I. — Technique de lPépreuve ordinaire de latropine
Le malade est couché dans le décubitus dorsal depuis quelques minutes ; il observe le silence. Il ne fera aucun mouvement important (changement de position par exemple) pendant toute la durée de l’épreuve. Les bras, le cou et la poitrine seront libres afin de pouvoir observer le pouls, la jugulaire et la pointe du cœur. On lui passera le brassard sphygmo-manométrique de PacHon à un bras de facon à mesurer la tension artérielle à l’humérale et à ausculter le pouls au-dessous.
Il faut à ce moment prévenir le malade des sensations de sécheresse de la bouche et des troubles de la vue qu’il
éprouvera, et lui recommander de les décrire. On prend le pouls à plusieurs minutes d'intervalle, pour vérifier sa stabilité, et on fait l'injection d’atropine (sulfate neutre en solution aqueuse). La dose employée est généralement de 1 mgr. 1/2 ou 2 mgr. Elle n’est jamais inférieure à 1 mgr. car l’accélération serait négligeable. Nous recommandons de ne pas dépasser 2 mgr., lors d’une première épreuve, chez un malade dont on ne connaît pas les réactions. Une dose de 1 mgr. 1/2 nous paraît celle qui convient le plus généralement, elle est suffisamment forte pour produire des ‘effets notables. Si elle’ est négative ou faiblement positive on doit la recommencer, par exemple deux ou trois jours après lorsque l’éimination du poison est certainement complète. On doit. alors fairé une dose plus élevée et selon les réactions de la première épreuve on injectera 2 mgr., 2 mgr. 1/2, même 3 mgr. de sulfate neutre d’atropine. On a vu en effet des épreuves peus devenir ainsi positives. |
Par la voie sous-cutanée, les premiers effets se font sentir entre la dixième et la quinzième minute, mais la période d’accélération maxima est tardive : 40, 50 minutes, parfois plus d’une heure après l’injection. C’est pourquoi nous préférons la voie intra-musculaire qui agit un peu plus rapidement. La voie intra-veineuse est excellente, et donne des résultats immédiats, mais nous conseillons de ne pas injecter plus de 1 mgr. ou 1 mgr. 1/2 en une fois. Si en effet, DANIELOPOLU la préfère à toute autre, c’est qu’il emploie, ainsi que nous le verrons, des doses fractionnées successives. Mais un cœur, déjà ma-
‘ lade, recevant brusquement 2 milligrammes d’atropine,
peut en souffrir.
L’injection doit être rapide et peu douloureuse, la douleur produisant une accélération qui peut troubler a phase de ralentissement du début.
Ve + EE U
-On observe alors le pouls du malade. La plupart des auteurs recommandent de le prendre toutes les dix minutes; c’est trop peu. Il faut le prendre régulièrement, toutes les cinq minutes. Personnellement dans certaines épreuves, nous l’avons noté toutes les minutes en le comp: tant pendant quinze secondes. On voit alors d’assez nombreuses variations dans le chiffre des pulsations, pouvant atteindre 4,8 et même 12 pulsations à une minute d’intervalle. C’est qu’en effet, une simple erreur. d’observation d’une pulsation est multiphiée par 4 et entraine mathématiquement une approximation de 8 pulsations. Cela n’a d’ailleurs que peu d'importance et ne peut influer sur l’allure générale de réaction rythmique.
Par voie sous-cutanée ou intra-musculaire la période de ralentissement est longue et bien marquée, quelle que soit la dose injectée ; elle est simplement raccourcie pour une forte dose. Sa durée est d'environ 10 à 15. minutes, le ralentissement atteint de 4 à 10. pulsations ; parfois cependant il manque.
L’accélération commence vers la dixième ou quinzième minute, on voit alors le pouls ralenti, s’accélérer et bientôt atteindre (15° minute) son chiffre primitif puis battre: de plus en plus rapidement jusqu’à un maximum très variable. Souvent l’accélération est seulement de 20 à 30 pulsations, parfois elle dépasse le double du chiffre primitif. Le pouls reste à ce chiffre maxima pendant un temps variant de quelques minutes à plus d’une heure, puis il redescend progressivement jusqu’au chiffre primitif qu’il atteint soit deux à cinq heures après l’injection, soit seulement le lendemain.
Si on a employé la voie intra-veineuse, les effets sont immédiats. La phase de ralentissement est ou très, raccourcie (1: à 2 minutes) ou totalement supprimée ; parfois Paccélération du pouls commence avant la fin de l’in-: jection. Dans ces conditions l'épreuve agit plus rapide-
ment et présente certains AO qe nous éxposerons “éplus" loin.)
On peut grouper les chiffres observés en colonne, en soulignant les points minimum et maximum, au crayon de coulèur et en.indiquant toutes les sensations que le malade vous décrit au fur et à mesure de l'épreuve. Mais ces tableaux de chiffres sont peu démonstratifs, aussi conseillons-nous (1) de les reporter immédiatement sur un graphique de façon à établir une courbe ainsi qu’on le fait pour la température. En ordonnée on inscrit le chiffre des pulsations, variant de 50 par exemple à 150, et en abcisse le temps en minute, le 0 correspondant au moment de l'injection. Il suffit alors de jeter un coup d'œil pour lire l'épreuve qui étant toujours faite à la même échelle donne des résultats comparables. Puis en travers on note les incidents de l’épreuve et certaines observations complémentaires (caractères du pouls, tension artérielle). C'est ce que nous avons toujours fait et à titre d'exemple, voici (fig. 1) le tableau d’une épreuve d’un malade dont nous rapportons l’observation dans un chapitre ultérieur.
Pour donner une valeur réelle à l’épreuve il faut la contrôler par des enregistrements graphiques. Au lit du malade les polygraphes de MoucEor ou de MACKENZIE, ou tout autre appareil analogue, permettent de prendre simultanément 2 tracés : pouls radial et jugulaire ; on peut même parfois ajouter celui de la pointe du cœur, Il faut alors prendre des tracés témoins avant l’atropine puis d’autres lors de la première phase de ralentissement, lorsque l’accélération commence, lorsqu'elle est maxima, et vers la fin de l’épreuve, plusieurs heures après l’in-