Plutarque, PericL, XXXU
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Hermippe se bornait vraisemblablement à rapporter, en les amplifiant, les commérages de l'agora. Ces calomnies — nous pensons que c'en étaient — avaient toutefois une apparence de vérité. Les Athéniens n'avaient point accoutumé de voir leurs femmes légitimes fréquenter des hétaires: en recevant chez elle des femmes citoyennes, Aspasie s'était exposée à de graves soupçons.
Quoi qu'il en fût, Aspasie courait un grand danger. Pour chacun des deux délits dont elle était accusée, et qui était qualifiés crimes par la loi athénienne, elle était passible de la peine capitale*.
Aspasie aurait pu fuir avant le jugement.
Sans doute Périclès aimait trop sincèrement sa maîtresse pour ne pas lui proposer de suivre l'exemple d'Anaxagore. Mais la Milésienne comprit que quitter Athènes et se laisser juger comme contumax, c'était pro-
1. Platon, Apolog, Socrat.; Eschine, G. rimarc*., 160, 165 Dinarque, C. Démosth,,^; Meursius, Thémis Attica, I, 7. — Une peine moins rigoureuse, Texil ou une grosse amende, pouvait aussi être prononcée.
voquer une condamnation certaine, c'était se séparer de Périclès. Et, à ce moment-là surtout, le pauvre grand homme avait besoin de l'afifection d'Aspasie. Il sentait l'opinion contre lui, on lui avait enlevé ses plus chers amis, enfin ses adversaires, enhardis, venaient de lui intenter un procès en reddition de compte, pour cause de péculat, de concussion et d'injustice*. Aspasie se présenta courageusement devant les dikastes. Il paraît probable que Périclès plaida pour elle, car la loi n'autorisait pas la femme à présenter elle-même sa défense. En tout cas, Périclès intervint au cours des débats, ' suppliant les juges et ne craignant point de laisser voir ses larmes. Le tribunal acquitta Aspasie^. -
1. Plutarque, PericL, XXXIlï. Cf. Diodore de SicUe, XII, 38-39.