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TRÉTEAUX ET AUTELS

A Madame Maurice Bischoffsheim .

L*Eté, c'est répoque de Tannée, où le Parisien éprouve le besoin d'élargir ses horizons et de varier ses plaisirs. Confiné, depuis de longs jours, entre la rue de la Paix et Pavenue du Bois, il rêve de voir d'autres massifs que ceux des chapeaux de femme, d'autres ciels que ceux des paysages d'Exposition, d'autres flots que ceux de la littérature courante et de la politique mouvante, d'autres bois que la forêt de Bondy et le front de Sganarelle, d'autres hauteurs que Paigrette de la Vicomtesse d'Arçongale. Même, et surtout sans doute, le chapitre des divertissements lui semble devoir être renouvelé. La négresse que Madame Moore fait danser dans son entresol, pour la plus grande joie du Parisien de la Grande Semaine, apparaît au Parisien de juillet, comme une insuffisante transposition des Panathénées. Et la Comtesse René de Béarn, en personne, annoncerait, dans sa Bysance de Tavenue Bosquet, une seconde représentation de la Princesse en Tutu, sous les yeux, plus indulgents que divins, du

Christ de Bouveret, que le Parisien d'Août lui préférerait nlmporte quelle exhibition d^un Théâtre de la Nature.

Les proportions de Marguerite Deval et des Capucines ne suffisent plus au spectateur en panama ; et^€ dans le temps des fruits >, comme disait Madame Valmore, l'art même de Mademoiselle Bartet n'est pas loin de sembler moins imposant qu'on ne le jugeait^ lors de l'éclosion des premières fleurs artificielles.

J'ai énuméré ailleurs les trois principaux spectacles qui sollicitent le regard des yeux agrandis du Parisien^ à l'heure où ils exigent mieux que du divin de modiste.

Le premier est ce Haendel-Festival, chargé, lui, je crois bien, tous les trois ans, de proclamer, par des milliers de voix assemblées, l'œuvre du grand musicien allemandqui fait la gloire de l'Angleterre,

La scène se passe dans le Palais de Cristal, qui mérite son nom, quand des légions de soprani en font vibrer les transparentes voûtes, sous Tassaut du cri des jeunes Israélites. Mais, c'est mieux encore, c'est Temodia^ les orgues vitreuses imaginées par d'Annunzio, qui fait hurler ou roucouler en elles toutes les houles, toutes les douleurs, et comme toutes les couleurs de la mer.

Or, le flot de cet océan des voix, qui se déroule trisannuellement aux portes de Londres, y ramène, un peu comme des épaves, d'antiques ténors et de vieilles cantatrices retirés du théâtre, et que le goût de traditionalisme des Anglais fête jusqu'à l'acclamation, quand il les voit reparaître,

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SOUS l'aspect dPun Aaron en redingote, ou d'une Sunamîte en chapeau à brides.

Quant aux Fêtes de Bayreuth, voilà bien une trentaine d'années qu'elles offrent à tout ce qui souffre de vivre et souhaite de vibrer, le maximum de ce qu'il peut demander à un pèlerinage d'esthétique.

Mais, ces fêtes, si, comme il convient, jejes compare à un océan, dirai-je qu'elles ont battu leur plein? Et si je les assimile à un jardin, sans, pour cela, m'exprimer avec moins d'exactitude, ajouterai-je qu'elles ont passé fleur? — Non, certes, que le jugement des hommes ait le moins du monde à revenir sur la prodigieuse et universelle apothéose décernée au géant de Bavière ; cependant, cette apothéose expire d'elle-même, je ne dis pas de sa pléthore, mais de sa plénitude. Tous ceux qui pouvaient, devaient, savaient boire à cette coupe, y ont puisé jusqu'à l'épuiser.

Le groupe récidiviste, et un peu maniaque, de ceux qui s'y obstinent, suffirait-il à recomposer les belles salles d'antan ? Il est permis d'en douter. En outre, deux graves événements sonnent le glas dans le clocher de Mont-Salvat : la cessation du monopole de Parsifal, représenté, comme on le sait, à New- York, la saison dernière ; et l'état de santé de Celle à qui cet événement a porté un coup près d'être mortel.

Oberammergauy lui, je suppose bien, poursuit et poursuivra longtemps le cours de ses représentations décennales. Je les ai décrites. Elles sont, de toutes les mises en scène de la Passion

(hi Sauveur^ celles qui ont acquis et mérité le plus d'éclat, par Tampleur de leur manifestation et la sincérité des interprètes. Je ne veux ajouter qu'un trait à ce que j*ai déjà dit de la juste édification qui résulte des tableaux, en face desquels des piétés mondaines et mondiales vont, tous les dix ans, chercher des motifs d'espérer dans les raisons de se souvenir.

Une vieille coquette dont le nom, depuis trois quarts de siècle, inaugure inévitablement les comptes rendus de festivals et de galas, de fours et de clous, d'absoutes et de thés, de derniers devoirs et de premières pierres^ crut devoir accorder, sur le tard, au Mystère allemand, l'honneur de son bravo affaibli et de sa lorgnette dépolie. Et comme, au sortir du Calvaire, quelqu'un sollicitait de la dame, son avis sur ce qui venait de se passer, elle répondit simplement, j'entends avec ce naturel de commande qui finit par devenir, en un temps donné, la sincérité de ceux qui n'ont pas appris à se juger : « Je suis heureuse d'avoir enfin rencontré quelqiCun qui a souffert autant que moi! > — Elle parlait de Notre-Seigneur.

Or, il y eut, en ce temps-là, des témoins pour trouver choquant ce rapprochement entre l'Agneau de Dieu et cette brebis longtemps enrubannée, qui avait tondu, de plus que la largeur de sa langue, les prés fleuris qu'arrose la Seine, sans oublier le Torrent de Marcailhou, qui l'avait vue naître, et le Beau Danube bleu qui l'avait bercée. J'estime que ces censeurs ont jugé trop vite, et

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que, pour se marquer de leurs postiches et de leurs rideSjde leur apparition devenue sans charme, et de leur sourire sans autre effet que celui de. la risée, leur petit calvaire n'en est que plus douloureux d'être falot, et d'imprimer, sur leur voile, un visage qu'elles-mêmes ne reconnaissent plus pour avoir été le leur !

Je veux en outre parler de quelques-uns des spectacles profanes ou sacrés, qui se sont offerts, ou s'offrent encore à ceux de nos concitoyens désireux d'aérer leurs salles, d'espacer leurs stalles.

Le premier est au passé. Non que la célèbre protagoniste qui en eut l'ingénieuse idée et en partagea le succès entres on talent, sa beauté et son initiative, ait abdiqué aucun de ces éléments de réussite ; mais la perte de son collaborateur, l'architecte Godwin (qui fut le premier mari de Madame Whistler) a, je le crains bien, peu à peu, induit Lady Archibald Campbell à renoncer au merveilleux entertainment de ses pastorales de Goombe.

Il y a bien une vingtaine d'années (déjà I) que j'y vis jouer, par elle, The Faithfull Shepperdess, une comédie antérieure au théâtre de Shakespeare. La scène se passait dans un admirable cadre d'arbres, sur v^ fond de prairies ensoleillées, où des groupes de pasteurs demi-nus conduisaient, sous des jougs en fleurs, des troupeaux aux cornes dorées.

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C'était le temps où Liberty venait^ entre autres crimes, d*ia venter la mousseline de soie... qui depuis... Londres, alors, honorait ses vertus. Cette mousseline^ elle enveloppait de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel^des pastourelles et des nymphes* L'une d'elles, qui était vouée à Fabricot, lequel lui seyait bien, était une petite princesse indienne, la fille d'un rajah, une jeune captive, si je me souviens exactement, à la façon, chez nous, de Ranavalo, mais en joli, et qu'on distrayait en lui faisant jouer la comédie.

Il y avait, dans tout cela, de la Grèce et des Indes, comme on le voit, unies en Régent Street, de l'Antiquité et du Modem-Style, du Zeuxis et du Taddéma, du Longus et du Wilde.

La belle protagoniste qui jouait le rôle du berger, et ressemblait à Narcisse passablement, se mirait dans l'eau d'une fontaine, avec une brassée d'iris. Le rideau, qui était vert, au lieu de se relever, s'abaissait pour ne pas barrer le spectacle, et finissait par se confondre avec le gazon, comme une draperie qu'aurait, en s^enfuyant, laissé tomber une dryade.

Qu'on ne m'accuse pas de blasphémer si je fais succéder à ces tableaux sensuels, une représen* tation mystique. Ce n'est nullement mon intention, dont je saurais accepter la responsabilité si l'impiété m'y poussait ; mais je n'en ai recherché que le contraste et l'opposition qui font ressortir ces peintures.

Au reste nous avons parlé d'Oberammergau, Lourdes n'était pas loin.

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Et puis, il y a deux parts à faire, dans l'étude de ce lieu et de ses phénomènes; Tune, la grande coryphée, Féternelle souffrance humaine, sinon illuminée, du moins éblouie, par Tespérance et par la foi ; l'autre, la comparse, trop souvent rusée ou rustaude, féconde en effets déplaisants, ou plaisantSfSi vous préférez, ce qui, dans ce cas, est le même.

Quand vous prenez part à ce drame, dont ce n'est pas le moindre intérêt que d'enrôler tous les spectateurs, que vous choisissiez pour souffleur Lasserre ou Zola, Bonnefon ou Huysmans, vous ne sauriez vous dérober à Tun ou Fautre de ces deux courants simultanés et contradictoires. Le premier vous fera vous émouvoir quand, passant entre la grotte et le massif de désespérés qui espèrent en elle, vous le verrez se hérisser de bras implorants, se fleurir de regards avides, et bourdonner de pieux susurrements, comme d^abeilles de la douleur.

Mais quand, à Tissue d'une de ces processions d'après-midi, qui semblent avoir pour but de forcer le prodige, vous avez entrevu la miraculée, cernée par la foule, objet de curiosité, plutôt que sujet de piété,vous vous étonnerez de retrouver peu d^instants après, cette dame élue, toute seule, sur le pas d'une porte, aussi peu consciente d'avoir été le théâtre d'une dérogation aux lois naturelles, que Tarche des divines faveurs, et répondant, d'un ton bonhomme, à vos interrogations pénétrées ; « Ben vrai ; si je me serais atten^ due à ça pour aujoiircThui /.. >

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J'arrive d'Orange, J'ai vu le Sur^Mur, comme Nietszche l'aurait, sans doute, appelé. « Ben vrai 1 » comme dirait la miraculée de Lourdes, il est difficile de s'attendre à vision pareille.

Ces jardinets pleins de lauriers-roses, poudrés d blanc sous la poussière, évoquant des coins de fresque par Pu vis de Chavannes; ce petit arc-detriomphe, si menu et si vaste, ciselé par Part, mûri par le temps, doré par le soleil, et posé là, tel qu'un bijou, semblable au peigne de chapeau d'une coquette géante ; puis, des auberges, aux cours couvertes, tapissées d'affiches, éclairées d'électricité et qu'une branche de platane traverse d'un jet hardi, comme d'un pont de feuilles étoilées.

Le Marquis de Virîeu, dilettante particulièrement épris de ces innombrables chambrées, parfois vêtu de lin blanc, et coifié du chapeau de Daphnis, ou pareil au € jeune homme vêtu de noir > de la Nuit de Mai, un passe -montagne négligemment rejeté sur l'épaule gauche, inspecte les tables, et s'éloigne, dédaigneux. Une gracieuse Athénienne, déjà toute prête à entrer en scène, fait irruption au milieu des dîneurs ; elle veut savoir si sa perruque est bien mise et rit de voir onduler son péplum.

Le temps est extraordinaire : Un vrai temps de Mariéton disent les gens du pays. A quoi bon ajouter que cela veut dire un temps doué de toutes les qualités barométriques ?

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Et voici entrer en scène cet homme non moins étonnant que le temps qui porte son nom. El rayonne, il est tout à tous; son image est sur les programmes qui célèbrent ses bienfaits, en nous les apprenant, et où Ton admire de voir un être si préoccupé des intérêts des dieux, humainement coifié d'un tuyau de poêle.

Son geste était semblable à celui du dessin de Sem,et,d'une hospitalité, entre toutes,magnanime, nous invitait à pénétrer dans le formidable lieu, je crois bien, sans rival au monde.

Je ne sais (j'avoue mon ignorance) si des fêtes ont été données, de nos jours, dans l'enceinte du Colysée. Elles seules pourraient rivaliser avec les manifestations d'Orange, mais sans les surpasser. Cette toile de fond éternelle, avec ses aspérités et ses rentrants, avec ses ombres qui les accentuent, les faisant se mouvoir, se mourir, avec cette couleur de pain cuit et doré dans le four des soleils et des âges. Et, en face, cet autre mur vivant et pensant, fait de dix mille têtes juxtaposées.

Ce vis-à-vis là est tel, dans sa dualité et son unité, d'une muette éloquence si péremptoire et si sublime, qu'il en résulte forcément une nouvelle forme de « ceci tuera cela >. Quelle que soit Faction que l'on interpose et interprète, entre Tune et l'autre de ses deux parois, à moins d'un nouvel Eschyle, elle risquera d'être écrasée par Ténormité du cadre. Et c'est, évidemment, ce qui constitue, jusqu'à ce jour (et probablement demeurera) la magnifique infirmité de cette attraction sans pareille, que rien ne saurait s'y

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assortir^ ou du moins l'égaler^ des actes avec lesquels on essaie de l'animer et de la faire revivre. Bien des genres y ont été essayés^ par diverses initiatives, les uns avec justesse, d'autres avec ingénuité, d'autres encore avec incohérence. Il en résulte, pour l'entreprise^ une disparate, un air d'essai disproportionné qui donne aux interprètes> si nobles soient-ils, l'apparence de flots humains venant battre cette falaise d'histoire, de la houle de leurs cris, et de l'écume de leurs draperies.

Si l'on pouvait se représenter un Wagner de pierre, un poète lapidaire, un musicien colossal, capable de faire retentir cette enceinte sacrée, du buccin des vers et de l'ouragan des harmonies, une incommensurable réalisation en résulterait pour une assistance humaine. En attendant, les alexandrins de Leconte de Lisle rejaillissent avec autorité contre le rempart inexpugnable.

De jeunes Sophocles y ajoutent leurs compositions qui, pour ne pas être toutes à la hauteur, témoignent du moins d'un généreux désir de prendre d'assaut cette babelique architecture.

Il n'en est pas de même des interprètes qui, eux, se montrent au niveau des exigences d'une telle paroi, d'un tel parvis, bien notamment quand ils s'appellent Segond-Weber ou Albert Lambert ; elle, avec le vol noir de son voile replié et entrecroisé comme les ailes d'un ange de Gimabué ; lui, avec son visage de Dionysos, aux regards tantôt lourds et tantôt ardents, sous ses cheveux en grappes, tous deux avec leurs métalliques et mélodi-

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ques voix qui heurtent les pierres, frappent les cœurs et rebondissent jusqu'aux astres.

Au reste, et sans vouloir diminuer le mérite de tels artistes, qui possèdent mieux encore que l'art de se faire entendre, la tâche ne leur en est pas moins singulièrement facilitée par l'étonnante acoustique du lieu, bien faite pour décevoir toutes les vraisemblances, et qui, à ciel ouvert, au fond de ce cratère artificiel et monstrueux, permet d'entendre une cigale.

Celle-ci parfois s'irrite de se voir disputer le silence par des Sociétaires de la Comédie ; elle appeUe ses sœurs, les excite, et parmi les figuiers aux mains vertes, les altheeas et les lauriers aux yeux roses, qui servent de coulisses et déportants, entame, entonne, avec ces invisibles, un chœur de crécelles, victorieux des strophes et des instruments, des libations et des sacrifices.

Quoi qu'il en soit de ces conflagrations, elles donnent à voir et à entendre d'inusitées et d'inoubliables splendeurs. Il est juste qu'une femme les préside, une jeune femme, reine, déjà, par ce double titre, auquel elle ajoute ceux de la bonne grâce et ceux du bon droit, le droit divin de la souveraineté, toute libre et félibréenne.

J'ai nommé Demoyselle Marie-Thérèse de Chevigné. Dame d'Orange et Reine des Félibres.

Cette royauté, elle l'exerce avec affabilité, mais non sans application, assiste aux préparatifs, veille au destin des artistes et des assistants, comme une providence élégante, à qui la Provence jette des bouquets serrés et un peu maladroits^ mais

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dans lesquels, selon une loi du langage floral, la désirable unanimité se voit représentée par le phlox, la fleur des suffrages. Qu'elle me permette d'y joindre le mien, l'aimable dîadémée.

Salve Reginà

DéDICACB

Aimable Reine des Félibres, Presque filleule de Mistral, Qui portez aux doigts, anneaux libres.

Les Iles d'Or et Calendal;

Vous pour qui, latine ou bien grecque, L'Etude épanche son savoir, Et chez qui la bibliothèque A pris la place du boudoir ;

A ces bouquets de mes mystères, Vous saurez gré, dans leurs reflets, D'avoir, pour fleurs, des caractères Et, pour feuillages^ des feuillets.

Commander à dix mille spectateurs n*est pas toujours aisé. M^est avis que ce qu'on appelle grâce d'état et droit divin, doit parfois se trouver aux prises avec des difficultés, dans les proportions de l'(êdîfice. J^en eiis, ces jours-ci, une preuve

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qui me confirma dans cette opinion^ en me laissant édifié.

C'était sous les lustres du firmament, lui-même crénelé par la dentelure de cette ruine inouïe, au pied de laquelle d'humaines cigales^ vêtues de blanc, s'apprêtaient à chanter. L'assistance était au complet, c'est-à-dire que dix mille têtes^ serrées l'une contre l'autre, composaient, face au mur fameux, un mur frissonnant, un mur de regards et de rêves.

Mais, parmi les rangs supérieurs, une difficulté surgit, un mécontentement de contrôle, que nous entendîmes s'élever, dans le silence de l'air, puis s'étendre et se propager, avec la réplique hostile et tempétueuse de tout le reste de l'assemblée qui voulait entendre, et, devant cet orage des gradins, la fujite éperdue d'actrices effrayées.

Alors, il se passa une chose immense :

Mabiéton parut,

calme, souriant; et conmie, à son approche, la colère s'interrompait un instant, il fit face aux dix mille et, d'une voix dans laquelle il y avait du timbalier et du cigalier, scanda simplement :

Que D...ÉSIREZ-VOUS?..

C'est tout. Ce n'était rien. Ce fut superbe. Tout le monde entendit. L'apaisement régna, de par une nouvelle retraite des dix milles ou plutôt, disons-le bien vite, la vraie, la seule.

Du temps a passée je songe à ce prodige, dont je reste émerveillé.

Aujourd'hui, de plus de sang-froid, je me dis que peut-être même, le tempérament alla trop loin. Il remporta surtout le reste. Oui, quoi qu'il en soit de la forte empreinte laissée dans notre souvenir par les autres dramatis personœ, un seul d'entre eux, leur manager triomphant, parvint à atteindre le sommet du Mur ; on ne vit plus ni la farouche Gassandre, ni la sanglante Klutaïmnestra ; Orestès le justicier s'évanouit ; le fils de Thyestès fut oublié ; et, jusqu'aux derniers jours de notre âge, quand nous évoquerons la mémoire de ce soir fatidique, ce ne sera ni la belle Captive, dont les accents nous feront frémir, non plus que ceux du héros vengeur, mais le quos ego Plutonien de Tauteur d'Jïf/)/?o/y/a, mettant, avec courtoisie, € un bœuf sur la langue » de ces milliers hurlants, refaits, séance tenante, aussi doux que les moutons mêmes de la mer.

Jamais les expressions : « rabattre le caquet», « river un clou », et même € boucher un coin », ne me parurent plus significatives. Certes, il y avait de tout cela dans la foudroyante imprécation, si logiquement menaçante, en même temps que bénévole. En effet, ces dix mille, momentanément distraits, que bésiraient-ils, si ce n'est accomplir ce qu'ils étaient venus faire (quelquesuns même partis d'assez loin pour ça) à savoir : entendre et contempler? — Or, un instant, détournés de leur bien propre, ne voilà-t-il pas qu'ils allaient priver leurs oreilles el leurs yeux, d'un

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divertissement payé cher. Il suffit de le leur rappeler par cette parole si simple qui, sans chercher midi à quatorze heures, remit tout en place avec tant de succès, à la minute, et, je pense bien, pour toujours.

A peine se trouva-t-il quelques voix, d'ailleurs timides, en tout cas mal inspirées, et vite couvertes par les vivats, pour crier au grand pacificateur, de vagues chapeau! s*adressant à un Tyrolien, digne d'en remontrer au pétase.

Et je ne doutai pas que ce ne fût par quelque démonstration aussi simple dont je remerciai le Ciel de m'avoir fait entendre Fécho à peine affaibli, que les grands dompteurs d'éléments avaient, Tun, Moïse, séparé les flots; et Tautre, Josué, arrêté le soleil.

Aussi est-ce tout juste si je crois remercier dignement Celui qui m'en donna la magnanime leçon, quand je lui offre ce mot arraché à l'admiration un peu badine, mais tout de même sympathique, d'un des pèlerins du Cycle Provençal. Comme il faisait allusion à Tart de bijoutier avec lequel le directeur de ces fêtes avait serti chacun des détails de la manifestation, il ajouta: «Montesquieu, vous disiez récemment que Mariéton pouvait être regardé comme le Primoli de Paris. Ne manquez pas d'ajouter aujourd'hui qu'il doit être tenu pour le Cartier d'Orange. »

J'allais écrire que, depuis trop longtemps, Mariéton me semblait désigné pour le ruban, lorsqu'on m'apprend qu'il le reçoit. Ce n'est que justice. Je dirai plus : c'est assortiment. Certaines

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boutonnières s'accommodent, sinon de leur virginité^ du moins de la discrétion. Pas celle du félibre. Ce léger nœud, c'est un commencement; mais ce n'est que cela. Il faut la rosette à cette boutonnière murale, et qu'elle s'arrondisse, telle qu'un rouge tournesol, aux dimensions de Técran romain, sous l'acclamation des dix mille, dont je suis, plaudite cives l

Encore une réflexion : ces célébrations, vraiment des plus belles, si ce n'est les plus belles que l'on puisse contempler, n'exercent guère qu'une séduction locale. C'est-à-dire qu'il n'y fleure pas que le laurier-rose. N'oublions pas que nous sommes dans une ville d'aulx. C'est en faire l'éloge de dire que le snobisme ne s'y est pas mis. Il y viendra ; et j^imagine,par les étrangers. Les Anglais, pour qui cet ensemble est si éminemment fait, le découvriront d'abord. Puis les Allemands, comme nous avons fait de Bayreuth. Les autres suivront. Alors, seulement, réagissant contre le dédain trop souvent réservé à ce qui dépend de nous, la France attachera plus d'importance à un déploiement de beauté forte, qu'elle est à peu près seule à pouvoir ofirir,et qui mérite mieux que le banal entrefilet dont le régale annuellement un compte-rendu de théâtre.

L'important serait, tout d'abord, de trouver un spectacle, autant que possible sur le modèle et dans le goût d'une telle bordure ; et quand, une

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fois, la triomphale réussite en justifierait Télection, y convoquer, annuellement, comme TAUemagne fit pour Parsifal, le contingent des Deux Mondes. L'humanité aime les récidives. Il lui faut le temps de s'habituer aux choses et de les propager. Il y a de la contagion, dans le goût même d'im chef-d'œuvre, de qui les premiers adeptes sont suspectés, jusqu'à ce qu'un dégoût leur soit venu, de voir exalter aveuglément ce qu'ils ont, les premiers, honoré en connaissance de cause.

Un chef-d'œuvre de cette envergure et de cette attitude, est-il à la portée d'un vivant de le réaliser encore ? Je me garderais de le contester. Jusque-là, le mieux serait, il me semble, de se contenter des Tragiques Grecs, traduits par Leconte de Lisle, avec lesquels les Erynnies pourraient alterner régulièrement, seule formule contemporaine, digne, je le crois bien, de se mesurer aux pierres de l'Antiquité, non moins qu'à ses gemmes.

Les comiques ne devraient pas être exclus. Si, comme cela était à prévoir^ les rubans de Mascarille devaient sembler mesquins sur un tel proscenium, la bure de Plaute y a réussi ; Térence y pourrait bien triompher et surtout Aristophane, n'est-ce pas ? tout plein d'oiseaux et de nuées.

Et les beaux interprètes, qui, ceux-là, je le répète, sont en nombre, tout prêts à clamer, à chanter, à danser et à plaire, exprimant d'immortelles phrases, rejoindront, dans le passé, l'âme de Septentrion,le petit baladin d'Antibes, le

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gentil histrion qu'aima Michelet, et qui, ayant plu deux soirs de suite au public antipolitain^ crut bien pouvoir expirer, plus sûr de vivre que s'il eût gagné des combats, vaincu des héros, soumis des cités, conquis des mondes.

Afin de couronner dignement cette revue de ce que j'appelle : nos Thalies cTÉiéy je veux parler d'un spectacle qui, pour être privé, n'en est que plus prestigieux : YOffice Musulman dont Loti veut bien offrir le spectacle à de rares privilégiés, dans sa mosquée de Rochefort.

Ayant eu l'honneur d'être de ceux-là je puis en parler de visu et de auditu. Je le fais avec joie, heureux d'une occasion de me remémorer, pour moi-même, une heure d'esthétique émotion pleine de solennité et de poésie.

On sait que l'illustre auteur des Désenchantées a fait, de sa maison de là-bas, comme une ruche où des abeilles d'art auraient apporté tout le miel de rOrient et de l'Extrême-Orient, sous forme de soyeuses broderies, de bois ouvragés, de métaux ajourés, de verres émaillés, de céramiques multicolores.

Voici, d'abord, la Pagode Japonaise, de ce Japon que le Maître, au fond, n'aime pas. C'est une étroite galerie savamment encombrée où dominent le rouge et Tor. De menus autels s'y étagent, entre des colonnettes, parmi des oiseaux acres. De mystérieux caractères tracent des ins-

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criptions ; des lanternes gonflent et suspendent leurs ballons armoriés de fleurs.

Vient ensuite, la Salle Chinoise, riche des dépouilles d'un pillage encore récent : trônes laqués, balustrades fouillées, écrans empennés ; armures sombres, robes ardentes ; délicates porcelaines et fruits de jade aux diverses teintes, qui font penser à la récolte d'Aladin, perdu dans le verger des arbustes aux pommes de gemmes.

Suivent la Chambre Arabe et le Salon Turc, petites cavernes d'Ali-Baba, toutes pleines de flambeaux et de plateaux, d'armes et de fumeries, de tabourets et de tapis, de coussins, surtout de coussins, de ronds, de carrés et d'oblongs, par centaines (dirai-je par milliers?), tout au moins, comme Madame de Se vigne parlait de mille boucles, en décrivant une coiffure.

Mais, si ces niches de richesses sont prestigieuses, c'est surtout, parce qu'elles nous introduisent au sanctuaire vénéré dont elles ne sont que les préludes et les préambules.

Ce Saint-des-Saints de la Maison de Loti, c'est la Mosquée. 11 Ta rapportée de Constantinople, par fragments, et reconstituée, bosquet de colonnettes, supportant un plafond patiné de prières, et d'où pendent, en haut, presque autant de lampes qu'en bas, il y a de coussins pour accoter, pour accouder sa précieuse rêverie.

Quoi encore ? Une fontaine en marbre blanc pour l'ablution dès le seuil ; de vénérées sépultures de marabouts, et, parmi elles, ce qui, on le sent bien, forme le centre de ce groupement : la

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pierre funéraire d'Aziyadé, nuitamment réprise au tombeau de la jeune fille, lors d'un dernier voyage, et rapportée (dirai-je volée ?) en souvenir.

Enfin, au pied de cette dalle érigée, avec ses inscriptions en relief, la dernière lettre de Djenane se cache en un portefeuille de cuir.

Ce rêve réalisé en pierre et en verre, en marbre et en faïence, en métaux et en étofiFes, en lumière et en ombre, en eau et en fleurs, c'est le Saintdes-Saints de Loti, dans sa maison de Rochefort.

Il s'y souvient. C'est sa façon de prier.

Mais, assis à droite de l'entrée, sur une petite cathèdre de marbre, au-dessous d'un dais léger, il y reçoit aussi de rares amis, tout en fumant un narghileh qui est un calumet. Et, ces amis, quand il les aime bien, il renouvelle, en leur honneur, la cérémonie que j'ai dite.

Ce jour-là, dans la maison, règne un air de mystère, d'ailleurs joyeux. On entend des chuchotements, on sent des préparatifs. Et, quand le soir est tombé, vous êtes iutroduit dans la mosquée, à la place même de Loti qui, lui, disparaît, tout à ses ordres.

Ce lieu, vous le reconnaissez à peine tant il est changé d'aspect, baigné de mystère. Parmi le bosquet des blanches colonnettes devenues sombres, les lampes clignotent, comme habitées par des abeilles de feu, scintillant dans leurs cages ciselées.

A la gauche du spectateur, la portière se soulève, un fidèle entre, assez précipitamment, quitte ses babouches, se lave à la fontaine où se mi-

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rent des clartés et nagent des pétales. Puis, il pénètre au centre de Tédiflce, élève les mains, se prosterne, se met à prier. Alors, dans les frises, une voix circule, qui vient de loin, de plus loin que la partie de cette vieille demeure où elle psalmodie, de plus loin que la ville et que le pays, du fond de l'Orient et du fond des Ages. Cette voix, elle transpose, pour moi, d'une religion à l'autre, comme d*un souvenir à l'autre, rimpression ressentie à Bayreuth, en écoutant le chant dans la Coupole. Mais cette voix-ci n'est pas enfantine, elle est mâle, bien timbrée, volontairement nasale, et serpente sous les ténèbres du plafond avec un écho de Félicien David. Elle chante Allah ; et, richement vêtus de chaudes nuances où l'or se mêle, les fidèles qui se sont faits plus nombreux, entrés selon le même rite, massés en groupe, poursuivent leurs ablutions et continuent leurs sélams.

Or, à mesure qu^ils précipitent leurs mouvements, et s'exaltent dans leur célébration, un mystère a lieu pour nous-mêmes ; celui de ne plus voir un simulacre dans tout ce déduit, mais comme une volonté de ces murs, venus de loin, tout chargés d'oraisons, de répandre, ainsi que des sachets, du parfum, un peu de leur foi exilée. Et, comme les chrétiennes voix de Par si f al s'étaient, pour moi, évoquées de l'incantation du muezzin, de même cette strophe me revint, cette strophe sur l'humble église

Où, depuis trois cents ans, avaient déjà passé, Et pleuré, bien des âmes.

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Et je compris que les âmes mahométanes, qui avaient passée et pleuré, sous ce vieux plafond voyageur, laissaient retomber sur moi leurs sanglots invétérés, leurs larmes mortes...

Soudain^ Loti rentra^ tout affable, à son ordinaire, d'avance curieux et amusé de la sensation du visiteur. Geiui-ci la lui détailla^ narrant son édification, rencontrée là où il n'attendait qu'un plaisir^ insistant sur le sérieux et la dignité d'officiants qui ne sont^ en sonmie, que des figurants de bonne volonté^ recrutés en hâte et un peu au hasard, et bien notamment d'un jeune homme vêtu de blanc entrevu dans un angle, sous la pénombre.

Alors, le Maître^ de s'exclamer^ tout à coup jovial, et d'une de ces gaietés un peu gamines qui lui sont naturelles : « Ah ! oui, celui-là. •• c'était votre valet de chambre ! »

Quand j'ai dit que le Saint-des-Saints de la maison de Rochefort, c'était cette Mosquée^ je n'éprouve pas le sentiment d'avoir parlé tout à fait juste.

Et pourtant, ce ne sera pas cette grande salle solennelle où, sous les caissons de la voûte, entre les tapisseries à personnages^ la cheminée monu mentale et le théâtral escalier^ se dresse la table avec sa nappe brodée d'or et d'ailes de scarabées, sa verrerie taillée et colorée, son argenterie gor-

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gée de poses, diverse pour chaque jour, et dans laquelle s'exprime le suc nouveau du raisin frais.

Ce ne sera pas, non plus, cette chambre à l'Empire, réservée aux Princesses qui visitent le poète.

Non, d'étroits couloirs, subitement saturés comme d'une odeur de récurrence, mènent à ces petites chapelles qui m'apparaissent comme les véritables sanctuaires, où se célèbrent, non plus les vespres orientales d'un passé d'amour défrmt, mais les laudes de mémoires familiales, doucement réveillées, à peine endormies. Et, parmi l'atmosphère vieillotte, sentant Tencens et les quatre fleurs, d'humbles petits meubles sont restés rangés comme du vivant de ceux qui les disposèrent, de pauvres choses, plus chères à leur propriétaire d'aujourd'hui que les trésors rapportés par lui des lointaines contrées. Et les fenêtres de ces réduits qui sont des reliquaires, voilées de leurs rideaux comme des yeux afiTaiblis, regardent la vieille cour intérieure, et sa minuscule forêt vierge emprisonnée, faite de palmes chevelues, d'idoès menaçants, de toute une flore tropicale mélangée à celle de nos jardins de curé, comme, dans les livres de l'écrivain, de nos chères vieilles choses françaises, à d'exotiques beautés.

De ce que je nomme les Thalies d'Été j'ai dit celles qui m'ont paru les plus délicates et les plus fortes. Je n'ajouterai pas : niéfiez-vous des contrefaçons ; à chacun sa verdure* Voici Ghampi-

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gny,Béziers et Gauterets, où viennent briller, au temps chaud, des Etoiles de nos ciels d'hiver.

Je ne dirai pas : de plus modestes^ car ils doivent être bien plus orgueilleux, comme c'est leur droit, presque leur devoir de jeunesse, des débutants et des débutantes, bras-dessus, bras-dessous, à la saison des vacances, font des tournées de bains de mer et de villes d'eaux et, je me hâte de rajouter, non sans réelles qualités, quelquefois, vous troussent du drame en plein air, pour lequel ils s'associent des figurants locaux, amusés et sincères.

Ailleurs, ce sont d'antiques Mystères renouvelés, ceux-là entièrement joués par des paysans comme à Oberammergau, ou des Cavalcades, comme à Bruges. Il n'est pas aujourd'hui de petit trou pas cher qui n'ait son Théâtre de la Nature; et quand le Courrier des Spectacles annonce que la Reine des Fleurs de blé noir va rendre visite à la Reine des Fleurs d'ajoncs, cela signifie simplement qu'il y a encore des villas à louer, sur la côte bretonne.

Le danger, la preuve s'en est faite, à mes yeux, ces temps derniers, c'est, pour une action de Sophocle,le choix d'arènes, dans le voisinage d'un chemin de fer, qui coupe de sifflets stridents les lamentations d'Electre, en même temps que, d'une part, elle interpose un kilomètre de vide entre ses personnages et les premiers rangs des spectateurs, puis, de l'autre, affiche en grosses lettres, pour le dimanche suivant, et en regard même de la mimique des héros traduits, l'annonce des Courses Lan» daises ; ]^a,Tce qu'alors, pareils à Madame de Gri-

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gnan, qui « ne savait plus que faire de ses réflexions > en présence d'un brusque changement à vue de la destinée, nous ne savons plus que faire de notre émotion, partagée entre Pégase et Rossinante, la Marmite de Papin et M. Claretie.

Ames de Bois

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