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LA ROSETTE DES ROSES

L'action a lieu en 1914. D'importants progrès sociaux ont été réalisés par la France, au cours des dernières années, bien notamment sur la voie du féminisme.

La scène se passe dans la salle des fêtes du journal Fémina, dont le succès n'a cessé d'aller croissant, et qui, par une de ces anomalies demeurées fréquentes parmi notre civilisation incertaine, réunit, ce jour-là même, en ses bureaux, un grand nombre de dames éminentes, appelées à se prononcer dans un de ces concours d'ouvrages de femmes, dont pas une de ces notables jurées, uniquement versées dans l'encre, n'a le moindre souci, et ne serait d'ailleurs capable d'exécuter la plus faible partie.

Les innocents petits objets, qu'il s'agit de soumettre à l'assentiment de ces brillaates autoresses, appartiennent à la catégorie de ces menus récipients, d'ordinaire appelés baguiers, et destinés à recevoir des anneaux, des épingles^ lesquels, d'ailleurs, s'y déposent rarement, abandonnant

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au vide l'espace qui les attend, distribué en guise de corbeille^ de sac ou de coffret, de nacelle, de pantoufle ou de coquillage. J'en passe, et de moins simplistes.

Toutes les matières sont bonnes à Texécution de ce fléau des commodes et des cheminées, spécialement réservé au décor des chambres d'amis, dans les maisons de campagne.

Une vaste pancarte, appendue au-dessus de l'entrée de ladite salle des fêtes de Feminaj porte, en gros caractères, cette considérable désignation : XVII* Congrès des Vide-Poches,

A l'intérieur de la salle, des tablettes ont été disposées, sur lesquelles se range et s'étage, dans toute son indescriptible incohérence et son indiscutable illogisme, le bataillon serré des bibelots offerts au concours, et qui, découpés en forme de cœur ou de rognon, de fleur ou d oiseau, de chapeau ou de maisonnette, attendent, avec toute l'indifférence de la matière tourmentée, l'avis de nos contemporaines Gorinnes.

Elles sont là, en nombre ; d'ailleurs, ellesmêmes, ce semble, assez indifférentes aux courbes et aux décors multipliés par la bimbelotterie offerte à leur arbitrage ; mais, on le voit, pleines d'aménité pour les efforts d'imagination de leurs sœurs filandières. Ajoutons que, sans qu'elles s'en doutent, beaucoup de ces industrieux travaux sont dus à l'adresse de leurs ex-confrères masculins qui, s'étant, peu à peu, vu fermer plusieurs carrières par suite des progrès du féminisme, ont eu recours pour vivre et soutenir

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