‹ Assemblée à Saint-Hyacinthe le 8 décembre 1885 pour protester contre l'exécution de Riel [microforme]Chapitre 4 sur 5 · SR · texte numérisé non relu

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maintenant, j'en ai aucun donte, ils comprennent que s'ils eussent montré plus d'indépendance dès les premiers ates d'hostilité de Sir Johu à notre égard, ce dernier eut craint de perdra notre support et notre appui, vu qu'il était alors en minorité dans le Haut Canada. Habitué à voir daus les représentants de notre race des hommes honnêtes et désintéress6s, il eut craint que len irijuatices no les éloi

guassent de lui Mais, nou, depuis une quinzaine d'années l'esprit de parti l'a emporté sur l'amour du pays, la fièvre des

positions honorifi jues et lucratives a aveuglé beaucoup de nos hommes publics Sir John a cru pouvoir ss permattre de noug maltraiter sans encourir le déplaisir de nos nutionaux. Aussi a-t il agi sans gêne Cha.

cun de ses actes hostiles lui éfournissait une preuve de l’insouciance des nôtres, de leur apatl.ie, !l a continué son œuvre de des.

truction lente. C'est duns cette conviction, il n'y a pas à on douter qn'il a frappé son dernier couv, croyant cette fois encore qu'il réussirait à faire ureepter l'exécution de Riel et, ma foi, il ne s'est pas trompé, car n'eut été que le soulèvement du peuple à la nouvelle que Riel allait Gtre peudu, que nos députés fussent restés tranquilles et que le meurtre de Régina fat passé inaperçi.

J'en suis arrivé à la véritable question du jour la première au point de vue politique et pratique, Il m'a semblé qu'en vu du fait que le gouverueuent qui a commis ce meurtre judiciaire cherche présentement a donuer lechange à l'opinion +n en appel.

lant à votre patiotisme et en proclamant que nous commençons uue guerre de race, il m'a semblé qu’en vue de ce fait, nous devions j-ter un regard en arrière et constater le fait de la provocation à uue guerre de races depuis 20 ans par ceux même qui, abasant de notre confiance, s'eu sont servi pour nous écraser,

J'ai déjà trop abusé de votre patience pour me permettre de discuter le crime qu’à corumis le gouvernement en ordonnant l'exécution de Riel, D’autres bouches plus éloquentes et mieux renseignées que moi vous en parleront Mais je ne saurais me retirer “ans accomplir la promesse que je vous 4i faite au commencement, celle de vous parler des documents que la presse vient de publier.

Dans le premier, le gouvernement qui a pendu Riel plaide sa cause, dans les deux autrés, c'est un ministre, M. Chapieau, qui vherche je ne dirai pas à justifier sa posi.

tion, mais je dirai à embrouiller la question et à faire du pathétique,

La simple lecture de ces pièces ingpire du dégoût au lecteur, Il y voit un gou-

vervement jouer une force quand il s'agit de la vie de plus de 200 victimes de sa criminelle administratien. Le temps presse j“ ue puis pas me permettre de tont comm-nter ces longs écrits, mais j'en dirai assez pour vous en fuire‘voir le peu de valeur.

Sir A, Campbell vous dit, en réponse à l'accusation que nous portons contre le gouvernement d'avoir, par sa mauvaise admiuistration des affaires du Nord Ouest, cansé la rébellion, Sir Alexander vous dit qu’il n’a rien à répondre à cela, que c'est au F'arlement que le gouvernement est responsable et que quand il sera acçusé constitutionnuellemeut, il se défendra et démontrera son inuocence,

Rmarquez, messieurs que cette question est déjà venue devant les Chambres, qu'elle y a été discutée, que les débats en ont été publiés et que nous avons en mains la défeuse de la politique du gouvernement dans le discours de Sir John A, Macdonald le 6 juillet 1885.

Ce discours à été distribué avec profusion par les adversaires du pr: mier ministre et la presse en 2 publié quelques parties.

Demandez à ceux qui l’ont lu et ils vous diront qua c’est un bien piètre dis.

cours que la culpabilité de celui qui le prononce y parait clairemant malgré tout le talent qu’il déploie pour jater la pierre à son voisin le chef de l'opposition—lorsqu'il Jui dit qu’il n’a pas plus maltaité les habitauts du Nord Ouest, que le gouvernement libéral qui a précéde le sien, ne les a maltraités. —Muagoifique argamert n'est-ce pas ? Et dire aurès cela qu'il y a des hommes asrez intelligents pour suspeudre leur jugement sur la culpalité du gouvernement actuel, et qui veulent attendre des explicatious des ministres. Ces explications viennent d'être données dans les documents que nous sem ues à considérer et qui ne valent pas mieux que le discours du chef, ainsi que ce que js vais en dire l’établira. Vous verrez cependant que ceux qui ont attendu les explications des miuistres, attendront encore car c’est tout autre chosé que des explicatiois qu’ils attendent.

Sir Alexandre dit ensuite qu'il a été prouvé en cour que Riel n’était pas maniaque, Je réponds que cet allégué n’est pas exact, il y a eu prenve pour et contre, de plus la conduite de Riel dans la prison prouve sa monomaunie, et sur la potence où il s’est montré si bon chrétien, où il a eu suffisamment de vertu pour déclarer qu’il ne voulait pas que Dieu lui pardonnât plus qu'il ne perdonnait à ses ennemis et à ses bourreaux, N'a t il pas fait preuve de mo.

nomanie quand il a demandé an Père André la permission de parler, qu'il avait une Mission à remplir, Que Sir Alexaudre ne

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nons montre danc une loi qui autorise à per re un maniaque. Mis, dit Sir Alexander, il y a preuve que Riel savait à quoi il s'exposait en se révoltant contre l'autorité légitime.

Sane doute, Messieurs, que Riel n'était pas un idiot, mais sa mouomanie lui enseignait qu'il était prophète et que Dien l'ins pirait, ce qui fait qu'il n'étuit pas libre de refuser d'obéir à Dieu pour obéir aux hommes, Sir Alexandre eût dû comprendre cela,

Le ministre de la justice allègne que le procès de Riel a été fait suivant les lois en force au Nord-Ouest, savoir, devant deux magistrats et six jurés choisis par le juge, c'est vrai; mais il ne dit pas que duraut la dernière session l'attention du gouvernemeut a été attirée sur l'importance de changer ceite lot e vue des questions graves qui allaient nécessairement soumises à cs tribunaux et que le gouvernement «a refusé, préf-rent avoir pour jugrr Rial et les autres prisouniers des juges moius iudépendants et un jary tout p riicuièrement choisi parmi les adversaires des imétie, L'honorable mini.tre parle ensuite du ver.

dict du jory mais il ne dit pas que le jury, c'mpose d'eunemis de Rie},tout en déclaraut Riel était “coupable”, a recommandé la “clemence”, eu d’autres t-rmes, que le jury n’a pas trouvé Riel suffisamment cri.

minel pour qu’on dut le pendre. Et MM, Chapleau, Langevin et Caron, mettant cette partie du verdict de côté, on’ ordonne qu’il fut pendu.

Je viens maintenant aux deux lettres de M. Chapleau à ses constituarts, Le secrétaire d Etat, en appella au patriotisme de ses commettauts poar éviter qu'ils ne provoquent une guerre de race. C'est un grand pipe qui lui fait leur adresser ces

eux lettres. Li veut suivre les modèles qu'il s’est imposés, les Morin, les Lafoutaine, les Oartier, dit-il; quelle profanation de ces noms vénérables ! Morin est entré pauvre daus la vie politique, il en est sorti plus pauvre encore, Chapieau est entré riche de ses dettes, Ne les at-il pas payé et dira-t-il qu'il est plus pauvre qu'il était à son entré dans la vie politique ?

Cartier a bridé Sir John à chaque fois qu’il a pu découvrir ses fourberies. Chapleau a soutenu Sir John quané il ne l'as pas aidé à détruire l'influsnce française dans le Dominion,

Lafoutaine a refusé d'être ministre, à moins que les ré oltéh de 57, alors en exil.

ne fassent amnistiés,-Cagpleau-ne veut pas même qu'ils soient exilés, il les fait pendre. Quel cuatraste |! ! !

M. Chapleau continue, La preuve que nous nyvens bien fait se trouve dans le fait

que nous nous SOMME expOsés à encoutir la disgrâce de uos commettants et à perdre notre ave.

nir pour faire ce que nous savions être le mieux dans l'intérêt public, Ah ! M Cha.

pleau ! le danger auquel vous vous êtes exposé cette fois ne paruit pas avoir eu d'autres motifs que celui qui nous a fait risquer de perdre notre avenir, lorsque, trompant la chambre d'assemblée de Québ c, vous avez réussi à la faire consentir à vendre le chemin de for pour un vil prix et faire ainsi le profit de vos amis, et puis à force d'intrigues, à le faire acheter de nou

veau par le gouvernement féléral à une perte de plus d’un million.

M. Chapleau sjoute : ‘Riel a laisué les Etats Uuis pour venir lever l'étendard de la révolte dans notre pays si tranquille et si heureux, Tous las journaux, même ceux qui out le plue demaudé l'exécurien de Riel, tous les journanx ont rapporté les faits et ils donnent le démeuti à cet asser.

tions Je n'en citerai qu'un, le plus ii pur.

tant ; le jouruni da Sir Joho, ls Mail, eutu. Daus son numéro du 2 juin dernier J'y lis: 1

‘# Now that the rebellion is over the ‘* Goverumeut must turn its attention to ‘the indian question,,,,,,,,,,,

‘« It is quite clear that, even if Riel had ‘“* never been born we should have been ‘# compelled soou-r on later, the grapple ‘* with this most difficult problem..,...

‘ Maintenant que la révolte est apaisée ‘le gouvernement doit donner son atten- ‘tion à le question des sauvager, ,,,,,,,

‘* Lest évident que quand bien même ‘# Riel n’aurait jamais. existé, nous aurions ‘““toujours eu un peu plus tôt ou un peu 2 pue tard, à régler cette question diff.

“cile....., 000000000000

M. Chapleau,en vu d’exciter les orangis. tes contre les catholiques et les Canadiensfrançais, parle du prétendu meurtre de Scott en 1870, c'est une infamie de sa part car le gouuernement provisoire de Riel était un gouvernement de facto, un gouvernement légitime, que le gouvernement Fédéral a reconnu et par conséquent il avait droit de vie et de mort sur ses jueti.

ciables.

La mise à mort de Scott peut être regar.

dée eomme une erreur de jugement, mais jamais comme n meurtre. M. Chapleau l’a reconnu Ini-même plus d'une fois. Ilya eu dans le temps ün meurtre de commis Gans le Nort Oüest, celui d’un Canadien.

français, | Marçotte| M. Chapleau se donne bien garde d’y reforér, vu qu'il & été com. ! mis par ses allies du jour, les Orangistes. Pourquoi M. Chapleau ne voit il pas à faire punir ces gens-là, Au sujet

du prétendn meurtre de Scott voloi ce qu'en dit 8a Grâce Monseigneur d'Halifex, le Dr O'Brien.

La Garctte de Montréal du 4 mai 1885 dit :

‘6 Dr, O'Brien does not regard Scott’s ‘4 death ne a murder, he suya he as ex: ou “ted by the ouly constituted authority “6 then existing in Mavitoba, and that the “time will yet come when Riel will be # regarded »e & patriot,”

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