III. LES VOIRIES
Voirie de Bondy. — Après l’exécution du canal de l’Ourcq, les ingénieurs de la Ville cherchèrent le déplacement de Montfaucon par l’organisation des transports de navigation. Ils songèrent d’abord à Épinay près de Saint-Denis, puis choisirent Bondy, situé à 10 kilomètres de Paris, sur le canal et au milieu de la forêt. Les premiers travaux datent de 1816 ; ils furent retardés par l’opposition du duc d’Orléans, propriétaire du domaine du Raincy. Enfin, en 1826, les obstacles étaient levés et dans une clairière de 32 hectares on creusait trente bassins d’un hectare chacun, pouvant recevoir les fonds de fosses et les matières fortes.
Mais ce mouvement vers Bondy ne débarrassait encore Paris que du quart environ de la vidange, représentant les solides. Les liquides continuaient à remplir les bassins de Montfaucon : tout le malaise des quartiers infectés subsistait.
Le cube des apports journaliers avait grandi de 60 à 250 mètres cubes ; non seulement pqp l’accroissement de la population, mais par suite des prescriptions plus sévères de la police de l’hygiène, et par la pénétration de l’eau dans les habitudes domestiques.
La coutume de Paris, déjà sous Louis XII et François I", exigeait qu’il y eût un puits dans chaque maison de la ville et des faubourgs. Du temps de Colbert, en 1668, on y ajouta l’obligation des fosses-étanches. Sous la Restauration, l’ordonnance de 1819 fixa toutes les conditions de construction, de réparations et de visite des fosses.
En même temps, s’introduisait dans les maisons riches le luxe des cabinets de toilette largement pourvus d’eau, des bains à domicile et des water-closets.
Les fosses devenaient des réservoirs qui gardaient tout, et les vidanges devenaient pour les propriétaires une lourde charge.
Évidemment il y avait à transformer un pareil régime.
Boues et fumiers. — Quant aux boues et aux fumiers, ils furent d’assez bonne heure saisis par la culture. Les fumiers font encore la fortune des maraîchers de primeurs de la banlieue.
Les boues, sous le nom de « gadoues », ont été longtemps prises par les charrettes des cultivateurs au retour du marché; elles ont au nord, dans la plaine de Saint-Denis et jusqu’à la vallée de Montmorency, fertilisé les champs. Mais à présenties odeurs qu’elles dégagent par la fermentation portent les maires des communes de villégiature à restreindre le mouvement, en interdisant les dépôts publics et en exigeant des enlèvements presque immédiats hors des gares.
L’enlèvement des boues constitue pour le budget de la viabilité une charge qui va toujours s’aggravant, tandis qu’elle devrait être une ressource financière.
Résumé de la période. — Eu résumé, le canal de l’Ourcq est la grande trace que laisse la période qui comprend le premier Empire et la Restauration. 11 apporte plus de 200000 mètres cubes, dont 100000 alimentent la navigation affranchie de la traversée sous les ponts, passant librement de la haute Seine à la basse Seine, et créant au bassin de la Villette un port de commerce de premier ordre. La seconde partie des eaux d’Ourcq au chiffre de 80 000 à 100 000 mètres cubes, va servir à réaliser le rêve d’assainissement que Parent-Duchâtelet concevait en présence du régime infect du vieux Paris.