‹ Assemblée de notablesChapitre 18 sur 33 · LA ROSETTB DES ROSES · texte numérisé non relu

LA ROSETTB DES ROSES

aucune de ses autres tribunes, la grande révolutionnaire de la rue Drouol se décide à signer de son nom des articles auprès desquels ce qu'elle avait publié jusque-là paraît incolore. Les derniers hésitants se rendent^ parmi lesquels, eux-mêmes, les artistes et les savants, les courriéristes et les reporters devenus sans emploi, par suite de Tomnipotence et de romniscience d'une supérieure émule de celle qu'un grand polémiste, si je me souviens bien, avait appelée: «un Pic de la>Iirandole en cornettes. »

L'auteur de la Lueur est, cela va sans dire, chevalier de Tordre ; mais, grâce encore à l'une de ces chicanes d'administration qui ont fait distinguer Huysmans comme rond-de-cuir, Jacques Vontade a été décoré comme inventeur du trust en matière de littérature.

U proclame un vide-poches en forme de sceptre, autour duquel s'enroule gracieusement un vers de la Comtesse Mathieu de Noailles.

Celle-ci s'avance, à son tour, dans une robe de toile d'un vert de cigale, sur laquelle s'arrondit avec vivacité la rosette de la Légion d'Honneur.

L'auteur du Visage émerveillé est « officière » depuis le matin, et à la veille d'être promu (ou promue) académicienne ; la retardataire coupole s'étant laissé faire violence par l'opinion, consent enfin à se bomber au-dessus de « cette tête charmante » qui, la première, va inaugurer la victoire du beau sexe sur les lions de l'Institut^ les préjugés des palmés vertes et les injustices de THomme Rouge.

142 ASSEMBLés DE NOTABLES

On parle beaucoup de Thabit préparé, pour la récipiendaire, par Doucet, toujours à la mode : une merveille d'élégance et d'appropriation. L'épée est un chef-d'œuvre de Vever, et tient de ce petit poignard que les Espagnoles d'autrefois portaient à la jarretière. — Quant au discours, c'est, bien entendu, un chef-d'œuvre aussi, et surtout; l'éloge de l'honorable et si regretté défunt, prématurément enlevé, sur les quatre-vingt-onze ans à l'estime des siens et à la piété des lettres, y doit ètve, dit-on, traité à l'antique.

Un instant, la gracieuse Comtesse paraît considérer avec attention une sorte de cendrier au fond duquel on a mis, sous verre, une pincée de cendres ravie au foyer de Tircis Jappe ; mais elle s'en écarte brusquement, oublie de regarder autre chose et prend l'excellent parti de s'entretenir avec Madame Dauguet.

Survient Claude Fervaal, l'air agressif et lyrique, sous un chapeau de postillon, orné de plumes de coq, et une robe de toile écrue aux ornements de serpentine sang-de-bœuf, auxquels se marie, en un camaïeu distinctif, l'étoile des braves obtenue sans protection et due au seul mérite. Elle choisit un vide-poche en forme de livre, spirituellement émaillé de malicieux croquis de Bob.

Mais voici Boblui-même, ou plutôt sa marraine, et sa mère, la maligne Gyp, évidemment pas décorée, que de l'aigrette de son nom et de la flammèche de son sourire. Elle est habillée d'un costume tailleur gris clair, coiffée d'un chapeau de paille blanche et ténue, en forme de cloche, sans

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