée devient le erceau de la race troyenne. Tros donne son nom aux Troyens. Il est père d'Ilus qui fonda Ilion aux rives du Scamandre.

Laomédon, 61s d'Uus, bâtit la citadélie du Pergama avec le secours d'Apollon et de Neptune, dieux lvciens, qui fut détruite une première fois par Hercule, dieu phénicien.

Priam, fils de Laomédon, réunit dans son alliance tous les peuples de l'occident de l'Asie jusqu'à la Lycie, les Phrygiens et les M) siens, Leshos et l'Hellespont. U est également l'allié des monarques d'Assyrie puisque l'Assyrien Memuon vient au secours (Tl lion et meurt avant d'avoir pu effectuer son retour.

Il ressort de ces traditions quelques faits très-intelligibles lorsqu'on les compare aux récits qui avaient cours dans la haute antiquité asiatique. Le nom d'ttion parait n'avoir qu'une signification toute locale, tandis que le nom de Troie représente la capitale ou plutôt le berceau de la race des Troyens, des Dardaniens et des autres branches, comme celles des Teucriens et des Lyciens, qui n'ont formé qu'un même peuple. Les Lyciens de Pandarus ne font au'un corps de nation avec les Troyens d llion.

Assaracus, père de Capys (2) et grandpère d'Anchyse, porte un nom assy-

(0 Pausanias, VII, ch. S.

(a) //., "XX, *39.

L'UNIVERS

rien et le nom de Capys a un caractère phrygien; Hécobe, la fille de Dymas, est née en Phrygie aux rives du Sangarius, et le nom même d'Hector paraît n'être qu'une traduction du nom phrygien de Darius. C'est du moins l'opinion d'Hesychius : « Darius , chez lesPerses, signifie homme prudent, chez les Phrygiens il signifie Hector. »

Toute la Phrygie, le pays des Léléges, la Teuthranie , l'iEolide et la Lycie ne formaient qu'une seule confédération dans laquelle les Cariens étaient enclavés. On conçoit que les premiers colons grecs n'avaient d'autre choix que de se soumettre aux lois des Troyens ou de combattre cette puissance, qui devenait formidable. Aux alliés asiatiques de Friani il faut encore joindre ses alliés d'Europe et surtout la Thrace, qui à cette époque regorgeait de population. Déjà les premiers Brygès, sous la conduite de Midas, avaient franchi le détroit, et d'autres tribus étaient toujours prêtes à entreprendre des expéditions à la solde de ceux qui pourraient les nourrir; les Teucriens étaient de ce nombre. Il faut aussi compter les anciennes alliances des M inyens avec Lemnos, ceux des Thébains Cad miens avec la Samothrace, et par-dessus tout l'alliance de Persée, fils de Danaë , prince d'Argos et de Corinthe, avec la Lycie, pour comprendre les intérêts variés et contraires gui agitaient ces populations.

Aussi profondément qu'on peut pénétrer dans les origines de l'histoire du peuple grec, on acquiert la conviction que la différence entre les temps pélasgiques et helléniques résulte de ce fait : les premiers sont dominés par les influences extérieures et ne savent pas résister à l'absorption ; lorsque la nation grecque commence à se constituer, 1 esprit d'individualité et d'autonomie devient tellement dominant que les Grecs se plaisent à croire que le monde entier sort de leur race et n'existe, pour ainsi dire, que par leur bon plaisir; c'est alors qu'ils cherchent à secouer toute influence étrangère et tout pouvoir qui n'émane pas d'eux-mêmes; ce qui ne peut se faire sans des luttes incessantes et de snn^hnts combats. C'est alors

qu'on voit se dessiner dans l'bistcj les noms nouveaux des Àcbéens,! jEoliens, des Ioniens et des Dond parmi lesquels les Achéens, au le»

d'Homère, étaient les dominateurs] les chefs aussi bien dans la Hew que dans le Péloponnèse. Tant qà peuvent se développer sur leur ten toire européen, ils restent en relatioj pacifiques avec les Asiatiques; nu l'heure de l'expansion étant venue, Ta des colonies asiatiques commence. Li uColiens sont les premiers qui aia imprimé ce mouvement; ils sont li

f>lus anciens entre ceux qui ont ©ccui es côtes d'Asie; ils se sont élabl dans les contrées mêmes où florissait royaume de Priam et sont partis soi la conduite de chefs qui se regardai»

comme les descendants de Ménclasi cTAgamemnon.

On a déjà remarqué que cette grand épopée troyenne résumait l'histoire d ces établissements des Grecs sur 1< ruines de l'empire de Prram, et que 1 chute dllion doit être considérée biû moins comme un fait local que comra le résumé d'une grande tradition bis torique.

La ruine de Troie arriva avant l'é tablissement des colonies ioniennes cependant il y avait bien lonçterap que les Ioniens étaient en relation d commerce et de politique avec les PW niciens et les Egyptiens ; mais ils n'j vaient sur les cotes d'Asie que desétî blissements précaires. Le développema que prit la race grecque donna naii sauce aux profondes inimitiés qui exii tèrent de tout temps entre les Grecs i les Asiatiques ; les premiers de pacif ques Pélasges sont devenus les bell queux Hellènes et les envahisseurs t 1 Asie Mineure. Le souvenir de laguen de Troie entrelient chez eux cet espr de conquête, et le récit des hauts fat de leurs ancêtres ravive d'âge en ij le sentiment de leur valeur personnel et de leur autonomie.

Quoi de plus grandiose que ce t; bleau de la chute de Troie , qui ai traditions les plus vivaces réunit l< beautés tragiques les plus émouvante Puissance, gloire et richesse se réuni saient dans cette race dardauiennedoi l'origine remontait à Jupiter. Quelspe

\ roy*ulé patriarcale que ce

h»sc ses nombreux enfants, ses

remplis et ses mines inépuisables

ami l'envie de tous les peuples,

; de lui la féconde mère Hécube,

ifc&i des plaines de la Phrygie,

tiçotu dans sa jeunesse avait

's* les Amazones, et parmi ses

Ik aoble et valeureux Hector,

if Apollon entre tous les héros.

iVet évanoui et changé en désert

i les dieux ont détourné leurs re-

e cet empire florissant ; lorsque

«os, conduits par les Atrides

«es par Achille, ont posé leurs

rla terre d'ilion.

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