‹ Aspects Atypiques de l'Acrodermatite Continue d'Hallopeau (volume 2)Chapitre 12 sur 25 · UNE LEE · texte numérisé non relu

UNE LEE

thèses pathogéniques, notamment l’absence de iout germe microbien constatée dans les vésicules jeunes (Mestchersky Ann. de Derm. 1906 p. 1007). Aussi, certains auteurs, comme Bodin, dans l’impossibilite de se faire une opinion indiscutable sur ce sujet, préfèrent-ils essayer de faire entrer les acrodermatites dans le cadre d’une dermatose connue :

dermatitis repens de Crocker (Stowers, Sutton, Crocker),

dermatite polymorphe douloureuse de Brocq-Dühring dont l’acrodermatite ne serait qu’une forme localisée (Carle, Bodin, Mestchersky),

impetigo herpétiforme de Hebra (Pospelow).

On peut se demander avec M. Gougerot si les formes graves généralisées d’'Hallopeau ne peuvent se rattacher aux singulières dermo-épidermites pustuleuses qu’il a décrites sous le nom de « dermo-épidermite pustuleuse miliaire et érythémato-squameuse nummulaire et en placards à progression centrifuge ». (Congrès de Dermatologie de Paris 6 Juin 1922 p. 172). |

En somme, sur la nature comme sur la pathogénie des acrodermatites, on n’a pû émettre jusqu'ici que des hypothèses et, devant cette incertitude, ce n’est pas ici le lieu de reprendre les arguments invoqués pour soutenir ou infirmer chacune d'elles.

Quant à l’anatomie pathologique des lésions cutanées elle a été rarement étudiée. Cependant, dans un travail de Mestchersky (1) on trouve une descrip-

(1) Mestchersky. — Ann. de Derm. 1906, p. 1007.

tion complète des lésions histologiques de: l’acrodermatite à son début. Cet auteur conclut à « une dermoépidermite superficielle aigue très limitée, accompagnée de la formation de petites phlyctènes confluentes dans l'épaisseur de l’épiderme. » Il ne trouve aucun microorganisme dans le contenu des phlyctènes récentes, l'invasion du liquide par le staphylocoque serait donc secondaire et ne jouerait aucun rôle dans la genèse de la maladie.

L'examen histologique des nerfs a été pratiqué par Laffitte dans le seul cas qui se soit terminé par la mort (Frèche-Hallopeau-Laffitte Ann. de Derm. 1899 p. 563). Il a montré, au niveau du Cubital, quelques tubes à myéline moniliformes, — au niveau d’un des nerfs collatéraux du gros orteil, une fragmentation de la myéline et, en certains points, une gaîne de Schwann vidée de myéline. Donc, lésions de névrite nettes. Mais Bodin considère que ce cas a été englobé à tort dans le cadre des acrodermatites; il ne lui trouve aucune différence avec l’impétigo herpétiforme de Hebra.

Il est inutile d’insister sur toutes ces notions étiologiques, anatomo-pathologiques et pathogéniques; leur incertitude montre assez qu'il est impossible de s'appuyer sur elles pour établir un rapprochement entre les lésions érythémato-squameuses décrites par M. Gougerot et l’acrodermatite classique. ;

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